Indemnités modulables en REP+ : des critères édifiants !

La circulaire concernant la part modulable de l’indemnité REP + est parue (600 à 1000 euros annuels net de plus avec la même part modulable pour tous les personnels d’une même école ou d’un même établissement). La hiérarchie aura donc à « évaluer » chaque année les écoles et les établissements en REP+.

Que sera-t-il évalué ? La capacité des personnels à transmettre les savoirs et les connaissances ? L’instruction et les apprentissages n’apparaissent à aucun moment dans la grille d’évaluation. Mais est-ce que le ministre s’en soucie ?

 

Les critères d’évaluation sont édifiants :

 

Cette mesure s’inscrit pleinement dans le « Grenelle » de Blanquer : pilotage par l’évaluation, « management de proximité » avec ses nouvelles fonctions (directeur supérieur hiérarchique, enseignants-inspecteurs en service partagé, RH de proximité…), le renforcement de « l’accompagnement PPCR » qui pourrait notamment concerner les moins bien évalués en REP+ …

La FNEC FP-FO s’oppose au principe des parts variables, processus d’individualisation des carrières contre les garanties collectives, et demande l’augmentation de l’indemnité à part égale, en commençant par pallier les injustices actuelles concernant les personnels exclus (AESH, AED, assistants sociaux, CPC…).

Elle appelle les personnels à se réunir dès la rentrée pour faire obstacle aux attaques statutaires du « Grenelle » et pour la satisfaction de toutes nos revendications.

CSE du 8 juillet : le ministère veut instaurer un « projet d’évaluation par établissement » pour la rentrée 2022

Au Conseil Supérieur de l’Education du 8 avril, le ministre a présenté un projet de décret et un arrêté renforçant le contrôle continu. Il s’agit de supprimer les E3C pour les remplacer par les notes du bulletin. La place des notes du bulletin pèserait donc non plus pour 10% mais pour 40% dans la moyenne du baccalauréat. FO a voté CONTRE.

Dans un vœu commun, la FNEC FP-FO, le SNES-FSU, le SNALC, la CGT éduc’action, SUD éducation et la CFE-CGC ont demandé le rétablissement des épreuves nationales, terminales et anonymes, seules à même de garantir l’égalité des candidats face à l’examen.

 

Le ministre a préféré écouter le SE-UNSA et intégrer l’amendement suivant :

L’organisation du contrôle continu pour le baccalauréat général et technologique fait l’objet d’un projet d’évaluation travaillé en conseil d’enseignement, validé en conseil pédagogique et présenté au Conseil d’administration. 

Remise en cause de l’indépendance de l’enseignant et de sa liberté pédagogique individuelle

Instaurer un projet d’évaluation en conseil d’établissement et validé en conseil pédagogique, c’est subordonner l’enseignant à une uniformisation et un formatage dénué de sens. C’est aussi l’esprit du « Grenelle ». Sous couvert de « travail en équipe », c’est la mise en œuvre d’une hiérarchie intermédiaire de professeurs, chargés d’exercer un contrôle sur leurs collègues.

Le projet d’évaluation serait « présenté » en CA. Qu’il soit voté ou seulement présenté ne change rien au fond de l’affaire. Tous les membres du CA, y compris les élus, auraient leur mot à dire sur l’évaluation. L’enseignant serait donc mis sous tutelle du politique et de tous les groupes de pression.

 

Le ministre pérenniserait le cauchemar vécu par les enseignants dans le cadre de la circulaire du 6 novembre intitulée « poursuite de la continuité pédagogique », qui préconisait des « harmonisations » en raison de la généralisation du contrôle continu. La multiplication des réunions de concertation et des évaluations a atrophié les temps de préparation des cours et de transmission des connaissances. Les relations entre collègues et de l’enseignant à l’élève se sont dégradées.

Territorialisation de l’école

Un projet d’évaluation par établissement décidé en CA revient à rendre caducs les programmes nationaux et à déqualifier massivement.

C’est aussi mettre en place une évaluation sur des critères locaux, donc géographiques et sociaux avec, à l’arrivée, le tri Parcoursup. Selon la Cour des Comptes 20% des établissements d’enseignement supérieur font de l’établissement d’origine un critère de sélection.

Les organisations syndicales SNES-FSU, FNEC FP-FO, Sud Education et CGT Educ’Action et SNALC ont indiqué qu’ « elles organiseront rapidement, avec les personnels, la mobilisation. » pour le rétablissement des épreuves nationales, terminales et anonymes du baccalauréat pour la session 2022.

La FNEC FP-FO invite les personnels à se réunir dès la pré-rentrée, en heure d’information syndicale et en AG, pour décider des moyens de faire aboutir les revendications.

AESH : Compte rendu du GT « Amélioration du service public »

Lors de ce groupe de travail, le ministère a présenté une grille d’avancement à l’ancienneté pour les personnels AESH.

A la mise en œuvre, les AESH seraient classés dans cette grille de la manière suivante : les AESH en premier contrat seraient reclassés à l’indice 335. Les AESH en 2ème contrat, quelle que soit la durée des contrats, seraient reclassés à l’indice 345. Enfin, tous les AESH en CDI seraient reclassés à l’indice 355. Le ministère a justifié cette décision par deux raisons : la revalorisation salariale des AESH d’une part et la volonté de faire des économies de coût de gestion des personnels. Chaque augmentation salariale, qu’elle soit liée à la revalorisation du SMIC chaque 1er janvier ou à la reconnaissance de l’ancienneté oblige l’administration à faire signer un avenant au contrat.

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BAC, DNB, BTS… une session complètement désorganisée, véritable mascarade

Il n’y aura pas eu un examen cette année 2021 organisé sans couac. Tous les personnels concernés, enseignants, chefs d’établissements, personnels administratifs des EPLE et des rectorats, et notamment les personnels des Divisions d’Examen et Concours ont malgré les ordres et contre-ordres résisté à la pression et organisé tant bien que mal cette session. Mais à quel prix ?

Derniers couacs en date : la publication des résultats du baccalauréat.

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Le « Grenelle » : une accélération de l’individualisation des carrières, dans le prolongement du décret PPCR et du RIFSEEP

L’austérité salariale et les attaques contre les statuts engagées par le ministre Blanquer à travers son « Grenelle » s’inscrivent pleinement dans la continuité des mesures mises en place sous les mandatures précédentes avec le décret PPCR et le RIFSEEP. Qu’on en juge :

Salaires : l’austérité inscrite dans le marbre de PPCR

« Une négociation annuelle permettra de dresser un bilan d’étape de la mise en œuvre des mesures triennales et définira, le cas échéant, les mesures d’ajustement à y apporter. Elle permettra d’examiner d’éventuelles mesures d’ajustement au regard des principaux indicateurs macro-économiques (taux d’inflation ; croissance du PIB, évolution des salaires…) » (Accord PPCR)

En clair, l’augmentation du point d’indice et des rémunérations est soumise à la conjoncture économique. C’est ce sur quoi s’appuie le gouvernement Macron-Blanquer en gelant à nouveau le point d’indice.

Loi de transformation de la Fonction publique : l’extension de PPCR

Le décret PPCR a supprimé la note chiffrée, élément constitutif du barème pour les promotions, qui s’effectuent désormais sur la base des rendez-vous de carrière et d‘appréciations subjectives. Cela a ouvert la voie à la remise en cause du contrôle des barèmes exercé au compte des personnels par leurs représentants lors des commissions paritaires, et s’étend à présent également aux mutations.

Statuts : « l’accompagnement » de PPCR comme levier principal

Le « Grenelle » prépare un basculement statutaire. La carrière des agents serait « managée » par des personnels aux fonctions déréglementées : « RH de proximité », enseignants-inspecteurs, directeurs d’école… habilités par « lettre de mission » à évaluer leurs collègues, en lieu et place des corps d’inspection (IEN et IA-IPR) dont le ministre prépare la fusion et le « recentrage » des missions autour du « pilotage pédagogique » autrement dit le pilotage par l’évaluation, mise en place de « collectifs pédagogiques » avec les enseignants-inspecteurs et autour des inspecteurs pour renforcer l’accompagnement. Missions élargies des conseillers pédagogiques de circonscription et des PEMF dans le premier degré, n’ayant rien à voir avec la formation des enseignants. Ce basculement est directement institutionnalisé avec le « conseil de l’évaluation » issu de la loi Blanquer et en REP+ à travers une évaluation annuelle de l’établissement pour décider de la part variable qui serait attribuée aux personnels.

Cette logique de flicage, d’évaluation permanente des personnels s’appuie sur le décret PPCR qui introduit la notion « d’accompagnement » :

« Tout enseignant bénéficie d’un accompagnement continu dans son parcours professionnel. Individuel ou collectif, cet accompagnement répond à une demande des personnels ou à une initiative de l’administration. »(Décret du 5 mai 2017)

Que deviendraient alors les enseignants jugés « déficients » ? Seraient-ils soumis à des mobilités forcées comme le préconise la loi de transformation de la Fonction publique ? Se verraient-ils proposer des ruptures conventionnelles ? Tous ces dispositifs s’articulent et ouvrent la voie aux licenciements pour insuffisance professionnelle…

La FNEC FP-FO n’accepte pas ces attaques du « Grenelle » et n’a pas participé à ses « ateliers ». Elle s’est opposée au décret PPCR* du 5 mai 2017 et au RIFSEEP (régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel).

Elle alerte les personnels et leur propose de se mobiliser pour la satisfaction des revendications :

– Abandon des mesures du Grenelle et de toutes les contre-réformes Blanquer ! Pas touche à nos statuts !
– Abrogation du décret PPCR*, du RIFSEEP, de la loi de transformation de la fonction publique !
– Augmentation générale des salaires !

 

(*) : Au comité technique ministériel du 7 décembre 2016, la FNEC FP-FO a voté contre le décret PPCR avec la CGT et la FGAF, tandis que la FSU, l’UNSA et la CFDT ont voté pour.