Contexte sanitaire : le ministre ne répond pas aux revendications des personnels

Compte-rendu de l’audience « sanitaire » du 30 décembre :  le ministre refuse de répondre aux revendications des personnels.

FO appelle à préparer la grève interprofessionnelle.

 

Lors du « point sanitaire » organisé par le ministère, le 30 décembre, la FNEC FP-FO a fait l’intervention suivante :

 

 » Il faut créer les postes nécessaires. L’affichage gouvernemental du maintien des écoles ouvertes est en parfaite contradiction avec les annonces faites en début de semaine :

Aucune annonce pour assurer le remplacement des professeurs absents mis à part le recours aux contractuels et aux jeunes retraités de l’Education nationale. La réalité c’est que vous n’aurez pas de candidats. Vous devez recruter immédiatement tous les collègues sur listes complémentaires et abonder celles-ci autant que nécessaire, ou bien vous n’aurez personne et le problème du manque de personnel va revenir dès la rentrée de façon encore plus criante.

Aucune annonce pour suspendre les dispositifs d’évaluation d’établissements ou de formations en constellations, comme le demandent les personnels : les personnels restent confrontés à des dispositifs qu’ils rejettent et qui monopolisent les remplaçants alors que ceux-ci font défaut. 

➢ On nous dit qu’il va falloir vivre pendant un certain temps avec le virus, mais vous continuez à détruire les postes pour la rentrée 2022 : les annonces faites au dernier CT Ministériel sur les « moyens » n’ont dupé personne et tout le monde comprend qu’il n’y aura aucune création de postes dans le 1er degré et que les DASEN vont annoncer des centaines de suppressions de classes dans les comités techniques départementaux. Dans le 2nd degré, vous maintenez les 410 suppressions de postes d’enseignants.

Aucune annonce non plus sur la réintégration immédiate de tous les personnels suspendus. A l’école, comme dans l’hôpital public, on ne peut se payer le luxe de se priver de milliers de personnels soignants, enseignants et psychologues. Que répondez-vous aux deux avis du CHSCT M qui demande la réintégration des infirmières diplômées d’Etat et les psyen suspendus ?

➢ Pour continuer le parallèle avec l’hôpital, Jean Castex a annoncé une prime de 100 euros par mois pour certains infirmiers : 100 euros qui s’ajouteraient au complément indiciaire de 183 euros dans le cadre du Ségur de la Santé : allez-vous augmenter les salaires des personnels de l’Education nationale, confrontés à des situations tellement épouvantables qu’ils se demandent s’ils ne vont pas chercher du travail ailleurs ? Nous appelons les personnels à se joindre à la grève interprofessionnelle le 27 janvier pour le dégel du point d’indice, pour les salaires et l’arrêt des suppressions de postes. »

Sans plus de précisions, le ministère a indiqué, concernant les formations et animations pédagogiques : « la suspension d’un certain nombre d’activités ». Pour le reste, il n’a pas répondu à nos demandes.

 

Sur les tests et la gestion des « cas contact » dans le 1er degré :

 

Le ministère n’a pas répondu à notre demande de clarification suite aux récentes annonces du ministre Blanquer : dès la rentrée le maintien de la classe ouverte pour tous les élèves serait soumis non plus à un test négatif, mais à deux ou trois tests réalisés à plusieurs jours d’intervalles. Ce qui induirait une fermeture de la classe, le temps que tous les élèves se fassent tester plusieurs fois. La FNEC FP-FO a indiqué que cela ajouterait du chaos à la désorganisation actuelle. Le contrôle d’un test unique posait déjà problème. Le ministre a lui-même mis en doute sa faisabilité en raison des délais de mise en œuvre, et du fait que 50% des familles ne donnent pas l’autorisation parentale requise,…)

Mais surtout, concrètement sur le terrain, c’est insupportable.

C’est une source de conflits entre les personnels et les parents d’élèves : que fait-on avec les élèves déposés par les parents le matin devant l’école et qui n’ont pas leur « pass sanitaire » ? Comment gérer l’arrivée des élèves au compte-goutte, tout au long de la journée, en fonction des résultats de leurs tests ? Concrètement les collègues ne peuvent plus faire classe. C’est insupportable pour les directeurs, du point de vue de la responsabilité, des nouvelles tâches que cela implique : il faudra vérifier deux fois la validité de tel test, les dates, pour accepter le retour en classe de chaque élève ?

Rappelons que le Conseil Constitutionnel avait censuré l’amendement au projet de loi « de vigilance sanitaire » selon lequel « Les directeurs des établissements d’enseignement scolaire du premier et du second degré peuvent avoir accès aux informations relatives au statut virologique des élèves, à l’existence de contacts avec des personnes contaminées ainsi qu’à leur statut vaccinal. » En effet, la connaissance de ces informations ne relève pas des compétences des personnels. En demandant aux directeurs d’école de contrôler les tests des élèves, le ministre contourne clairement la loi.

Pour FO, la campagne de test doit être organisée par les autorités sanitaires compétentes, et notamment les agences régionales de santé, et non par les personnels de l’Education Nationale dont ce n’est pas la mission.

 

Sur le télétravail à l’Education nationale :

 

La FNEC FP-FO est également intervenue sur la circulaire du 29 décembre 2021 relative au télétravail dans la Fonction publique d’Etat. La ministre De Montchalin voudrait imposer trois jours de télétravail aux agents dont les fonctions le permettent et sous réserve des nécessités de service. Les agents qui le peuvent seront incités à réaliser 4 jours de télétravail.

Pour FO, la possibilité de télétravail doit reposer sur une demande de l’agent, sur le principe du volontariat. Que les personnels qui le souhaitent puissent faire du télétravail, pas de problème, mais cela ne saurait être imposé par l’employeur.

 

Comme l’a rappelé notre Confédération à la ministre du Travail ce mardi 28 décembre : le télétravail de longue durée soulève lui-même le risque d’isolement néfaste à la santé psychologique, a fortiori pour celles et ceux ne disposant pas d’un environnement et de moyens efficaces et confortables de travail à domicile. Le télétravail est par ailleurs impossible en cas de nécessité de garde des enfants à domicile (isolement, fermeture de classe…).

Avant toute mise en œuvre de la circulaire « télétravail », nous demandons la tenue d’un CHSCT ministériel sur cette question. D’autant plus que les négociations dans le Ministère de l’Education nationale ne sont pas encore terminées.

 

Le ministère a indiqué que la circulaire Fonction publique serait appliquée.

Face au chaos sans cesse aggravé, la FNEC FP-FO appelle les personnels à se réunir dès la rentrée pour lister les problèmes et dresser les revendications. FO a déposé un préavis de grève jusqu’au 20 février.  La FNEC FP-FO appelle les personnels à s’inscrire dans la mobilisation interprofessionnelle à l’appel des Confédérations FO et CGT, avec la FSU, Solidaires et les organisations de jeunesse, par la grève le 27 janvier.

Pour la création de postes à la hauteur des besoins et l’arrêt des contre-réformes !

Pour mettre fin au chaos, l’urgence, c’est la création de postes à la hauteur des besoins et l’arrêt des contre-réformes !

Le ministre Blanquer a aggravé le chaos dans les services, les écoles et les établissements scolaires. Les effectifs surchargés, la dégradation des conditions d’enseignement, cela ne semble pas l’alarmer. Il a rendu 75 millions supplémentaires à Bercy cette année, après les 600 millions d’euros des années précédentes.

Le ministre, responsable de l’aggravation du chaos

Protocoles après protocoles, le ministre Blanquer continue à faire peser sur les personnels la gestion de l’épidémie et à transférer sur eux la responsabilité de la santé publique.

Les directeurs d’écoles sont aujourd’hui contraints de vérifier les tests des élèves, rédiger des courriers aux familles, gérer les ouvertures et fermetures de classes, se confronter aux parents mécontents.

Les professeurs ne sont pas remplacés. Les DSDEN font désormais appel aux retraités !

Les personnels subissent toutes sortes de pressions pour effectuer un enseignement à distance en plus de leurs heures de classes.

Le ministre n’annonce pas le recrutement en urgence de personnels sous statut : administratifs, enseignants, infirmières, médecins… mais au contraire le maintien de toutes les fermetures de classes et de postes annoncées. Il ne propose pas le recrutement sur liste complémentaire. Il ne décide pas la levée de la suspension des personnels non vaccinés, comme les PsyEN, les infirmières ou les médecins, qui manquent partout.

La FNEC FP-FO revendique le recrutement en urgence de personnels sous statut et la création de postes à la hauteur des besoins

Dans le même temps, le ministre multiplie les mesures de mise au pas. C’est le contrôle permanent avec les évaluations d’établissements, les formations constellations, la RH de proximité… Ce ne sont pas les personnels, c’est le ministre qui est responsable de la dégradation de l’École publique.

Les personnels de l’Éducation nationale confrontés au chaos dans les services, les écoles et dans les établissements, généré par les protocoles du ministre, sont épuisés.

Ils veulent pouvoir exercer leurs missions.

Ils veulent les moyens pour le faire. Ils veulent le maintien du cadre national de l’éducation nationale et de ses services.

Ils veulent le maintien de leurs statuts.

Dans cette situation, la FNEC FP-FO appelle les personnels à se réunir, à amplifier les réunions syndicales et les AG dès la rentrée pour dresser les revendications, et construire le rapport de force, ce qui pose la question de la grève, de l’action commune en direction du ministre.

La FNEC FP-FO revendique 

-Le respect du statut des personnels et le contrôle et la prise en charge des tests des élèves par les agences régionales de santé ;

-L’abandon des protocoles qui placent les personnels dans des situations insupportables ;

-Le recrutement immédiat d’enseignants, de CPE, de PsyEN, d’infirmières, de médecins, d’administratifs sous statut ainsi que d’AED et d’AESH, la titularisation des personnels contractuels qui le souhaitent ;

-L’arrêt des pressions sur les personnels pour les contraindre à effectuer un télé-enseignement ;

– L’abandon des évaluations d’école, d’établissement, des formations imposées(constellations…) et de toutes les mesures de « management » issues du Grenelle.

L’article 41 du projet de loi 3DS doit être abandonné !


Le projet de loi 3DS, qui sera soumis au vote en première lecture à l’Assemblée nationale le 4 janvier 2022, continue dans sa rédaction actuelle, par son article 41, de menacer le bon fonctionnement des EPLE.

Les organisations syndicales CGT Educ’Action, FNEC-FP FO, FSU, SGEN-CFDT, SNALC et UNSA Education réaffirment leurs inquiétudes et leur opposition à des décisions qui viendraient décentraliser des personnels ou déstabiliser le fonctionnement des EPLE.

 

L’amendement que le gouvernement a fait adopter sur cet article 41 vise à donner l’autorité fonctionnelle aux collectivités locales. Ceci est totalement inacceptable ! Il aggrave de surcroît la rédaction initiale que les organisations syndicales avaient pourtant déjà repoussée par un vote défavorable unanime de leur part au CTMEN comme au CSE.

Une telle mesure promettait déjà, dans sa rédaction initiale, de fragiliser très fortement le fonctionnement des collèges et des lycées en créant une situation ingérable au sein même des équipes de direction. La nouvelle disposition projetée annonce pour l’ensemble des EPLE leur mise en situation de quasi-dysfonctionnement permanent.

Les débats à l’Assemblée nationale montrent la méconnaissance du fonctionnement réel des établissements. C’est donc sur une grave erreur d’analyse que le législateur s’apprête à décider de mettre en difficulté professionnelle quotidienne nos collègues adjointes et adjoints gestionnaires, personnels de direction et, par effet de conséquence, toute l’équipe éducative des EPLE.

Le cadre juridique actuel permet déjà de travailler à l’amélioration du rapport entre les collectivités et les établissements. Les organisations syndicales soulignent dès lors la nécessité de s’en saisir, ce que la majorité des collectivités territoriales ne font pas aujourd’hui.

En arbitrant dans le sens de la rupture au sein des équipes de direction par stratégie politique, le gouvernement prévoit de mettre des femmes et des hommes dans une situation humainement intenable et de déstabiliser les collèges et les lycées. Cette situation ne manquera pas de générer des dissensions préjudiciables à la sérénité du cadre de travail que les établissements doivent réserver au quotidien à tous les personnels et aux élèves.

Pour convaincre et pour gagner l’abandon de l’article 41 du projet de loi 3DS, notamment à l’occasion de la commission mixte paritaire, c’est la mobilisation et l’expression des personnels qui sont déterminantes.

 

Les organisations syndicales CGT Educ’Action, FNEC-FP-FO, FSU, SGEN-CFDT, SNALC et UNSA Education décident d’un ensemble d’actions :

– à partir du 3 janvier, elles organisent partout sur le territoire, dans les établissements, devant les rectorats et DSDEN, devant les Conseils départementaux et régionaux, ou tout lieu qui sera jugé symbolique dans les départements et académies, des rassemblements, des manifestations, expressions revendicatives communes, etc. ;

– Elles appellent à faire du 14 janvier 2022 une journée « administration morte » dans tous les EPLE, partout sur le territoire ;

– Elles envisageront la possibilité d’une expression commune le jour de la commission mixte paritaire, dès que celle-ci sera connue.

 

Elles déposent des préavis de grève pour couvrir les actions qui seront décidées à tous les niveaux dans le cadre de cet ensemble d’actions.

Courrier de la FNEC FP FO au ministre pour la revalorisation de l’ISSR

Monsieur le Ministre,

Le 23 janvier 2019, nous vous alertions déjà par courrier sur la nécessaire revalorisation de l’ISSR compte tenu de la hausse des prix, en particulier pour les hydrocarbures. Le moins que l’on puisse dire, c’est que depuis cette augmentation s’est amplifiée.

En revanche, aucune revalorisation de la valeur du point d’indice n’est prévue en 2022 alors que le gel du point d’indice a été permanent pendant toute la mandature du gouvernement.

La suite ci-dessous.

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