Réforme des BTS : danger

On le sait, avec le diplôme du BTS en poche, à bac + 2, les étudiants trouvent rapidement un emploi.

Lors de la réunion du 24 février avec le ministère, FO a rappelé que le BTS joue un rôle social important en accueillant dans les lycées des élèves dont les familles n’ont pas forcément les moyens de financer des études supérieures.

Le ministre ne cache pas sa volonté d’organiser une réforme de grande ampleur du BTS 

Le ministère, relayant les objectifs du ministre, a exposé sa volonté de simplifier les épreuves de BTS.

Elles feront l’objet d’une concertation ultérieure sous l’égide du nouveau gouvernement pour une mise en œuvre au plus tôt lors de la session d’examen 2023.

Qu’en est-il ?

L’objectif non dissimilé du ministère est de :

– « supprimer la catégorie des sous-épreuves en les érigeant en épreuves à part entière et d’augmenter le nombre d’épreuves obligatoires,

– établir un tronc commun pour les épreuves obligatoires d’enseignement général en s’inspirant de ce qui existe au baccalauréat professionnel,

augmenter l’évaluation par contrôle en cours de formation (CCF) pour les épreuves obligatoires pour les publics de candidats concernés et en alléger les modalités,

réduire le plafond réglementaire des épreuves facultatives pour les publics de candidats concernés et/ou alléger leur mode d’évaluation en privilégiant le CCF. »

 

Le ministère a également fait part de sa volonté « d’accompagner le développement de l’offre de BTS en apprentissage et en garantir la qualité. »

 

Le SNFOLC a mis en garde le ministère : s’il s’agit de remplacer les épreuves par le contrôle en cours de formation (CCF), FO ne peut qu’y être opposée. En effet, l’expérience du CCF prouve que toute la charge retombe sur les enseignants, les personnels de direction et les personnels administratifs des établissements qui deviennent des centres d’examens permanents.

Comme pour le baccalauréat, le ministère voudrait des épreuves permanentes et sans fin, affaiblissant la valeur du diplôme de technicien supérieur.

FO a précisé qu’au lieu d’engager une réforme des BTS, il conviendrait plutôt de rétablir la filière technologique dans sa spécificité et de lui redonner les moyens de ses ambitions. Au lieu d’appauvrir l’enseignement en BTS, il faut rétablir les enseignements disciplinaires en lycée. Ce ne sont pas les dispositifs de soutien qui remplaceront les connaissances que les élèves n’ont pas acquises au lycée.

 

En réduisant les enseignements scientifiques, la réforme Blanquer du lycée conduit à affaiblir les connaissances scientifiques des élèves de STI et les place en grande difficulté pour leur poursuite d’étude en BTS.

Le SNFOLC n’acceptera pas que le BTS soit vidé de son contenu et placé sous la tutelle des entreprises, de leurs besoins à court terme et de leurs choix « stratégiques » de localisation et de délocalisation.

 

Deux ans de crise sanitaire sans anticipation ni communication. Il faut des consignes claires données suffisamment tôt en amont des épreuves.

Stages et épreuves de rattrapage

Après deux ans de crise sanitaire, FO a demandé que les maîtres mots soient anticipation et communication ; que des consignes claires soient données suffisamment tôt en amont des épreuves.

Ceci d’une part pour éviter aux étudiants les souffrances de l’incertitude quant à l’organisation des épreuves et de leur stage, d’autre part pour permettre aux équipes pédagogiques et de direction de pouvoir organiser leur travail et de garantir aux élèves la valeur de leur diplôme. Les étudiants de BTS de cette année scolaire et de la précédente ont souffert doublement des effets de crise sanitaire et de la réforme du lycée. Toutes les deux leur ont retiré des heures de cours qui aboutissent à des retards en terme de connaissance.

En terme d’organisation, les sessions de rattrapage doivent ne pas faire obstacle aux autres épreuves. En français, entre l’EAF, les corrections de copies, les jurys et les épreuves de rattrapage les mois de juin et juillet peuvent virer au cauchemar. Pour les personnels de direction et pour les DEC (division des examens et concours) des rectorats, il est tout aussi indispensable d’avoir une vision globale pour que les enseignants ne soient pas convoqués au dernier moment.

FO demande que soit publiée le plus tôt possible une circulaire et des consignes d’organisation précisant le calendrier des jurys et des sessions de rattrapage, les modalités de ce rattrapage et que les sujets soient pilotés nationalement pour que cela ne retombe pas une fois de plus sur les DEC et les établissements.

Pérennisation des épreuves de rattrapage

Le ministère a décidé la mise en place d’un rattrapage pérenne à compter de la session d’examen 2022. Il aura lieu en juillet. Le candidat aura le choix entre deux épreuves orales du domaine général. Les épreuves seront calquées sur la session BTS de 2021 : 20 min de préparation + 20 min de soutenance (10 min + 10 min pour les langues), avec sujets soumis par les examinateurs. A l’issue du rattrapage : la moyenne générale sera calculée sur les notes aux épreuves du premier groupe et du rattrapage avec substitution de la meilleure note obtenue (entre les épreuves du 1er groupe et celles du rattrapage) dans les unités choisies au rattrapage.

Un candidat ira au rattrapage si sa moyenne est au moins égale à 8 et inférieure à 10/20 ET si sa moyenne est au moins égale à 10/20 dans le domaine professionnel. Les notes prises en compte, dans les deux cas, incluraient, le cas échéant, les bénéfices et reports de notes.

Concernant les stages de fin de première année, de la même manière FO a demandé de clarifier le nombre minimum de semaines de stage et les modalités de stage. Chaque BTS a sa spécificité. FO a demandé que chaque président de jury sache enfin ce qui l’attend.

L’expérience de la réforme du lycée et du baccalauréat, fait redouter des conséquences désastreuses d’une réforme des BTS aussi bien pour les étudiants que pour les enseignants.

Le SNFOLC invite les professeurs qui enseignent en BTS à se réunir et réaffirmer leur attachement au diplôme qualifiant et professionnalisant que constitue le BTS, à ses épreuves nationales, terminales et anonymes.

Casser le statut en échange d’une hypothétique augmentation des salaires?

Selon Ouest-France, le prix du SP 95 a progressé de 26 % depuis fin 2021 et 51 % depuis mai 2017 ; le gazole avec respectivement + 39 % et + 78 % pour les mêmes périodes. Cela représente plusieurs dizaines d’euros de plus sur chaque plein à la charge des personnels qui doivent utiliser leur véhicule pour travailler.

Pour les personnels assurant des remplacements, affectés dans plusieurs établissements notamment (les enseignants mais aussi les AESH soumis aux PIAL), la charge est devenue telle qu’il n’est quasiment plus rentable de se rendre au travail.

 

Le 15 mars, l’INSEE constate qu’en 2021 les prix du gaz ont pris + 50,9 %, l’électricité quasiment + 5 %, les combustibles liquides (pour le chauffage) + 40 %, l’alimentation avec + 2,1 % pour le seul mois de février.

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Conférence pour le rétablissement du baccalauréat national dès 2022

Pour engager dès maintenant la mobilisation et le rapport de force, la FNEC FP-FO et le SNFOLC ont proposé aux personnels de se réunir, dans l’unité la plus large, pour réaffirmer les revendications et désigner leurs délégués et les participants à la réunion nationale le 4 février 2022, pour le rétablissement du baccalauréat. Ils ont invité les parents d’élèves, les lycéens à participer à cette discussion.

Cette réunion nationale s’est tenue à la Confédération FO,  à Paris.

Ci-dessous le compte-rendu de cette réunion.

Bac, postes, disciplines, statut, salaires, tout est lié

Une suite de déclarations qui ont un sens

Une partie du programme de E. Macron pour l’Éducation nationale a déjà été dévoilée dans la presse (France Info, Le Monde, La Voix du Nord, Contrepoints) :

création d’un super-ministère qui serait confié à Bruno Lemaire (actuel ministre de l’Économie et des Finances) par la fusion du ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports avec ceux de la Culture et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche,

 

suppression du CAPES, remise en cause du droit à carrière, fin de l’emploi sous statut dans l’Éducation nationale,

 

–  mise en place d’un continuum primaire-collège avec un corps unique d’enseignants de l’« École du socle », aux missions nouvelles et au temps de présence accru dans l’établissement. Ces nouveaux enseignants seraient habilités à enseigner du CP à la 3e, dans le cadre d’un système modulaire (comme au lycée…) livré à l’appréciation des chefs d’établissement et des équipes éducatives dont l’autonomie serait accrue,

 

fin du CAPES mais aussi fin programmée de l’agrégation : rappelons cette tribune de juin 2021 dans Le Monde, « Il faut repenser la place des agrégés dans les établissements », qui proposait de supprimer l’agrégation externe, de ne conserver que l’interne, et de faire des agrégés ainsi recrutés des collaborateurs des chefs d’établissement.

 

Ces attaques en règle d’E. Macron contre le service public sont la poursuite logique d’un quinquennat de gel du point d’indice des fonctionnaires pendant lequel le ministre Blanquer a supprimé des milliers de postes et imposé des contre-réformes particulièrement au lycée.

Les promesses électoralistes d’A. de Montchalin, ministre de la Transformation de la Fonction publique, de débloquer la valeur du point d’indice pendant l’été sont ressenties comme du mépris, d’autant plus qu’elle s’assortissent de la remise en cause du statut. Celui-ci ne « convient plus parce qu’il est trop compliqué, qu’il n’offre pas de perspective durable dans toute la carrière, et qu’il fait une trop grande place aux diplômes plutôt qu’aux métiers » selon les termes de la ministre le 15 mars.

La remise en cause du baccalauréat comme diplôme national et 1er grade universitaire apparaît clairement comme un élément de ce dispositif de démolition du statut.

Elle ouvre la voie à la fin de l’enseignement spécifique dans le 2nd degré, garantie républicaine d’un enseignement de qualité pour les personnels et les élèves puisqu’il s’appuie d’une part sur des programmes nationaux et des grilles horaires nationales et d’autre part sur des statuts nationaux pour les personnels enseignants, garantissant leur expertise disciplinaire et définissant des obligations réglementaires de service nationales et non locales.

La réforme du bac a nettement dégradé les conditions de travail, voire dénaturé le travail des professeurs

En trois années elle a supprimé des milliers d’heures de cours et des milliers de postes.

Un exemple pour en mesurer la violence : dans l’académie de Rouen, la réforme Blanquer du lycée c’est 181 postes fermés et l’équivalent de la suppression de la totalité de la DHG des deux plus gros lycées de l’académie !

C’est pourquoi la revendication du rétablissement des épreuves finales, nationales, anonymes et disciplinaires du baccalauréat général et technologique, dès la session 2022, est une urgence car elle défend l’architecture générale qui rassemble toutes lesautres : nos statuts, nos postes, nos conditions de travail et les dotations horaires.

Le recul des épreuves de mars au mois de mai, est une première avancée qu’il faut prolonger avec le retour à un baccalauréat et ses épreuves terminales, nationales et ponctuelles dans toutes les disciplines !

 

Le SNFOLC invite les personnels à poursuivre en défense du Baccalauréat et pour le rétablissement de ses épreuves terminales, toutes ses épreuves, en multipliant les HIS et en signant la pétition nationale (FNEC FP-FO / CGT Éducation / SUD Éducation SNES-FSU / SNEP-FSU / SNALC / APBG / APHG / APLV / APMEP APPEP / APSES / CNARELA / UDPPC / VL) pour le report des épreuves de spécialité en juin, la fin du contrôle continu et une vraie session 2022.

Pour signer la pétition : lien ici.

Rien n’est joué d’avance ! On est là ! Blanquer a beau multiplier les réunions pour vanter ses 5 années au ministère, la résistance des personnels est bien là.

Blanquer a beau multiplier ses réunions du comité de suivi de la réforme du lycée, toujours sous l’égide de Mathiot, l’organisateur depuis le départ de ces réformes, les personnels n’acceptent toujours pas cette destruction organisée.

Résultats mutation inter : le droit à mutation de plus en plus remis en cause

Les résultats des mutations inter-académiques ont été transmis ce mercredi 9 mars, avec une semaine de retard. Conséquence directe, dans l’académie d’Amiens, les dates pour le mouvement intra académique ne sont toujours pas fixées !

Depuis 3 ans que les commissions paritaire ne se réunissent plus, les dysfonctionnements se succèdent et l’opacité devient la règle. Le ministère ne cache même plus sa volonté de dégrader à tous les niveaux le fonctionnement des mutations pour les remettre en cause.

 

 

POUR MUTER, IL FAUT DE PLUS EN PLUS DE POINTS

La hausse des barres inter-académiques constatée l’an dernier se confirme. Nécessairement, au lieu de créer les postes demandés, Blanquer confirme les 440 suppressions de poste à la rentrée après les 1 800 de l’an dernier et la soustraction de nombreux postes pour des supports contractuels.

Conséquences, les barres qui avaient particulièrement augmenté l’an dernier, comme en mathématiques, sont toujours aussi hautes cette année, et dans d’autres disciplines et académies, un nombre de points faramineux est nécessaire.

En EPS, par exemple, il faut 1 349,2 points pour atteindre la Bretagne, soit nécessairement plusieurs années de séparation. En espagnol, la barre 2022 de Bordeaux est de 1 072,2 points. Les barres de lettres modernes ont aussi encore augmenté.

ET DE NOMBREUX POSTES SONT SOUSTRAITS AU MOUVEMENT

Aux suppressions de postes sont venus s’ajouter cette année les postes retirés du mouvement, les postes « à profil », dits POP.

Ces postes POP devaient n’être que des postes vacants. Pourtant, 3 parmi les 124 de cette année étaient en EPS à Bordeaux où la barre est passée de 309 points à 985. Les 3 premiers non entrants doivent apprécier…

FO S’OPPOSE À LA CRÉATION DE CES POP QUI SOUSTRAIENT DES POSTES AU MOUVEMENT, AU BARÈME ET VOUDRAIENT FAIRE DE LA DÉRÉGLEMENTATION LA NORME.

Pour preuve, les postes spécifiques académiques, mis en place depuis plusieurs années déjà, donnent lieu à de nombreuses « expérimentations » inacceptables.

Dans l’académie de Toulouse, à la rentrée prochaine deux nouveaux collèges vont ouvrir. L’administration en profite pour y créer de nombreux postes spécifiques : 3 pour Saint Simon « Collège des Arts Vivants » et 8 à Guilhermy « Collège de l’image ». C’est la territorialisation de l’école, le recrutement à la tête du client.

A Nancy-Metz, le recteur va créer une « zone numérique de remplacement », pour pallier « aux difficultés à trouver des remplaçants dans certains établissements de l’académie et dans certaines matières ». 16 postes seront ainsi proposés au mouvement Intra. Ce sont des postes spécifiques. Les collègues choisis ne feront que des remplacements courts quand il n’y aura pas de TZR ou de contractuels disponibles, le temps de trouver quelqu’un… Ces professeurs feront cours à distance à des élèves qui seront dans leur établissement sous la surveillance d’un AED ! Cette « innovation » est une déréglementation, un dévoiement inacceptable du statut des professeurs et du droit à l’instruction ! C’est la porte ouverte à tout et n’importe quoi comme lce qui se passe à Marseille avec un recrutement direct !

Ce qui se passe à l’inter se généralise à l’intra : le droit à mutation est remis en cause par ces dispositifs. Preuve en est aussi, la soustraction de postes pour les stagiaires à temps plein l’année prochaine, la mise en place des alternants-contractuels… autant de possibilités de muter retirées, tout en ne donnant pas aux futurs stagiaires le droit de devenir titulaires.

NON À LA RÉDUCTION DES DROITS DES PERSONNELS

Toutes ces mesures qui réduisent encore les droits des personnels sont une preuve supplémentaire, après le report des résultats des mutations inter académiques, du fiasco, de l’opacité et du chaos souhaités pour les opérations de mutation depuis la suppression des commissions paritaires relatives aux mutations.

Le SNFOLC demande l’abrogation de la loi de la Transformation de la Fonction publique qui supprime l’intervention des organisations syndicales en amont et en aval de toutes les opérations concernant la carrière des personnels, dont le mouvement. Il demande l’arrêt des dispositifs qui généralisent la mise en place de postes spécifiques au nom de l’autonomie prônée par J-M Blanquer et E. Macron à Marseille.