Agression d’une enseignante dans un collège rennais : communiqué de FO

COMMUNIQUÉ DU SNFOLC 35 ET DE L’UNION DÉPARTEMENTALE FORCE OUVRIÈRE 35 – le 13.12.2023

Mercredi 13 décembre 2023, une enseignante du collège des Hautes Ourmes à Rennes a été victime d’une agression durant son service.

D’après le procureur de Rennes, une élève de 12 ans est « venue en cours armée d’un grand couteau avec l’intention, semble-t-il, de tuer sa professeure d’anglais ». Pendant le cours, en classe, l’élève de 5ème a brandi le couteau vers la victime, qui s’est enfuie en courant. « Elle l’aurait suivie avant d’être désarmée par le personnel de l’établissement », toujours selon le procureur. Cette élève avait été exclue du collège les Chalais à Rennes pour tentative d’agression physique sur une enseignante.

Le SNFOLC 35 et l’Union Départementale Force ouvrière 35 apportent tout son soutien à la professeure agressée, ainsi qu’aux personnels, élèves et familles de l’établissement, dont ils partagent l’effroi.

 

Pour Force ouvrière, cet évènement souligne une nouvelle fois la nécessité de protéger, autrement que par des discours, l’École publique et ses personnels qui mettent leur vie au service du droit à l’instruction des élèves. Il faut qu’enfin tous les moyens exigés par les personnels et leurs syndicats pour assurer la sécurité des établissements soient donnés. Que le métier de professeur puisse, en France, être considéré comme « à risque » est inacceptable.

L’École publique doit être une enceinte protégée. Or, notre département n’est pas épargné : le lycée Coëtlogon et le collège Échange à Rennes ont fait l’objet d’intrusions au mois de novembre 2023, les alertes à la bombe ont été légion dans plusieurs établissements rennais durant ces dernières semaines (notamment à la cité scolaire Zola, plein centre-ville de Rennes). Aujourd’hui, une enseignante est agressée, en plein cours.

 

Le SNFOLC 35 et l’Union Départementale Force ouvrière 35 ont pris connaissance de la déclaration de Monsieur le Recteur, qui qualifie cet événement d’« incident ». Nous sommes inquiets de tels propos. Si la volonté d’apaiser et de rassurer peut se comprendre, caractériser l’agression au couteau d’un professeur d’« incident » révèle bien l’étendue du travail qu’il reste à faire dans l’Éducation nationale pour qu’une véritable politique de protection des personnels voie le jour.

Le SNFOLC 35 et l’Union Départementale Force ouvrière 35 s’adressent solennellement au Recteur de Bretagne et au DASEN d’Ille-et-Vilaine pour s’assurer que la protection fonctionnelle sera bien accordée à la collègue agressée, que des dispositions concrètes seront prises pour aider les personnels et les élèves, et que des moyens humains et financiers significatifs seront débloqués pour cet établissement dans de brefs délais.

 

Des questions demeurent : quel sera le devenir de l’élève autrice de l’agression ? Quelles seront les mesures mises en place pour éviter que ceci ne se reproduise ailleurs dans le département ?

 

Nous rappelons que ce sont bien des moyens humains dont l’École a besoin, plus que de barrières ou de clôtures.

Pour Force ouvrière 35, la multiplication des annonces médiatiques et des mesures coercitives ne doit pas masquer la responsabilité des gouvernements qui n’ont cessé, réformes après réformes, de dévaloriser l’enseignement en réduisant les horaires disciplinaires, en entassant les élèves dans des classes surchargées, et en affaiblissant les droits statutaires des personnels.

 

Communiqué transmis à la presse

Courrier envoyé au Recteur et DASEN

Alerte sociale lancée

Déclaration de FO pour le CSA SD FS du 10/11/23

(SA SD FS : ancien CHSCT D – comité hygiène santé sécurité travail)

Le vendredi 13 octobre 2023, un professeur d’un établissement d’Arras a été assassiné durant son service. Trois autres personnels (un professeur, deux agents techniques) ont été gravement blessés. La FNEC FP-FO 35 adresse ses sincères condoléances et tout son soutien aux familles, aux proches, aux personnels et aux élèves de l’établissement dont elle partage l’effroi.

Pour la FNEC FP-FO 35, cet évènement tragique souligne une nouvelle fois la nécessité de protéger, autrement que par des discours, l’École publique et ses personnels qui mettent leur vie au service du droit à l’instruction des élèves. Il faut qu’enfin tous les moyens exigés par les personnels et leurs syndicats pour assurer la sécurité des établissements soient donnés. Que le métier de professeur puisse, en France, être considéré comme « à risque » est inacceptable. L’École publique doit être une enceinte protégée.

Or, notre département n’est pas épargné par ces actes d’intrusion : le lycée Coetlogon ou le collège Echange à Rennes ont fait l’objet d’intrusion ces dernières semaines (des fiches SST en témoignent), alors que le collège Georges Brassens (Le Rheu) fait face à de lourds travaux rendant les conditions de travail des personnels particulièrement pénibles et posant la question de la sécurité des élèves devant sortir de l’enceinte de l’établissement afin de se restaurer sans une surveillance suffisante, faute de moyens humains. Car ce sont bien des moyens humains dont l’Ecole a besoin, plus que des barrières ou des clôtures. La multiplication des annonces médiatiques et des mesures coercitives ne doit pas masquer la responsabilité des gouvernements qui n’ont cessé, réformes après réformes, de dévaloriser l’enseignement du savoir en réduisant le nombre d’heures disciplinaires, en entassant les élèves dans des classes à plus de 30, et en affaiblissant les droits statutaires des personnels.

D’ailleurs, dans le cadre d’une cure d’austérité – 16 milliards d’économies ! – imposée aux écoles, aux hôpitaux, aux collectivités territoriales, alors que nos services publics et les personnels sont étranglés par l’inflation, le gouvernement a inscrit l’Acte 2 de l’Ecole Inclusive dans son Projet de Loi de Finances 2024 adopté sans débat au parlement à coup de 49-3, dans
la nuit du 7 au 8 novembre. Ainsi, l’article 53 lance l’Acte 2 de l’Ecole Inclusive en instaurant les Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS) en lieu et place des PIAL. Rappelons que les mesures annoncées par le président Macron lors de la Conférence Nationale Handicap s’appuyaient en partie sur le rapport d’avril 2022 sur la scolarisation des élèves en situation de handicap qui préconisait de réduire l’aide humaine au profit d’aide matérielle et de « formations » des enseignants.

Stop à la culpabilisation ! La pédagogie ne peut se substituer aux soins et aux moyens humains que le gouvernement entend réduire drastiquement ! La bienveillance est du côté des personnels qui revendiquent le retour des structures et soins adaptés aux handicaps et/ou difficultés des élèves. C’est la revendication portée par FO depuis le début. L’augmentation exponentielle des fiches SST concernant l’inclusion dans notre département et l’explosion des appels à l’aide des collègues enseignants ou AESH nous donnent malheureusement raison.

En outre, le ministre Attal indique « qu’il ne reculera devant rien pour lutter contre le harcèlement » … sauf visiblement devant l’annulation des 2 500 suppressions de postes prévus au projet de loi de Finance 2024, qui s’ajoutent aux 2 000 postes supprimés à la rentrée 2023. La FNEC FP-FO 35 réaffirme que ce dont les élèves ont besoin, ce sont des milliers de postes d’infirmières, de médecins scolaires, d’assistantes sociales, d’enseignants spécialisés, de PsyEN, de CPE, c’est le rétablissement des maîtres d’internat – surveillants d’externats, des AESH et des AED avec un statut et un vrai salaire ! Les élèves et les parents d’élèves n’ont pas besoin de plus de plateforme numérique, mais de personnels qui peuvent leur consacrer du temps. Et comme chacun le sait, le temps c’est de l’argent. L’argent a bien été trouvé pour le SNU et le PACTE !

Nous revendiquons donc la création des postes nécessaires, l’arrêt des suppressions de postes pour faire baisser significativement le nombre d’élèves par classe, ce qui serait bien plus efficace que des cours « d’empathie », ou que des « référents » chargés de « coacher » les personnels. Le ministre Attal veut former les personnels de son ministère et les placer en première ligne, c’est-à-dire les rendre responsables de la mise en oeuvre du slogan « 100% prévention, 100 % détection, 100 % solution. » C’est dans ce cadre que sont présentées ces propositions : un grand raout et une auto-évaluation qu’il faudrait faire passer aux élèves chaque année dès le CE2.

Ces propositions ne peuvent que mettre les personnels en grande difficulté : organiser seul une séance sur un sujet délicat et potentiellement anxiogène pour certains élèves, distribuer des questionnaires anonymes dont on ne sait ni qui les dépouillera, ni qui analysera les réponses, ni ce qu’il faudra en tirer, ni quelle responsabilité sera engagée en cas de réponses alarmantes dans ce questionnaire qui est anonyme ; et pour couronner le tout, organiser une séance de restitution avec des parents d’élèves légitimement inquiets… c’est-à-dire toujours un peu plus exposer les personnels à des situations qui peuvent être totalement incontrôlées !

La FNEC FP-FO 35 refuse le lynchage médiatique et la recherche de boucs émissaires. Nous ne saurions nous satisfaire d’annonces simplistes et encore moins cautionner un plan visant à dédouaner le ministère de ses responsabilités en les rejetant sur l’échelon local.

Résolution de l’AG statutaire du SNFOLC 35 du 9 novembre 2023

La paix entre les peuples, voici l’objectif que s’est toujours fixé le syndicat Force ouvrière. Ce fil à plomb est une condition essentielle à notre humanité. 

 

Le SNFOLC 35 exprime ici sa solidarité pleine et entière à l’égard des populations victimes de la guerre, de l’ensemble des travailleurs et de leurs syndicats, qu’ils soient palestiniens ou israéliens, russes ou ukrainiens, ou d’ailleurs.

 

Partout, nous exigeons un cessez-le-feu immédiat, l’arrêt des bombardements et des déplacements forcés de population et, à Gaza, la levée immédiate du blocus.

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Congrès de l’UD FO 35 : déclaration du SNFOLC 35

Le 15 septembre 2023 s’est tenu le congrès de l’UD FO 35. Un grand moment de démocratie syndicale, qui, encore une fois, a montré l’unité et la combativité des syndicats FO de l’Ille-et-Vilaine.

 

Ci-dessous, un extrait de la déclaration du SNFOLC 35 lors de ce congrès :

« Nous travaillons dans l’Éducation nationale. L’Éducation nationale, c’est quoi ? Vaste sujet ! Pour répondre à cette question : nous allons nous appuyer sur une définition assez vieille mais qui fait consensus – celle du Larousse de 1997.

L’Éducation nationale forme un groupe largement répandu géographiquement parlant, particulièrement bien adapté au froid.

L’Éducation nationale : il faut imaginer une tête volumineuse avec une trompe et un corps massif pourvu de membres en piliers munis de cinq doigts.

Au cours de son évolution, L’Éducation nationale a développé une importante adaptation au froid. Trois couches permettaient, à l’origine, de la protéger : une couche de graisse de 8 cm, une peau de 2 cm d’épaisseur et une fourrure composée de trois sortes de poils isolants.

Mais au fil du temps (il y a plusieurs décennies déjà), des politiciens ont choisi de classer cette entité dans le genre des « fossiles proboscidiens » de la famille des éléphantidés : le mammouth. Le mammouth qu’il faut donc……………………. « dégraisser ».

Pour « dégraisser » un mammouth, c’est simple :
• ne recrutez plus, ou très peu, si possible en proposant des conditions de travail insupportables
• gelez les salaires
• proposez des augmentations indemnitaires en mode « paillette »
• pressurisez au maximum les membres actifs du mammouth
• proposez-leur des contrats précaires, mal rémunérés (si possible sous le seuil de pauvreté pour certaines catégories)
• volez-leur 4 ans de leur vie, mais en plusieurs fois (c’est mieux, ça passe plus facilement)
• divisez-les en multipliant les types de contrat et en créant toujours plus de nouvelles missions (si possibles qui n’ont pas de sens)
• saccagez leur environnement de travail direct
• pillez le budget
• mettez-les en concurrence…

Et là, vous vous dites : « mais, le mammouth de l’Éducation nationale, c’est comme chez nous ! »

Et oui ! L’hôpital, l’énergie, les communications, les transports, les rippers, les éduc spé, tous les camarades du privé… Vous aussi, vous avez une âme de mammouth ! Et vous vous faites dégraisser, vous aussi !

Que nous soyons du public ou du privé (dans la société néolibérale que nous endurons) : nous sommes tous et toutes des mammouths !

Mais le mammouth est résistant, et têtu. Il résiste. Ou plutôt : Nous résistons.«