(SA SD FS : ancien CHSCT D – comité hygiène santé sécurité travail)
Le vendredi 13 octobre 2023, un professeur d’un établissement d’Arras a été assassiné durant son service. Trois autres personnels (un professeur, deux agents techniques) ont été gravement blessés. La FNEC FP-FO 35 adresse ses sincères condoléances et tout son soutien aux familles, aux proches, aux personnels et aux élèves de l’établissement dont elle partage l’effroi.
Pour la FNEC FP-FO 35, cet évènement tragique souligne une nouvelle fois la nécessité de protéger, autrement que par des discours, l’École publique et ses personnels qui mettent leur vie au service du droit à l’instruction des élèves. Il faut qu’enfin tous les moyens exigés par les personnels et leurs syndicats pour assurer la sécurité des établissements soient donnés. Que le métier de professeur puisse, en France, être considéré comme « à risque » est inacceptable. L’École publique doit être une enceinte protégée.
Or, notre département n’est pas épargné par ces actes d’intrusion : le lycée Coetlogon ou le collège Echange à Rennes ont fait l’objet d’intrusion ces dernières semaines (des fiches SST en témoignent), alors que le collège Georges Brassens (Le Rheu) fait face à de lourds travaux rendant les conditions de travail des personnels particulièrement pénibles et posant la question de la sécurité des élèves devant sortir de l’enceinte de l’établissement afin de se restaurer sans une surveillance suffisante, faute de moyens humains. Car ce sont bien des moyens humains dont l’Ecole a besoin, plus que des barrières ou des clôtures. La multiplication des annonces médiatiques et des mesures coercitives ne doit pas masquer la responsabilité des gouvernements qui n’ont cessé, réformes après réformes, de dévaloriser l’enseignement du savoir en réduisant le nombre d’heures disciplinaires, en entassant les élèves dans des classes à plus de 30, et en affaiblissant les droits statutaires des personnels.
D’ailleurs, dans le cadre d’une cure d’austérité – 16 milliards d’économies ! – imposée aux écoles, aux hôpitaux, aux collectivités territoriales, alors que nos services publics et les personnels sont étranglés par l’inflation, le gouvernement a inscrit l’Acte 2 de l’Ecole Inclusive dans son Projet de Loi de Finances 2024 adopté sans débat au parlement à coup de 49-3, dans
la nuit du 7 au 8 novembre. Ainsi, l’article 53 lance l’Acte 2 de l’Ecole Inclusive en instaurant les Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS) en lieu et place des PIAL. Rappelons que les mesures annoncées par le président Macron lors de la Conférence Nationale Handicap s’appuyaient en partie sur le rapport d’avril 2022 sur la scolarisation des élèves en situation de handicap qui préconisait de réduire l’aide humaine au profit d’aide matérielle et de « formations » des enseignants.
Stop à la culpabilisation ! La pédagogie ne peut se substituer aux soins et aux moyens humains que le gouvernement entend réduire drastiquement ! La bienveillance est du côté des personnels qui revendiquent le retour des structures et soins adaptés aux handicaps et/ou difficultés des élèves. C’est la revendication portée par FO depuis le début. L’augmentation exponentielle des fiches SST concernant l’inclusion dans notre département et l’explosion des appels à l’aide des collègues enseignants ou AESH nous donnent malheureusement raison.
En outre, le ministre Attal indique « qu’il ne reculera devant rien pour lutter contre le harcèlement » … sauf visiblement devant l’annulation des 2 500 suppressions de postes prévus au projet de loi de Finance 2024, qui s’ajoutent aux 2 000 postes supprimés à la rentrée 2023. La FNEC FP-FO 35 réaffirme que ce dont les élèves ont besoin, ce sont des milliers de postes d’infirmières, de médecins scolaires, d’assistantes sociales, d’enseignants spécialisés, de PsyEN, de CPE, c’est le rétablissement des maîtres d’internat – surveillants d’externats, des AESH et des AED avec un statut et un vrai salaire ! Les élèves et les parents d’élèves n’ont pas besoin de plus de plateforme numérique, mais de personnels qui peuvent leur consacrer du temps. Et comme chacun le sait, le temps c’est de l’argent. L’argent a bien été trouvé pour le SNU et le PACTE !
Nous revendiquons donc la création des postes nécessaires, l’arrêt des suppressions de postes pour faire baisser significativement le nombre d’élèves par classe, ce qui serait bien plus efficace que des cours « d’empathie », ou que des « référents » chargés de « coacher » les personnels. Le ministre Attal veut former les personnels de son ministère et les placer en première ligne, c’est-à-dire les rendre responsables de la mise en oeuvre du slogan « 100% prévention, 100 % détection, 100 % solution. » C’est dans ce cadre que sont présentées ces propositions : un grand raout et une auto-évaluation qu’il faudrait faire passer aux élèves chaque année dès le CE2.
Ces propositions ne peuvent que mettre les personnels en grande difficulté : organiser seul une séance sur un sujet délicat et potentiellement anxiogène pour certains élèves, distribuer des questionnaires anonymes dont on ne sait ni qui les dépouillera, ni qui analysera les réponses, ni ce qu’il faudra en tirer, ni quelle responsabilité sera engagée en cas de réponses alarmantes dans ce questionnaire qui est anonyme ; et pour couronner le tout, organiser une séance de restitution avec des parents d’élèves légitimement inquiets… c’est-à-dire toujours un peu plus exposer les personnels à des situations qui peuvent être totalement incontrôlées !
La FNEC FP-FO 35 refuse le lynchage médiatique et la recherche de boucs émissaires. Nous ne saurions nous satisfaire d’annonces simplistes et encore moins cautionner un plan visant à dédouaner le ministère de ses responsabilités en les rejetant sur l’échelon local.
