Communiqué de rentrée 2020

Faisant fi de la crise de la Covid-19, le ministre Blanquer poursuit sa mission, laquelle pourrait se résumer ainsi : casser le service public de l’Education nationale, briser les droits collectifs et valoriser l’individualisme. Alors que toutes les contre-réformes sont maintenues, y compris le projet de retraite universelle par points, dans la fonction publique, la nouvelle ministre nous a prévenus, c’est 0 euro d’augmentation ! Encore une fois, la valeur du point d’indice reste gelée pour 2021.
 

Où est passée l’Ecole de la République ?

De conférences de presse en conférences de presse, le gouvernement communique sans cesse avec ordres et contre ordres. Mais ce qui est certain, c’est que toutes les réformes sont maintenues et que le ministre Blanquer veut encore aller plus loin, au mépris des revendications qui se sont exprimées toute l’année dernière, en particulier par la grève historique contre la réforme des retraites. Citons simplement quelques item de son dossier de presse : nouveaux partenariats avec les collectivités et les entreprises, parcours scolaire et périscolaire en 6ème avec possibilité de faire de la remédiation jusqu’à 5 heures sur les 26 dues aux élèves, par les professeurs de collège ou les professeurs des écoles. Tout cela avec l’annonce du maintien
du protocole décidé par le ministre et déclinable dans les 8.000 établissements pour toute l’année scolaire.

Des dispositifs pour déréglementer disciplines, statuts et groupes classes

« 1,5 millions d’heures supplémentaires » non consommées pendant le confinement seront consacrées à l’accompagnement  personnalisé. Le périscolaire se retrouve intégré au scolaire « du lundi au vendredi ». Le « parcours scolaire renforcé en lecture […] assuré par un professeur du collège ou un professeur des écoles » qui pourra de surcroît être organisé « sur le temps consacré à d’autres enseignements ».
 
Pas de budget en plus, pas de dédoublements, ni de créations de classes ou postes. Face aux 25 000 élèves en plus dans le second degré en 2020, le ministre a fait le choix dès décembre 2019 de supprimer 440 postes. Et de nous expliquer que le budget est « contraint »… alors que J. Castex annonce 100 milliards qui s’ajoutent aux 460 déjà donnés aux entreprises privées. Mais dans le cadre de la déréglementation tous azimuts, il maintient les 2S2C, attaque frontale contre les arts plastiques, l’éducation musicale et l’EPS, et l’ensemble des disciplines. Le Covid-19 a bon dos, le ministre avait annoncé toutes ces réformes, il prend tous les outils pour essayer de poursuivre la destruction de l’Ecole.

Bac : « Parachever la réforme du lycée »

Pour sa deuxième année d’application, la réforme du lycée va encore amplifier la détérioration des conditions de travail des personnels. Les E3C, contre lesquelles les enseignants s’étaient dressés, sont généralisées avec « deux RDV en première et un en terminale ». Les E3C changent de nom : « épreuves communes ». Elles deviennent des « baccalauréats blancs maison » sous la tutelle des conseils pédagogiques et des CA.
 
Avec la circulaire de rentrée, Jean-Michel Blanquer veut achever le baccalauréat, diplôme national valant premier grade universitaire, et le transformer en un banal contrôle commun.
 
Le SNFOLC35 invite les personnels à se réunir dès la prérentrée pour lister les revendications, les faire valoir et engager le rapport de forces contre les décisions de destruction de l’Ecole et des statuts, les plans de licenciements des stagiaires et des contractuels. Les salariés continuent à exprimer leurs revendications. Le gouvernement serait bien avisé de les entendre et de les satisfaire, comme il a fini par accepter une augmentation indiciaire de 183 euros pour les personnels soignants mobilisés et en grève. Il doit nous accorder immédiatement ces mêmes 183 euros sans contrepartie.