Ecole à distance : les enseignements sont disloqués !

Tournant le dos aux revendications des personnels, le ministre maintient toutes les suppressions de postes et prépare la suite.

 

Même cause, même effets : l’enseignement à distance met en difficulté tant les personnels que les familles

Il n’y a aucune fatalité à la fermeture des établissements, ni aucune improvisation ministérielle. Au contraire, le « plan de continuité pédagogique » de J-M Blanquer, en ligne depuis juillet 2020, est érigé en règle de fonctionnement des établissements et tend à remplacer le Code de l’Éducation et les Statuts des personnels qui garantissent l’égal accès de tous les élèves à l’École.

Exit programmes disciplinaires nationaux, exit heures d’enseignement dues aux élèves au sein d’un groupe classe, et pour les enseignants, exit toute notion de temps de travail opposable. « Classe virtuelle » et « cours à distance », avec pour seule compensation financière (et encore pas pour tous) la très maigre prime de 150 euros par an, devraient selon le ministre, garantir la poursuite des apprentissages. Les injonctions hiérarchiques se précisent pour filmer ses propres cours (travail « synchrone » avec les élèves) et pour se rendre disponibles 24/24 à traiter travaux et messages d’élèves (travail « asynchrone »). Les professeurs principaux sont chargés selon la circulaire ministérielle du 6 avril de « coordonner les cours et la répartition de la charge de travail » : une nouvelle hiérarchie intermédiaire se met en place. A ces conditions de travail dégradées s’ajoutent l’impossibilité pour de très nombreuses familles de pouvoir suivre cette « école à distance » faute de moyens financiers, matériels ou faute de temps, ainsi que dès le 6 avril, les dysfonctionnements des sites et serveurs de travail.

Le plan de « continuité pédagogique » du ministre : court terme pour faire face au COVID ou dispositions Grenelle compatibles ad vitam ? 

Afin d’éviter selon le ministre « une période de désoeuvrement pour les élèves », ce dernier met en place des « stages de réussite pendant les vacances de printemps » sur le modèle de son dispositif « vacances apprenantes ».

Là encore, les injonctions hiérarchiques se multiplient pour identifier les professeurs volontaires. Comment ce travail sera-t-il rémunéré ? En heures supplémentaires ? Sur quelle base horaire ? Comment ne pas y voir un dispositif, sous couvert de volontariat relatif, tendant à remettre en cause les congés des personnels pendant les vacances scolaires, vielle lune de nombreux ministres ? Force est de constater que certaines modalités inscrites dans le plan de continuité pédagogique ministériel se retrouvent dans les synthèses du Grenelle. D’ailleurs, dans l’atelier « numérique », les participants y voient « l’opportunité [pour les] professeurs eux-mêmes de redessiner les contours de leurs missions » afin de changer « le regard sur l’apprentissage et sur l’hybridation ». Hybridation et télétravail ont vocation, selon les synthèses du Grenelle, à être pérennisés. La conclusion de la circulaire du 6 avril ne laisse entendre rien d’autre : à compter du 3 mai, les enseignements en présence reprendront « le cas échéant selon des modalités adaptées ».

Pour Force ouvrière, la fermeture des établissements n’est pas une fatalité et aurait pu être évitée !

Le ministre qui a rendu en 2020 des centaines de millions d’euros alors qu’il aurait pu ne supprimer aucun poste et même en créer des milliers, reste droit dans ses bottes. Il maintient la suppression de 1 800 postes en collège et lycée, impose les heures supplémentaires années et les compléments de service, ferme les classes et décide les mesures de carte scolaire. En septembre 2021, les sureffectifs seront encore aggravés. Qui peut le comprendre ? Alors qu’il s’apprête à publier ses décisions issues du Grenelle auquel la FNEC FP-FO n’a pas participé, le plan de continuité pédagogique mis en oeuvre depuis plus d’un an, comprenant les jauges à 50 %, les fermetures de classes et d’établissements, l’hybridation et le télétravail, vacances apprenantes etc… devient, à rebours des revendications des personnels qui demandent les moyens de travailler, la norme de fonctionnement. Toutes les réformes amorcées avant la crise sanitaire sont maintenues et aggravées. Dimanche 4 avril, sur France info, le ministre, à la question « le contrôle continu, c’est l’opposé du baccalauréat ? », répond : « il y aura eu une légitimation du contrôle continu ». Quel aveu !

Pour Force ouvrière, la priorité c’est créer tout de suite des milliers de postes à l’École et à l’Hôpital ! Le 8 avril, AESH et AED étaient avec l’ensemble des personnels pour l’amélioration des conditions de travail et les salaires : ils ont raison !

Le SNFOLC 35 appelle les personnels à se réunir en HIS dès la reprise du 26 avril pour échanger, discuter, et construire une mobilisation forte. Il est temps de se faire entendre, dans la rue s’il le faut, par la grève s’il le faut !

 

La mobilisation des personnels du CNED initiée le 8 avril se poursuit !

Les personnels du CNED en grève le 8 avril votent majoritairement la reconduction, le 9 en AG et plus de 200 personnels déclarent : halte à la dégradation des conditions de travail. Ils ont raison, leurs revendications sont les nôtres car le 13 avril la direction du CNED ne répond à rien sur l’augmentation du temps de travail, la réduction des congés.

La FNEC FP-FO s’adresse au ministre

Les personnels du CNED sont en grève depuis le jeudi 8 avril pour dire non aux dégradations des conditions de travail et à l’augmentation du temps de travail que tente d’imposer leur direction. Les personnels se sont réunis à l’appel de l’intersyndical FO / FSU / SNALC / UNSA à plus de 400. Ils ont décidé la grève le 8 avril. Ils se sont réunis en AG les 8 et 9 avril, ont décidé de poursuivre la mobilisation, de demander au ministre de recevoir une délégation des personnels du CNED.

Pourquoi cette mobilisation? Les personnels défendent leur statut et leurs droits

La direction du CNED veut imposer une refonte des conditions de travail des personnels du CNED, en augmentant de 35 minutes par jour leur temps de travail et remettre en cause leurs droits à congés.

En 2002, grâce à une grève massive, les personnels des établissements du CNED ont obtenu un accord tenant compte des spécificités de leurs missions.

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CNED : la mobilisation continue !

Plus de 200 collègues du CNED, personnels sur site et enseignants en poste adapté étaient réunis en assemblée générale (AG) les 8 et 9 avril à l’appel de l’intersyndicale FO‐FSU‐SNALC‐UNSA.

Les nombreuses prises de paroles et témoignages ont permis de mesurer la dégradation des conditions de travail de tous les personnels dans tous les services et dans toutes les fonctions (Centre Relation Client, conception, enseignants correcteurs, DSI, Scolarité, accompagnement pédagogique, etc.).

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Des milliers d’AESH avec les enseignants et les parents pour exiger la satisfaction des revendications

Malgré les restrictions de nos libertés, plus de 1000 à Paris, 500 à Tours, 250 à Lyon, 100 à Toulouse, 70 à Avignon, 60 à Pau, 50 à Beauvais, 40 à Bourg-en-Bresse, 50 à Saint-Etienne, 50 à Mont-de-Marsan, 50 à Laval, 40 à Nantes… Malgré le confinement et les restrictions, les AESH, les enseignants, les parents d’élèves, ont scandé, dans la rue, leurs revendications.

 

Abandon des PIAL, des recrutements massifs, un vrai statut, un vrai salaire !

Devant le ministère, une AESH a pris la parole pour interpeller le ministre. Elle exerce en ULIS et prend en charge la classe de 12 élèves toute seule depuis la rentrée parce qu’aucun enseignant n’a été nommé. Pour 700€ par mois !

« Honte à vous M. le Ministre, on n’en peut plus, on a des loyers à payer et vous êtes tranquille sur votre fauteuil. Les moyens, ils existent, on n’est pas dans un pays sous développé. On veut un vrai statut, un vrai salaire, une vraie formation ».

Devant la DSDEN de l’Ain, une AESH a exprimé la colère de tous ses collègues :

« Aujourd’hui la majorité de nous fait 26H sur le terrain, mais qu’en est-il de nos heures de concertations, de préparation de travail ? Elles dépassent largement les 125 heures annexes. Ce travail, nous l’effectuons avec notre propre matériel faute de budget à nous consacrer dans les établissements. Pourquoi n’aurions-nous pas droit à la prime informatique de 150 euros allouée aux enseignants ? Un vrai statut nous permettrait également d’obtenir la prime REP et REP+ car nous aussi nous intervenons dans les zones d’éducation prioritaires, rencontrant les mêmes difficultés que les enseignants.
Nous demandons un VRAI SALAIRE décent, un temps plein pour 24h00, qui nous permettrait de vivre sans être obligé d’avoir un deuxième travail. Les soignants ont obtenu 183 euros d’augmentation pourquoi pas nous ? »

Une AESH, devant le Rectorat de Clermont :

« La mise en place des PIAL et de la mutualisation à tout va ne fait que précariser encore plus notre place ! L’administration nous dit que c’est mieux pour l’élève, ça le pousse vers l’autonomie : On se moque de nous ! »

Oui, la situation est insupportable pour les personnels, elle est insupportable aussi pour les élèves :

– L’enseignement spécialisé est démantelé depuis des années

– Les élèves notifiés voient leur nombre d’heures d’accompagnement dégringoler, leur AESH s’en aller du jour au lendemain.

 

Ça s’apparente ni plus ni moins à de la maltraitance.

Cette mobilisation s’inscrit dans un mouvement de fond

Un mouvement de fond qui a amené les personnels à faire grève et manifester avec les parents d’élèves chaque semaine depuis le 26 janvier pour exiger des postes, des remplaçants, pour protester contre les fermetures de classes et exiger les ouvertures nécessaires.

Le Ministre et ses représentants ne pourront profiter longtemps de l’état d’urgence sanitaire pour tourner le dos revendications qui seules peuvent répondre à la bonne marche du service public.

 

Avec la CGT-FO, la FNEC FP-FO exige « du gouvernement pour tous les services publics l’arrêt des suppressions de postes et de moyens et la création des postes et moyens nécessaires à l’accomplissement de leurs missions, dans les hôpitaux, les écoles ».

La FNEC FP-FO invite les personnels à se réunir dès la rentrée

Le ministère a reçu une délégation en audience. Aucune réponse n’a été apportée, sinon la vague perspective d’une revalorisation en 2022 dans le cadre du Grenelle.

Les manifestants ont exprimé leur colère et leur détermination à poursuivre le combat.

FO invite les personnels à se réunir dès la rentrée, et à prendre contact avec les parents d’élèves, pour discuter des suites et des moyens de gagner sur les revendications. Nous renouvellerons notre préavis de grève en tant que de besoin. Une intersyndicale est en cours.

Pour une revalorisation du pouvoir d’achat des fonctionnaires

Depuis le 1er janvier 2021, le traitement des premiers échelons du premier grade et du deuxième grade de la catégorie C est en dessous du SMIC. C’est dire la grande insuffisance des points attribués dans le cadre du protocole PPCR que le gouvernement de Valls avait décidé d’imposer sans l’accord de la majorité des organisations syndicales représentatives des fonctionnaires !

Le gouvernement actuel n’en tire pourtant pas la conclusion qu’il est nécessaire de mettre un terme à la chute du pouvoir d’achat des fonctionnaires, en augmentant enfin le point d’indice.

Au contraire ! N’hésitant pas à prendre une mesure provocante, le gouvernement n’attribue que le nombre de points minimum pour permettre aux traitements du pied de la grille d’atteindre le SMIC.

En clair, il ajoute deux points (9,37 euros) à la grille pour les échelons 1, 2, 3 et 4 du premier grade ains qu’au 1er échelon du deuxième grade. Pour le 5ème échelon du premier grade et le 2ème du deuxième grade, il n’attribue qu’un seul point supplémentaire (4,69 euros) !

Si le gouvernement avait fait le bon choix, voilà ce qu’il aurait fait !

Il aurait décidé de compenser la perte du pouvoir d’achat que la valeur du point d’indice a subie depuis le 1er janvier 2000, en augmentant celle-ci de 20,79 %.

Le rattrapage du pouvoir d’achat pour les personnels concernés par cette attribution de points se serait traduit par l’augmentation suivante :
– Pour un fonctionnaire de catégorie C au 1er échelon du 1er grade, cela signifie percevoir un traitement brut de 1 867,87 euros, soit 321,49 euros d’augmentation.
– Pour un fonctionnaire au 2ème échelon du deuxième grade, cela signifie percevoir un traitement brut de 1 890,52 euros, soit 325,39 euros d’augmentation.

 

De surcroît, la compensation de la perte du pouvoir d’achat des fonctionnaires, simple mesure de justice évidente, bénéficierait à l’ensemble des personnels en évitant le tassement de la grille.

Pour FO, c’est la première des exigences qui doit s’accompagner de véritables négociations sur les carrières et les qualifications !

Ci-dessous : la lettre unitaire des organisations syndicales à la Ministre de la transformation et de la fonction publiques pour exiger l’ouverture de négociations concernant les carrières de tous les agents publics.