Dérèglementation et expérimentation : vers une autonomie généralisée

« Changer de méthode », indiquait E. Macron le 17 mars.

Au regard des « expérimentations » en cours, le changement de méthode est déjà en marche et ne demanderait qu’à se généraliser au nom d’une autonomie totale ! Etat des lieux :

DES DROITS STATUTAIRES REMIS EN CAUSE

Après la brigade numérique de remplacement expérimentée par le recteur de Nancy-Metz, ancien directeur de la direction générale de l’enseignement scolaire, voici venu le temps des « échanges de services » dans l’académie de Grenoble ! Il s’agit ni plus ni moins d’aller enseigner dans un autre établissement, d’un autre type, près de son poste, sans perdre son poste, pour « découvrir de nouveaux types d’établissements pour se renouveler professionnellement ». « Un enseignant en collège peut demander à aller en LP, en lycée général, en lycée technologique, en REP ou en REP+,… ». C’est la fusion des statuts de certifiés, agrégés, PLP et PE, l’occasion de supprimer des BMP existants. Et bien sûr, il faut candidater. Appliquer ce qu’E. Macron propose : « Ce sera plus de liberté pour les établissements, dans la droite ligne de ce que j’ai lancé à Marseille », c’est-à-dire un recrutement sur profil à l’initiative des établissements. C’est l’expérimentation marseillaise dans le premier degré étendue à tous les niveaux d’enseignement et partout en France.

FO rejette toute expérimentation contre les statuts et les droits des personnels au nom d’ « une continuité éducative différente » (E. Macron, 17 mars).

MAIS LAST BUT NOT LEAST : PLACE À LA START-UP NATION

Manque de professeurs, qu’importe pour le ministre qui a supprimé dans le second degré plus de 2 320 postes sur deux ans (1 880 + 440), place au job dating ! Le rectorat de Toulouse innove aussi suite aux déclarations du recteur au CTA du 21 mars où il a indiqué qu’il était prêt à tout pour recruter des professeurs. Le même jour, la presse annonce que le rectorat de Toulouse organise le 24 mars un « job dating » pour pourvoir 100 postes par des contractuels dans le second degré, à partir de bac+2 en lieu et place de titulaires manquants.

Place donc à des contractuels sous-payés et corvéables à merci avec « l’ambition de constituer un vivier de personnels, mobilisables rapidement, dans le cadre de la préparation de la prochaine
rentrée scolaire », dixit le recteur. Des titulaires, non, des précaires, oui.

C’est intolérable sachant, par exemple, que seuls 50 professeurs d’anglais sont entrés dans l’académie de Toulouse sur les 1 281 qui l’avaient demandée, que les barres d’entrées sont parmi les plus hautes de France avec par exemple 629,2 points nécessaires en arts plastiques, 1 214,2 en technologie et 709,2 en espagnol. C’est le droit à mutation aussi qui est remis en cause.

IL Y A D’UN CÔTÉ L’AMBITION DU MINISTRE ET DES RECTEURS À TOUT DÉRÉGLEMENTER, MAIS DE L’AUTRE L’AMBITION DES PERSONNELS À REFUSER ET RÉSISTER AVEC FO.

Le problème du recrutement n’est pas un problème budgétaire, mais bien une décision politique pour un ministre qui a rendu plus de 575 millions et dont le gouvernement a donné des milliards
au nom du quoi qu’il en coûte. Sa décision, en accord avec la loi de la Transformation de la fonction publique validée par le gouvernement est bien de remplacer les titulaires par des emplois précaires.

 

Remise en cause des concours de recrutement

NOUVEAU COUAC DANS LE DÉROULEMENT DU CAPES , UN HASARD ?

À l’heure où le CAPES, tout comme l’agrégation sont menacés par le président-candidat, c’est une épreuve du CAPES annulée et des candidats soumis à un engrenage intenable.

Sur les concours du second degré, c’est quand même, pour 2022, la deuxième turbulence. Souvenons-nous que lors de l’agrégation interne d’espagnol, les candidats ont eux aussi dû repasser une épreuve car le sujet avait déjà été donné lors d’une session antérieure du CAPES.

Pour le SNFOLC et la FNEC FP-FO, ces dysfonctionnements en chaîne sont révélateurs. On se rappelle, par exemple, que le baccalauréat a été remis en cause au nom d’un diplôme trop lourd, trop cher, trop compliqué et où les erreurs de sujets se sont multipliées .

 

Pour l’entrée des futurs lauréats de concours dans l’Education nationale, c’est la même logique. Madame Montchalin, ministre de la Transformation de la Fonction publique, ne vient -elle pas encore de déclarer le 30 mars, « que le métier compte plus que le diplôme initial ». CQFD : plus de concours, mais « l’appétence au métier ». Le prétendu « métier d’enseignant », c’est aussi la fin des statuts particuliers de certifiés, agrégés, PE, PEPS, etc. des horaires d’enseignement qui en découlent. Toujours la ministre de la Transformation de la Fonction publique qui fait feu de tout bois, annonce, le 28 mars, que les enseignants gagneront mieux s’ils font des missions en plus afin de reconnaître leur vrai travail.

LE MÉPRIS DONT SONT VICTIMES LES CANDIDATS, C’EST L’AFFAIRE DE TOUS. PERSONNE NE VEUT LA DISPARITION DE L’ENSEIGNEMENT DISCIPLINAIRE ET DES CONCOURSL’ENSEIGNEMENT CONCOURS

A Nantes, le 30, des candidats, certains en grève, se sont rassemblés devant le rectorat. FO était présente. Dans le Doubs, les témoignages des étudiants affluent. Partout dans la presse, étudiants, professeurs, associations de spécialistes, à juste titre, s’indignent et soutiennent les candidats.

Personne ne peut cautionner la disparition de l’enseignement disciplinaire, des concours et des statuts. C’est contraire à l’École de la République pour tous.

INCOMPRÉHENSION, SENTIMENT DE MÉPRIS, INDIGNATION : C’EST LA COLÈRE QUI DOMINEC’EST DOMINE

Le SNFOLC avec la FNEC FP-FO soutient totalement la révolte des candidats.

Les étudiants ont reçu un « mail » le 28 mars leur indiquant que l’épreuve était annulée et reportée au 12 avril.

Les candidats sont victimes de la politique du ministre qui a décidé de réduire à peau de chagrin les concours pour passer à un recrutement local et au profil. La défense des concours et du statut est à l’ordre du jour. Pas besoin de cabinets de conseils pour organiser les concours, mais de rétablir les postes pour que les concours se déroulent dans la sérénité et le plus favorablement possible pour les candidats.

 

LES CANDIDATS DOIVENT AVOIR TOUTES LES CHANCES DE REPASSER AVEC SUCCÈS LEUR ÉPREUVE

Remboursement de tous les frais d’hébergement y compris des nuits d’hôtel et de tous les déplacements.

Un nombre non négligeable de candidats qui sont des étudiants salariés ne pourront pas honorer le contrat de travail pour lequel ils se sont engagés pendant les congés, ils sont en difficulté .

FO demande au ministre de les dédommager à hauteur de leur contrat pendant cette période. Tous les candidats doivent pouvoir avoir à nouveau un temps de révision et sans contrepartie.

 

AUCUN CANDIDAT NE DOIT ÊTRE PÉNALISÉ PAR CETTE SITUATION ET DANS SES CHANCES DE RÉUSSITE, QUE CE SOIT POUR LE MASTER COMME DANS LE CONCOURS

Le ministre doit donner un signe fort pour recruter les personnels dans les collèges et lycées : il doit abonder les listes complémentaires. En 2021 sur tous les CAPES externes, il n’avait permis que 27 lauréats sur les listes complémentaires dont 17 en histoire-géographie.

Au regard de la difficulté de pouvoir passer normalement le concours, des postes supprimés dans le second degré, et ce dans un contexte, où le nombre de candidats inscrits au CAPES relève « du secret défense », le ministre doit prendre ses responsabilités et répondre aux revendications.

C’est en ce sens que le SNFOLC s’adresse au ministre.

Appel de la 6ème convention nationale AESH

La 6ème convention nationale des AESH se félicite de la poursuite de la constitution des comités départementaux des AESH avec les organisations syndicales et des 70 connexions.

Elle remercie la présence de comités et association de parents, de la coordination nationale des collectifs d’AED, de la FNEC FP FO nationale, du SNCL national et de militants du SNES FSU.

Les participants à la 6ème convention se félicitent également de la présence d’AED et d’enseignants qui témoigne de la volonté d’élargir notre mobilisation à l’ensemble des personnels de l’Education Nationale et aux parents.

La convention nationale se félicite de toutes les mobilisations en cours des AESH et des AED, soutient la grève des AESH du 94, et estime que l’action tous ensemble dans l’unité la plus large doit s’organiser.

Pour les AED, comme pour les AESH, les résultats de nos mobilisations ont contraint le Ministre de faire croire qu’il prend en compte nos revendications :

– C’est le cas pour ce qui concerne la grille salariale rehaussée qu’il octroie aux AESH mais qui est déjà rattrapée par l’augmentation du SMIC.

– C’est le cas pour l’annonce d’un CDI au bout de 3 ans pour les AESH ou au bout de 6 ans pour les AED qui ne répond pourtant nullement à notre revendication d’un vrai statut de la fonction publique.

 

Pour autant tout ceci montre que nos mobilisations font bouger les lignes. A l’heure où le gouvernement entend en finir avec tous les statuts, la convention estime que l’heure est à l’élargissement de nos comités afin que nous, précaires de l’Education Nationale, ne soyons pas isolés dans nos combats.

Aussi la convention nationale appelle :

-à poursuivre le travail de constitution des comités départementaux et à l’élargir aux AED, aux enseignants, aux parents avec leurs organisations syndicales, et leurs associations.

-à signer et faire signer massivement la pétition nationale FO/FCPE intitulée «Continuons à faire entendre la voix des AESH pour gagner » un vrai statut, un vrai s alaire et l’abandon des PIAL aux AESH, enseignants et parents d’élèves afin de la transmettre au prochain ministre de l’Éducation Nationale.

– à décliner la pétition au niveau des départements et des académies avec toutes les organisations syndicales qui l e souhaitent, la FCPE et les autres organisations et associations de parents.

 

La 6ème convention nationale des AESH décide de réunir, après les élections, une convention nationale très large ouverte aux AESH, AED et à tous les enseignants et parents concernés par nos revendications. Ce sera l’occasion de décider tous ensemble des moyens d’actions pour faire aboutir les revendications et pour interpeller le prochain gouvernement. En fonction de la situation la proposition d’une nouvelle monté à Paris chez le nouveau Ministre sera posée.

 

Adopté à l’unanimité moins 1 vote contre

Pétition à signer : pour la revalorisation de l’ISSR !

La revalorisation de l’ISSR ne peut rester« à l’étude »… Elle doit être effective dès maintenant !

 

Signez la pétition pour faire aboutir cette revendication : elle est primordiale !

 

 

Pour télécharger la pétition en format papier et la faire signer autour de vous : c’est ici.

Une fois la pétition signée, envoyez-la à l’adresse suivante :

SNFOLC 35, 35 rue d’Echange, 35 000 Rennes.

Ou bien scannez-la et transmettez-la par mail : syndicat@snfolc35.fr.

Nous centraliserons toutes les pétitions signées

et les ferons parvenir au syndicat national pour envoi au ministre.