Lettre ouverte sur l’inclusion à la française : état des lieux en Ille-et-Vilaine

Le SNFOLC 35, le SNUDI FO 35 et le SDAS FO 35 ont organisé le 9 juin dernier une réunion publique sur l’inclusion dans la Maison de quartier de Villejean à Rennes.

A cette réunion étaient présents des parents d’élèves en situation de handicap, des représentantes d’associations s’occupant des personnes en situation de handicap, des éducatrices et éducateurs spécialisés, des personnels de l’Éducation Nationale (AESH, professeurs en ULIS ou en enseignement général…).

 

Cette réunion avait pour objet de débattre ensemble de l’inclusion systématique telle qu’elle se pratique dans notre département et notre pays depuis la mise en place de la Loi Montchamp en 2005 aggravée par les différents Comités de suivi de l’école inclusive.

Le constat a été unanime et inquiétant.

Ci-dessous la lettre ouverte, adressée et envoyée à Monsieur le Ministre de l’Éducation nationale, Monsieur le Recteur d’Ille-et-Vilaine et Monsieur le DASEN.

 

– septembre 2022 –

A Monsieur le Ministre de l’Education nationale,
A Monsieur le Recteur d’Ille-et-Vilaine,
A Monsieur le DASEN de la DSDEN 35,

Parents d’élèves en situation de handicap, représentantes d’associations s’occupant des personnes en situation de handicap, éducatrices et éducateurs spécialisés, personnels de l’Education Nationale (AESH, professeurs en ULIS ou en enseignement général…), nous étions réunis jeudi 9 juin 2022 à la Maison de Quartier de Villejean à Rennes pour participer à la réunion publique initiée par trois syndicats de Force ouvrière d’Ille-et-Vilaine : le SDAS FO 35, le SNUDI FO 35 et le SNFOLC 35.

Cette réunion avait pour objet de débattre toutes et tous ensemble de l’inclusion systématique telle qu’elle se pratique dans notre département et notre pays depuis la mise en place de la Loi Montchamp en 2005 aggravée par les différents Comités de suivi de l’école inclusive.

 

Ensemble, nous avons fait le constat suivant :

L’inclusion des élèves en situation de handicap se fait de manière extrêmement dégradée en Ille-et-Vilaine, encore plus en cette rentrée scolaire 2022 : enfants sans accompagnement alors que le besoin est notifié par la MDPH, enfants dont le volume horaire de la notification n’est pas respecté, délai d’attente de plusieurs années avant d’obtenir une place dans les établissements médico-sociaux (des centaines d’élèves en attente d’IME, ITEP ou IES, sont dans des classes accompagnés par des AESH).

Avec toutes les conséquences que cette situation implique pour nos enfants et leurs familles :

Absence de soins, perte des repères éducatifs, apprentissages mis à mal, difficultés de socialisation, déscolarisation de certains enfants en attente de places dans des établissements spécialisés, endettement des familles pour assurer des suivis médicaux jusqu’à présent dispensés par des structures spécialisés financées par l’Etat, bataille juridique des familles pour voir respectés des droits bafoués…

Mais aussi pour les personnels :

Conditions de travail intenables pour les éducatrices et éducateurs spécialisés qui ont 2 heures hebdomadaires pour assurer le suivi des enfants, qui sont envoyés en « pompiers volants » dans des établissements scolaires quand la situation est explosive.

Conditions de travail inacceptables pour les AESH : multiplication du nombre d’élèves à suivre, multiplication du nombre de lieux de travail par la mise en place des PIALs, exposition physique et morale à des profils d’élèves relevant d’un accompagnement renforcé.

Conditions de travail dégradées pour les enseignantes et enseignants : multiplication d’élèves à profil particulier (PPRE, PAP, PAI…) dans des classes déjà surchargées avec des injonctions intenables à la différenciation généralisée.

Conditions de travail de plus en plus difficiles pour les personnels de vie scolaire – AED ou CPE qui sont contraints à la gestion quotidienne d’une violence accrue dans les cours de récréation sans moyens ni formation supplémentaires.

C’est pourquoi, toutes et tous ensemble, nous tirons la sonnette d’alarme, en écho à la mobilisation menée depuis plus d’un an par les AESH. Nous demandons à ce que les élèves en situation de handicap ainsi que tous les personnels impliqués dans leur scolarité soient reconnus et traités avec décence.

 

Nous demandons :

  • Le maintien et l’amélioration du droit d’accès aux soins et à l’éducation adaptée par la sauvegarde et l’augmentation des institutions du médico-social de l’enfant à l’adulte : l’ouverture de places dans les établissements médico-sociaux à hauteur des besoins et le rétablissement des prérogatives des IME et ITEP en arrêtant le processus de désinstitutionalisation de l’éducation spécialisée
  • L’allègement des effectifs des classes et l’ouverture de places dans les ULIS et EGPA à hauteur des besoins
  • Le respect des notifications produites par la MDPH
  • L’arrêt des PIAL
  • Le recrutement immédiat et massif des personnels nécessaires : éducatrices et éducateurs dans les établissements médico-sociaux spécialisés, interfaces de communication, professeurs CAPEJS, professeurs de langue des signes, AESH, AED, CPE, professeurs, psychologues, infirmières dans les établissements scolaires

Nous souhaitons voir naître une autre vision de l’inclusion, qui ne doit plus reposer sur une inclusion systématique, à marche forcée, une inclusion au service des coupes budgétaires et des économies de marché. Nos enfants et les personnels valent mieux que ça.

C’est pourquoi, nous appelons les familles, les associations autour du handicap, les fédérations des parents d’élèves, les personnels, les organisations syndicales, à se réunir pour établir un cahier de revendications commun, faire entendre leurs voix et exiger des moyens en urgence. 

 

Signatures :

Parents d’élèves en situation de handicap,
Représentantes d’associations s’occupant des personnes en situation de handicap,
Moniteurs-trices,
Interfaces de communication en LSF
Educatrices et éducateurs spécialisés,
Personnels de l’Education Nationale : AESH, professeurs en ULIS ou en enseignement général
réunis jeudi 9 juin 2022 à la Maison de Quartier de Villejean à Rennes

 

Pour télécharger la lettre ouverte : c’est ici.

AESH : pour la revalorisation immédiate de la grille salariale !

CDIsation des AED : on est loin du compte !

La CDIsation est une revendication des AED pour laquelle ils ont fait grève à de multiples reprises, et encore cette année. Et la date tardive du décret a mis en difficulté tous les personnels concernés.

FO a dû intervenir auprès du rectorat et du ministre pour permettre aux AED qui devaient bénéficier de la CDIsation de voir leur contrat renouvelé.

 

Si la CDIsation est bien inscrite dans le décret présenté le 6 juillet aux organisations syndicales, nombre de dispositions sont extrêmement contestables et fragilisent l’avenir des AED en CDD et en CDI. En effet, le ministère a profité de l’écriture de ce texte pour durcir certaines dispositions du décret du 6 juin 2003.

 

– Entretien professionnel conduit par le chef d’établissement ou par le CPE ou le directeur d’école. Or les CPE et les directeurs d’école n’ont pas, et ils le revendiquent, de pouvoir hiérarchique sur les AED. Le ministère maintient ces dispositions malgré l’intervention de FO et en profite pour modifier les missions statutaires des CPE et des directeurs d’école.

– Mise en place d’une grille d’évaluation. FO s’oppose d’ores et déjà à celles qui ont déjà surgi dans des académies. Les grilles d’évaluation mettent les AED en difficulté et sont surtout créées pour faciliter les non renouvellements de contrat.

– Le crédit de 200 heures pour les étudiants disparaît pour les AED en CDI. Un étudiant entamant sa septième année d’AED devrait donc travailler plus et sans augmentation de salaire. De même, un AED qui souhaiterait reprendre ses études après quelques années d’exercice, devrait alors travailler plus de 41 heures par semaine tout en poursuivant son cursus ! FO a demandé le maintien de cette disposition.

– Une rémunération largement insuffisante avec un salaire à l’indice brut de 398, soit le minimum fonction publique.

– Aucune grille de salaire. Les AED n’ont pas, au moment de signer leur contrat, de perspectives salariales. Le ministère se dédouane en invoquant la mise en place de groupes de travail. Mais connaître son salaire et son évolution, c’est quand même normal !

Aucun déroulement de carrière automatique, seul un « réexamen » aura lieu, sans obligation de passer à l’indice supérieur.

Avec sa confédération, la FNEC FP-FO exige qu’aucun salaire ne soit en-dessous de 1 500 euros.

 

– Aucun examen des dossiers des AED prépro par une CCP : licenciement « de plein droit ». Or la CCP doit être consultée pour tout licenciement de contractuel.

– Toujours pas de versement de la prime REP et REP+

FO continue de revendiquer l’intégration dans le statut de la Fonction publique des AED qui le souhaitent avec un vrai statut et un vrai salaire. Les AED CDIsables ou non, doivent bénéficier d’une augmentation immédiate des salaires ainsi que du versement de la prime REP/REP+.

 

Certaines dispositions prises fragilisent encore les AED, comme le dispositif permettant de les utiliser pour remplacer des enseignants devant les classes ou en distanciel, ainsi que la mise en place de la préprofessionnalisation des AED, en lieu et place d’un vrai statut d’étudiant surveillant qui leur permettrait de suivre leurs études et de les réussir.

L’heure est aujourd’hui au recrutement massif d’AED, avec un temps plein de 28 heures hebdomadaires payé 100%, 32 heures pour ceux qui font de l’internat.

 

Tract à télécharger ici.

Prolongements des contrats AED en vue du CDI

Victoire de FO dans l’académie !

AED, signalez-vous !

Contactez-nous !

 

Vous êtes encore AED et vous arrivez au terme des 6 années de CDD. Vous êtes dans l’attente de la publication des décrets et circulaires d’application permettant la mise en œuvre de la loi sur le harcèlement scolaire, loi qui permet l’accès des AED à un CDI après 6 années de travail SANS interruption.

Mais… sans décret d’application, pas de CDIsation possible.

Depuis plusieurs semaines, nous conseillons aux AED concernés d’envoyer un courrier au ministre et au recteur d’Ille-et-Vilaine, sous couvert du chef d’établissement, pour demander à titre gracieux d’autoriser le renouvellement du contrat AED pour l’année scolaire prochaine, tout ceci dans le but de permettre la CDIsation de l’AED lorsque le décret sera enfin paru.

 

FO a aidé les AED à rédiger leurs courriers et a fait remonter plusieurs courriers d’AED du département, et guidé de nombreux autres hors 35.

Suite à nos demandes répétées et à nos interventions en CTA (le 9 et le 28 juin), le recteur de l’académie vient de répondre favorablement à notre demande de prolongement des contrats des AED en 6ème année. C’est une victoire syndicale majeure !

 

Lors du CTA du 28 juin, nous avons demandé à ce que les chefs d’établissements soient informés de cette possibilité de prolongement de contrat, pour proposer aux AED de leur établissement de rester en poste.

La DPE a procédé à un premier recensement des collègues AED concernés par le CDI : une fourchette basse de 70 AED sur toute l’académie, ce qui paraît peu élevé. Peut-être y a-t-il eu des oublis.

Aux AED concernés : si vous avez 6 ans de contrat et que vous souhaitez accéder à un CDI,

contactez-nous afin que nous puissions signaler votre situation à l’administration du rectorat.

Infos à nous transmettre : votre nom et prénom, lieu d’exercice, dates de début et de fin de contrat.