Rentrée 2026 et Autorisations d’absence : un décret indigne et scandaleux !

La Loi de finances pour 2026 impose des coupes budgétaires exorbitantes. Un véritable rouleau compresseur sur la Fonction publique et ses agents.

Au gel des rémunérations se sont ajoutées les suppressions d’emplois (près de 300 dans notre académie!), la poursuite de la pénurie des personnels AED, AESH, CPE, PSY EN, personnels de labo… et l’insuffisance des budgets de fonctionnement.

Le gouvernement s’attaque maintenant à nos autorisations d’absence en rédigeant un nouveau décret.

La loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique (que FO a combattue) avait prévu qu’un décret déterminerait « la liste des autorisations spéciales d’absence » (ASA) liées à la parentalité et aux événements familiaux et « leurs conditions d’octroi ». Le gouvernement est bien décidé à appliquer la décision.

Un avant-projet de décret a été transmis le 19 février 2026 aux organisations syndicales. Ce décret devra impérativement être publié avant le mois de juin 2026 avec une consultation préalable du Conseil Commun de la Fonction Publique.

C’est un nouveau passage en force qui est en train de se faire,
avec des pertes de droit importantes.

 

Et ces autorisations d’absence resteraient sous réserve de nécessité de service et non pas des ASA de droit !

Après le jour de carence, la baisse de rémunération des arrêts maladie, l’arnaque de la PSC, les suppressions de poste… ça suffit !

 

ORGANISONS-NOUS !

Grève à partir du mardi 10 mars 2026,
Toutes et tous à Paris au Ministère, là où les décisions se prennent !

Montée au ministère le 10 mars 2026

Contre une carte scolaire destructrice de l’école publique !

Nous sommes prêts à organiser le rapport de force à tous les niveaux. C’est ensemble que l’on pourra gagner contre les mesures Macron-Lecornu-Geffray.

La carte scolaire, ce sont des milliers de classes surchargées et des milliers de postes supprimés !

L’inclusion systématique : des milliers d’élèves maltraités inclus de force dans des classes surchargées sans AESH en accompagnement individualisé.

Toutes les infos sur les suppressions de poste pour la Rentrée 2026 : ici.

Alors pas question d’attendre : il faut agir dès maintenant !

Le SNFOLC 35 propose à toutes et à tous d’organiser et de préparer la grève à compter du mardi 10 mars 2026, une semaine après les congés de février, c’est-à-dire au retour de toutes les zones. 

TOI AUSSI TU SOUHAITES ALLER AU MINISTĖRE ?
MONTE DANS LE CAR FORCE OUVRIÈRE. CONTACTE-NOUS !
INSCRIPTIONS OUVERTES

Carte scolaire Rentrée 2026 : une véritable saignée !

Le ministre Geffray s’est adressé à nous toutes et tous le 22 janvier dernier dans une lettre totalement décalée mêlant envolées lyriques et ton martial.

Pour lire notre communiqué à ce sujet, c’est ici.

Tout le monde l’a relevé, du pognon, dans cette missive, jamais il n’est question.  Le ministre réussit le tour de force de nous parler de notre mission sans jamais évoquer ses conditions d’exercice !

 

Par un curieux renversement de perspectives, il feint même de défendre les enseignants contre une société qui ne les verrait que comme de « simples moyens » ?

Mais qui, à part le ministère de l’Éducation nationale, emploie ce vocabulaire ?

 

Qui réduit ses personnels à de simples « moyens » en consacrant explicitement des CSA et des CA régulièrement sous ce terme ?

 

Qui parle « d’équivalents temps pleins » au lieu d’emplois, « d’heures-postes » pour mieux fractionner les postes, de « service donné » ou « rendu » au lieu de postes amputés (sur deux, trois ou quatre établissements), de « mesure de carte scolaire » au lieu de poste supprimé… ?

 

Qui s’entendra dire dans le cadre de la préparation de rentrée qu’un dédoublement « coûte autant » ou qu’il « devra » des heures ?

 

C’est ce même ministre qui sur ordre du gouvernement supprime 4 000 postes dans l’EN, suppressions qui s’ajoutent à toutes celles des années précédentes.

 

Rentrée 2026 : les chiffres viennent de tomber.

Les chiffres du CSA ministériel viennent d’être communiqués : -217 POSTES dans l’académie pour les postes enseignants des 1er et 2nd degrés !!  -3 256 POSTES au national !!

Pour notre académie, la carte scolaire 2026, c’est pour le 1er degré : 86 suppressions de postes enseignants / pour le 2nd degré : 131 suppressions de postes enseignants.

 

C’est inacceptable !

Ainsi, notre académie fait partie des cinq académies qui perdent le plus de postes.

Chaque préparation de rentrée rime désormais avec nouvelle dégradation des conditions d’enseignement, manque de personnels et hausse des effectifs dans les classes…

Si le ministre pense réellement que « notre avenir commun se joue, chaque jour, dans nos classes », pourquoi ne nous donne-t-il pas concrètement les moyens de le préparer ?

Une école, un collège, un lycée ne fonctionnent pas avec de « l’espoir », mais avec des personnels et un budget !

 

Les élèves et leurs familles ont moins besoin « qu’on espère pour eux » que d’avoir face à eux, avec eux, des professeurs, des AESH, des AED, des CPE, des infirmières, des assistantes sociales…

Le CSA académique se tient le jeudi 29 janvier et le CSA départemental se tiendra le vendredi 6 février.

 

Le SNFOLC 35 fera le point sur la situation et proposera une feuille de route pour gagner sur nos revendications.

Rapport de la cour des comptes : à la recherche des millions d’heures perdues

LA COUR DES COMPTES PRÉCONISE D’ENTERRER LE STATUT…

Le rapport de la Cour des comptes de décembre 2025 dresse le constat des « heures d’enseignement perdues » et des moyens mis sur le remplacement courte et longue durée.

 

La Cour des comptes ressort ses vieilles préconisations d’annualisation des services, de bivalence en collège, de fermeture d’établissements trop petits, et de recours au numérique. Ainsi, dans son enthousiasme, la Cour appelle à un « sursaut de l’éducation nationale pour prévenir l’avenir plutôt que de le subir », à faire « des choix pour optimiser la composition des équipes pédagogiques au bénéfice des élèves de demain », et, enfin, à « apporter de la fluidité au système ». « Sursaut », « fluidité »… flexibilité ? Un cocktail explosif pour notre statut…

Heures d’enseignement « perdues » : un constat accablant

Le rapport de la Cour des comptes est sans appel : de 2018-2019 à 2023-2024, on passe de 8,8 millions d’heures de cours non assurées (soit 8,3%) à 10,3 millions (9%). Preuve s’il en est que le Pacte et les RCD ne remplacent pas les vrais profs.

Pour la Cour des comptes, les « heures perdues » sont surtout celles que les profs ne font pas : ainsi, à titre d’exemple, la Cour explique que près de 9% des heures dues aux élèves dans les collèges publics en 2023-2024, n’auraient pas été assurées.

Certes, la Cour reconnaît que beaucoup d’heures non faites le sont en grande partie parce que l’institution mobilise les profs ailleurs (formations imposées : J1, J2, J3… J8!), ou parce que ceux-ci tombent malades, notamment en raison de risques psycho-sociaux préoccupants (entre 2018 et 2024 : hausse de + 41,3 % de CMO et + 250% de temps partiels thérapeutiques). Elle reconnaît aussi qu’il y a moins d’absentéisme dans l’Éducation nationale que dans le privé ou d’autres fonctions publiques.

Mais la Cour se garde bien de reconnaître que la réforme du collège de 2016, le choc des savoirs et la suppression de la technologie en 6ème ont entraîné des pertes d’heures définitives et bien plus importantes (10 à 11% d’heures en moins pour les élèves !). La réforme du collège de 2016, a supprimé l’équivalent d’1 mois de français, 1 mois de maths, 6 semaines de LV2, 2 mois de Physique-Chimie, 2 mois de technologie… En 10 ans, un collégien a perdu près d’une année complète de cours de français et de maths !

Retournons la question au ministère : où sont passées les heures perdues d’enseignement ?

 

Bilan des « moyens » consacrés au remplacement

Concernant le remplacement de courte durée, ou RCD (c’est-à-dire de moins de 15 jours), la Cour tire le bilan des Pactes et le juge coûteux pour une hausse du RCD bien modeste (12% d’heures remplacées, au lieu des 36% visées).

La Cour « s’interroge » sur la « qualité » du RCD : elle pointe un déséquilibre des disciplines qui remplacent, et soupçonne pudiquement une efficacité et une consistance moindres lorsque des cours ne sont pas dispensés par des titulaires… Eh oui, faire cours, ça ne s’improvise pas !

Concernant le remplacement de longue durée (ou RLD), alors qu’une plus grande partie des crédits y est consacrée, il y avait 2661 postes non pourvus à la rentrée 2024. On était déjà bien au-dessus du plafond des 1800 que le ministère s’était fixé. Quel cynisme ! Le ministère prévoyait donc déjà de ne pas assurer les cours pour des milliers d’élèves à la rentrée 2024…

En même temps que le ministère impose des objectifs inatteignables aux professeurs, il s’autorise à ne même pas assurer ses propres obligations : garantir l’instruction de tous les élèves.

 

Si 94,5% des postes finissent par être pourvus, le taux de remplacement pour les suppléances (à partir de 14 jours d’absence) tombe à 83,5%, soit 16,5 % de suppléances non assurées. Le ministère et les rectorats sont incapables de fournir la durée moyenne des absences de longue durée non remplacées ni les délais moyens de remplacement.

Le sondage réalisé par la Cour des comptes auprès des chefs d’établissement aboutit à un taux de 8% d’absences de longue durée non remplacées pendant plus de 4 mois !

 

La Cour est contrainte de reconnaître le manque d’attractivité des postes et des conditions difficiles pour les contractuels. Comment s’en étonner, avec un pouvoir d’achat en chute libre, un point d’indice gelé, des contractuels parachutés sans formation, licenciés ou non renouvelés alors que les postes restent non pourvus ?

Des « solutions » aux antipodes des revendications des personnels !

Ce ne sont pas les absences des professeurs qui sont la cause des heures perdues, mais les contre-réformes qui s’empilent, la dégradation des conditions de travail qu’elles entraînent et la succession des budgets d’austérité qui pillent le service public d’éducation. Et la carte scolaire 2026 n’y fait pas exception.

Le SNFOLC appelle à construire la mobilisation et le rapport de force pour :
– la création de tous les postes nécessaires
– l’abrogation de la réforme du collège et du choc des savoirs, le rétablissement de toutes les heures disciplinaires supprimées !
– l’allégement des effectifs par classe !
– l’annulation des 4000 suppressions de postes du budget Lecornu
– le respect et la défense du statut de fonctionnaire !

 

Pour télécharger et diffuser ce communiqué : c’est ici !