Quitter le conclave

Monsieur Bayrou a fixé le cadre pour son « conclave  » sur les retraites : le soi-disant équilibre financier.

En clair, il assigne aux syndicats la tâche de valider pour l’essentiel la contre-réforme de 2023 rejetée massivement par les salarié(e)s et de décider des nouveaux coups qui seront portés tant aux actifs qu’aux retraité(e)s.

 

Face au mensonge permanent, à la manipulation des chiffres, rappelons 3 faits qui sont têtus :

  • En 2025, on a compté 77 milliards d’exonérations de cotisations sociales pour les entreprises (donc de l’argent volé à la Sécurité Sociale)
  • Entre 80 et 100 milliards de fraude fiscale estimée pour la France (donc de l’argent volé au pays par certains grands groupes et grosses fortunes sans que rien de sérieux ne soit fait pour l’empêcher)
  • 100 milliards de dividendes pour les actionnaires en 2024 , 60% de plus depuis 2019 !

 

Et ce gouvernement et ses soutiens nous expliquent qu’il n’y a pas d’argent pour les retraites, pour le social, pour les hôpitaux ou pour l’école !

 

Les syndicats n’ont rien à faire dans cette opération de dupes.

Force Ouvrière Ille et Vilaine appelle tous les salariés actifs ou retraités, du privé comme du public et la jeunesse à se préparer à la mobilisation dans l’unité, seule voie pour bloquer la régression sociale qui inexorablement entraine aussi la régression démocratique.

 

FO a quitté le conclave sur les retraites jeudi 27 février 2025

Le 20 février, les organisations syndicales ont reçu le rapport de la Cour des comptes sur les retraites.

Ce rapport confirme que la réforme des retraites de 2023 est injuste, brutale et injustifiée. 

 

Concernant la concertation sur les retraites, Force Ouvrière l’a dit depuis le début : « Ni le format, ni le périmètre, ni la méthode ne nous conviennent ! ».

Nous n’avons pas été entendus.

La revendication de Force Ouvrière est et reste l’abrogation de la réforme des retraites de 2023, et le retour au départ à la retraite à 60 ans, sans décote, après 37,5 années de cotisation.

 

Avec le conclave, le risque est grand d’aboutir au maintien du statu quo, avec un âge légal qui resterait ancré sur les 64 ans.

Le projet de retraite universelle par points que nous rejetons toujours semble également revenir à l’occasion de cette grande mascarade.

Les syndicats n’ont rien à faire dans cette opération de dupes.

C’est pourquoi FO a quitté le conclave dès le 1er jour.

Force Ouvrière Ille et Vilaine appelle tous les salariés actifs ou retraités, du privé comme du public et la jeunesse à se préparer à la mobilisation dans l’unité, seule voie pour bloquer la régression sociale qui inexorablement entraine aussi la régression démocratique .

 

Fouilles des sacs à l’entrée des établissements : intimider et mettre au pas la jeunesse ?

Il ne fait pas bon être jeune sous l’autorité du président Macron et de ses ministres.

 

Ainsi, le 21 février, Élisabeth Borne, ministre de l’Éducation nationale et de l’Enseignement Supérieur n’a-t-elle rien trouvé de plus urgent que d’annoncer sur BFM TV son souhait que, dès le printemps :

« on puisse, avec le préfet, le procureur, le représentant de l’Éducation nationale, organiser régulièrement des fouilles de sac à l’entrée des établissements ».

Ces « fouilles inopinées », menées au motif de la lutte contre les violences à l’école et aux abords des établissements, seraient réalisées avec des « forces de l’ordre puisque ça ne rentre pas dans les prérogatives des personnels de l’Éducation ».

Les jeunes, avant d’être de futurs citoyens qu’il s’agirait d’instruire, seraient pour le gouvernement des délinquants en puissance qui doivent être traités par la terreur et la répression.

 

Un tel projet tient plus de la vieille rengaine réactionnaire que de l’idée de génie.

En 2009, déjà, le ministre de l’Éducation Xavier Darcos, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, avait annoncé diverses mesures comme la fouille des élèves, pour lutter contre « les violences en milieu scolaire » considérées comme « une forme, non pas de l’incivilité, (…) mais de délinquance, du crime voire de la barbarie ».

À l’époque, les présidents de l’Association des Régions de France et de l’Assemblée des Départements de France avaient protesté contre la volonté ministérielle de « mettre en place des systèmes policiers à l’intérieur des établissements » qu’ils jugeaient « indigne d’un ministre d’un pays qu’on considère encore comme le pays des droits de l’homme et des droits de l’enfant ».

Les jeunes ont besoin de moyens pour étudier, pas de matraque et d’uniformes !

 

Les annonces d’Élisabeth Borne interviennent alors même que dans tout le pays depuis plusieurs semaines, les personnels, les parents s’organisent, se mobilisent pour bloquer les suppressions de postes, les fermetures de classes qui préparent une rentrée 2025 chaotique dans les écoles, collèges et lycées, en application du budget Bayrou et de ses 50 milliards d’austérité, passé en force à coup de 49.3.

Elles interviennent alors que le Premier ministre est rattrapé par le scandale des 112 plaintes contre des violences physiques, des agressions sexuelles et viols qui auraient été commis durant 35 ans contre des élèves du collège-lycée N.-D. de Bétharram, et dont des témoignages attestent qu’il avait été averti alors qu’il était ministre de l’Éducation. À ce sujet, étrangement, la ministre n’a rien à dire si ce n’est qu’elle ignore ce qui s’est passé et que la faute reviendrait à ceux qui pointent la responsabilité de M. Bayrou.

La FNEC FP-FO, pour sa part, appelle les personnels à se tenir aux côtés des lycéens et étudiants qui se dressent contre toutes les mesures qui cassent leur droit d’accès à l’instruction et à des diplômes nationaux, leur droit à suivre les études de leur choix dans l’enseignement supérieur (réforme du lycée et du baccalauréat, Parcoursup…), qui disent non à l’austérité avec toutes ses conséquences très concrètes (classes surchargées, suppressions d’heures de cours, de formations, de postes d’enseignants…).

 

Bas les pattes devant nos jeunes ! Laissez-les étudier ! La police hors de l’école ! Arrêt immédiat de toutes les mesures d’austérité ! Création des postes nécessaires !

Ne touchez pas aux retraites des fonctionnaires !

Au mois de janvier, le Premier ministre s’en était pris au Code des pensions civiles et militaires en fabricant un prétendu déficit. La FGF-FO avait dénoncé par un communiqué du 27 janvier 2025 cet enfumage inacceptable.

Après avoir évincé le Conseil d’Orientation des Retraites (COR), F. Bayrou a confié une mission flash à la Cour des comptes dont le rapport doit servir de base aux discussions du « conclave ». Ce rapport a été rendu public le 19 février 2025.

 

Cette fois, il n’est plus question de faire croire à un déficit pour les pensionnés de l’Etat. Mais l’objectif politique de s’attaquer aux retraites des fonctionnaires est toujours bien présent. En effet, dans ce rapport, c’est la CNRACL (Caisse Nationale de Retraite des Agents des Collectivités Locales) qui devient la cible.

La Cour des comptes n’hésite pas à affirmer :

« A court terme, la CNRACL constitue donc l’un des principaux enjeux de rééquilibrage financier des régimes de retraites obligatoires ».

FO Fonction publique tient à rappeler que, pendant des décennies, la CNRACL a été la grande contributrice dans la solidarité inter-régimes, à hauteur de 100 milliards. Sans cela, leur pension était garantie jusqu’en 2050.

De plus, le développement inacceptable de l’emploi contractuel constitue un manque à gagner gigantesque pour les recettes de la caisse. C’est le développement de la précarité qui nuit aux personnels et déséquilibre la CNRACL !

Pour FO Fonction publique, les emplois permanents de la Fonction publique territoriale et la Fonction publique hospitalière doivent être occupés par des fonctionnaires !

 

FO Fonction publique dénonce la volonté gouvernementale de s’en prendre aux retraites des fonctionnaires en jetant le discrédit tour à tour sur le Code des pensions civiles et militaires puis sur la CNRACL. De plus, FO dénonce la remise en cause du paritarisme au sein du conseil d’administration de la CNRACL.

FO Fonction publique rappelle ses revendications :
• abrogation de la Loi sur les retraites ;
• maintien du Code des pensions civiles et militaires et de la CNRACL ;
• titularisation de tous les agents contractuels qui le souhaitent.

La ministre Borne accélère l’acte 2 de l’Ecole inclusive

La ministre Borne accélère l’acte 2 de l’Ecole inclusive : les personnels avec la FNEC FP-FO n’acceptent pas !

 

Force Ouvrière était conviée au comité de suivi de l’Ecole inclusive, qui ne s’était pas réuni depuis un an.

Pendant deux heures, sous la houlette d’E. Borne et de Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée chargée des Personnes handicapées, les intervenants se sont livrés à un satisfecit des politiques menées jusqu’à présent et ont détaillé les mesures à venir pour mettre en œuvre l’acte 2 de l’Ecole inclusive, résumé ainsi par E. Macron lors de la conférence national sur le handicap d’avril 2023 :

« Il faut en finir avec les établissements fermés dans lesquels les élèves vivent à part… »

Voici quelques extraits des propos tenus :

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Mais les personnels, avec la FNEC FP-FO, n’acceptent pas !

Les personnels connaissent les conséquences de ces politiques qui n’ont d’autre objectif que de faire des économies sur le dos des élèves les plus fragiles.

 

A. Portier, ministre délégué du gouvernement Barnier chargé de la réussite scolaire, a lui-même concédé en audience avec FO en novembre 2024 :

« Le nombre de place dans les ESMS a été limité artificiellement au nom de la promesse, ou plutôt du dogme, selon lequel tous les élèves pouvaient aller en école ordinaire. Une place en ESMS coûte 40 000 € par an tandis qu’une place en classe ordinaire ne coûte que 9 000 € par an… »

Ainsi, les personnels ne sont pas dupes et se mobilisent, comme par exemple au Havre (76) où une fusion d’un IME avec le groupe scolaire Paul Bert est programmée pour la rentrée 2025. 75 élèves de l’IME seraient inclus dans ce groupe scolaire !

Comment penser que la prise en charge et le suivi des élèves à besoin particulier de l‘IME pourront continuer à être assurés correctement ?

Comment penser que l’ensemble des moyens de fonctionnement actuellement dévolus à l’IME, avec ses personnels spécialisés, son plateau technique, perdureront à terme avec la fusion ?

Comment penser que cela n’aura aucune conséquence pour les conditions d’apprentissage des 470 élèves et les conditions de travail des personnels du groupe scolaire Paul Bert ?

 

La FNEC FP-FO refuse le dogme de l’inclusion systématique et forcée. Elle défend résolument le droit pour tous les élèves à pouvoir bénéficier d’un enseignement adapté. Elle défend l’enseignement spécialisé, ses postes, ses classes et ses établissements sociaux et médico-sociaux.

 

La FNEC FP-FO invite les personnels à se réunir pour décider des initiatives concrètes et immédiates à prendre en défense des revendications.