Questions / réponses AED 2024-2025
Les textes réglementaires qui régissent les droits et obligations des assistants d’éducation sont peu précis et ouvrent la voie à de nombreuses dérives.
Le SNFOLC intervient au quotidien auprès des assistants d’éducation pour les défendre. Très souvent l’intervention du syndicat est décisive car l’assistance du délégué FO permet de rétablir des règles de droits et d’éviter de soumettre les AED à l’arbitraire local.
Ce dossier n’a pas vocation à être exhaustif mais permet de vous conseiller à partir de situations concrètes auxquelles vous pouvez être confrontés.




Pas un sou pour le SNU !
Selon Le Monde du 4 novembre 2024, si le gouvernement continue à s’opposer à la suppression du SNU (Service National Universel), dispositif voulu par le Président Macron et destiné à embrigader l’ensemble des jeunes de 15 à 17 ans d’ici à 2026, il serait « en train de renoncer, de fait, à sa généralisation ».
Et pour cause : à l’heure du plan d’austérité Barnier de 60 milliards d’euros dont 40 milliards de réduction des dépenses publiques, il n’y a pas de petites économies.
S’il était effectivement étendu aux 850 000 jeunes de la classe d’âge concernée, pour la plupart scolarisés en seconde, le SNU pourrait coûter 3,5 à 5 milliards d’euros.
Or, dans un rapport du 13 septembre 2024, la Cour des comptes critiquait sévèrement le dispositif mis en place depuis 2019 « dont les objectifs demeurent à ce jour incertain », « sans pilotage budgétaire » et « dont le coût est sous-estimé »…
De fait, si la militarisation de la jeunesse enthousiasme le président Macron, ce n’est pas le cas des principaux intéressés : le taux de désistement a augmenté en 2023 avec 28 % contre 19 % en 2022. Devant un tel succès, et à l’heure de la cure d’austérité, rien d’étonnant à ce que le projet présidentiel prenne l’eau.

Les crédits qui lui sont consacrés dans le PLF 2025 diminuent de près de 32 millions d’euros par rapport à 2024. Alors que le gouvernement affichait l’ambition de 80 000 participants à un séjour de cohésion en 2024, la cible n’est plus que de 66 000. Pour l’heure il n’y aurait que 13 300 inscrits volontaires pour 2025, auxquels se joindraient les 22 400 élèves scolarisés dans les « classes engagées » en seconde.
De leur côté, les commissions des finances de l’Assemblée Nationale et du Sénat ont adopté le 31 octobre des amendements pour retirer le SNU du Projet de Loi de Finances (PLF) 2025.
Il n’y a plus guère aujourd’hui que le président Macron pour défendre encore le SNU.
Pour sa part, le Conseil National de la FNEC FP-FO réuni les 15 et 16 octobre à Paris a réaffirmé « son exigence d’abrogation du SNU et l’abandon des « classes défense » et des « classes engagées ».
Pour la FNEC FP-FO, c’est clair :
« La place des jeunes est à l’Ecole, pour accéder à l’instruction et à des qualifications et non dans des lieux d’embrigadement dans la logique de préparation à la guerre ».
De l’argent pour les postes statutaires nécessaires, pour les classes, pour les heures de cours disciplinaires, mais pas un sou pour le SNU !
La FNEC FP-FO rappelle au demeurant que « les personnels de Jeunesse et Sports et leurs missions ont été sacrifiés pour imposer le SNU.
Pour créer le rapport de force nécessaire pour satisfaire les revendications de rétablissement d’un ministère de la Jeunesse et des Sports de plein exercice, d’abandon du SNU, de défense de l’Education populaire », la FNEC FP-FO invite les personnels affectés dans les services départementaux et régionaux Jeunesse et Sports à se réunir avec FO afin de dresser les revendications et de discuter des moyens efficaces pour les faire aboutir.
Acte 2 du « choc des savoirs » : Abrogation !
La mobilisation contre le « choc des savoirs » de l’ex-ministre de l’Education Attal a pris des formes et des dimensions inédites l’année dernière.

Les enseignants, en lien avec les parents d’élèves, ont multiplié toute l’année les motions, les réunions, les AG, les grèves. Des dizaines de milliers de familles n’ont pas envoyé leurs enfants à l’école dans des opérations d’une
ampleur jamais vue de « collèges déserts ».
Ces mobilisations ont contribué à entraver l’application de la réforme.
Lorsqu’ils se sont mis en place, les groupes « de besoin » ont été organisés de manière très diverse d’un collège à l’autre. Partout on constate, ici des dégradations d’emploi du temps, là des problèmes de salles, des suppressions d’options, de dédoublement, toujours plus de réunions, la remise en cause de la liberté pédagogique, des tensions avec les parents, dans les équipes, des pressions pour être professeur principal, des sorties remises en cause…
Le « choc des savoirs », c’est aussi moins de garanties sur l’enseignement des lettres classiques avec la possibilité de réduire de 2 heures le volume disciplinaire sur le collège, c’est la confirmation de la suppression de l’heure
de technologie et une heure d’enseignement en moins par semaine en 6ème.
Alors que le budget 2025 annonce 4000 suppressions de postes d’enseignants à la rentrée prochaine, et que le ministre Kasbarian prévoit d’allonger de 1 à 3 jours le délai de carence pour les fonctionnaires et de réduire de 100 à 90% le traitement indiciaire perçu à partir du 4ème
jour des arrêts de maladie ordinaire, la ministre Genetet continue les provocations avec ses annonces sur l’acte II du « choc des savoirs ».
Les annonces de Genetet vont encore plus loin que les décrets et arrêtés du 17 mars organisant le « choc des savoirs »…




AESH en école : ne signez pas l’agrément piscine-vélo
Les AESH travaillant dans les écoles sont invités à passer un agrément pour encadrer les élèves en situation de handicap lors d’activités particulières telles la piscine ou le vélo.
Dans ce document, il est indiqué que l’AESH fait partie de l’équipe encadrement sans pour autant être comptabilisé dans le taux d’encadrement.
De plus, cet agrément place les AESH dans les mêmes conditions qu’un enseignant c’est-à-dire qu’il engage sa responsabilité sur le plan pénal.
Dans le document, il est également conseillé aux AESH de souscrire à une assurance professionnelle. Nous considérons ce conseil scandaleux de la part d’un employeur qui rémunère l’immense majorité des personnels sous le seuil de pauvreté !
FO a alerté le Rectorat à ce sujet lors de la CCP du 18 octobre dernier, instance qui traite des conditions d’exercice des personnels AESH et AED. La responsable du SAADEI ne semblait pas informée de cette disposition. FO lui a donc fourni le document, elle a indiqué s’adresser au service juridique à ce sujet.
Dans l’attente de la réponse du service juridique, le SNFOLC 35 et le SNUDI FO 35 appellent les AESH à refuser de signer un tel document : d’une part, c’est l’enseignant qui est responsable de sa classe ; d’autre part, les maîtres nageurs sont responsables de la sécurité de tous les baigneurs.
Pour rappel : l’enseignant est responsable de la totalité de sa classe pendant les activités hors de l’école.
