Acte 2 du « choc des savoirs » : une provocation supplémentaire

La ministre Genetet a annoncé ses mesures

de « l’acte II du choc des savoirs ».

Ces décisions font suite à la réunion du 21 octobre que la FNEC FP FO avait ainsi résumée :
– Aucune réponse aux revendications sur les postes et les salaires ;
– Maintien de la contre-réforme du « choc des savoirs » et de tous les dispositifs que nous combattons (évaluations, nouveaux programmes…) et aggravation de la territorialisation.

 

La FNEC FP-FO avait rappelé que la seule adaptation possible du « choc des savoirs » est son abrogation dans son entièreté : que ce soient les mesures de groupes de niveaux, de besoin, la labellisation des manuels, la classe prépa seconde qui fragilise le lycée professionnel, les nouvelles conditions de redoublement, le DNB obligatoire, aucun aspect de la réforme n’est acceptable.

En plus de l’abrogation du texte, il faut rétablir les moyens pour tous les dédoublements et options qui ont été sacrifiés, réintroduire l’heure de technologie en 6ème.

 

La ministre reste sourde aux revendications et au rejet exprimé toute l’année dernière par la mobilisation (grève, manifestations, rassemblements, AG, réunions publiques, opérations « collèges morts ou vides »…) et par le vote contre quasi unanime au CSE (0 pour, 68 contre et 1 abstention).

Les annonces vont même encore plus loin dans la déréglementation, la territorialisation, la surcharge de travail pour les personnels et donc la destruction de l’Ecole publique :

– Maintiens des groupes en français et en mathématiques en 6ème et en 5ème

La ministre a précisé que la mise en place des groupes de besoin en 6ème et 5ème serait obligatoire à la rentrée prochaine sans donner les moyens pour mettre en place des groupes à effectifs réduits.

– Groupes de besoins étendus en 4ème et en 3ème et augmentation de « devoirs faits » et des « stages de réussite »

Une heure de groupe par semaine en alternance entre les mathématiques et le français sera dédiée à la mise en place de groupes de besoin.

Ce sont donc deux heures de plus qu’il faudrait mettre en barrette dans les emplois du temps. Des difficultés en plus pour les chefs d’établissements, des emplois du temps encore plus détériorés pour les enseignants.

La ministre chiffre à 1000 le nombre de postes supplémentaires que cela représenterait. Alors que le budget prévoit 500 suppressions de postes à la rentrée 2025, la ministre évoque des « redéploiements ».

 

La ministre souhaite aussi permettre à deux fois plus d’élèves de suivre des heures de « devoirs faits ». Les heures ne sont déjà pas toutes assurées cette année : les enseignants refusant toujours plus d’heures, des rémunérations en Pacte…

Et pendant les vacances, plus de « stages de réussites », eux aussi financés par des Pactes.

– Brevet obligatoire à la session 2027

La ministre Genetet estimant que les élèves entrés en 6ème en 2023 auront tous pu « bénéficier » du « choc des savoirs » ou de l’heure supplémentaire en mathématiques ou en français (retirée dès l’année suivante sans retour de l’heure de technologie), il serait légitime de rendre le brevet des collèges obligatoire en 2027.

Les élèves qui n’obtiendraient pas le brevet seraient affecté en CAP ou dans une classe « prépa seconde ».

 

La part de contrôle continu sera réduite à 40% pour la session 2026.

– Labellisation des manuels

Malgré l’opposition de tous, là encore, la ministre Genetet confirme la procédure de labellisation des manuels.

La FNEC FP-FO a toujours dénoncé l’attaque contre la liberté pédagogique. Le financement par l’état des manuels labellisés imposés en CP/CE1 en éducation prioritaire et en zone rurale est insupportable.

 

– Recrutement de 150 CPE et 600 AED en janvier 2025

Pour améliorer le « climat scolaire », le recrutement de 150 CPE et 600 AED est prévu.

Ce sont les 10 000 suppressions de postes statutaires en 10 ans qu’il faut rétablir. Alors qu’il manque partout PsyEN, médecins et infirmières scolaires, assistantes sociales, 150 CPE pour toute la France pourraient améliorer le climat scolaire ? C’est de la provocation.

 

– Et les autres mesures

La ministre a de plus annoncé:

– une épreuve anticipée de mathématiques pour tous les élèves de 1ère ;

– des nouveaux programmes en français et mathématiques pour les cycles 1 ; 2 et 3 à la rentrée 2025 ;

– la poursuite de la réforme du lycée professionnel.

La FNEC FP-FO n’accepte pas ce passage en force, tout comme elle n’accepte pas les attaques contre les fonctionnaires du ministre Kasbarian.

L’heure est au rassemblement des personnels, afin d‘engager dès maintenant la préparation de la grève pour l’annulation des 4000 suppressions de postes, la grève pour aucune fermeture de classe, aucune fermeture de poste, pour l’abrogation de la réforme du « choc des savoirs » dans son intégralité et pour la satisfaction de toutes les revendications des personnels.

 

L’heure est à la préparation de la grève avec tous les agents de la Fonction publique contre les mesures Kasbarian de mise en place des 3 jours de carence, de l’indemnisation des jours d’arrêt maladie à 90% et des attaques à venir contre le Statut !

 

La FNEC FP-FO propose l’action commune aux autres fédérations de l’Education nationale : l’action pour gagner, pas les journées d’action, la vraie grève jusqu’à satisfaction !

Elle invite les personnels à se réunir partout sur leurs lieux de travail, dans les réunions syndicales pour débattre de ces questions, de la manière la plus efficace de faire reculer le gouvernement.

Les annonces du ministre contre la Fonction publique : la mobilisation doit se construire !

Jours de carences dans la Fonction Publique ,
indemnisation des congés maladie,
suppression des postes :
nouveau crachat à la figure des fonctionnaires !

 

Dans le cadre du PLFSS 2025 et des 60 milliards d’économies à réaliser sur le dos des salariés et des services publics, le gouvernement Macron-Barnier prévoit de durcir encore davantage les conditions des fonctionnaires, en les stigmatisant un peu plus.

Suppression de 4000 postes d’enseignants à la rentrée 2025 (dont 3155 rien que dans le 1er degré), remise en cause du droit à arrêt-maladie rémunéré avec 3 jours de carence et perte de 10% de la rémunération, blocage des salaires, suppression de la GIPA, nouvelle « journée de solidarité »…

Nous sommes en situation de légitime défense ! Nous avons le devoir de résister, de ne pas rester l’arme au pied !

 

Face à l’avalanche des mesures portées contre l’École et l’ensemble de la Fonction Publique, pour les personnels de l’Éducation nationale et les fonctionnaires, une urgence s’impose : la grève – la grève pour gagner, inscrite dans la durée… pas la journée d’action ou autre temps fort saute-mouton.

METTONS A L’ARRÊT LES ÉCOLES, LES COLLÈGES, LES LYCÉES 
PAR LA GRÈVE GÉNÉRALISÉE PARTOUT EN FRANCE
AVEC L’ENSEMBLE DES FONCTIONNAIRES !

Malgré l’alerte sociale lancée par l’ensemble des syndicats nationaux représentatifs de l’Éducation Nationale (FO, FSU, CGT, SUD, CFDT, UNSA, SNALC), préalable à un dépôt de préavis de grève à compter du 4 novembre 2024, la ministre Genetet a confirmé ces suppressions, au prétexte de baisses démographiques.

3200 suppressions de postes dans les écoles, c’est cinq fois plus que les 650 postes déjà supprimés à la rentrée 2024 par l’ex-ministre Attal, qui s’étaient traduites par l’annonce de près de 80 fermetures de classes en Ille-et-Vilaine en 2024.

L’année dernière, le projet de loi de finances 2024 prévoyait la suppression de 2 500 postes d’enseignants. Auparavant, l’État avait supprimé 1 500 postes en 2023 et près de 2 000 en 2022.

 

A nous, personnels, de mesurer la violence de ce plan !

L’ampleur des annonces de coupes dans le budget 2025 amènerait à un plan de fermetures de plusieurs centaines de classes pour le département d’Ille-et-Vilaine !

Une saignée sans précédent qui provoquerait une aggravation inédite des conditions de travail des personnels, avec des classes toujours plus chargées, des enseignants toujours moins remplacés et des élèves en difficulté ou en situation de handicap toujours moins pris en charge ! 

400 à 500 euros en moins pour une grippe… Le droit à arrêt-maladie rémunéré remis en cause !

Comment en effet interpréter autrement l’annonce de la mise en place de 3 jours de carence et d’un traitement rabaissé à 90%, lors de l’arrêt, à compter du 4ème jour ?

Se soigner d’une grippe – pourtant courante dans nos professions – deviendrait un luxe pour nombre de collègues qui n’ont déjà pas les moyens de se loger correctement.

Exemples 

Un PE au 10ème échelon, arrêté 7 jours pour une grippe, se verrait infliger 3 jours de carence (- 345,57 euros), 4 rémunérés à 90% (- 46,08 euros) soit une perte de 391,65 euros (au lieu de 115,19 actuellement pour un congé maladie ordinaire identique).

Une PE directrice d’école au 2ème échelon de la classe exceptionnelle arrêtée 10 jours, perdrait 3 jours de carence (- 459,48 euros) et 7 jours rémunérés à 90% (- 107,21 euros) soit une perte de 566,69 euros (au lieu de 153,16 actuellement pour un congé maladie ordinaire identique).

Une AESH à l’échelon 2, avec une quotité d’exercice à 62% arrêtée 5 jours, perdrait 3 jours de carence (- 110,76 euros) et 2 jours rémunérés à 90% (- 7,40 euros) soit une perte de 118,16 euros (au lieu de 36 euros actuellement pour un congé maladie ordinaire identique.)

Un enseignant contractuel perçoit 2146,30 euros brut. Arrêté 5 jours en congé maladie ordinaire, il se verrait infliger 3 jours de carence (214,62 euros), 2 rémunérés à 90% (- 14,32 euros) soit une perte de 228,94 euros brut (au lieu de 71,54 actuellement pour un congé maladie ordinaire identique). Si cet enseignant est en CMO pendant 15 jours, avec les mesures Kasbarian, les 3 jours de carence lui seraient retirés et il serait rémunéré du 4ème jour au 15ème jour à hauteur de 90%. Ainsi, il perdrait au total 300,47 euros brut !

Vous avez dit « équité » et « justice sociale » ?

La ministre a beau jeu de mettre en avant l’équité sociale en prétendant vouloir aligner le public sur le privé par le biais de ces trois jours de carence : dans 80% des cas dans le privé, les salariés sont couverts par l’accord sur la prévoyance. Ils n’ont donc pas de journées de carence !

Alors alignons à l’inverse : que les 20 % restants du privé et le public n’aient pas de journées de carence non plus. Alors nous pourrons parler d’équité et de justice sociale !

 

Info significative : dans une note d’information officielle de la DEPP (n°20-31, septembre 2020), on apprend que la moitié des congés maladie ordinaire (CMO) ne dépassait pas 3 jours en 2017-2018. En instaurant 3 jours de carence, le gouvernement prive donc la moitié des collègues malades (en congé maladie ordinaire) de toute rémunération. Serait-ce là le véritable objectif ?

Le SNUDI-FO 35 et le SNFOLC 35, avec leur fédération de la FNEC FP FO 35, rappellent que c’est la politique menée par les gouvernements successifs qui est la principale responsable de la dégradation de la santé des personnels de l’Éducation nationale : suppressions de postes, crise du remplacement, inclusion systématique et forcée, évaluation PPCR, absence de médecine de prévention, réforme des retraites qui oblige à travailler plus longtemps… !

 

Aujourd’hui, en plus d’aggraver encore nos conditions de travail, le gouvernement entend ajouter la précarité financière et matérielle à la maladie ! 

 

La valeur du point d’indice bloquée, aucune perspective de revalorisation !

Dans une situation où l’inflation explose, où les personnels ont perdu près de 30% de pouvoir d’achat depuis 2000, après de nombreuses années de gel du point d’indice et des grilles de salaires obsolètes, nous devrions continuer à nous paupériser ?

Bloquer la valeur du point d’indice comme l’a annoncé le gouvernement, c’est geler les traitements indiciaires de l’ensemble des agents, qu’ils soient titulaires ou contractuels.

Et ceux qui, notamment en fin de carrière, comptaient sur la GIPA (Garantie individuelle de pouvoir d’achat) calculée sur 4 ans pour pouvoir compenser un peu les pertes accumulées, devront y renoncer car le gouvernement la supprime !

Toutes ces mesures frapperaient l’ensemble des personnels dès les prochaines semaines, puisque prises dans le cadre du budget 2025.

 

Mais ce n’est pas tout !

Ajoutons à cela le maintien du « choc des savoirs » et des groupes de niveau, le maintien de l’acte 2 de l’école inclusive, une possible deuxième « journée de solidarité » (traduction : une nouvelle journée de travail gratuit), la mise en œuvre du projet Guerini, repris par le Ministre Kasbarian, pour supprimer les catégories de fonctionnaires et le principe de carrière, favoriser la rémunération au mérite et le licenciement des fonctionnaires pour insuffisance professionnelle…

* Lire le communiqué FNEC-FP FO du 1er novembre

Plus que jamais, la préparation de la grève dans l’unité est à l’ordre du jour !

« Une ligne rouge est franchie », avaient déjà déclaré le 14 octobre (donc avant les annonces sur la remise en cause du droit à arrêt maladie rémunéré) tous les syndicats de l’enseignement, dont Force Ouvrière, en notifiant à la ministre « une alerte sociale préalable au dépôt d’un préavis de grève national unitaire, à compter du lundi 4 novembre 2024 ». 

Le SNUDI-FO 35 et le SNFOLC 35, avec leur fédération de la FNEC FP FO 35, considèrent, sur la lancée de cette alerte sociale, que c’est en effet la préparation de la grève dans l’unité (et pas la journée d’action ou autre temps fort), à tous les niveaux, qui est à l’ordre du jour face à ces mesures de destruction de l’École et des droits des personnels.

 

–      Grève pour imposer le retrait des 4000 suppressions de postes, l’abrogation des groupes de niveaux et du choc des savoirs ;
–      Grève contre la mise en place des 3 jours de carence et d’une réduction du traitement pendant les congés maladie ordinaire ;
–      Grève pour l’abrogation du jour de carence et l’augmentation générale des salaires par l’augmentation du point d’indice (+28.5% pour compenser les pertes de pouvoir d’achat depuis 2000) ;
–      Grève pour le retrait du projet de réforme Guerini-Kasbarian !
–      Grève pour gagner les moyens indispensables à l’École publique !
–      Grève pour abroger la réforme des retraites : pour le retour à une retraite à 60 ans, sans décote, avec 37,5 annuités à taux plein !

 

Salaires, Postes, SECU, retraites, tout est lié.
Levons-nous et résistons !
Il est temps désormais d’imposer nos revendications !

 

Le SNUDI-FO 35 et le SNFOLC 35, avec leur fédération de la FNEC FP FO 35 appellent les personnels à se réunir dès les prochains jours dans les établissements scolaires pour établir leurs revendications, de la plus locale à la plus générale, et de préparer la grève pour le retrait de toutes ces mesures et obtenir la satisfaction de toutes les revendications.

Contactez-nous pour l’organisation d’une réunion dans votre secteur.

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