Les E3C ou l’échec du bac Blanquer

Le SNFOLC 35 s’oppose à la réforme Blanquer du baccalauréat qui, par la place importante donnée au contrôle continu, transforme un examen national, premier grade universitaire, en diplôme local de fin d’étude, à la valeur toute relative, puisqu’elle dépendra de la réputation de l’établissement où il aura été préparé.

Le SNFOLC 35 condamne les épreuves communes de contrôle continu (E3C)

  • Elles imposent des progressions communes pour chaque discipline au détriment de liberté pédagogique des professeurs ;

  • Elles attribuent aux chefs d’établissement la responsabilité du choix des sujets d’examen subordonnant ainsi le pédagogique à l’administratif ;

  • Elles sont organisées sans les garanties de sérieux nécessaires (pas d’obligation de prévoir des salles « format examen », pas de nécessité de vérifier l’identité des candidats, pas de double surveillance prévue pendant le passage des épreuves, pas de consignes claires données en cas de tentatives de fraude…) ;

  • Elles vont multiplier le nombre de sujets que chaque professeur va devoir corriger puisque chaque établissement, voire chaque classe aura les siens ;

  • Elles doivent se dérouler sans banalisation des créneaux horaires pour les autres classes. Or, avec des épreuves d’E3C durant deux heures et des cours de 55 minutes, le même professeur ne pourra pas, pendant dix minutes, à la fois finir de surveiller les épreuves d’examen et accueillir ses élèves des autres classes.

 

Cela prouve que le bac Blanquer vise à supprimer les harmonisations et les remboursements de déplacement, la correction se fera chez soi avec son propre ordinateur, le ministre compte non seulement sur le matériel informatique des enseignants mais aussi sur leur travail sans fin !

Le SNFOLC 35 dénonce les conditions dans lesquelles la réforme est mise en oeuvre

Alors que les premières épreuves communes de contrôle continu doivent se dérouler en janvier 2020, les professeurs n’ont toujours pas accès à la banque nationale des sujets.
 
Les procédures permettant aux candidats en situation de handicap de bénéficier d’aménagement des conditions d’épreuves ne sont toujours pas connues. Il est prévu une correction dématérialisée des copies alors que les professeurs n’ont reçu jusqu’à présent aucune formation en la matière.
 
Pour toute réponse aux questions que posent légitimement les personnels, le ministère se contente de dire qu’il s’en remet à « l’intelligence collective » des équipes. En clair il se défausse de ses responsabilités sur l’échelon local afin d’imputer aux professeurs et aux chefs d’établissement les dysfonctionnements multiples qui ne manqueront pas de se produire.
 
Le baccalauréat Blanquer était supposé simplifier l’examen. En réalité, il ne fait que le compliquer et le rendre illisible comme si le ministère avait choisi de mettre en place un dispositif volontairement non viable afin que les enseignants finissent par réclamer eux-mêmes son remplacement par de simples devoirs conçus et corrigés par le professeur de la classe.
 
Contre cette logique de destruction du baccalauréat, le SNFOLC 35 revendique le retour à un examen national fondé sur des épreuves disciplinaires, ponctuelles et terminales.Le SNFOLC 35 invite les personnels à se réunir, à s’opposer à l’ensemble des contre-réformes, à décider la grève interprofessionnelle et illimitée. Dire STOP ensemble !

Retraites : trouver le bon tempo !

C’est parti, le gouvernement squatte tous les médias pour y diffuser sa lénifiante musique d’ascenseur sur la réforme des retraites. Chacun a pu entendre la ritournelle : « 42 régimes différents, c’est compliqué, c’est lourd, c’est injuste… ». Chacun a pu écouter le tube de l’automne : «  La répartition, c’est has been, ! » et taper du pied sur le refrain «  La retraite par points, c’est la retraite de demain ! »

Sauf que…

Sauf que le duo de faussets Macron-Delevoye (bientôt repris à l’unisson par le chantre Laurent Berger) ne dit pas tout dans sa chansonnette. Il ne dit pas que la valeur de service du point peut varier en fonction de la situation macroéconomique (état de l’emploi, de la croissance, de la dépense publique et de l’espérance de vie), il ne dit pas non plus que la prise en compte des 6 derniers mois de la carrière des fonctionnaires, loin d’être un privilège, suffit à peine à assurer un taux de recouvrement comparable à celui d’un salarié du privé, toutes choses étant égales par ailleurs. Il ne dit pas davantage que l’hypocrite invention de l’âge pivot de 64 ans revient à rendre caduc l’âge de départ à 62 ans. Au bout du compte, la sourdine est mise sur la triste réalité : cette réforme est destinée à jouer en boucle la cacophonie du travail sans fin, la complainte du perdant-perdant…

Si nous ne formons pas l’orchestre seul à même de jouer la symphonie des acquis sociaux, il sera impossible de maintenir un lien social civilisateur, ce sera la société du chacun pour soi et contre tous, chacun jouant sa partition dans son coin. Nous devons répliquer dans l’unité la plus large, public, privé, avec toutes les organisations syndicales qui rejettent cette réforme, pas avec celle qui promeuvent un système par points. Et il faudra frapper fort, par la grève jusqu’à la victoire, au prix du blocage du pays, comme en 1995 !

De ce point de vue, le texte adopté par l’intersyndicale nationale FO,CGT, Solidaires, FSU, UNEF, UNL, MNL, reste timide : «  Elles (les organisations nommées) proposent de mettre en discussion la perspective d’une action de grève interprofessionnelle pouvant s’appuyer sur les appels lancés. » On ne peut pas se contenter dans de tels moments de jouer un ton en-dessous.

Certes, les appels à entrer en action le 5 décembre vont se multiplier dans les semaines qui viennent, mais n’est-ce pas ralentir le tempo d’une musique qui devrait se jouer tambour battant ?

 

Pour le SNFOLC35, la préparation de la grève devient le devoir impérieux de tous les salariés, résolument et sans attendre !

 

« Sur ce, débrouillons nos biceps et en avant la musique ! » (Les Pieds-Nickelés en Amérique, 1921-1927)

Didier Gaillard, secrétaire départemental.

Formation pendant les vacances : inacceptable !

Le Ministre a publié le décret 2019-935 du 6 septembre 2019 (ainsi qu’un arrêté) avec effet rétroactif au 1er avril 2019. Ces textes mettent en place une allocation pour rémunérer les enseignants effectuant une formation pendant « les vacances des classes » « à l’initiative de l’autorité compétente ou après [leur] accord ».

Il est donc indiqué explicitement que les personnels pourront être convoqués en stage de formation pendant les vacances, même sans leur accord, pour une durée de 5 jours par an. En outre, ce décret remet en cause les congés de formation et leur indemnisation à 85% en rémunérant de manière forfaitaire la formation d’une demi-journée à 60€ et d’une journée à 120€.

Lors du Comité Technique Ministériel du 12 juin, les organisations syndicales avaient voté unanimement contre ce projet. Une nouvelle fois, le gouvernement passe en force et publie ce décret alors que le schéma directeur sur la formation continue est toujours en cours de discussion.

De qui se moque le Ministre quand il prétend d’un côté négocier avec les représentants du personnel l’organisation de la formation continue et de l’autre publier un décret unanimement rejeté qui attaque nos droits à congé ?

Le SNFOLC 35 ne peut accepter une telle remise en cause de nos droits à congé et à formation et exige l’abrogation du décret du 6 septembre 2019 et de son arrêté.

Le SNFOLC 35 revendique le rétablissement du droit à la formation continue comme droit statutaire défini pour chaque corps, par exemple pour les Professeurs des Ecoles les 36 semaines de formation continue pendant le temps de travail.

Le SNFOLC 35 exige que la formation continue soit maintenue dans le cadre réglementaire actuellement en vigueur c’est‐à‐dire sur le temps de travail devant élèves et revendique que le remplacement soit systématiquement assuré.

Le SNFOLC 35 n’accepte pas ce nouveau passage en force et réaffirme ses revendications :
. NON à la formation continue sur le temps des vacances ;
. OUI à une véritable formation continue, choisie, sur le temps de travail.

Nos retraites en danger !

L’objectif du projet Macron-Delevoye est limpide : liquider le système des retraites par répartition tel qu’il a été conquis au XXe siècle pour instaurer un système par points. De quoi s’agit-il ? Une fois n’est pas coutume, laissons la parole à François Fillon sur ce sujet :
 
Le système par points, en réalité, ça permet une chose qu’aucun homme politique n’avoue : ça permet de baisser chaque année le montant des points, la valeur des points, et donc de diminuer le niveau des pensions.
 
Grand oral de François Fillon, candidat à «la primaire de la droite », devant les patrons le 10 mars 2016 (Public Sénat).

Carrière complète de 43 ans

 
Le gouvernement avance comme argument que la prise en compte des indemnités et primes dans le calcul par points compensera le lissage sur 43 ans. C’est faux ! Les fonctionnaires de l’Etat perdront selon les catégories de 22 % à presque 37 % de pension malgré une carrière complète de 43 ans.
 
La prise en compte du régime indemnitaire ne compensera nullement le lissage du calcul des pensions sur 43 ans en lieu et place d’un calcul sur l’indice détenu les 6 derniers mois. Il est vrai que plus le régime indemnitaire est conséquent plus la perte est moindre, mais dans des proportions vraiment négligeables.
 
Pour s’en convaincre, prenons le cas d’un professeur certifié célibataire et sans enfant avec : 
 
– Tous les trimestres cotisés (pas de décote). 
– Un régime indemnitaire : ISOE de 1.213,56 euros par an, une HSA par an soit une moyenne de 1.413,10 euros (30 ans CN et 13 ans HC), ISS REP de 1.734 euros, soit un total de 4.360,66 euros par an.
 
Ce professeur certifié en 43 ans de carrière sans interruption (30 ans en classe normale et 13 ans en hors classe) peut atteindre le 6ème échelon de la hors classe, soit l’indice majoré de 798.
 
Dans le système actuel, ce collègue peut prétendre à une pension de 2.804,58 euros bruts mensuels. Avec le système par points, sa pension sera de 1.929,48 euros bruts mensuels, soit une baisse de 31,2%.

Les carrières non complètes

Le gouvernement avance comme autre argument que les carrières hachées ou incomplètes seront mieux prises en compte. En effet les collègues qui subissent de la décote dans le régime du code des pensions ont moins de perte. Mais encore une fois, comme on part de tellement bas, la perte reste importante. 
 
Ainsi, comme on l’a vu, un certifié avec une carrière complète de 43 ans subirait une perte de 875,10 euros mensuels, soit une perte de 31,20 %. Dans une situation de fin carrière similaire, un certifié à qui il manquerait 10 trimestres, perdrait quand même 433,20 euros mensuels, soit 18,74 %.
 
Prenons le cas d’un professeur certifié célibataire avec un enfant avec :
 
– Tous les trimestres qui ne sont pas cotisés : il manque 10 trimestres (162 au lieu de 172 en intégrant les 4 trimestres de bonifications pour enfant), et il y a donc une décote de 12,5%. 
 
– Un régime indemnitaire : ISOE de 1.213,56 euros par an, une HSA par an soit une moyenne de 1.407,20 euros (30 ans CN et 10 ans et 6 mois HC), ISS REP de 1.734 euros, soit un total de 4.354,76 euros par an.
 
Ce professeur certifié en 40 ans et 6 mois de carrière sans interruption (30 ans en classe normale et 10 ans 6 mois en hors classe) peut atteindre le 6ème échelon de la hors-classe, soit l’indice majoré de 798.
 
Dans le système actuel, ce collègue peut prétendre à une pension de 2.311,35 euros bruts mensuels. Avec le système par points, sa pension sera de 1.878,15 euros bruts mensuels, soit une baisse de 18,74%.
 

L a confédération Force Ouvrière, opposée à la future contre-réforme des retraites qui veut transformer les quarante-deux régimes existants en un système universel par points, entend le faire savoir.

Elle lance une campagne d’information et de mobilisation sur les retraites, avec à la rentrée un rassemblement d’ampleur nationale à Paris, le samedi 21 septembre.

Bonne rentrée, mon oeil !

Les enseignants de ce département ont reçu ces derniers jours de nombreux vœux de rentrée venus tant du ministre et  du recteur que d’organisations dites syndicales. Nous n’avons pour notre part pas sacrifié à ce rituel, quitte à passer pour des mal polis.

En effet, quel sens y a-t-il à souhaiter une bonne rentrée aux 60% de contractuels laissés sans affectation à ce jour, aux TZR nommés sur deux ou trois établissements, avec des services infaisables, comme cet ineffable service partagé de lettres modernes entre Retiers ( sud-est du département) et Saint-Méen ( nord-ouest) ;  aux collègues des lycées général, technologique et professionnel, qui découvrent des emplois du temps démentiels, enfants monstrueux des réformes de Monsieur Blanquer…Lequel déclare sur Europe 1, le 2 septembre avec une perversion mêlée de gourmandise : « C’est l’une des meilleures rentrées que j’ai connues ». Sachez-le, Monsieur le Ministre, votre plaisir est inversement proportionnel  au nôtre, et nous souhaiter une bonne rentrée revient à promettre une longue vie à un malade en soins palliatifs…

A ceux qui seraient tentés de trouver ces propos excessifs, rappelons les faits : le 21 juillet, la loi de transformation de la Fonction publique introduit le recours à la rupture conventionnelle, au recrutement de contractuels hors concours, le contrat de mission pour une durée de six ans, transpose les ordonnances sur le code du Travail pour vider les CAP de leur substance et mettre à mort les CHSCT. Le 3 septembre, M. Delevoye intègre le gouvernement pour piloter la contre réforme des retraites, il n’est pas besoin d’être grand clerc pour comprendre qu’il n’aura que faire des revendications de Force ouvrière en la matière, et que le résultat sur le montant de nos pensions sera désastreux ( jusqu’à une perte de 800 euros pour un certifié). Si l’on ajoute à cela l’annonce de la suppression de 5600 postes aux Finances publiques au titre des économies permises par l’instauration du prélèvement à la source, on est en droit de se demander ce qui va à court terme subsister de la République sociale à laquelle nous sommes attachés.

C’est pourquoi nous n’allons pas pouvoir faire l’économie d’un conflit social sérieux, nous y sommes prêts, pour reprendre les mots d’Yves Veyrier, Secrétaire général de la Cgt-Force ouvrière. L’initiative d’une manifestation d’ampleur nationale à Paris le 21 septembre sert de ce point vue de branle-bas de combat, chacun peut s’inscrire pour y « monter » en car, il importe de réussir cette action pour pouvoir dire «  J’y étais ! ».

Les camarades du SNFOLC35 et moi-même vous souhaitons pour conclure, une bonne rentrée sociale, déterminée, combative !

IMPOSONS NOTRE CHANCE !

Didier Gaillard, secrétaire départemental.