L’UD FO 35 sonne l’alerte : le ministre veut en finir avec le baccalauréat

« La suppression du baccalauréat, son remplacement par un certificat de fin d’études et la généralisation des examens d’entrée pour l’enseignement supérieur viennent d’être mis à l’ordre du jour. Ce projet présenterait le gros intérêt de supprimer la mystique du diplôme qui constitue en fait actuellement le pôle d’attraction de tout l’enseignement secondaire. »

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ces mots n’ont pas été prononcés par le ministre de l’Education Nationale, Jean-Michel Blanquer, mais par Georges Villiers, le président du CNPF, ancêtre du Medef, en juin 1955. Mais si le ministre Blanquer n’a pas encore osé proclamer aussi ouvertement la suppression du bac comme diplôme national, on peut craindre qu’il ne cherche dans la pandémie de Covid 19 une formidable opportunité de franchir un pas décisif dans la réalisation de ce vieux rêve du patronat.

Ainsi a-t-il annoncé pour la deuxième année consécutive, le 21 janvier 2021, qu’en raison de la crise sanitaire, le contrôle continu serait privilégié pour le passage du baccalauréat. Mais les lycéens et les enseignants attendront finalement jusqu’au 5 mai pour connaître plus précisément les ajustements décidés par le ministre – cela après des mobilisations lycéennes importantes, réprimées encore une fois dans la violence.

Or, si l’annulation des épreuves de mars a pu légitimement soulager nombre de lycéens et de professeurs que les protocoles sanitaires successifs ont placés dans l’impossibilité de les préparer normalement, une question demeure : la situation sanitaire constitue-t-elle une raison suffisante pour généraliser ainsi, et perpétuer deux années de suite, le recours au contrôle continu ?

 

Lire la suite ci-dessous :

 

Non à l’enseignement virtuel !

La place des professeurs et des élèves est dans classe !

La pandémie a été l’occasion de généraliser l’enseignement « hybride » et « à distance » dans les lycées et les collèges. Depuis plus d’un an, malgré les nombreux dysfonctionnements des outils de la « continuité pédagogique », la pression s’est accrue sur les professeurs pour faire des « visioconférences » ou autres « classes virtuelles ».

Selon le Larousse, est virtuel ce qui n’est qu’en puissance, qu’en état de simple possibilité (par opposition à ce qui est en acte. » On ne saurait mieux dire !

L’école à distance, ce n’est pas de l’école !

A l’occasion d’une réunion ministérielle sur le numérique le 20 avril, la FNEC FP-FO a été la seule à expliquer que l’enseignement en distanciel n’était pas de l’enseignement, qu’il ne répond pas à la situation qui exige un recrutement massif de personnels pour permettre le maintien de l’ouverture des établissements scolaires.

Il n’y a pas comme le disent certains une « véritable aspiration au numérique sur le terrain », qui devrait être utilisé demain en permanence pour faire évoluer le fonctionnement du système éducatif.

L’enseignement à distance a été mis en place au nom de la « continuité pédagogique », et en vertu de l’état d’urgence qui permet de déroger à l’état de droit. Car ce n’est pas du télétravail, ce dernier étant encadré par des textes réglementaires. Dans les faits les personnels sont contraints d’utiliser leur matériel personnel, leur temps de travail explose et leurs conditions de vie et de travail se dégradent encore.

Interpellations policières, gardes à vue : la réponse du gouvernement aux lycéens est inadmissible !

La FNEC FP-FO condamne avec la plus grande fermeté l’interpellation par les forces de l’ordre du président de la FIDL, Sacha HALGAND, le mercredi 5 mai. Il a été interpellé alors qu’il manifestait devant le lycée Saint-Exupéry à Mantes-la-Jolie pour dénoncer les choix du ministre dans la gestion de la situation sanitaire et quant aux examens. Cette arrestation a empêché Sacha Halgand de se rendre au rassemblement organisé l’après-midi par des organisations de lycéens et parents d’élèves devant l’Assemblée nationale.

Ce même jour des lycéens mobilisés ont été confrontés à un important déploiement des forces de l’ordre devant des établissements, source de provocations et d’incidents. Des jeunes ont été placés en garde à vue.

La FNEC FP-FO n’accepte pas que la seule réponse aux lycéens mobilisés soit la répression, comme lors des grèves contre les E3C.

 

Le ministre doit répondre au constat que fait la FIDL et qui est largement partagé : « Les lycéens font face à de très fortes inégalités d’apprentissage selon les classes, les établissements et le milieu sociale et ce d’autant plus qu’ils ont été confrontés à un manque d’accompagnement pédagogique du fait de la tenue de cours en distanciel ou en demi-groupes. Cette situation n’a évidemment pas permis d’aborder la période des examens dans des conditions sereines. »

Il est urgent que le Ministre entende les inquiétudes légitimes des lycéens qui doivent se présenter aux examens dans des conditions de préparation incomplètes et inégalitaires. Les mesures d’ajustement annoncées tardivement par le Ministre ne règlent pas le problème cette inégalité.

Les lycéens ont besoin d’être rassurés quant à leur avenir, ils ont besoin de l’abrogation de Parcoursup, ils ont besoin de professeurs, de salles de cours, de bonnes conditions d’études et de travail, pas de garde à vue.

La FNEC FP-FO exige que le ministre prenne ses responsabilités pour permettre à chaque élève d’accéder à une qualification reconnue nationalement et à la filière post-baccalauréat de son choix.

Ouverture des listes complémentaires et droit à la titularisation pour tous les stagiaires !

Le ministère a communiqué le bilan des campagnes de titularisation des personnels stagiaires des huit dernières années. Ce bilan ne fait que confirmer une politique de contractualisation dans l’éducation nationale que le SNFOLC combat. Alors qu’en 2014/2015 il avait été possible de recruter 19 313 personnels du second degré, seuls 11 881 l’ont été en 2019/2020 soit une baisse de 7432 postes, 40% de moins !

Le SNFOLC a exigé, à tous les niveaux, le recrutement des listes complémentaires aux concours 2020. Des milliers de personnels admissibles n’attendaient que de pouvoir entrer dans le métier avec une formation et un statut.

 

Mais non ! Le ministre Blanquer préfère se limiter à recruter des contractuels avec de scandaleux contrats de 3 mois, parfois renouvelables et à annoncer la suppression de 1800 postes supplémentaires à la rentrée 2021, soit 2 fois plus qu’en 2020 malgré les 43 500 élèves en plus. Pour les concours 2021, le ministère a refusé de donner la consigne d’ouvrir les listes complémentaires dans toutes les disciplines. Les listes complémentaires doivent permettre de pourvoir les postes suite aux désistements et le SNFOLC continuera d’exiger leur utilisation pour compenser les milliers de suppressions de postes.

Aller au contenu PDF