Mouvement inter 2022 : vers la casse du mouvement

Le ministère a présenté une version modifiée de son projet de LDG ( lignes directrices de gestion) en ce qui concerne la « mobilité » qui régissent les mutations.

Alors que la quasi-unanimité des organisations syndicales s’était prononcée contre la mise en place du mouvement national de postes à profil, le ministère persiste et a présenté deux nouvelles mesures pour renforcer ce dispositif : après 3 ans sur un même poste à profil, une bonification de 120 points sur tous les vœux et le droit au retour dans son académie d’origine hors barème…

Le mouvement national des postes à profil permettra d’être affecté sur un poste précis, d’une autre académie, avec un recrutement direct, sur profil, sur CV, sur entretien par son futur chef d’établissement.

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Evaluation des établissements : nouvelle campagne Blanquer

Aggravation de la territorialisation et de l’autonomie contre les garanties statutaires des personnels et l’École
 
Le « conseil d’évaluation de l’école », créé par la loi Blanquer dite « pour une école de la confiance » de 2019, est chargé « d’évaluer en toute indépendance l’organisation et les résultats de l’enseignement scolaire. ». « En toute indépendance » (sic), ce conseil, comprenant des économistes, des personnalités politiques ainsi que plusieurs anciens recteurs et des responsables du ministère, organise l’évaluation annuelle de 20 % des collèges et des lycées. Chaque établissement serait évalué tous les 5 ans.
 
Cette année encore, dans des centaines d’établissements, il passera au crible les fonctionnements, les résultats des élèves, les pratiques professionnelles des uns et des autres pour, selon le conseil lui-même, « enrichir le débat public sur l’éducation ».
 
Après le chaos de cette rentrée et les déclarations présidentielles à Marseille, le ministre installe la logique de l’audit permanent pour tous les personnels.
 
Pour le SNFOLC, c’est inacceptable !
 

Un management comme dans le privé : rendre les personnels seuls responsables des résultats de leurs élèves et des problèmes rencontrés

Début septembre, dans un établissement soumis à cette évaluation, une délégation de personnels mandatés par leur AG est venue demander au Chef d’établissement d’un collège les moyens de travailler (maintien d’une classe supprimée, affectation de remplaçants sur 5 postes manquants).
 
Elle s’est vue opposer la réponse suivante :
 
« Il existe des dysfonctionnements dans l’établissement qu’il convient de solutionner comme […] la question des résultats au DNB qui appellent une remise en cause dans le cadre des moyens qui sont alloués à l’établissement pour son fonctionnement. C’est la raison pour laquelle le Rectorat procède à une auto-évaluation du collège, qui se terminera par la venue d’une délégation rectorale. ».
 
La logique poursuivie est limpide : aucune revendication des personnels n’est recevable, aucun moyen supplémentaire ne sera accordé, les personnels doivent revoir leurs méthodes de travail, le tout dans le cadre d’une DHG déjà contrainte.
 
Des classes à 30 élèves, des AESH qui ont en charge jusqu’à 7 élèves dans la semaine parfois dans plusieurs établissements avec les PIAL, et même plusieurs élèves simultanément et sans matériel, des professeurs non remplacés, des compléments de service généralisés, des assistants d’éducation en sous-effectifs et sous tension permanente, des locaux vétustes… Combien d’établissements connaissent cette situation ?
 
Pour le ministre, ce n’est pas le problème, les personnels n’ont pas à revendiquer, ils doivent juste travailler davantage !
 

Des conditions de l’évaluation qui participent à la déréglementation et à l’augmentation de la charge de travail

Les personnels concernés sont souvent convoqués en soirée à de multiples réunions sous couvert de la deuxième journée de pré-rentrée ou sous couvert des 1607 heures annuelles du décret Hamon de 2014 contre lequel FO, CGT et Sud ont voté. Tout est bon pour exploser le temps de travail des personnels déjà épuisés. Il n’y aucune équité dans la conduite de l’évaluation.
 
Parfois, des questionnaires sont remis, parfois non. Souvent ils sont largement intrusifs avec des questionnements du type :
 
« Je donne des devoirs à la maison », « tous mes élèves parviennent à tirer profit des activités proposées », « je ne peux pas prendre en compte de la diversité des élèves dans mes cours », « je consulte régulièrement ma messagerie ENT », « êtes-vous équipé d’un ordinateur et d’un accès internet ? » etc …
 
Les personnels, à juste titre, refusent d’avoir à justifier leur valeur professionnelle, comme ils refusent de devoir informer sur leur matériel personnel, et ce qu’ils font à leur domicile.
 

Auto-évaluation et évaluation externe : soumettre les personnels au projet d’établissement et aux pressions extérieures pour territorialiser l’Ecole

Tous les personnels sont soumis à cette évaluation. Le conseil d’évaluation de l’école (CEE) préconise « l’institution d’un comité de pilotage » au sein de l’établissement pour la partie « auto-évaluation ».
 
Des collègues sont mis en situation d’évaluer leurs collègues. C’est anticipé par le Grenelle de J-M Blanquer qui voudrait rendre « mixtes » les missions des enseignants pour y intégrer le contrôle hiérarchique.
 

Dans la foulée, les projets d’établissements devraient être réécrits, pour y faire figurer des choix contraints par les DHG en matière d’offre d’enseignements. L’opération doit donc intégrer les personnels à des choix susceptibles de diminuer leurs heures d’enseignement, de les faire partir en complément de service, voire de supprimer leur poste. C’est ni plus ni moins que le management à la France-Télécom, avec les conséquences que l’on connaît. Comme si ça ne suffisait pas, une évaluation externe est conduite par une délégation rectorale censée être « sans lien avec l’établissement » (sic) ainsi que par d’autres acteurs, dont le CEE demande que soit vérifiée l’absence de conflit d’intérêt… Des parents d’élèves ? Des politiques ? Des militants associatifs ? Le ministre franchit un pas de plus vers la fragmentation de l’École républicaine, la même pour tous.

Pour le SNFOLC, la logique d’évaluation permanente doit cesser ! Les missions statutaires des personnels doivent être respectées et le ministre doit cesser toutes les suppressions de postes et de classe et rendre les 500 postes qu’il prévoit encore de supprimer pour 2022.
 
 
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AESH : appel régional au 19 octobre pour manifester à Paris

Projet local d’évaluation et bac Blanquer : colère et refus des personnels

Depuis la rentrée, les enseignants tentent de faire cours pour préparer au mieux les élèves malgré des effectifs toujours plus lourds et des emplois du temps souvent chaotiques.

C’est dans ce contexte que le ministre Blanquer a décidé que l’urgence serait de produire un projet local d’évaluation pour fixer des objectifs pédagogiques locaux et des modalités d’évaluations locales.

Les inspecteurs et les chefs d’établissements sont appelés au secours du ministre pour tenter de faire accepter aux enseignants le renoncement à leur liberté pédagogique. Mais ça ne passe pas.

Dans les réunions, l’incompréhension se dispute à la colère

Pourquoi s’infliger une telle usine à gaz alors que ni les recteurs, ni les inspecteurs n’osent prétendre que ce dispositif est obligatoire ?

Pourquoi figer sur le papier nos pratiques d’évaluation alors qu’elles sont connues et expliquées à nos élèves à chaque devoir ?

Pourquoi devrait-on uniformiser nos pratiques alors que nos élèves ne peuvent pas tous être évalués de la même manière, que nos classes sont hétérogènes ?

Pourquoi faudrait-il mettre noir sur blanc nos objectifs communs au sein de l’établissement alors qu’ils existent déjà et s’appellent les programmes nationaux ?

Pourquoi s’exposer à affronter des récriminations sans fin de la part des élèves, à nous justifier sans cesse auprès des parents ?

Pourquoi un tel document si les professeurs sont des professionnels reconnus ?

Pourquoi devrions-nous subordonner la pédagogie à une exigence formaliste d’évaluation plutôt que d’adapter notre pédagogie à la diversité de nos élèves ?

Pourquoi obliger les enseignants à programmer sans cesse des évaluations aux dépens du temps d’apprentissage ?

Qui peut sérieusement croire que la seule préoccupation des parents est le nombre de devoirs plutôt que les effectifs par classe ou les heures d’enseignement disciplinaire supprimées par la réforme du lycée ?

Affirmer que l’urgence du moment serait de se doter du PLE pour « harmoniser » les pratiques d’évaluation, « améliorer la communication » avec les élèves et les parents, « sécuriser » le travail des enseignants, c’est se moquer du monde. Même a minima, le PLE reste local, en contradiction avec les exigences d’un diplôme national.

Présupposer que les enseignants évalueraient à la tête du client alors qu’ils évaluent selon des critères objectifs et explicites est perçu comme une insulte à la profession.

 

Les personnels résistent et refusent le PLE

De diverses façons, les professeurs se réunissent par équipe disciplinaire et en réunion d’information syndicale. Ils s’adressent à leur direction, au recteur et au ministre pour exprimer leur refus de mettre le doigt dans l’engrenage du PLE.

Que ce soit au lycée Saint Criq de Pau (64) avec les syndicats FO, CGT et SNES, au lycée Aliénor d’Aquitaine de Poitiers (86), ou au lycée Malraux de Gaillon (27) avec le SNFOLC, les collègues affirment leur exigence de rétablissement du cadre national du baccalauréat :

« Plutôt que de rédiger dès maintenant un document inutilement contraignant, […]nous préférons affirmer que nous avons à cœur d’assurer notre mission d’enseignement dans le respect des programmes nationaux et de notre liberté pédagogique. »

Au lycée Despiau de Mont-de-Marsan (40) :

« Nous refusons que s’instaure au sein de l’établissement une surveillance réciproque des personnels, au nom d’échanges pédagogiques croisés entre pairs.

Ce projet consacre la mise en place de diplômes maisons et de règles de fonctionnement locales. Il constitue une remise en cause frontale de nos statuts. Nous refusons de participer au travail de réflexion autour du projet local d’évaluation et réaffirmons que l’évaluation relève de la liberté pédagogique de l’enseignant seul capable d’estimer en fonction du niveau de ses élèves, de sa progression, du contexte et des différentes contraintes, la solution la plus adaptée à sa classe. »

Au lycée Victor Hugo d’Hennebont (56) :

Les professeurs avec leurs syndicats SNES, CGT et FO, 

– réaffirment le principe de leur liberté pédagogique y compris dans le cadre de l’évaluation,

– contestent toutes formes d’intrusion du conseil pédagogique, du conseil d’administration, du règlement intérieur dans leur liberté pédagogique y compris concernant l’évaluation,

– réaffirment le droit pour chaque équipe disciplinaire de faire ou non des contrôles communs,

– contestent l’imposition d’un nombre d’évaluations par trimestre ou par année. L’évaluation est un des éléments du processus pédagogique, sa fréquence est décidée par chaque professeur,

– demandent le retour du bac national avec des épreuves terminales et anonymes seule garantie d’égalité de traitement entre tous les élèves et par conséquent de valeur de diplôme national,

– refusent toutes pressions de qui que ce soit (parents, Administrations) sur le processus d’évaluation (fréquence, notes…).

Dans de nombreux autres lycées, Rousseau à Montmorency (95), Vinci à Amboise, Vaucansson, Rabelais (37), Simone Weil au Puy-en Velay (43), Carnot à Paris (75), Tarare et Colbert à Lyon (69), Nord et Perrin à Marseille (13), Soult de Mazamet (81), Jules Ferry de St Dié (88), Monnet de Crépy-en-Valois (60), Magendie, pape Clément, Daguin et Sud Médoc en Gironde… les personnels avec leurs organisations syndicales prennent position contre le PLE. En Moselle des collèges soutiennent la mobilisation des lycées contre le PLE.

Les SNFOLC appelle tous les enseignants de lycée à se réunir avec leurs organisations syndicales pour refuser le PLE et exiger :

– le rétablissement des épreuves terminales, nationales et anonymes du baccalauréat,
– le retrait total du PLE,
– le rétablissement de toutes les heures d’enseignement supprimées par la réforme du lycée,
– le respect de nos statuts.

Le SNFOLC s’adresse à l’ensemble des organisations syndicales pour qu’ensemble ce soit un NON au ministre.