Résolution du SNFOLC 35 -assemblée générale du 15 novembre 2021

Face aux nombreuses attaques subies par les personnels de l’Education nationale ces derniers mois, les rodomontades du ministre Blanquer à l’Assemblée nationale en décembre 2020 doivent être particulièrement soulignées : « Personne n’a envie d’envoyer ses enfants dans un endroit où on essaye de les endoctriner » déclara-t-il en parlant de l’École. Si la croisade personnelle du ministre Blanquer contre le « séparatisme » tient davantage à la construction de sa propre image politique, elle se répercute auprès des personnels. Que ce soit dans l’Académie de Rennes ou ailleurs, une mise au pas avec des accents maccarthystes est bel et bien en marche.

Certes, ce discours n’est pas nouveau. Longtemps le pouvoir a exigé des fonctionnaires qu’ils se tiennent à carreau. Au XIXe siècle, on allait jusqu’à considérer que ceux « qui aliènent leur liberté pour un traitement ne devraient pas voter ». Cependant, il faut aussi garder à l’esprit que ce même pouvoir ménageait alors tout autant les enseignants, qui tempéraient, à ses yeux, les ardeurs du mouvement ouvrier. Ainsi, la profession n’a participé à son premier mouvement de grève qu’en 1936, sous le Front populaire.

Suite à la Libération, et à la conquête d’un statut organisant une Fonction Publique de carrière, les enseignants sont peu à peu devenus une profession plus syndiquée que la moyenne de la population active et plus encline à faire grève. On pourrait donc penser que cette combativité est visée par le ministre Blanquer. Pourtant, l’ensemble des personnels de l’Education nationale semble bien davantage gagné par une démobilisation causée par la dégradation des conditions de travail, les défaites à répétition et les pressions de la hiérarchie. La crise du recrutement le montre : la figure de l’enseignant ne suscite plus l’engouement.

Par conséquent, le SNFOLC 35 rappelle que les propos et les mesures défendues par le ministre Blanquer contre les personnels de l’Education nationale s’inscrivent bien davantage dans une idéologie : celle de la dérégulation du service public, qui, avant de s’attaquer à l’Education, a visé nos camarades de France Télécom, d’EDF ou de la SNCF.

L’idée de service public est décrétée obsolète et archaïque par ces gens-là. La posture critique et distanciée des fonctionnaires est traquée, tout comme la recherche d’indépendance et de liberté. Toute prise de distance est considérée comme un manque de loyauté. Un consentement sans faille est désormais requis, une adhésion non négociable.

Quant aux pratiques de solidarité et d’entre-aide, elles sont disqualifiées par notre employeur. S’y substituent l’individualisation et la mise en concurrence, la disponibilité et la mobilité, la remise en question permanente du professionnalisme, et l’obligation de faire sans cesse ses preuves. A l’aune de l’éthique managériale, le travailleur moderne doit savoir « se vendre », se démarquer des autres, se singulariser, et faire acte d’allégeance pour se faire apprécier. La modernisation de la Fonction Publique vendue par le charabia anglo-macronien dispose des apparences et de l’attractivité de la nouveauté, tout en se parant de colifichets tels que les concepts de « réseau », « projet », « inclusion » ou autre « auto-évaluation ».

Le SNFOLC 35 rappelle que, contrairement à une idée reçue, les personnels de l’Education nationale ne craignent pas le changement. Ce qu’ils dénoncent, c’est l’avènement d’un monde qui nie tout ce qui renvoie aux formes collectives du travail, aux cultures de métier, de solidarité. Un monde qui détruit toutes les formes protectrices et productrices de sens collectif, tout ce qui est de l’ordre de l’expérience collective, tout ce qui est capable de créer de la sédimentation et de l’épaisseur sociale.
Le SNFOLC 35 refuse ce monde de la mobilité systématique et de l’individualisation à tout crin, qui crée un sentiment insurmontable d’insécurité.

Le SNFOLC 35 rappelle que lorsque les fonctionnaires s’autorisent à mettre en avant leurs conditions de travail, ce n’est pas comme une question strictement corporatiste, mais comme un problème de société : les personnels de l’Education nationale, comme les cheminots ou le personnel hospitalier, par exemple, lient celles-ci à la qualité du service rendu, à la préservation de l’égalité et du bien commun. Les attaques contre les services publics viennent altérer l’alchimie fragile de l’ethos républicain.

Précariser les statuts des personnels de l’Education nationale pour enseigner à des populations précarisées. Et si c’était cela, leur « projet » ?

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU SNFOLC 35 réunie le 15 novembre 2021 réaffirme son attachement à la laïcité de la République telle qu’elle est fondée par la loi de 1905. ET EXIGE :

 

l’ABANDON des réformes du Baccalauréat (avec notamment les PLE), des lycées général et professionnel, de l’autoévaluation des établissements, de Parcoursup, de PPCR, des PIAL et de la logique comptable de l’ « inclusif illimité » ;

– le RETRAIT de la loi de Transformation de la Fonction Publique ;

– le RETRAIT total et définitif du projet du système dit « universel » de retraite par points ;

– le RETRAIT de toutes les remises en cause statutaires engagées par le ministre et notamment le développement de la RH de proximité visant à instaurer un management sur le modèle du privé au sein de l’Education Nationale.

– l’ABANDON de la réforme des concours et de la masterisation, le retour du recrutement des enseignants à partir de Bac+3.

ELLE REVENDIQUE :

 

– l’augmentation de 21 % de la valeur du point d’indice afin, simplement, de pallier la baisse constante de notre pouvoir d’achat depuis près de trois décennies, ainsi qu’une augmentation immédiate de 183€ nets mensuels sans contrepartie pour tous les personnels de l’Education Nationale, comme l’ont obtenu les hospitaliers ;

– le maintien et l’amélioration du code des pensions civiles et militaires, avec une retraite à taux plein à 60 ans après 37,5 annuités de cotisation ;

– le recrutement immédiat et massif d’enseignants fonctionnaires d’Etat par le recrutement de tous les candidats aux concours inscrits sur les listes complémentaires et le réabondement de celles-ci ! Le recrutement de tous les personnels non enseignants nécessaires, sous statut de fonctionnaires d’Etat, la titularisation des contractuels s’ils le souhaitent ;

– la suppression de la seconde HSA obligatoire, ainsi que le retrait des HSA pour les personnels en temps partiel ;

– le rétablissement des heures disciplinaires supprimées par les réformes successives;

– le maintien des programmes et des diplômes nationaux, du baccalauréat national – premier diplôme et premier grade universitaires, ainsi que le rétablissement de toutes les épreuves nationales, anonymes, terminales, ponctuelles et disciplinaires ;

– le retour du Bac Pro 4 ans (2 ans BEP ou CAP + 2 ans Bac Pro), recréation du diplôme national BEP, et des épreuves nationales et ponctuelles, l’abandon du contrôle en cours de formation, maintien de la formation initiale et la suppression des classes mixtes (élèves formation initiale et apprentis).

l’ouverture de places suffisantes dans l’enseignement supérieur pour accueillir tous les étudiants qui souhaitent s’inscrire dans la filière de leur choix ;

– le maintien des structures spécialisées pour les enfants en situation de handicap (IME, ITEP…) et l’ouverture immédiate dans le 35 de structures supplémentaires telles que ULIS, SEGPA (déjà surchargées)… ;

– l’ouverture immédiate de structures supplémentaires pour accueillir décemment les enfants nouvellement arrivés sur le territoire (UPE2A déjà complètes fin septembre dans la majorité des établissements) ; la suppression des menaces d’expulsion qui pèsent sur les familles des enfants scolarisés dans nos établissements comme le stipule la Convention internationale des droits de l’enfant : l’Ecole est un droit.

– pour les AED et les AESH : la revalorisation des salaires, une véritable formation qualifiante sur le temps de travail, le versement des indemnités REP-REP+ pour les personnels exerçant en éducation prioritaire, la création du nombre d’emplois nécessaires pour couvrir tous les besoins, la mise en place de contrats non précaires (24h considérées comme 100%), la création d’un véritable statut de la Fonction publique pour les AESH et l’accès à la Fonction Publique pour tous les AED qui le souhaitent ;

– le maintien des DRONISEP, des CIO, de leurs personnels, des PsyEN-EDO et des DCIO au sein de l’Éducation Nationale, le refus des suspensions des personnels pour défaut de vaccination contre la Covid-19 ;

– la mise en place d’une véritable politique de prévention et de santé au travail (recrutement de médecins du personnel en nombre suffisant, infirmiers et infirmières…) : la santé est un droit !

–  le retour au Décret du 25 mai 1950 déterminant les obligations réglementaires de service des personnels enseignants du second degré.

L’AG du SNFOLC 35 appelle tous les personnels de l’Education Nationale à construire la mobilisation à partir de ce point d’appui. AG, HIS ou simples discussions informelles, toutes les solutions doivent permettre de construire la grève interprofessionnelle, jusqu’au blocage du pays s’il le faut.

Bien évidemment, la syndicalisation est aussi un champ d’action important : développer le syndicat, c’est renforcer notre principal instrument de lutte en toute indépendance, lui donner du poids auprès du gouvernement mais aussi auprès des organisations syndicales, qui pourraient se montrer plus tièdes à mobiliser.

Un an après

Le 16 octobre 2020, notre collègue Samuel Paty était décapité à la sortie de son établissement scolaire.

Le Ministre, dans son Info aux personnels N°25 envoyée sur les boites mails professionnelles, suggère aux enseignants d’ « organiser un temps de recueillement en mémoire de Samuel Paty », et de « consacrer une heure de cours du vendredi 15 octobre 2021 à un temps d’échanges, dont le contenu sera laissé au choix des équipes en fonction de leur situation respective » ? Suggestion lancée à quelques jours de la commémoration, comme si un sujet aussi sensible et si difficile à appréhender avec les élèves pouvait se faire en un simple claquement de doigts…

Dans quelques établissements d’Ille-et-Vilaine, des commémorations organisées par le rectorat et la DSDEN ont lieu, sans les enseignants, qui eux, resteront en cours, sauf peut-être quelques profs sélectionnés pour l’occasion.

Et bien souvent, il ne se passe rien… Rien, un an après une attaque sans précédent.

Ce qui nous rassemble !

Dans un contexte d’une énième rentrée pour le moins compliquée, il est toujours utile de se remémorer les raisons de son adhésion au syndicalisme libre et indépendant. Aujourd’hui plus que jamais.

Le ministre Blanquer se pavane à tout-va dans les média pour inculquer à l’opinion publique la croyance que les salaires des enseignants vont augmenter, qu’il a même pour objectif de faire en sorte que personne, promis, juré, craché, ne touchera moins de 2000 euros. La belle affaire…

Ce qu’il ne dit pas à l’opinion publique en question, ce philanthrope invétéré, c’est quel bras de levier il va actionner pour y parvenir, et là, pardon de l’expression mais, ça branle dans le manche !

Passer de une à deux le nombre d’heures supplémentaires obligatoires, les imposer à tous, y compris les agents à temps partiel, élargir la définition des Indemnités pour Missions Particulières (IMP), ce n’est ni plus ni moins que la continuation du « Travailler plus pour gagner plus » cher à un prédécesseur de l’actuel Président de la République. Ajoutons pour enfoncer le clou que l’heure supplémentaire revient moins cher à notre philanthrope employeur que l’heure poste normale, et l’on comprendra que les raisons de la colère n’ont pas disparu à la faveur des congés d’été…

Pis, non content de faire accroire qu’il augmente le salaire dans enseignants, tout en réalisant l’exploit de baisser la masse salariale du ministère dont il a la charge, cet ami du genre humain mène contre l’exercice du droit syndical une guerre insidieuse et lâche. A preuve, le déplacement d’office prononcé contre notre camarade Édouard, professeur d’histoire-géographie au lycée Jean Macé à Rennes, qui a eu le tort aux yeux du Recteur de faire son travail de militant syndical.
Édouard, camarade, que tu sois adhérent d’un autre syndicat ne nous empêche pas, au SNFOLC35, de te redire notre indéfectible solidarité. D’autant que nous avons eu, nous aussi, il y a moins d’un an, à batailler en faveur d’un de nos adhérents du lycée de Montfort sur Meu, qu’un cadre haut placé du rectorat accusait d’avoir manqué à l’éthique au moment le plus fort du mouvement contre la réforme Blanquer du baccalauréat. Nous avions gagné sur ce dossier en montrant de façon incontestable la fausseté de l’accusation, et nous avions savouré cette victoire !

Fait encourageant, des perspectives se tracent pour l’entrée en action. L’intersyndicale des confédérations (CGT- FO – FSU – Solidaires – FIDL – MNL – UNEF – UNL) affirme l’urgence d’augmenter le SMIC et les grilles de classifications, le point d’indice de la Fonction Publique, les pensions, les minima sociaux et les bourses d’études et n’a eu aucune difficulté pour appeler unitairement à une journée d’action interprofessionnelle le mardi 5 octobre.

L’Union départementale vient d’ailleurs de prendre l’initiative d’organiser vendredi 17 septembre à 13H place de la République à Rennes ( dans la foulée de l’AG de l’UD qui se terminera à 12H30 ) un rassemblement-meeting public pour affirmer les revendications sociales et démocratiques et préparer sans attendre la riposte interprofessionnelle du 5 octobre.

Notre boussole, c’est cela, cela uniquement, mais c’est déjà beaucoup. C’est ce qui nous rassemble. Pour le reste, en particulier les débats qui font écran de fumée, l’expression d’une méfiance qu’un pouvoir plus communiquant que pédagogue a suscitée par des mensonges d’État, le règne de la post-vérité dans la sphère publique, nous devons adopter, que nous soyons militants convaincus ou adhérents sans implication particulière, l’attitude d’Ulysse face au chant des sirènes. Attaché au mât de son navire, il entend le chant des certitudes de tous bords, les laisse se perdre dans le lointain tandis que le bateau trace sa route.
Les adhérents du SNFOLC35 sont des femmes et des hommes libres, acteurs de leur vie, qui savent quelle décision ils doivent prendre en conscience dans une crise aussi sérieuse que celle du COVID 19. Une société où le syndicat indiquerait à chacun ce qu ‘il doit faire ou penser en matière de lutte contre le virus nous plongerait dans le cauchemar du 1984 de George Orwell. Notre ligne de conduite ne variera donc pas, elle fera résolument confiance à l’esprit de solidarité et de responsabilité qui vit en l’être humain, pour peu qu’on ne l’infantilise pas : la crise sanitaire ne peut pas servir de prétexte à licenciement si un salarié refuse la vaccination, le Passe sanitaire, qui ne sert qu’à réguler les flux de population comme le font les armées en temps de guerre doit être abandonné.
Le reste n’est que littérature…

Résister, revendiquer, reconquérir !

Pour que vive la Commune des 365 Premier Mai !

Nous évoquions naguère l’actualité de la Commune de Paris, et les perspectives qu’elle nous ouvre encore aujourd’hui. Au risque de retomber dans la jubilation commémorative, appelons sans retenue à l’année des premier mai sans fin.

Parce qu’en ces temps de pandémie, où un organisme à peine vivant sert d’alibi à toutes les régressions sociales, il est plus qu’urgent de retrouver les chemins de la revendication. Parce qu’en ces temps difficiles, où la liberté de s’opposer à l’austérité est violemment menacée, il importe que toutes les femmes et les hommes libres que sont les militants Force ouvrière fassent entendre leur voix.

Car la violence de classe est rien moins qu’un simple ressenti. A preuve, le licenciement ignominieux de notre camarade Luc Perrot, de Pôle emploi. Ce camarade , militant FO infatigable a été licencié par la direction régionale Bretagne de Pôle emploi avec des allégations qui cachent à peine  la volonté de nuire à FO et au syndicalisme indépendant en général. Cerise sur le gâteau, Véronique Descacq, ancienne secrétaire confédérale CFDT, devient au premier mai directrice de la DIRECCTE Bretagne. Pour invalider cette décision ? Les paris sont ouverts !

A preuve encore, le saccage, dans la nuit du 26 au 27 avril 2021, des locaux de l’Union départementale FO du Puy de Dôme, dont tous les bureaux ont subi d’importantes dégradations et dont le matériel informatique a été vandalisé.

A preuve enfin, les intimidations sur notre camarade Yannick Farré, délégué syndical FO chez FIBRE EXCELLENCE à Tarascon. Initialement convoqué pour une sanction disciplinaire supérieure à un avertissement, il y échappe grâce à la mobilisation de ses collègues et camarades.

Alors, pas plus le premier mai 2021 que le premier mai 1886, où une grève générale en faveur de la limitation de la journée de travail à huit heures est lancée, nous ne devons nous taire. Souvenons-nous en outre que, dans le droit fil de cette grève, la répression d’une manifestation d’ouvriers de chez Mac Cormick avait fait trois morts le 3 mai 1886 , et n’oublions jamais, toujours dans le cadre de ce mouvement, la condamnation à mort de cinq participants à la manifestation de Haymarket Square à Chicago (4 mai 1886) pour un crime dont ils furent par la suite reconnus innocents.

Dans ce contexte d’offensive contre les acquis sociaux, rien n’est plus important que de reconstituer un rapport de forces qui soit en notre faveur. Il en va de l’avenir d’une École qui instruise, d’une République sociale qui fasse des égaux. Si nous voulons vraiment que l’indemnisation des chômeurs ne soit plus ravalée au rang de vague souvenir, si nous refusons la casse des retraites par répartition, l’autonomie d’établissements scolaires autoévalués, retrouvons-nous dans l’unité syndicale le samedi premier mai à 10h30 devant l’École des Hautes études de santé publique près de l’Université Rennes 2.

Et dès le 3 mai, lançons des Heures d’Information Syndicales pour discuter de la situation dans notre secteur et décider des suites de la mobilisation, toutes catégories de personnels confondues.

Discutons sans tabous, : la grève interprofessionnelle ne saurait être écartée de nos moyens d’action au prétexte- bien mince en vérité- que des échéances électorales pointent le bout de leur nez et que là, on verra ce qu’on verra…

Pensons plutôt à nos 365 premier mai, notre Commune et notre temps des cerises. A bientôt dans la rue !

 

RESISTER, REVENDIQUER, RECONQUERIR !

Pour que finisse l’entre-soi…

L’actuelle pandémie ne fait pas que des malheureux. Certes, dans les classes laborieuses, elle continue de déverser son lot de drames, et la lenteur avec laquelle la vaccination se met en place n’offre de perspective d’immunité collective que d’ici à de nombreux mois, si le virus n’a pas muté de façon incontrôlable entre temps…

Au nombre des winners, la cinquantaine de fortunes les plus importantes des États-Unis d’Amérique a vu 637 milliards de dollars tomber dans son escarcelle sur la seule année 2020. Partout dans le monde, les sociétés les plus puissantes ont bénéficié d’argent magique public, en cas de coup dur… Partout dans le monde, des états d’exception sont prolongés, et les libertés fondamentales sont mises à mal…
Face aux profiteurs et aux opportunistes, nous sommes dans la situation d’un Grégoire Samsa ( le héros de La Métamorphose de Franz Kafka). Transformés en cloportes renversés sur le dos et pourtant conscients d’être humains, nous nous débattons sans savoir comment retourner la situation !

Et pourtant, le désir d’en découdre reste intact. A preuve, la multiplication des actions revendicatives et des dates auxquelles elles se déroulent : 19 janvier, grève dans les vies scolaires, grève dans l’énergie , le 21 dans la santé et le médico-social , le 26 dans l’éducation nationale, liste non exhaustive … Sans compter les actions du samedi, qui, pour légitimes que soient leurs plate formes d’appel, n’entament en rien la détermination du pouvoir à contre réformer quoi qu’il en coûte, pour reprendre un mot célèbre en son temps, ni celle du patronat à nous imposer suppressions d’emploi, baisses de salaire et obligation de travailler le dimanche et tard en soirée.

Le SNFOLC35 soutient tous  les mouvements en cours dans l’Éducation nationale, il en est. Ses militants, pour autant, ne souffrent pas du syndrome de l’entre-soi que les autres organisations du secteur entretiennent chez nos collègues. Quand certains sortent des dates de journée d’action de leur chapeau sans autre motivation que de permettre la respiration sociale qui ne pompe pas l’oxygène du gouvernement, nous recherchons au contraire la jonction avec les salariés des autres secteurs, c’est la raison d’être d’un syndicalisme fédéré et confédéré comme le nôtre. Nous sommes souvent aux côtés de nos camarades de l’Action sociale sur des revendications communes, il nous faut désormais élargir le cercle des secteurs combatifs.

Il y a certes la date du 26 janvier, à laquelle nous appelons, non pour cultiver l’entre-soi, mais bien plutôt pour signifier au ministre Blanquer que sa gestion de la crise est délétère et que ses projets actuels le sont tout autant (avec une mention toute spéciale à ce que pourrait devenir le recrutement des futurs enseignants). Mais le temps de l’entre-soi doit laisser la place à celui de l’action interprofessionnelle, évidence que n’admettent pas facilement les autres organisations avec qui nous sommes amenés à œuvrer dans le cadre intersyndical.

Alors, tout en préparant la réussite du 26 janvier, en dépit de ce que recherchent ses instigateurs, mettons-nous dans les starting blocks pour que le jeudi 4 février soit le coup d’envoi d’une nécessaire riposte interprofessionnelle unitaire. Il incombe à chacun d’entre nous, quel que soit son degré de militantisme, de faire comprendre à tous les collègues que l’entre-soi ne permet de gagner sur rien, pas même les revendications catégorielles, et que seule l’union de tous les salariés sera payante. Formons le vœu que 2021 voie la réalisation de cette aspiration !

Résister, revendiquer, reconquérir !