La grande illusion?

La désignation d’Élisabeth Borne à Matignon ne fait que confirmer, s’il en était besoin, qu’il nous faut nous préparer à l’affrontement sur le terrain social.

Certains nous parlent de son attachement au dialogue mais façon Macron : Le gouvernement fixe le cap et les syndicats dociles négocient les virgules… Elle a, à son passif, une liste déjà longue de mauvais coups dont la funeste reforme du chômage qui a spolié plus d’un million de privés d’emploi. Nous n’oublions pas non plus dans notre département, qu’elle a autorisé en tant que ministre du travail, le licenciement scandaleux de notre camarade Luc Perrot de Pôle emploi.

Dans un contexte national et international particulièrement menaçant pour les travailleurs actifs, retraités ou privés d’emploi, nous avons un besoin vital d’une confédération claire, combative, indépendante.

VIVE LA VIE, VIVE LA SOCIALE ! VIVE LA CGT FORCE-OUVRIÈRE !

Rennes, le 23 mai 2022
Fabrice LERESTIF
Secrétaire Général

Déclaration de la FNEC FP FO 35 au CHSCT D du mardi 10 mai 2022

« Insultes et coups d’un élève envers une enseignante », « comportement violent élève », « violence », « élève en souffrance », « personnel d’accompagnement AESH », « crises et pleurs », « coups et insultes de la part d’un élève », « élève notification 24h sans AESH », « accusations répétées d’un parent d’élève »…

Ce sont les signalements que nous pouvons lire aujourd’hui en page 1 du registre SST. En page 2, il est question à plusieurs reprises de stress au travail, d’agressions physiques ou verbales, d’injonctions contradictoires…

En Ille-et-Vilaine, l’année 2021-2022 a vu le nombre de fiches SST croître de façon inquiétante, alors que cela avait déjà été le cas l’année précédente.

Les personnels sont malmenés, psychologiquement ou physiquement : souffrance, violence, menaces, stress… Charge est à l’employeur de les protéger et d’apporter des solutions à des situations complexes, parfois intenables. Or, sur les 350 fiches rédigées ces 4 derniers mois (premier degré, second degré, services administratifs confondus), seules 180 sont suivies, 65 demeurent à l’état de simple saisie. C’est consternant. Encore plus lorsque l’on sait que, bien souvent, les personnels confrontés à des événements difficiles ne remplissent pas de fiches SST, par méconnaissance de l’outil, par désillusion, ou par crainte de représailles, comme cela nous l’a été dit lors d’une réunion d’information syndicale dans un collège du département.

Le mal-être des personnels est palpable : burn out, arrêts de travail, demandes de rupture conventionnelle (pouvant être refusées), demandes de démission (refusées automatiquement pour certaines disciplines), demandes de PACD (refusées malgré des projets cohérents), demandes de congés formation (refusées même après 11 années consécutives de demande)… La perte de sens est là. Les personnels malmenés tentent de trouver des solutions à leurs difficultés professionnelles et sont encore une fois renvoyés dans les cordes. D’autres ont choisi une autre porte de sortie, par le biais de la mobilisation, à l’instar des personnels du collège de Cleunay. Après une année entière à dialoguer, échanger, signaler leur détresse, ils se sont saisis du dernier outil à leur disposition : la grève et le blocage de l’établissement. C’est seulement alors qu’ils ont obtenu gain de cause.

Les fiches SST du département nous indiquent que d’autres bras de fer de ce type sont engagés dans plusieurs établissements. Reste à savoir si ici aussi les collègues devront passer par la grève pour faire entendre la situation de maltraitance qu’ils endurent.

 

Il est temps que l’Education nationale, et notamment son Ministre, prenne en considération les personnels, et entende leurs revendications s’il ne veut pas continuer à voir la profession se désertifier, au point de devoir recourir à des expérimentations qui pourraient faire sourire, si ce n’était leur objectif à peine voilé de casser le statut pour contractualiser à tout va.

 

Ce que les personnels attendent du Ministre, c’est une obligation qu’il s’est employé à ne pas tenir : leur protection. Pour la FNEC FP-FO 35, le ministre doit entendre et répondre positivement aux revendications des personnels, en commençant par cesser toutes les fermetures de classe, créer des postes (enseignants, AESH, AED, PsyEN, assistants sociaux, CPE, personnels administratifs…), effectuer les recrutements nécessaires pour satisfaire à la fois à l’obligation de scolarisation de tous les élèves et à l’obligation de protection des personnels. Tout cela passera nécessairement par le réabondement du budget de l’Education nationale et le retour des plus de 500 millions d’euros que le Ministre a rendus à Bercy.

Cela permettrait, par exemple, dans un premier temps, de satisfaire toutes les demandes émanant de collèges, de lycées et d’écoles d’Ille-et-Vilaine, concernant le maintien et/ou ouverture de classes pour la rentrée prochaine.

 

En ce qui concerne l’Ille-et-Vilaine, nous souhaitons mettre en lumière plusieurs éléments problématiques.

Nous nous interrogeons sur l’interventionnisme de certains IEN dans des domaines qui dépassent le champ de leurs compétences, comme en témoignent certaines fiches SST qui seront abordées ultérieurement (mails nombreux envoyés le week-end, ordres contradictoires avec les consignes de l’ARS, intervention dans des prises de rendez-vous relevant de la sphère privée…) Un IEN a-t-il le droit d’appeler un service médical pour exiger de modifier la date d’un rendez-vous ? Nous dénonçons ces démarches répétées, qui constituent des pressions psychologiques sur les personnels, pressions d’autant plus inacceptables qu’elles sont en dehors du cadre réglementaire. C’est pourquoi, Monsieur le DASEN, nous vous demandons d’intervenir auprès de ces IEN pour leur rappeler le cadre légal.

A l’inverse, nous nous interrogeons sur la lenteur de l’avancement de certains dossiers. Plusieurs dossiers de reconnaissance de maladie sont bloqués depuis plus d’un an par un IEN malgré de nombreuses relances des personnels et de leurs représentants ; des demandes de ruptures conventionnelles attendent une évolution depuis leur premier entretien fin novembre dernier ; des demandes de démissions sont refusées… Cette inertie est génératrice de stress pour les personnels, qui ne voient aucune porte de sortie : une situation peu propice à générer le climat de travail serein prôné par la dite « école de la confiance ».

Nous nous étonnons également de l’incertitude des règles et surtout de leur application concernant les contractuels recrutés dans le premier degré. Dans certaines circonscriptions, les contractuels sont très suivis, encadrés et guidés par les personnels ressources, alors que d’autres personnels, ailleurs, ont été licenciés sans aucun accompagnement ni aucune visite durant la période d’essai. Cette situation n’est pas acceptable. Existe-t-il un protocole officiel qui encadre le suivi des contractuels ?

Concernant les AESH, une CCP était programmée hier, une CCP qui avait, encore une fois, pour objet de licencier : six personnels prévus pour licenciement le 9 mai, 3 licenciements lors la CCP du 3 mars 2022, 7 licenciements le 12 octobre, et 4 le 23 septembre 2021.

A quand des commissions consultatives paritaires pour étudier les demandes d’AESH qui souhaitent voir augmenter leur quotité horaire de travail ? Les revendications des AESH sont légitimes, qu’elles concernent leurs temps de travail, leur lieu de travail, leur statut, leurs salaires. En terme d’échange, de discussion et de dialogue social, il y aurait matière à faire lors de CCP qui pourraient être autres que disciplinaires.

 

L’amiante est à l’ordre du jour de ce CHSCT départemental. Nous nous en réjouissons car nous sommes inquiets sur la dégradation de plusieurs établissements du 35, dégradation liée au temps. Les personnels sont-ils informés des risques amiante ? Connaissent-ils l’existence des DTA ? Le renouvellement des DTA a-t-il avancé ? A titre d’exemple, au collège des Chalais (Rennes), huit collègues avaient exercé leur droit de retrait lundi 31 janvier et mardi 1er février. Suite à cette mobilisation, des travaux de recouvrement avaient été engagés dans un temps record, signe que l’exposition à l’amiante était bien réelle. A ce jour, les résultats d’empoussièrement avant et après travaux ont bien été transmis aux personnels. En revanche le DTA est toujours absent. La question de l’amiante n’est pas anodine : il s’agit de la santé des personnels, d’une mise en danger véritable. C’est pourquoi nous souhaitons une accélération importante dans la mise à jour des DTA et voir une politique préventive et informative plus soutenue se mettre en place dans le département.

Nous avons commencé notre déclaration en citant le registre SST. C’est donc par lui que nous finirons. Le dysfonctionnement qui a vu les personnels privés de l’accès au registre entre le mercredi 4 et le lundi 9 mai est inquiétant. C’est pourquoi il est essentiel que la version papier du registre dans les établissements scolaires demeure, et que l’information soit transmise aux personnels au moment où l’on constate le dysfonctionnement, si cela devait se reproduire. Concernant les AED, lors du CHSCT D de janvier 2022, la FNEC FP FO avait demandé à ce que ces personnels soient informés de l’existence du registre SST et de leur droit à l’utiliser. Cette information a-t-elle été faite ? Enfin, nous nous interrogeons sur la méconnaissance du pôle ASH de situations difficiles d’AESH, pourtant signalées dans le registre SST. Peut-être serait-il bon que les destinataires des fiches (IEN, CE) en informent le pôle ASH pour permettre d’aider au dénouement des problèmes soulevés.

Nous vous remercions de votre écoute.

Déclaration liminaire de la FNEC-FP-FO 35

CHSCT Départemental du mardi 10 mai 2022

Communiqué FO post second tour

NI TREVE SOCIALE, NI UNION NATIONALE, NI CO-LÉGISLATION !

 

Ensemble nous sommes plus forts.

Indépendants, nous sommes libres de nos actions.

Organisés nous pouvons gagner !

 

DÉFENSE INCONDITIONNELLE DES REVENDICATIONS

Après les résultats de l’élection présidentielle, pour le SNFOLC, les revendications des personnels demeurent. FO, qui n’a pas donné de consigne de vote et ne s’associera à aucune union nationale, continuera d’agir en défense des seuls intérêts matériels et moraux des salariés.

Ces principes garantissent l’indépendance et la liberté d’action du syndicat pour construire le rapport de force nécessaire à la satisfaction des revendications.

AUGMENTATION DU POINT D’INDICE

Le Président Macron confirme les déclarations de sa ministre Amélie de Montchalin qui annonçait une prétendue augmentation du point d’indice à condition que le « métier » l’emporte sur le statut.

Sur Franceinfo, le 15 avril, E. Macron a annoncé :

« A l’été », le futur gouvernement sera chargé de « faire une réforme complète des grilles et de l’organisation de la fonction publique. Et ensuite, il y aura une revalorisation du point de telle sorte qu’il permette d’accompagner les éléments de pouvoir d’achat ».

Tout est sous condition de destruction des garanties statutaires, par exemple pour l’Éducation nationale, le traitement des enseignants est sous la condition de « définir avec eux de nouvelles missions » (le président-candidat, 17 mars).

Pour FO, c’est sans conditions que le point d’indice doit être augmenté de 22,68% ; pour FO, les primes à la tête du client ne répondent en rien aux revendications des personnels.

RETRAITES

« Il faut avoir des concertations avec les organisations patronales et syndicales », « La réforme est nécessaire pour assurer la pérennité du système de retraite, elle est donc importante, il faudra mener cette réforme. » ( E. Borne RTL, 25 avril)

Avec quelles organisations syndicales ? L’UNSA et la CFDT ?

Pour sa part, le SNFOLC comme la confédération FO et sa fédération nationale la FNEC FP-FO, a toujours affirmé son rejet de la réforme, et se battra pour le retour aux 60 ans et aux 37,5 annuités ! Aucune « concertation » pour discuter de la longueur de la chaîne !

 

De son côté, B. Le Maire (France Info, 25 avril) ne « peut pas donner la garantie » qu’il n’y aura pas d’usage de l’article 49-3 pour passer en force… Même méthode qu’en février 2020 où sur cette réforme, le gouvernement avait engagé sa responsabilité avec le 49 ter.

FO est prête à engager toutes ses forces, comme lors de la grève initiée le 5 décembre 2019 : contre la réforme Macron des retraites, pour le maintien pour les fonctionnaires du Code des pensions et des régimes spéciaux.

 

 

L’ÉCOLE, « UNE NOUVELLE MÉTHODE » ? ON LA CONNAÎT, C’EST CELLE DE MARSEILLE

E. Macron veut ouvrir la voie au recrutement local en supprimant les concours, ce qui signifierait la fin du recrutement statutaire, la fin des statuts nationaux, la fin de l’École publique et laïque.

Au lendemain du 2ème tour, « On veut aller beaucoup plus loin, beaucoup plus fort. On veut inventer une méthode nouvelle pour associer plus largement les Français autour de grands chantiers; la santé, l’éducation, construire au plus près du terrain », avec une « méthode nouvelle » « Il n’y a de pause, on va continuer à agir » (G. Attal, BFMTV, le 25 avril).

C’est donc bien l’autonomie des écoles et des établissements, sa territorialisation qui est en marche.

Décliner le statut localement, avec des droits « locaux », des obligations de service « définies » au plus près, des disciplines dont la nature, les programmes seraient décidés en fonction des particularités locales

Cette école, la FNEC FP-FO l’a affirmé et réaffirmé à de nombreuses reprises, elle la rejette et la condamne : c’est la fin d’une même école pour tous avec un même statut pour les professeurs de la République.

 

Le manifeste des instituteurs syndicalistes de 1905 affirmait :

« Notre enseignement n’est pas un enseignement d’autorité. Ce n’est pas au nom du gouvernement, même républicain, ni même au nom du Peuple français que l’instituteur confère son enseignement : c’est au nom de la vérité. Les rapports mathématiques, les règles de grammaire, non plus que les faits d’ordre scientifique, historique, moral, qui le constituent, ne sauraient dès lors être soumis aux fluctuations d’une majorité ».

Ce texte est toujours d’actualité !

POSTES

Toujours moins et pourtant… Classes, heures et postes supprimés, effectifs pléthoriques, le second degré en a assez des milliers de suppressions de postes.

Le SNFOLC est avec les personnels qui se mobilisent et exigent la création de tous les postes nécessaires. Pour rendre « attractive » l’Éducation nationale, il faut d’abord supprimer la masterisation avec un recrutement par la voie des concours à partir de bac+3.

BACCALAURÉAT : LE SOCLE RÉPUBLICAIN À DÉFENDRE ET RECONQUÉRIR

Plus d’autonomie, c’est justement ce que le ministre Blanquer s’est employé à faire en cassant le bac national, en instaurant le contrôle continu, en mettant en place des épreuves de spécialité, en alourdissant les services des professeurs qui corrigent « en même temps » qu’ils préparent et font cours.

La remise en cause du baccalauréat comme diplôme national et 1er grade universitaire apparaît clairement comme un élément de ce dispositif de démolition du statut.

C’est pourquoi le SNFOLC, dans la continuité de la réunion nationale du 4 février « pour le rétablissement du baccalauréat national dès 2022 », décide de poursuivre la campagne nationale pour le retour à un baccalauréat national, s’engage et soutiendra toutes les initiatives pour construire le nécessaire rapport de force.

 

Le SNFOLC réaffirme :

« Il est urgent d’obtenir de ce gouvernement, ou du futur, le rétablissement du Baccalauréat national, comme diplôme national et premier grade universitaire » (déclaration de la conférence du 4 février).

A la veille des épreuves de spécialité du bac Blanquer, que le ministre a déjà été obligé de repousser suite à la grève du 13 janvier, au moment où les services des examens et concours sont en surchauffe et où le contrôle continu accentue la désorganisation des lycées, le SNFOLC informe qu’il dépose un préavis de grève pour couvrir les personnels et soutiendra toutes les initiatives.

Le SNFOLC exige l’abandon des réformes Blanquer du baccalauréat et du lycée, le retour aux épreuves nationales, ponctuelles et terminales du baccalauréat dès juin 2022, l’abrogation de Parcoursup.

ENSEMBLE NOUS SOMMES PLUS FORTS. INDÉPENDANTS, NOUS SOMMES LIBRES DE NOS ACTIONS. ORGANISÉS NOUS POUVONS GAGNER !

La cgt-FO a pris, le 25 avril, l’initiative de s’adresser à l’ensemble des organisations syndicales en application de la déclaration du CCN FO qui « réitère son opposition à toute réforme des retraites visant à supprimer tous les régimes existants, fondés sur la solidarité intergénérationnelle, et à reculer l’âge de départ (âge légal, âge pivot ou d’équilibre, durée de cotisation), comme elle rappelle notre condamnation de la réforme de l’assurance chômage », et de se rencontrer dans les meilleurs délais.

« Nous sommes au lendemain de l’élection présidentielle qui a vu l’élection d’Emmanuel Macron. Nous connaissons les axes principaux de sa politique économique et sociale. Il porte désormais clairement l’objectif du recul de l’âge légal de départ à la retraite, la remise en cause des régimes existants. Les dispositions relatives à la pénibilité et aux carrières longues ne seront pas épargnées par le recul de l’âge possible de départ à la retraite. » (communiqué de presse cgt-FO, 25 avril 2022).

C’est cette démarche que le SNFOLC entreprend sur la réforme du lycée et du Bac en s’adressant aux organisations syndicales du second degré. La FNEC FP-FO s’adresse elle aussi aux fédérations et syndicats de l’Éducation nationale.

 

Le SNFOLC appelle tous les personnels à se réunir sans délai pour lister les revendications urgentes et décider des initiatives à prendre dans la continuité des mobilisations, des grèves et de la grève majoritaire du 13 janvier.

Le budget des armées explose, les classes et les postes ferment, les salaires restent bloqués : inacceptable !

Lors de son allocution télévisée du 2 mars, le président Macron a annoncé que le budget des armées allait fortement augmenter. Rappelons que celui-ci a progressé de 1,7 milliard d’€ chaque année depuis 2017 et qu’à compter de 2023 cette augmentation devrait atteindre 3 milliards d’€ par an.

Et pendant ce temps, le président Macron a supprimé près de 18 000 lits d’hôpitaux depuis le début de son quinquennat.

Et pendant ce temps le ministre Blanquer a rendu 675 millions d’€ sur son budget ces deux dernières années ; pour la rentrée 2022, il supprime 410 équivalents temps plein d’enseignants dans le 2nd degré (alors que 1 883 postes ont déjà été supprimés en 2021) ainsi que 30 postes chez les personnels administratifs.

Au moment où les dépenses militaires explosent, ce sont des milliers de classes et de postes qui sont fermés dans les écoles, les établissements et les services suite aux comités techniques dans les départements et les académies.

Ces mesures provoquent d’ailleurs la résistance des personnels. Les rassemblements, les grèves se multiplient. La FNEC FP-FO les soutient. Que ce soit au nom de la pandémie ou au nom de la guerre, il ne saurait être question, pour la FNEC FP-FO, de suspendre les revendications.

Par ailleurs, les menaces de « guerre économique » affirmées par le gouvernement ne manqueront pas d’engendrer toujours plus d’austérité pour les salariés, comme en témoignent déjà les hausses alarmantes des prix, en particulier du carburant, alors que, durant ce quinquennat – et c’est une première – le point d’indice aura été complètement gelé, portant ainsi à 22 % la perte de pouvoir d’achat des fonctionnaires, et donc des personnels de l’Education nationale depuis 2000.

Dans cette situation, la FNEC FP-FO revendique plus que jamais :

– Le recrutement immédiat de personnels sous statut à hauteur des besoins !
Aucune fermeture de classes ou de postes à la rentrée ! Création de tous les postes nécessaires !
Augmentation de 22% de la valeur du point d’indice !
Augmentation immédiate indiciaire de 183€ net par mois pour les personnels de l’Education nationale, comme l’ont obtenu les hospitaliers !

 

La FNEC FP-FO réaffirme son soutien à la population ukrainienne, comme à toutes les populations victimes de la guerre, et en particulier à tous les travailleurs et à leurs syndicats. Elle salue les courageuses prises de position contre la guerre au sein du peuple russe. Elle appelle à l’arrêt immédiat des opérations militaires, d’où qu’elles viennent.

Résolution du SNFOLC 35 -assemblée générale du 15 novembre 2021

Face aux nombreuses attaques subies par les personnels de l’Education nationale ces derniers mois, les rodomontades du ministre Blanquer à l’Assemblée nationale en décembre 2020 doivent être particulièrement soulignées : « Personne n’a envie d’envoyer ses enfants dans un endroit où on essaye de les endoctriner » déclara-t-il en parlant de l’École. Si la croisade personnelle du ministre Blanquer contre le « séparatisme » tient davantage à la construction de sa propre image politique, elle se répercute auprès des personnels. Que ce soit dans l’Académie de Rennes ou ailleurs, une mise au pas avec des accents maccarthystes est bel et bien en marche.

Certes, ce discours n’est pas nouveau. Longtemps le pouvoir a exigé des fonctionnaires qu’ils se tiennent à carreau. Au XIXe siècle, on allait jusqu’à considérer que ceux « qui aliènent leur liberté pour un traitement ne devraient pas voter ». Cependant, il faut aussi garder à l’esprit que ce même pouvoir ménageait alors tout autant les enseignants, qui tempéraient, à ses yeux, les ardeurs du mouvement ouvrier. Ainsi, la profession n’a participé à son premier mouvement de grève qu’en 1936, sous le Front populaire.

Suite à la Libération, et à la conquête d’un statut organisant une Fonction Publique de carrière, les enseignants sont peu à peu devenus une profession plus syndiquée que la moyenne de la population active et plus encline à faire grève. On pourrait donc penser que cette combativité est visée par le ministre Blanquer. Pourtant, l’ensemble des personnels de l’Education nationale semble bien davantage gagné par une démobilisation causée par la dégradation des conditions de travail, les défaites à répétition et les pressions de la hiérarchie. La crise du recrutement le montre : la figure de l’enseignant ne suscite plus l’engouement.

Par conséquent, le SNFOLC 35 rappelle que les propos et les mesures défendues par le ministre Blanquer contre les personnels de l’Education nationale s’inscrivent bien davantage dans une idéologie : celle de la dérégulation du service public, qui, avant de s’attaquer à l’Education, a visé nos camarades de France Télécom, d’EDF ou de la SNCF.

L’idée de service public est décrétée obsolète et archaïque par ces gens-là. La posture critique et distanciée des fonctionnaires est traquée, tout comme la recherche d’indépendance et de liberté. Toute prise de distance est considérée comme un manque de loyauté. Un consentement sans faille est désormais requis, une adhésion non négociable.

Quant aux pratiques de solidarité et d’entre-aide, elles sont disqualifiées par notre employeur. S’y substituent l’individualisation et la mise en concurrence, la disponibilité et la mobilité, la remise en question permanente du professionnalisme, et l’obligation de faire sans cesse ses preuves. A l’aune de l’éthique managériale, le travailleur moderne doit savoir « se vendre », se démarquer des autres, se singulariser, et faire acte d’allégeance pour se faire apprécier. La modernisation de la Fonction Publique vendue par le charabia anglo-macronien dispose des apparences et de l’attractivité de la nouveauté, tout en se parant de colifichets tels que les concepts de « réseau », « projet », « inclusion » ou autre « auto-évaluation ».

Le SNFOLC 35 rappelle que, contrairement à une idée reçue, les personnels de l’Education nationale ne craignent pas le changement. Ce qu’ils dénoncent, c’est l’avènement d’un monde qui nie tout ce qui renvoie aux formes collectives du travail, aux cultures de métier, de solidarité. Un monde qui détruit toutes les formes protectrices et productrices de sens collectif, tout ce qui est de l’ordre de l’expérience collective, tout ce qui est capable de créer de la sédimentation et de l’épaisseur sociale.
Le SNFOLC 35 refuse ce monde de la mobilité systématique et de l’individualisation à tout crin, qui crée un sentiment insurmontable d’insécurité.

Le SNFOLC 35 rappelle que lorsque les fonctionnaires s’autorisent à mettre en avant leurs conditions de travail, ce n’est pas comme une question strictement corporatiste, mais comme un problème de société : les personnels de l’Education nationale, comme les cheminots ou le personnel hospitalier, par exemple, lient celles-ci à la qualité du service rendu, à la préservation de l’égalité et du bien commun. Les attaques contre les services publics viennent altérer l’alchimie fragile de l’ethos républicain.

Précariser les statuts des personnels de l’Education nationale pour enseigner à des populations précarisées. Et si c’était cela, leur « projet » ?

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU SNFOLC 35 réunie le 15 novembre 2021 réaffirme son attachement à la laïcité de la République telle qu’elle est fondée par la loi de 1905. ET EXIGE :

 

l’ABANDON des réformes du Baccalauréat (avec notamment les PLE), des lycées général et professionnel, de l’autoévaluation des établissements, de Parcoursup, de PPCR, des PIAL et de la logique comptable de l’ « inclusif illimité » ;

– le RETRAIT de la loi de Transformation de la Fonction Publique ;

– le RETRAIT total et définitif du projet du système dit « universel » de retraite par points ;

– le RETRAIT de toutes les remises en cause statutaires engagées par le ministre et notamment le développement de la RH de proximité visant à instaurer un management sur le modèle du privé au sein de l’Education Nationale.

– l’ABANDON de la réforme des concours et de la masterisation, le retour du recrutement des enseignants à partir de Bac+3.

ELLE REVENDIQUE :

 

– l’augmentation de 21 % de la valeur du point d’indice afin, simplement, de pallier la baisse constante de notre pouvoir d’achat depuis près de trois décennies, ainsi qu’une augmentation immédiate de 183€ nets mensuels sans contrepartie pour tous les personnels de l’Education Nationale, comme l’ont obtenu les hospitaliers ;

– le maintien et l’amélioration du code des pensions civiles et militaires, avec une retraite à taux plein à 60 ans après 37,5 annuités de cotisation ;

– le recrutement immédiat et massif d’enseignants fonctionnaires d’Etat par le recrutement de tous les candidats aux concours inscrits sur les listes complémentaires et le réabondement de celles-ci ! Le recrutement de tous les personnels non enseignants nécessaires, sous statut de fonctionnaires d’Etat, la titularisation des contractuels s’ils le souhaitent ;

– la suppression de la seconde HSA obligatoire, ainsi que le retrait des HSA pour les personnels en temps partiel ;

– le rétablissement des heures disciplinaires supprimées par les réformes successives;

– le maintien des programmes et des diplômes nationaux, du baccalauréat national – premier diplôme et premier grade universitaires, ainsi que le rétablissement de toutes les épreuves nationales, anonymes, terminales, ponctuelles et disciplinaires ;

– le retour du Bac Pro 4 ans (2 ans BEP ou CAP + 2 ans Bac Pro), recréation du diplôme national BEP, et des épreuves nationales et ponctuelles, l’abandon du contrôle en cours de formation, maintien de la formation initiale et la suppression des classes mixtes (élèves formation initiale et apprentis).

l’ouverture de places suffisantes dans l’enseignement supérieur pour accueillir tous les étudiants qui souhaitent s’inscrire dans la filière de leur choix ;

– le maintien des structures spécialisées pour les enfants en situation de handicap (IME, ITEP…) et l’ouverture immédiate dans le 35 de structures supplémentaires telles que ULIS, SEGPA (déjà surchargées)… ;

– l’ouverture immédiate de structures supplémentaires pour accueillir décemment les enfants nouvellement arrivés sur le territoire (UPE2A déjà complètes fin septembre dans la majorité des établissements) ; la suppression des menaces d’expulsion qui pèsent sur les familles des enfants scolarisés dans nos établissements comme le stipule la Convention internationale des droits de l’enfant : l’Ecole est un droit.

– pour les AED et les AESH : la revalorisation des salaires, une véritable formation qualifiante sur le temps de travail, le versement des indemnités REP-REP+ pour les personnels exerçant en éducation prioritaire, la création du nombre d’emplois nécessaires pour couvrir tous les besoins, la mise en place de contrats non précaires (24h considérées comme 100%), la création d’un véritable statut de la Fonction publique pour les AESH et l’accès à la Fonction Publique pour tous les AED qui le souhaitent ;

– le maintien des DRONISEP, des CIO, de leurs personnels, des PsyEN-EDO et des DCIO au sein de l’Éducation Nationale, le refus des suspensions des personnels pour défaut de vaccination contre la Covid-19 ;

– la mise en place d’une véritable politique de prévention et de santé au travail (recrutement de médecins du personnel en nombre suffisant, infirmiers et infirmières…) : la santé est un droit !

–  le retour au Décret du 25 mai 1950 déterminant les obligations réglementaires de service des personnels enseignants du second degré.

L’AG du SNFOLC 35 appelle tous les personnels de l’Education Nationale à construire la mobilisation à partir de ce point d’appui. AG, HIS ou simples discussions informelles, toutes les solutions doivent permettre de construire la grève interprofessionnelle, jusqu’au blocage du pays s’il le faut.

Bien évidemment, la syndicalisation est aussi un champ d’action important : développer le syndicat, c’est renforcer notre principal instrument de lutte en toute indépendance, lui donner du poids auprès du gouvernement mais aussi auprès des organisations syndicales, qui pourraient se montrer plus tièdes à mobiliser.