Nous, parents d’élèves du lycée Bréquigny, tenons à exprimer notre vive préoccupation face à la situation actuelle dans et aux abords de l’établissement, bloqué à nouveau depuis le lundi 2 novembre dans le cadre de la mobilisation lycéenne.
Nous affirmons notre soutien plein et entier aux élèves mobilisés pour leur avenir et pour de meilleures conditions d’apprentissage. N’ayant pas le droit de grève, le blocage est l’un des rares moyens d’action des lycéens pour alerter la direction, les médias et le grand public. Leurs revendications — abrogation de Parcoursup, plan d’urgence de 10 milliards d’euros, embauches de personnels et création de places dans le supérieur — sont totalement légitimes, et les maigres avancées obtenues depuis septembre – qui ne restent en l’état que des promesses creuses – prouvent l’utilité de cette lutte. Face à cela, la réponse du gouvernement, reste globalement celle d’une répression froide, aberrante et choquante.
Nous dénonçons fermement l’acharnement et les violences policières disproportionnées envers des enfants de 15 à 17 ans : gazage à outrance, matraquage, utilisation du canon à eau et interpellations de mineurs, notamment ce mardi 3 novembre dans un climat de violence extrême. Nous demandons l’abandon immédiat des charges à l’encontre de tous les lycéen·nes interpellé·es.
Nous demandons à la direction du lycée d’adopter enfin une attitude responsable et de protection envers tous nos enfants, quel que soit leur choix.
Mise en danger et refus d’envoi des élèves : Maintenir l’établissement « ouvert » contraint les élèves à se confronter à des CRS sur-armés et à la BAC qui chargent sans distinction. Nous refusons d’encourager nos enfants à chercher un accès hypothétique au lycée dans ces conditions. Nos enfants ne retourneront pas en cours tant que la situation ne sera pas apaisée.
Gestion irresponsable des absences : Marquer systématiquement en absence injustifiée les élèves absents ou engagés met les familles sous pression et oppose de manière irresponsable les élèves entre eux, ce qui ne peut que créer des troubles à l’entrée de l’établissement.
Refus du distanciel et de la surcharge : Nous refusons le passage aux cours en ligne ainsi que la surcharge de devoirs sur Pronote. L’expérience du COVID a amplement démontré la catastrophe pédagogique et les inégalités majeures que génère le distanciel.
Des solutions alternatives existent pourtant au sein de l’établissement : annuler les cours les jours de blocage, et mettre à disposition des locaux pour organiser de véritables espaces de dialogue afin de cesser de stigmatiser les lycéen·nes qui se mobilisent.
Nous avertissons l’établissement : En cas de maintien des absences injustifiées, nous saisirons la médiation du rectorat et n’hésiterons pas à aller au tribunal administratif s’il le faut. De même, nous nous mobiliserons si des poursuites disciplinaires étaient envisagées à l’encontre des élèves mobilisés.
Nous affirmons avec conviction que nous sommes de fervents défenseurs et promoteurs du service public de l’Éducation nationale, indéniable source de progrès et d’émancipation et que cette mobilisation massive et active en est l’illustration parfaite.
Nous invitons toutes celles et ceux qui le peuvent à prendre part aux mobilisations pour protéger les élèves contre la répression et à se joindre aux manifestations, notamment celle du jeudi 5 novembre. Nous invitons également toutes les personnes se sentant concernées à venir participer à l’assemblée générale du jeudi 5 novembre à 10h30 au Grand Huit, 20 rue Pierre Martin 35000 Rennes.
À Rennes, le mardi 3 novembre 2026.
