L’union fait la force a-t-on coutume de dire. L’histoire dira si cette la force de cette union aura permis de gagner la lutte, mais une chose est déjà sûre : l’union fait la joie !
Aujourd’hui, jeudi 21 mars 2024, au lycée Joliot-Curie, plus de 50 personnels ont décidé de débrayer sans préavis et à cette occasion, les visages se sont un peu détendus. Des sourires ont été vus, et même, des rires ont été entendus au milieu de cette riche journée. Plus si banal que cela, tant les personnels sont déjà crispés, 2 semaines à peine après la rentrée des vacances d’hiver. Il faut dire que les raisons de sourire ne sont pas nombreuses au lycée Joliot-Curie tant les problèmes s’accumulent au quotidien.
Car à défaut de choc des savoir, il faut savoir encaisser les chocs !
Un proviseur adjoint en burn-out en juin dernier, un gestionnaire en arrêt en automne, un 2ème proviseur adjoint obtenu après une pétition en ligne … lancée par le proviseur adjoint en poste !
Faute de postes suffisants d’ASEN, des élèves de moins en moins encadrés, qui pour certains commettent des actes violents, des conseils de disciplines qui s’accumulent et excluent des élèves, des élèves exclus qui font appel et reviennent au lycée par vice de forme ou de fond du conseil de discipline…
Des charges de travail hier dévolues à la direction transférées aux personnels qui voient leur charge exploser avec en même temps des conditions d’exercice toujours plus dégradées…
Des fondamentaux comme le bac blanc, attaqués, dont les modalités ont été modifiées pour limiter le nombre d’heures non-assurées pour les élèves avec comme conséquences immédiates l’implosion de l’organisation (plus de 120 messages sur le fil de discussion Pronote !), des collègues réquisitionnés gracieusement pour assurer la surveillance en dehors des heures de leur service, une collègue à mobilité réduite en charge de la surveillance d’une cinquantaine d’élèves ne pouvant circuler faute d’une largeur suffisante entre les tables des élèves, la direction annonçant à la fin de la partie qu’il n’y aurait pas de 2ème bac blanc au mépris de la décision collective du Conseil Pédagogique, pour finalement acter qu’il y en aurait bien un 2ème…
Ordres et contre-ordres sont les deux mamelles de la communication de la direction du lycée Joliot-Curie.
Alors ce jeudi matin 21 mars 2024, les personnels ont dit stop !

Plus d’une cinquantaine de professeurs, CPE, ASEN, professeurs documentalistes, ont décidé débrayer pour discuter et s’organiser pour lutter contre la casse systématique de l’éducation dans leur établissement.
Après l’annonce ces dernières semaines de la DGH en baisse et des propositions qui vont avec de suppression de dispositifs type dédoublements, groupes, projets, options, … de « mutualisation des moyens » pour « faire mieux avec moins », après la publication infamante des « indicateurs de positionnement social » ces jours derniers dans tous les journaux, où notre lycée apparait en queue de liste les lycées publics bretons, sur la base de critères totalement inadaptés, après le mépris d’une DSDEN ces derniers mois, où cherchant de l’appui pour régler les problèmes internes de communication au sein même de la direction de notre établissement, les représentants des personnels se sont entendus dire que tout allait bien et que ce cher Joliot-Curie auquel on tenait comme à la prunelle des yeux était suivi avec beaucoup de bienveillance, sans qu’ensuite aucun autre retour soit fait par les services du Rectorat,… après ce déluge, ce jeudi matin 21 mars 2024, les personnels ont dit stop !
Constatant que, de leur tour d’ivoire, les décisionnaires et détenteurs des bourses, ne prennent aucune décision favorable à notre établissement, c’est un quart du lycée Joliot-Curie qui s’est adressé directement depuis la rue à ces Messieurs-bien-dirigeants en leur demandant d’écouter leur supplique pour un métier : DES MOYENS !
Là encore reçu avec la déférence qui leur est due, nos 3 courageux représentants ont commencé par se faire admonester comme de petits enfants et se faire rappeler qu’il y a règles et protocoles à suivre pour pouvoir approcher et qu’une demande par écrit devrait être faite pour satisfaire à nos obligations de subordonnés. Avec ensuite toute la mansuétude dont savent faire preuve d’aimants parents, il a été donné satisfaction à notre demande d’entrevue pour peu qu’on accepte de l’appeler audience. Et que celle-ci servirait à préparer les modalités d’une éventuelle visite des rois dans notre étable sous peu !
Après cet échange ô combien chaleureux et surtout répondant exactement à nos petites préoccupations, nos représentants ont été priés de quitter le palais.
Y eut-il besoin d’un long temps de réflexion pour les collègues à nouveau réunis dans leur établissement pour refuser ce mépris, la réponse est évidemment non.
Le débrayage est maintenu sine die et notre refus collectif de retourner participer à une nouvelle mascarade à l’Inspection Académique s’est accompagné d’une nouvelle invitation écrite au DASEN pour venir échanger, réellement cette fois-ci, dans notre établissement, c’est-à-dire en prise directe avec notre réalité quotidienne.
