Inclusion scolaire : ce que cache le déploiement des P.A.S. en Ille-et-Vilaine

A la rentrée 2025, avec 145 000 agents contractuels, les AESH étaient le deuxième corps de l’Éducation nationale.

Le gouvernement continue de maintenir les AESH dans la précarité alors qu’ils et elles sont indispensables pour les élèves en situation de handicap.

Ils et elles effectuent des missions pérennes mais 83 % travaillent à temps partiel imposé et sont encore à cette heure :
• recrutés sous CDD avant un éventuel CDI (3 ans si l’employeur le permet).
• obligés pour beaucoup à cumuler plusieurs emplois précaires avec des salaires très faibles (850 € nets par mois en moyenne en raison notamment de temps incomplets imposés).

Les PIAL (Pôle Inclusif d’Accompagnement Localisé)

Mis en place en 2019 par le ministre Blanquer, ils ont permis de déplacer les AESH comme des pions au gré des « urgences » locales dans les écoles et les établissements du second degré de la zone définie par le dit PIAL.

Le 5 mai 2025 à l’Assemblée nationale, une proposition de loi a été adoptée. Elle comporte notamment la généralisation d’ici septembre 2027 à tous les départements des PAS (Pôles d’Appui à la Scolarité) expérimentés depuis la rentrée 2024 dans quelques départements.

En 2019, le département d’Ille-et-Vilaine comptait 47 PIAL. Depuis la rentrée 2025, il n’en compte plus que 19. Leur zone géographique a donc doublé. Les déplacements des AESH aussi !

LES PIAL EN 2020

LES PIAL/PAS DEPUIS 2025

 

Du PIAL au PAS

Comme le ministère n’arrive pas à recruter assez d’AESH, il fait le choix de contourner les notifications et donc les besoins des élèves.

En effet, selon le ministère lui-même :

• « le PIAL est un service de gestion quantitative des emplois du temps des AESH, tributaire de la ressource humaine disponible. »

• « le PAS permet à l’Éducation nationale de reprendre la main sur une partie des réponses à apporter pour les élèves à besoins particuliers avant sollicitation de la MDPH ».

Le PAS viserait donc à accompagner les élèves sans notification MDPH.
C’est donc plus d’élèves à prendre en charge mais sans recrutement supplémentaire.

L’accompagnement spécifique de ces élèves serait donc transféré/reporté sur l’enseignant, l’ATSEM en maternelle ou la vie scolaire pour les collèges et lycées.

 

La mise en place des PAS : le démantèlement de l’enseignement spécialisé

Le ministère indiquait lors d’un comité de suivi de l’école inclusive :

« Nous n’allons pas trouver de nouvelles « places » en ESMS pour accueillir les 24 000 élèves. Nous voulons une offre plus inclusive du médico-social, plus centrée sur l’étayage à destination de l’ensemble de l’Éducation nationale. Nous allons mettre toutes les compétences des personnels des ESMS au service des Pôles d’appui à la scolarité (PAS). »

Les PAS supposent donc de transférer les personnels des ESMS vers les établissements scolaires ou bien de recruter massivement des éducateurs spécialisés, des ergothérapeutes, des psychologues, etc. Or chacun sait que chaque collège ne dispose pas d’infirmière chaque jour de la semaine et qu’elles ne peuvent faire que du dépistage dans les écoles !

L’organisation des PAS prévoit :

1. qu’il y soit implanté deux postes référents : un enseignant spécialisé de l’Éducation nationale et un éducateur spécialisé. On l’a vu au moment de la carte scolaire.

Dans le premier degré en Ille-et-Vilaine, les 17 postes d’enseignants spécialisés du PAS ont été « créés » en fermant 17 postes d’enseignants devant la classe.

Le ministère met ainsi en péril l’enseignement spécialisé et les ESMS en les vidant de leurs éducateurs spécialisés. Leur mission sera de « coacher » les enseignants de milieu ordinaire confrontés à l’inclusion d’élèves qui relèvent de classes ou structures spécialisées ou adaptées (mais qui ne sont pas forcément notifiés MDPH), selon la méthode bien connue du « dites-moi de quoi vous avez besoin, je vous expliquerai comment vous en passer… »

2. Un co-pilotage entre un chef d’établissement et un IEN de circonscription : jusque-là, dans le PIAL, l’IEN était le pilote des AESH pour les écoles, le principal pour les AESH en collège.

La mise en place des PAS est donc aussi une occasion pour l’éducation nationale de redéfinir la zone d’affectation de l’ancien PIAL et de réduire le nombre de « pilotes » qui seraient alors amenés à gérer deux fois plus d’AESH. Comme le pilotage du PAS doit en partie être réalisé par l’IEN de circonscription, on constate un ajustement des périmètres du PAS sur celui des circonscriptions.

L’éducation nationale économise ainsi encore plus de postes et les zones d’affectation des AESH sont alors beaucoup plus étendues. Il est à craindre notamment que faute de trouver des psychologues pour les PAS, les Psy-EN en écoles (les Psy-EN EDA) soient mis à contribution.

 

Pour la rentrée de septembre 2026 : déploiement de 10 nouveaux PAS en Ille-et-Vilaine (objectif : 34 PAS au total à la rentrée 2027).

Quelles conséquences immédiates pour 2026 ?

• 17 postes d’enseignants référents spécialisés à implanter, ce qui se traduit par 17 classes supprimées dans les écoles du 35 à la rentrée prochaine.

• Une nouvelle répartition des missions avec la suppression des coordonnateurs PIAL : les missions des coordonnateurs (des fonctionnaires cadres A!) seront confiées à des AESH référents (des contractuels précaires) jusqu’alors cantonnés à des missions de conseil. Ceci est proprement scandaleux : remplacer un cadre A par un AESH payé sous le seuil de pauvreté est une nouvelle preuve que l’école inclusive est une politique fondée sur le coût que représente un élève porteur de handicap.

Les PAS : des zones d’exercice extra larges

La poursuite du déploiement de ces PAS a un effet direct sur la santé des personnels, qui voient leur zone d’exercice considérablement étendue. Exemple du PIAL de Redon : 70 km de large!

Force ouvrière dénonce cette méthode qui consiste à imposer un élargissement des zones d’intervention et donc un risque d’augmentation des distances à parcourir pour aller travailler. Au moment où le litre d’essence bat des records, les AESH ne vont même plus avoir les moyens d’aller travailler ! Ce n’est pas ainsi que le rectorat va pouvoir garder ses AESH…

 

Les PAS: accompagnement des élèves en élevage intensif

Avec les PAS, le nombre d’élèves accompagnés par chaque AESH est en forte augmentation.

Désormais il est fréquent que des AESH accompagnent plus de 4 élèves, parfois jusqu’à 11. Ce sont des conditions de travail inacceptables, tant pour les personnels, que pour les élèves.

 

Lors d’un stage FO, une AESH nous a raconté suivre un élève 1h par semaine, le vendredi de 16h à 17h. Quel sens donner à cet accompagnement ? Quel bénéfice pour l’élève ?

Les PAS rejetés par l’Assemblée nationale… encore une fois !

Le 5 mai dernier, l’Assemblée nationale a encore une fois rejeté l’existence des PAS : ce dispositif expérimenté depuis 2024 dans l’Éducation nationale avait déjà été rejeté en juillet 2025 en commission mixte paritaire. Si le reste de la proposition de loi sur l’école inclusive a été adopté, il n’en reste pas moins que les PAS sont contestés y compris dans les chambres parlementaires, notamment car un de leur objectif premier est de contourner les MDPH qui produisent les notifications handicap des élèves.

 

REVENDIQUER POUR RÉSISTER ET CONQUÉRIR DE NOUVEAUX DROITS !

Le SNUDI-FO 35 et le SNFOLC 35 revendiquent :

• L’abandon des PIAL et des PAS ;
• La création de postes d’AESH à hauteur des besoins, avec un statut de fonctionnaire et un temps plein pour 24h d’accompagnement ;
• La création des places nécessaires dans les établissements médico-sociaux ;
• Le respect des droits ouverts par la MDPH aux élèves en situation de handicap.

 

TU ADHÉRES A NOS REVENDICATIONS ?… SYNDIQUE-TOI !

Pour télécharger et diffuser ce communiqué : c’est ici.

Défense du registre Santé Sécurité Travail !

Le registre Santé Sécurité Travail (RSST) a été remis à neuf dans notre département pour la rentrée 2025. Remis à neuf numériquement, et accompagné de préconisations de l’administration, qui ont été transmises diligemment aux chefs d’établissement.

FO rejette ces préconisations, qui ont fait débat lors des dernières F3CST 35.

 

Selon les services administratifs, le RSST serait « mal employé » par les personnels : selon eux, il ne s’agirait plus d’y signaler des situations qui mettent en souffrance les personnels, ni d’y décrire l’impact sur la santé des personnels.

 

D’ores et déjà, nous voyons les premiers retours sur le terrain de ces nouvelles préconisations, les personnels d’encadrement mettant en garde des enseignants ou des AED sur leurs écrits.

Il est consternant de comprendre que cette révision du registre s’avère être l’unique solution trouvée par notre employeur pour diminuer le nombre de fiches SST, au lieu de se pencher plus concrètement sur les solutions à apporter aux personnels pour les aider à mieux vivre au travail.

Plus que jamais FO défend l’outil que constitue le registre SST, indicateur précieux des conditions de travail des personnels, conditions qui se dégradent toujours plus.

 

Les fiches complétées par les personnels doivent être entendues, et non pas contestées par les services, et examinées avec le plus grand soin pour obtenir des réponses pertinentes.

 

Autre constat inquiétant : en Ille-et-Vilaine, les missions de prévention ne sont pas confiées à des professionnels, qui seuls sont en capacité d’analyser les risques inhérents à un poste de travail. Ce sont des directeurs et directrices dans le premier degré, et des chefs d’établissement dans le second degré, à qui l’on confie ces missions, missions pour lesquelles ils ne sont pas formés.

La prévention contre le mal-être au travail doit être davantage développée, seul moyen efficace pour réduire le nombre de fiches SST. Cette prévention doit commencer, notamment, par le recrutement de professionnels de prévention.

 

Pour télécharger et diffuser ce communiqué : c’est ici.

PSC et l’arnaque qui se poursuit avec la prévoyance : contrat collectif et contrats individuels

L’arnaque de la PSC : FO non signataire

Le ministère et les syndicats signataires tentent d’imposer aux personnels une Protection Sociale Complémentaire (PSC) présentée comme un progrès. Pour FO, c’est un recul historique et une attaque frontale contre notre statut.

 

Il faut le rappeler : FO est la seule organisation représentative à ne pas avoir signé l’accord ministériel. Toutes les autres (FSU, UNSA, CFDT, CGT, Sud et SNALC) ont validé ce texte qui livre notre santé et notre prévoyance aux intérêts privés. Aujourd’hui, certains signataires « s’interrogent » sur des modalités qu’ils qualifient eux-mêmes de « délirantes ». Pour FO, il suffisait de ne pas signer pour éviter ces écueils ! En signant, ils ont accepté la fin du couplage santé/prévoyance et le basculement vers un système assurantiel.

Contrairement à la santé, la prévoyance est FACULTATIVE. L’offre retenue (MGEN) est un piège financier :
– Une participation employeur dérisoire : l’État ne verse que 7 € par mois.
– Un prélèvement sur tout votre salaire : la cotisation est calculée sur le traitement brut ET toutes vos primes (0,95% pour le socle, 1,58% pour la totale).

 

Exemple de reste à charge (après les 7 € de l’État) :
– Salaire 2000 € brut : 25 €/mois de votre poche.
– Salaire 3000 € brut : 40 €/mois de votre poche.

L’accord signé par les autres syndicats ne règle rien et institutionnalise les manques actuels :
– L’interdiction de couvrir le jour de carence : l’accord interdit formellement cette garantie !
– La non-compensation des 10 % de perte en CMO : en cas de maladie ordinaire, la baisse de salaire reste à votre charge.
– Le démantèlement des prestations : les garanties « Dépendance » et « Obsèques » sortent du contrat de base pour devenir des options payantes.

Le déploiement se fait « au pas de course » (mars/avril 2026) pour forcer votre adhésion :
– Démarchage agressif : des mails et une plateforme (09 72 72 16 17) vous poussent à signer un devis en 10 jours sans comparaison possible.
– Le chantage au questionnaire médical : la MGEN joue sur la peur d’un examen médical après le 31 octobre 2026 pour précipiter les signatures.
– Le cas des collègues en arrêt : La MGEN prétend qu’elle ne maintiendra pas les prestations pour ceux qui basculent vers le nouveau contrat.

 

LA PRÉVOYANCE N’EST PAS OBLIGATOIRE ! Rien ne vous oblige à choisir l’offre collective MGEN. Des alternatives existent. Elles offrent souvent une meilleure lisibilité, de meilleures garanties pour un coût moindre. Contactez-nous.

 

PSC Prévoyance : calendrier des opérations

 

Pour télécharger le document ci-dessus : c’est ici.

Détail des contrats : collectif et individuels

Pour télécharger le tableau ci-dessus : c’est ici.

Avec un tel système, Macron cherche à imposer un système assurantiel où l’accès aux prestations sera fonction des moyens financiers des personnels, contre les droits collectifs assurés par la sécurité sociale financée par les cotisations.

FO LE REFUSE ET REVENDIQUE :
– La dénonciation de l’accord du 8 avril 2024 : FO appelle les syndicats signataires à cesser leur double jeu et à dénoncer leur signature.
– L’augmentation immédiate du point d’indice : la seule réponse au pouvoir d’achat, pas des dispositifs de mutuelles privées !
– Le maintien de la Sécurité Sociale et du Statut : pour une prise en charge à 100% par la Sécu et l’État employeur.

 

 

 

Vous souhaitez des conseils ? Contactez-nous !

Le Temps Partiel Thérapeutique (TPT) gravement menacé !

Qu’est-ce que le TPT ?

C’est le dispositif vital qui permet à un agent malade de travailler à temps partiel pour préserver sa santé tout en percevant l’intégralité de son salaire.

Aujourd’hui, l’administration veut saccager ce droit protecteur !

✔ Faire « poireauter » les collègues malades : le projet instaurerait un délai d’attente de 30 jours avant même que votre demande ne soit traitée ! Un stress supplémentaire inacceptable.

✔ Faire passer le manque de personnel avant votre santé : l’administration voudrait désormais conditionner l’accord de ce temps partiel aux « nécessités de service » et à la « gestion des effectifs ». En clair : si votre établissement manque de remplaçants, on pourrait vous refuser cet aménagement médical et sacrifier votre santé pour boucher les trous !

❗ La maladie ne doit pas devenir une simple variable d’ajustement comptable. Face à ce mépris, FO a d’ores et déjà claqué la porte des réunions de négociation.