Tous en grève à partir du jeudi 19 janvier !

Se préparant à dégainer une énième fois l’arme du 49 ter, la Première ministre Borne a détaillé les modalités de sa contre-réforme des retraites qui va impacter tous les salariés, y compris, les personnels de l’éducation nationale.

 

Le gouvernement éloigne l’âge légal de départ d’un trimestre par an pour arriver à 64 ans en 2030.

Baisse des pensions programmée pour tous les personnels

Ainsi, un enseignant ayant 57 ans en 2023 pourrait, sans la réforme, partir en retraite à 62 ans, c’est à dire en 2028. La contre-réforme Borne-Macron le contraindrait à partir au moins en 2030, à l’âge de 64 ans.

En 2027, avec la réforme, pour toucher une retraite à taux plein, il faudrait 43 années de cotisation. Par exemple, un enseignant stagiaire en 2022-2023, qui a obtenu son baccalauréat à 18 ans, ne cotise, avec la contre-réforme de la masterisation, qu’à partir de 22 ans. Si la contre-réforme passe et seulement s’il a une carrière linéaire, ce stagiaire pourra légalement partir en retraite à 64 ans, mais subira nécessairement une décote d’un an. Il devra travailler au minimum jusqu’à 65 ans pour bénéficier d’une retraite à taux plein.

Or, de très nombreux enseignants, CPE, Psyen, AED, AESH, n’ont pas un parcours professionnel linéaire et ont commencé à travailler après l’âge de 22 ans.

 

Encore plus qu’aujourd’hui, l’immense majorité des personnels sera confrontée à ce dilemme : partir à l’âge légal avec une grosse décote (-1,25 % par trimestre manquant) ou devoir partir à 65, 66 ou 67 ans pour avoir une retraite à taux plein.

Concrètement, la contre-réforme Borne se traduira par une baisse drastique du montant des pensions.

 

Mais rassurons-nous, le gouvernement affirme qu’on ne travaillera pas au-delà de 70 ans.

Un minimum de pension de 1200 euros bruts par mois : inaccessible pour une majorité de personnels précaires dans l’Education nationale

Particulièrement précarisés par leurs conditions d’emploi, les AESH, les AED mais aussi, les enseignants et CPE contractuels, parce qu’ils sont soumis à des conditions d’emploi précaires, ne pourront même pas prétendre à ce minimum.

Parce qu’ils ne disposeront pas d’une carrière complète, leur pension sera inférieure à 1 200 euros bruts par mois.

Un départ maintenu avec 75% du salaire des 6 derniers mois pour les titulaires : pas si sûr !

Le gouvernement souffle le chaud et le froid. Le ministre Guerini de la Fonction publique indique que les « caractéristiques propres au régime de la fonction publique demeurent inchangées ». Mais la Première ministre Borne affirme de
son côté que sa réforme actera « l’extinction des principaux régimes spéciaux ».

Or, le régime des fonctionnaires (le Code des pensions civiles et militaires) figure parmi les 42 régimes spéciaux. Le gouvernement avance vers le rattachement de tous les fonctionnaires au régime général.

La grève à partir du 19 janvier pour bloquer le pays 

Aucun recul de l’âge légal ! Aucune augmentation de la durée de cotisation !

FO, CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, UNSA, FSU, Solidaires appellent à une première journée de grève jeudi 19 janvier, « départ d’une puissante mobilisation sur les retraites ».

 

FO organise des centaines d’heures d’information syndicale et des tournées dans les établissements.

La confédération FO prend ses responsabilités en mettant à disposition de ses adhérents une caisse de grève tout comme les syndicats départementaux et les UD.

En AG ensemble pour décider la grève à partir du 19 janvier !

– Faisons reculer Macron et son gouvernement !
– Retrait de la réforme des retraites !
– Augmentation des salaires pour tous sans contrepartie !
– Annulation des suppressions de postes

 

Pour télécharger et diffuser ce tract : c’est ici

Des fonctionnaires pour conduire des cars scolaires : on aura tout vu !

Pour arrondir leurs fins de mois, les fonctionnaires peuvent désormais conduire un car scolaire. Face au manque de chauffeurs, un décret est paru le 27 décembre 2022 pour permettre à tous les agents de la fonction publique de cumuler leur emploi avec quelques tournées de ramassage scolaire.

 

Effectivement : à la première lecture de cette annonce, on se demande si c’est une plaisanterie…

Pour lire le décret : c’est ici.

Le texte signé par la Première ministre Elisabeth Borne ainsi que par les ministres de la Fonction publique Stanislas Guerini, de l’Intérieur Gérald Darmanin, de la Transition écologique Christophe Béchu et de la Santé François Braun est un « dispositif expérimental pour une durée de trois ans ».

Les agents des trois versants de la fonction publique – Etat, collectivités et hôpitaux – pourront exercer comme chauffeurs de bus mais devront obtenir pour cela « une autorisation préalable et individuelle de l’employeur public » dont ils relèvent, détaille encore le décret.

 

La mesure a été prise pour pallier les « difficultés de recrutement de conducteurs » qui perturbent « le bon fonctionnement » des services de transport scolaire « ainsi que des transports à la demande organisés en faveur des élèves et étudiants handicapés », précise le décret.

Peut-être faudrait-il commencer par revaloriser les salaires des chauffeurs de car scolaire et revoir leurs conditions de travail, avant de se tourner vers les fonctionnaires ? Peut-être alors n’y aurait-il plus de pénurie dans ce secteur professionnel?  

 

Peut-être aussi faudrait-il revaloriser les fonctionnaires pour leurs missions actuelles (déjà très lourdes) avant de leur en proposer de nouvelles (qui n’ont pour la plupart des secteurs aucun lien avec leurs compétences) !