Bataille sur les postes : audience avec le Directeur de Cabinet du Préfet 

Jeudi 2 avril 2026, le SNFOLC 35, le SNUDI-FO 35 et SUD Éducation 35 ont appelé ensemble à un rassemblement devant la Préfecture à Rennes, au moment où se tenait le CDEN 35. 

Force ouvrière  et SUD Éducation ont boycotté ce CDEN, qui visait à entériner pour le premier degré les 74 fermetures de classe programmées par les services de la DSDEN pour notre département.

 

Nos organisations syndicales boycotteront également le CSA 2nd degré de repli, qui entérinera de son côté les 56 suppressions de postes dans les collèges et 14 dans les lycées.

 

Lors du rassemblement devant le CDEN, le Directeur de Cabinet du Préfet a invité nos organisations syndicales à le rencontrer, afin, selon ses propres termes, de « faire la retranscription de nos revendications de vive voix au Ministre de l’Éducation Nationale dès le lendemain », lors de sa venue dans le département.

Nous avons eu alors l’occasion de présenter de manière précise les réalités du terrain dans notre département, et de porter les revendications.

 

Ci-dessous le communiqué intersyndical SNFOLC 35 / SNUDI FO 35 / SUD Éducation 35 :

Pour télécharger et diffuser le communiqué, c’est ici.

Retrait de la proposition de loi sur l’enseignement à la défense !

Jeudi 26 mars, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture une proposition de loi visant à renforcer l’enseignement à la défense dans les collèges et les lycées.

Cette proposition de loi entend instaurer un référentiel de compétences à acquérir par les élèves, pour garantir que « l’enseignement à la défense et à la sécurité globale » soit effectivement dispensé.

 

Des intervenants issus des réserves opérationnelles ou citoyennes pourront être associés à ces enseignements, c’est-à-dire des personnes non qualifiées ou des bénévoles dont la mission principale est de promouvoir le rôle des armées auprès de la population, et pas de délivrer un enseignement critique.

Il est inacceptable que partout des postes d’enseignants soient supprimés, des heures d’enseignements réduites et qu’il soit rajouté cet enseignement qui relève en fait de la propagande gouvernementale, complexifiant encore et toujours plus le travail des personnels. Cette proposition, si elle venait à être appliquée, se ferait au détriment d’autres enseignements disciplinaires.

Il est inacceptable de transformer l’école en un lieu de propagande. Il est tellement facile de modeler les jeunes esprits. N’oublions pas les précédents historiques avec les embrigadements de la jeunesse les conduisant à des sacrifices inutiles.

Cette proposition de loi s’inscrit dans un contexte de marche à la guerre, de militarisation croissante de nos écoles et du réarmement engagé par le président Macron, justification toute trouvée à la guerre sociale qu’il mène en France : le budget de guerre fait exploser les dépenses militaires tandis que des milliards sont retirés des services publics.

Le rapporteur assume d’ailleurs cette filiation : « L’enseignement à la défense n’est rien d’autre que le pendant humain et moral des investissements budgétaires consentis en faveur des armées. »

Il existe des établissements où « l’esprit de défense » est appliqué au quotidien, ce sont les lycées militaires. Les enseignants sont civils et l’encadrement militaire. Voulons-nous cela pour toutes nos écoles ? Rappelons haut et fort que l’Ecole est un lieu neutre, d’émancipation, de réflexion et de liberté. La propagande militaire n’y a pas sa place.

 

La FNEC FP-FO est signataire, avec la FSU, la CGT Educ’action et Sud Education d’un courrier au ministre lui demandant de retirer le guide « Acculturer les jeunes à la défense », et de mettre fin aux dispositifs comme les « classes défense », les rallyes citoyens, et tout projet reposant sur un partenariat entre École et Armée. Elle portera ces revendications en audience au ministère le 2 avril.

La FNEC FP-FO soutiendra toutes les initiatives prises par les personnels et leurs syndicats, les parents, les jeunes, pour empêcher l’embrigadement de nos élèves, pour refuser l’intrusion des militaires dans les établissements scolaires et à l’Université, pour l’abandon des classes défense et du nouveau service militaire.

ALERTE INFOX DU 1er AVRIL 2026 : lorsque le ministre entendra la rue…

Au lendemain de la mobilisation massive des personnels de l’Éducation nationale ce mardi 31 mars, le Gouvernement annonce déposer un projet de loi rectificatif du budget visant à annuler les 3 258 suppressions de postes prévues à la rentrée prochaine.

 

Ainsi, mercredi 1er avril, Édouard Geffray a déclaré en conférence de presse :

« Les personnels ont crié hier dans toutes les rues de France qu’ils et elles « voulaient du fric pour l’école publique ». Je voudrais leur dire qu’ils ne clament pas dans le désert et que nous allons répondre à leur appel. »

Le ministre de l’Éducation nationale, visiblement très inspiré, a ajouté :

« Vous vous souvenez de la phrase de Victor Hugo qui dit que lorsqu’on ferme une école, on ouvre une prison ? Avec le président de la République, le ministre de l’intérieur et le ministre de l’économie, nous voulons faire les deux, en même temps ! »

A la question concernant le financement de ces économies actées dans le budget 2026 et donc non réalisées, il a répondu sèchement :

« Vous plaisantez ! Total-énergie vient de réaliser un milliard d’euros de profit en un mois, en spéculant sur la hausse des prix du baril de brut. Or, 4000 postes de « sentinelles de la raison » ne coûtent que 300 millions à l’État. Nous allons donc créer une taxe spéciale sur ce super-profit, car il ne serait pas moral qu’une entreprise française profite de la guerre, alors que toute la nation souffre de l’inflation. Si le baril flambe, faisons au moins reculer les ténèbres ! »