L’EPS sacrifié

Le jeudi 14 Janvier, en décrétant la fermeture des installations sportives intérieures, le gouvernement a mis un coup d’arrêt à la pratique de l’éducation physique et sportive, de ses objectifs à court et moyen terme, pour les élèves. Depuis la rentrée de septembre les professeurs d’EPS ont du renoncer, s’adapter pour fonctionner au mieux avec les contraintes sanitaires actuelles (distanciation, utilisation de gel, port du masque lors des regroupements, aération des lieux de pratiques…).
 
  • Cette décision est un mépris profond de l’action des professeurs d’EPS auprès des élèves. 
  • Cette décision est la négation du travail quotidien et sur l’année (préparation des cours, organisations des cycles, de la programmation des A.P.S., de l’organisation logistique des installations sportives, des évaluations, des examens…).
  • Cette décision va à l’encontre des libertés d’action, de bouger, d’apprendre en s’exerçant en éprouvant des sensations physiques en se confrontant à l’autre, sources de construction de l’individu chez nos adolescents.
  • Qu’en sera-t-il de l’apprentissage fondamental qu’est celui de la natation, par exemple, pour les élèves de sixième ?
  • Qu’en sera-t-il de leur culture sportive, source de connaissances, de compréhension et d’appréciation des prestations des sportifs de tout niveau?
  • Comment et où vont-ils apprendre à travailler en groupe en se confrontant, en échangeant pour réaliser un objectif à une échéance donnée, en sports collectifs, danse, badminton, gymnastique acrobatique, par exemple?
  • Comment vont ils exercer leur créativité corporelle ?
  • Qu’en sera-t-il des évaluations, comment allons-nous pouvoir noter les élèves dans les classes à examens sauf a dévaloriser le niveau de l’examen?
  • Comment donner confiance aux élèves en leurs capacités d’action, d’initiative, de décision sans les faire se confronter à la discipline?
C’est un assèchement, un tarissement de cette source importante dans la formation des adolescents, des sensations vécues au cours d’une pratique physique régulière qu’est l’EPS. Les professeurs d’EPS avec le SNFOLC 35 demande la poursuite des activités en salle.

Colère des profs d’EPS face aux décisions de Blanquer au nom du COVID

Jeudi 14 janvier, le gouvernement annonçait de nouvelles mesures de ce qu’il appelle un protocole sanitaire renforcé qui consiste principalement à interdire les pratiques sportives scolaires en intérieur.

Ou traduisons clairement, comment faire porter sur l’EPS la responsabilité de la transmission du virus alors qu’aucune mesure de recrutement n’a été prise pour lutter contre les sureffectifs en classe! Ou comment prendre une mesure isolée et incompréhensible sans répondre aux revendications des personnels.

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L’EPS dans le collimateur du ministre

Dispositif 2S2C

Profitant de la place particulière de l’EPS, laboratoire d’expérimentations depuis les années 80, le ministre Blanquer tente avec les 2S2C et les protocoles « sanitaires » de parachever la destruction de cette discipline. Le protocole « sport, santé, culture et civisme » (2S2C) a été mis en place en sous prétexte de confinement pour « assurer localement l’accueil des élèves sur le temps scolaire par d’autres intervenants que leurs professeurs en proposant d’encadrer une activité physique et sportive ». Un rapport parlementaire conclut que l’expérience du printemps a tourné au fiasco : « seuls 7 685 élèves du second degré ont été concernés, beaucoup d’activités proposées étaient inadaptées aux publics, et les inégalités territoriales sont apparues au grand jour » (Assemblée nationale, mission « flash » sur la mise en place du dispositif « 2S2C » à l’école, 15 juillet 2020). Les rares expériences mises en place ont montré leur dérive. A Issy-les-Moulineaux dans les Hauts-de-Seine par exemple, les enseignants d’EPS n’ont pas eu accès aux infrastructures de la ville en juin car elles étaient monopolisées par le dispositif 2S2C mis en place par la mairie. Pour désengager l’Etat de ses responsabilités, le ministre Blanquer aimerait que le protocole 2S2C, rebaptisé « dispositif éducatif et ludique », soit l’avenir de l’école tel qu’annoncé au Sénat, le 19 mai 2020. Le SNFOLC 35 en demande sa suppression.
 

Des protocoles locaux

Le protocole sanitaire du ministre pour l’EPS, « repères pour la reprise de l’éducation physique et sportive en contexte COVID » laisse toutes les décisions au plan local. Tout ce qui pourrait ressembler à une préconisation est suivi par une phrase contradictoire. « Les textes réglementaires en vigueur, éclairés par les avis du haut conseil de la santé publique, prévoient une distanciation d’au moins deux mètres en cas d’activités sportives, sauf lorsque la nature de la pratique ne le permet pas » . Ce protocole laisse reposer la responsabilité des adaptations sur les équipes d’EPS laissées seules. Chaque mairie interprète également le protocole à sa manière.

L’EPS devient plus que jamais subordonnée aux décisions des collectivités locales
. Ainsi, à Amboise, en Indre-et-Loire, en raison du protocole sanitaire de la mairie concernant les installations sportives, les cours d’EPS auront lieu en demi-classe par alternance une semaine sur deux. L’horaire disciplinaire disparaît.
 

L’EPS n’est pas une « garderie sportive »

C’est une discipline à part entière. Le ministre voudrait s’en débarrasser, tout comme les arts plastiques, l’éducation musicale et, par extension, toutes les disciplines enseignées dans l’Education Nationale, garantes de l’Ecole républicaine. Le SNFOLC 35 invite les personnels à se réunir en assemblées générales, HIS et à prendre position ensemble pour exiger :
 
  • L’abrogation des 2S2C ;

  • Le maintien de l’EPS comme discipline avec ses programmes nationaux, enseignée par des fonctionnaires d’Etat formés et qualifiés ;

  • La création des postes nécessaires suite aux 500 suppressions de ces dernières années malgré les élèves en plus.

2S2C : une véritable machine de guerre contre les disciplines

Profitant de l’état d’urgence sanitaire, le ministre Blanquer a mis en place les 2S2C (Sport-Santé-Culture-Civisme) à partir de mai. il a ensuite mis en place le dispositif « vacances apprenantes ». Ce sont des concentrés de mauvais coups rejetés par les personnels depuis des années. Pour les 2S2C, les enseignants les organisent avec les collectivités. Dans le prolongement des rythmes scolaires, ils instituent la confusion entre scolaire et périscolaire. Le ministère indique que : « Ces activités peuvent être assurées en priorité par des professeurs, en complément de service, avec des échanges de service ou en inter-degrés A (école /collège), et en heures supplémentaires. »
 
C’est donc le retour des Établissements Publics Locaux d’Enseignement des Savoirs Fondamentaux, du conseil école-collège et de la tentative de fusion des corps des professeurs des premier et second degrés. Tout cela avait été balayé par les manifestations massives des personnels au printemps 2019. Pour les mettre en place, les collègues découvrent à cette rentrée que les emplois du temps prévoient des cours le matin pour les disciplines principales et sports, arts et musique l’après-midi, pour les disciplines qui ne sont dès lors pas jugées principales. Quel avenir pour les enseignements optionnels pour lesquels les élèves proviennent de différentes classes ?
 
Lors des « vacances apprenantes », on a pu constater que les activités pédagogiques n’étaient pas toutes assurées par des professeurs mais par des animateurs pédagogiques. Ces activités avaient lieu le matin, et les après-midi étaient réservées aux activités sportives et culturelles. Cela ressemble beaucoup au dispositif 2S2C. Les 2S2C et les « vacances apprenantes » dissolvent l’enseignement et les connaissances dans des activités, à l’initiative des élus locaux en fonction des moyens.
 
C’est la remise en cause des missions des enseignants et de la transmission des savoirs disciplinaires. Cela permet aux associations et aux collectivités territoriales de remplacer progressivement les enseignants, fonctionnaires d’Etat qualifiés. C’est une attaque contre les disciplines et les statuts qui place l’école sous la coupe des collectivités territoriales et désengage l’État dans ses missions.
 
Le SNFOLC 35 exige pour la rentrée :
 
  • Le retrait du protocole 2S2C ;
  • Le respect des statuts et de la discipline de recrutement ;
  • Le maintien du forfait UNSS de 3h intégré au service des professeurs d’EPS, des moyens suffisants pour les installations sportives et les moyens matériels pour les professeurs d’EPS ;
  • Le maintien de toutes les heures d’enseignement en arts plastiques et éducation musicale.

Accès au corps des agrégés par liste d’aptitude, campagne 2020

La note de service n° 2019-188 du 30 décembre 2019 précisant le cadre de la campagne 2020 d’accès au corps des agrégés par liste d’aptitude a été publiée au BO du 2 janvier 2020. Elle comporte peu de modification par rapport à 2019.

Vous pouvez consulter, ci-dessous, notre publication à ce sujet et nous contacter au besoin. Vous trouverez aussi en bas de page la fiche à compéter et à nous retourner si vous êtes susceptible de participer à cette campagne.