Une prime individualisée, comme dans les entreprises privées !

E. Macron et P. Ndiaye étaient à Aix-en-Provence, lundi 5 décembre, pour vanter les mérites du Conseil National de la Refondation, notamment de son volet éducation. Le même jour, le ministère envoyait un projet de décret «instituant une indemnité pour mission d’innovation pédagogique allouée aux personnels intervenant dans un projet relevant du « fonds d’innovation pédagogique ».

Mais, à la demande de l’ensemble des syndicats (FNEC FP-FO, FSU, Unsa, CGT, CFDT, Snalc), le ministère a dû retirer le texte de l’ordre du jour du Comité Technique ministériel du 13 décembre.

Il y est précisé que « le recteur d’académie détermine les décisions individuelles d’attribution de cette indemnité, en fonction de l’importance effective et des conditions d’exercice de la mission concernée, pour des montants annuels de 250 €, 500 €, 750 €, 1 000 €, 1 250 €, 1 500 €. »

 

La carotte du Fonds d’Innovation Pédagogique n’était visiblement pas assez grosse pour que les personnels s’engagent dans les « projets innovants » du ministre Ndiaye.

 

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Indemnités modulables en REP+ : des critères édifiants !

La circulaire concernant la part modulable de l’indemnité REP + est parue (600 à 1000 euros annuels net de plus avec la même part modulable pour tous les personnels d’une même école ou d’un même établissement). La hiérarchie aura donc à « évaluer » chaque année les écoles et les établissements en REP+.

Que sera-t-il évalué ? La capacité des personnels à transmettre les savoirs et les connaissances ? L’instruction et les apprentissages n’apparaissent à aucun moment dans la grille d’évaluation. Mais est-ce que le ministre s’en soucie ?

 

Les critères d’évaluation sont édifiants :

 

Cette mesure s’inscrit pleinement dans le « Grenelle » de Blanquer : pilotage par l’évaluation, « management de proximité » avec ses nouvelles fonctions (directeur supérieur hiérarchique, enseignants-inspecteurs en service partagé, RH de proximité…), le renforcement de « l’accompagnement PPCR » qui pourrait notamment concerner les moins bien évalués en REP+ …

La FNEC FP-FO s’oppose au principe des parts variables, processus d’individualisation des carrières contre les garanties collectives, et demande l’augmentation de l’indemnité à part égale, en commençant par pallier les injustices actuelles concernant les personnels exclus (AESH, AED, assistants sociaux, CPC…).

Elle appelle les personnels à se réunir dès la rentrée pour faire obstacle aux attaques statutaires du « Grenelle » et pour la satisfaction de toutes nos revendications.

EPS : accès immédiat aux gymnases !

La situation générale dans laquelle les professeurs d’EPS se débattent depuis septembre est inacceptable.

A la rentrée, il fallait désinfecter le matériel, les surfaces ou même les vestiaires pour commencer les cours d’EPS. En novembre, il fallait avoir la chance de tomber sur la bonne mairie pour continuer à accéder aux installations sportives : l’une ouvrait la piscine quand l’autre, pourtant limitrophe, refusait l’accès à la sienne.

L’annonce incompréhensible du 1er Ministre le 18 janvier (en vertu du décret du 16 janvier), dans le mépris le plus total des professeurs d’EPS et de la discipline, les a gentiment sommés d’aller faire l’intégralité de leurs cours à l’extérieur. Ineptie d’individus qui ne connaissent surtout pas le métier car la pratique de sports comme le tennis de table, le badminton ou bien d’autres activités qui peuvent se pratiquer à distance et avec le port du masque dans un gymnase de 900 m2 est moins contagieuse qu’une course autour d’un stade avec trois classes qui se partagent la piste et des élèves épuisés en grappe, qui retirent leur masque pour respirer après un effort prolongé… 

Peu importe, tout le monde dehors ! 

Lire la suite ci-dessous.

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Perte de pouvoir d’achat : la réalité des chiffres

Sur les 20 dernières années, l’inflation en France est de 33,3 %. Aujourd’hui, pour retrouver la valeur réelle du point d’indice de janvier 2000 (en euros constants), il faudrait augmenter la valeur du point à hauteur de 20,79 %. Compte tenu du gel du point d’indice, pour un certifié ou un CPE à l’échelon 11, la perte est de 655 euros par mois, soient 7.860 euros par an depuis janvier 2000.
 
Ajoutons à cela l’augmentation de la retenue pour pension civile passée de 7,85 % à 11,10 % entre 2011 et 2020, soit une augmentation totale de + 30 % en 9 ans, ce qui diminue d’autant le traitement brut des fonctionnaires. Et dans le même temps, l’INSEE le dit : les prix du logement ont augmenté de 1,9 % par an de 1988 à 2018, soit + 45 % en 20 ans. De 2000 à 2020, le prix des produits alimentaires a bondi de + 30 %, celui de l’énergie de + 52 %, celui des services de + 31 % …

 
A quelques jours de la publication des conclusions définitives du Grenelle par le ministre, les personnels peuvent faire leurs comptes. Les enseignants en tout début de carrière se verraient attribuer une « prime d’attractivité » de 100 euros (dégressive ensuite jusqu’à 35 euros pendant 15 ans) par mois, une goutte d’eau au regard de l’économie budgétaire réalisée par l’exercice à temps plein dès la rentrée 2022-2023 pour l’ensemble des stagiaires, après 5 ans d’études. La « prime d’équipement informatique » (qui n’a toujours pas été versée contrairement à l’engagement ministériel) de 150 euros par an (seulement 12,50 euros par mois et pas pour les CPE, professeurs documentalistes, AESH, AED) est dérisoire comparativement aux frais qu’impose le télétravail rendu de fait obligatoire, COVID ou non : le 9 février, c’est sous couvert d’un épisode neigeux que le préfet des Yvelines a twitté que les cours seront assurés à distance dans tout le département…
 
Pour les CPE, l’indemnité forfaitaire passe de 1.199 à 1.450 euros par an, soit 10 euros par mois si on retranche l’équivalent de la prime informatique. Même chose pour les professeurs documentalistes qui verraient leur indemnité de sujétion spéciale (ISP) passer de 767 à 1.000 euros bruts annuels, loin des 1 213 euros annuels de l’ISOE qu’ils devraient percevoir comme tous les certifiés. Ces augmentations ne peuvent constituer un solde de tout compte pour les personnels qui revendiquent 20 % d’augmentation indiciaire et 183 € nets mensuel pour tous sans contrepartie et tout de suite !
 
Personne n’est dupe des intentions du ministre avec son Grenelle puisqu’il s’agit, dans le cadre d’un point d’indice gelé dans toute la fonction publique, d’augmenter considérablement la charge de travail en échange de maigres primes ou indemnités qui ne participent d’ailleurs pas au calcul de la retraite. Les quelques millions accordés ne sont rien vis-à-vis de l’économie budgétaire permise par la suppression de 1.800 postes dans les collèges et les lycées à la rentrée prochaine et surtout des 600 milliards d’euros donnés aux entreprises et des licenciements au motif du plan d’urgence sanitaire.
 
Qui peut comprendre que le ministre Blanquer n’ait pas voulu dépenser en 2020, 212 millions d’euros alors qu’ils auraient pu permettre la création de postes, de classes pour alléger les effectifs, mettre en place les remplacements. Statut, postes, salaires, conditions de travail : tout est lié. Suite aux grèves du 26 janvier et du 4 février, aux nombreux rassemblements devant les rectorats, les IA, le SNFOLC 35 appelle les personnels à poursuivre les assemblées générales, les HIS. Il soutient toutes les actions en cours. FO s’est adressée à la FSU, CGT Educ’action, Sud Education, SNALC, SNCL-FAEN afin de discuter des suites de la mobilisation.

L’EPS sacrifié

Le jeudi 14 Janvier, en décrétant la fermeture des installations sportives intérieures, le gouvernement a mis un coup d’arrêt à la pratique de l’éducation physique et sportive, de ses objectifs à court et moyen terme, pour les élèves. Depuis la rentrée de septembre les professeurs d’EPS ont du renoncer, s’adapter pour fonctionner au mieux avec les contraintes sanitaires actuelles (distanciation, utilisation de gel, port du masque lors des regroupements, aération des lieux de pratiques…).
 
  • Cette décision est un mépris profond de l’action des professeurs d’EPS auprès des élèves. 
  • Cette décision est la négation du travail quotidien et sur l’année (préparation des cours, organisations des cycles, de la programmation des A.P.S., de l’organisation logistique des installations sportives, des évaluations, des examens…).
  • Cette décision va à l’encontre des libertés d’action, de bouger, d’apprendre en s’exerçant en éprouvant des sensations physiques en se confrontant à l’autre, sources de construction de l’individu chez nos adolescents.
  • Qu’en sera-t-il de l’apprentissage fondamental qu’est celui de la natation, par exemple, pour les élèves de sixième ?
  • Qu’en sera-t-il de leur culture sportive, source de connaissances, de compréhension et d’appréciation des prestations des sportifs de tout niveau?
  • Comment et où vont-ils apprendre à travailler en groupe en se confrontant, en échangeant pour réaliser un objectif à une échéance donnée, en sports collectifs, danse, badminton, gymnastique acrobatique, par exemple?
  • Comment vont ils exercer leur créativité corporelle ?
  • Qu’en sera-t-il des évaluations, comment allons-nous pouvoir noter les élèves dans les classes à examens sauf a dévaloriser le niveau de l’examen?
  • Comment donner confiance aux élèves en leurs capacités d’action, d’initiative, de décision sans les faire se confronter à la discipline?
C’est un assèchement, un tarissement de cette source importante dans la formation des adolescents, des sensations vécues au cours d’une pratique physique régulière qu’est l’EPS. Les professeurs d’EPS avec le SNFOLC 35 demande la poursuite des activités en salle.