AED : la question de la préprofessionnalisation

Une conséquence de la loi Blanquer

L’article 14 de la loi Blanquer « pour une école de la confiance » prévoit un dispositif de préprofessionnalisation des AED. Depuis la rentrée 2019, des étudiants souhaitant devenir professeur d’anglais, lettres modernes et mathématiques ont pu être recrutés sous ce type de contrat.

Leur temps de travail dans l’établissement est limité à 8 heures par semaine, sur 3 semaines. Leur rémunération (cumulable avec la bourse d’enseignement supérieur) est de 693 euros net mensuel en L2; 963 euros net mensuel en L3; 980 euros net mensuel en M1 MEEF. Les AED suivent la totalité de leur formation à l’université avec une stricte obligation de présence à l’ensemble des enseignements de cours magistraux, travaux dirigés et travaux pratiques.

Une formation par alternance, cheval de Troie contre la formation sous statut

Recrutés par contrat dès la 2ème année de licence, ces AED suivent une formation par apprentissage aux métiers de l’enseignement. Les AED préprofessionnalisés signent leur contrat dans les établissements. C’est donc la mise en place d’une nouvelle catégorie de contractuels directement recrutés et employés par le chef d’établissement pour 3 ans. Et donc dépendants de lui durant ces trois années.

Ces AED ne bénéficient pas du statut professeur-élève et sont soumis à la même précarité que les assistants d’éducation actuels : être exposés au licenciement ou au non-renouvellement de leur contrat durant toutes les années qui les séparent de la titularisation. Rien à voir, donc, avec un véritable pré-recrutement inscrit dans le cadre de la carrière et du statut.

Il n’existe aucune garantie qu’une fois sur le terrain ils ne se verront pas imposer des fonctions de remplaçants en cas d’absence de professeur ou de petits blocs de moyens provisoires non pourvus. En effet, l’AED en préprofessionnalisation est placé en situation de ne pouvoir refuser quoi que ce soit, la poursuite de son apprentissage dépendant à la fois de sa réussite aux épreuves de fin de L2 et de L3 ET du maintien de son contrat. Durant ses trois années d’AED, il ne pourra pas se mettre en porte-à-faux avec la direction de son établissement, ce qui veut dire tout accepter, avec toutes les dérives que cela peut impliquer (nouvelles missions, devoirs forcés imposés, changements impromptus d’emploi du temps, horaires non respectés…).

FO craint que ce nouveau dispositif ne fabrique, comme la masterisation des concours, un nouveau vivier de « reçus-collés » qui, en cas d’échec au concours, n’auront comme seule perspective que d’aller grossir les rangs des contractuels.

Il fragilise également un peu plus le statut des AED. Sous couvert de favoriser les assistants d’éducation (plus d’implication dans la pédagogie, horaires restreints, reconnaissance de la formation…), c’est un véritable cadeau empoisonné qui est fait aux AED : pour ceux qui auront choisi la préprofessionnalisation, c’est ne plus pouvoir dire « non » aux pressions de la direction de peur de ne pas valider les trois années universitaires; pour ceux non préprofessionnalisés, c’est entrer en concurrence sur le marché de l’emploi avec des AED plus « pratiques » car « interchangeables » avec des profs. Quoi de mieux pour diviser une vie scolaire?

Quand les AESH du département organisent la montée sur Paris

Mercredi 8 septembre 2021, des personnels AESH se sont réunis à l’UD FO 35  avec les syndicats FO du premier et du second degrés.

Objectif : construire la montée sur Paris pour porter les revendications directement au Ministère.

Lors de cette réunion, il a été décidé de participer à la convention nationale du 15 septembre, convention qui se déroulera en visio pour permettre à un maximum de départements de prendre part à la construction de la mobilisation. 

Le SNFOLC 35 est inscrit à cette convention.

Deux représentants AESH présents à la réunion le sont aussi.

Parce qu’il est nécessaire d’étendre la mobilisation et faire de la montée sur Paris une réussite.

 

Voici la prise de position qui sera lue par les représentants AESH :

 » Nous, AESH d’Ille-et-Vilaine, réunis en AG à l’Union départementale de Force ouvrière 35 le mercredi 8 septembre 2021, portons les revendications suivantes, certains que ces progrès profiteront aux personnels et aux élèves :

– En 1er lieu, la création d’un véritable STATUT (corps de fonctionnaires d’état) pour tous les AESH, une brigade de remplaçants ainsi que le respect des obligations personnelles des AESH dans l’élaboration de leurs emplois du temps.

– En second lieu, une rémunération et un déroulement de carrière justes et équitables qui nous permettront enfin de vivre décemment.

– Ensuite, la mise en place de formations qualifiantes, continues et en lien avec les spécificités des profils d’élèves accompagnés.

– Enfin, dans le respect du métier d’AESH, des missions d’inclusion et des élèves accompagnés, nous demandons un recrutement massif, le maintien de toutes les structures spécialisées et la fin de l’organisation en PIALs.

Pour toutes ces raisons, nous appelons à organiser activement dès aujourd’hui la montée de tous les AESH de France au ministère pour faire entendre nos revendications.

Nous invitons les autres personnels travaillant dans l’éducation nationale, enseignantes et enseignants, AED, CPE, infirmières, PSY EN EDO, médecins scolaires…, ainsi que les associations de parents d’élèves, à nous rejoindre dans cette action car l’inclusion systématique et la mise en place des PIALs ont des conséquences néfastes sur l’ensemble des personnels et des élèves. »

 

Vous êtes intéressé par l’idée de monter sur Paris rencontrer le Ministre, contactez-nous !

 

AESH Convention nationale du 15 septembre 2021

Il y a eu de nombreuses mobilisations dans les académies et les régions il y a quelques mois. Suite à cela, deux appels à la grève au niveau national ont eu lieu, à l’initiative des différents syndicats. Un grand nombre d’AESH s’est mis en grève et a manifesté. Des AG et RIS se sont tenues et des motions appelant à la mobilisation sur ces revendications ont été adoptées.

Le ministre, sourd à nos revendications, a changé notre grille indiciaire, avec une trop légère augmentation de salaire.

Nous restons sous le seuil de pauvreté !

Ces pseudo revalorisations ne nous feront pas taire !

Convention nationale AESH le 15 septembre à 14h en visioconférence !

 

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Vous souhaitez participer à cette convention mercredi 15 septembre?

Contactez le SNFOLC 35 pour obtenir le lien de la visio.

Grève nationale des personnels AESH le 19 octobre 2021

Personnels AESH

Grande journée de grève et de mobilisation nationale

mardi 19 octobre 2021

 

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Le SNFOLC 35 participe de manière active à la construction de la mobilisation des personnels AESH.

Il participera notamment mercredi 15 septembre 2021 à la convention nationale des AESH, qui a pour objectif d’organiser la montée des personnels à Paris, chez le Ministre.

 

Si vous êtes intéressé(e), contactez-nous !

AED : questions fréquentes

Le SNFOLC 35 répond aux principales interrogations des AED…

J’ai signé mon renouvellement de contrat en juillet. Il inclut les heures de formation. A la rentrée, le nouveau chef d’établissement m’annonce qu’elles me sont refusées. Le contrat signé en juillet est-il toujours valable malgré ce revirement ? Que puis-je faire ?

Le fait de changer de chef d’établissement ne remet pas en cause le contrat signé initialement. Il y a continuité du service public entre deux chefs d’établissement.

Réglementairement, le contrat initial est avalisé par les deux parties, il engage aussi bien le chef d’établissement que l’AED. Conformément à la loi, s’il y a modification du contrat de travail, il doit faire l’objet d’un avenant qui doit recueillir l’accord des deux parties. Il ne peut y avoir modification unilatérale. Le seul motif pour remettre en question la formation serait de ne pouvoir produire une attestation d’inscription à cette formation. Mais même dans cette hypothèse, on peut envisager que vous trouviez une formation en cours d’année, donc vous pouvez être amené à demander à en bénéficier à ce moment-là.

Le SNFOLC 35 vous conseille :

Demandez rendez-vous à votre chef d’établissement pour clarifier la situation. Les pressions seront fortes, demandez à être accompagné par un délégué FO de votre établissement (ou extérieur à votre établissement). Vous préparerez ensemble cet entretien. Il saura faire respecter vos droits.

 

Peut-on ajouter des heures à mon emploi du temps chaque semaine en cours d’année, sous prétexte qu’il n’y aurait pas assez de travail en juillet pendant les permanences administratives ?

Non. Le principe du contrat est qu’il s’agit d’un engagement entre deux parties, l’employeur et le salarié. Il ne peut être revu sans cesse car cela modifie l’organisation de votre travail sur l’année, donc votre planning annuel incluant vos congés.

Par ailleurs, ces modifications incessantes soulèvent un problème de responsabilité. En cas d’accident de travail ou de trajet, il faut pouvoir attester sur la base de votre contrat et de votre planning, que vous êtes en service ou que vous vous rendez au travail.

Le SNFOLC 35 vous conseille :

Conservez une photocopie de vos changements d’emplois du temps. N’attendez pas que ce problème se pose. Contactez-nous pour permettre de rétablir un fonctionnement respectueux de la réglementation. Il en va de l’intérêt de tous.

 

La pause de 20 minutes et la pause méridienne, est-ce la même chose ? Seule la pause méridienne figure sur ma fiche de poste.

Non. La pause de 20 minutes est incluse dans le temps de travail. Elle est prévue par le code du travail pour tous les salariés à partir de 6 heures de travail dans la journée.

La pause méridienne ne fait pas partie de votre temps de travail si vous ne prenez pas votre repas sur votre lieu de travail. Vous êtes alors libéré de vos obligations de service car vous n’êtes pas à la disposition de votre employeur.

En revanche, elle fait partie de votre temps de travail si vous prenez votre repas sur votre lieu de travail car vous restez alors à disposition de votre employeur.

Le SNFOLC 35 vous conseille :

Il faut demander à les faire figurer explicitement sur votre planning pour clarifier vos responsabilités au moment de ces pauses et aussi éviter toute dérive.

 

Nous sommes fréquemment agressés verbalement, parfois même physiquement par des élèves ou des personnes extérieures à l’établissement. Nous sommes les personnels les plus exposés et pourtant rien n’est fait pour nos protéger. Que pouvons-nous faire ?

Il faut savoir que les AED ont droit à la protection fonctionnelle comme les autres personnels de l’établissement.

L’article 11 du statut général de la Fonction publique impose un devoir de protection à l’administration dès lors que l’agent la demande et que la condition fixée par l’article 11 est remplie c’est-à-dire si l’agression dont l’agent est la victime a un rapport avec son service, sa fonction, même si l’agression a eu lieu en dehors de son temps de service et hors de l’établissement.

Le SNFOLC 35 vous conseille :

Cette protection n’est pas accordée automatiquement. L’AED doit établir la matérialité des faits (témoignages, certificat médical en cas d’agression physique, etc). De son côté, l’administration doit rassembler des éléments de preuve, susciter des témoignages, etc.

La première chose à faire est de ne pas rester isolé. Il faut contacter aussitôt que possible le syndicat. Ses militants, en relation avec le CHS-CT (comité hygiène, sécurité et conditions de travail) vous aideront à rédiger la demande et interviendront à tous les niveaux pour vous permettre d’obtenir son application.

 

Je suis enceinte. L’organisation actuelle de mon service me fatigue beaucoup. Quels droits ai-je ?

Des droits particuliers existent pour toute salariée enceinte :

  • autorisations d’absence de droit et sans récupération pour les examens médicaux liés à la grossesse.
  • sur avis médical, aménagement de la répartition des horaires de travail. (Circulaire Fonction Publique /4 n°1864 du 9/08/1995)
  • sur avis médical, réduction du service d’une heure hebdomadaire à partir du 3ème mois.

Le SNFOLC 35 vous conseille :

Demandez un certificat médical à votre gynécologue précisant que l’état de fatigue imputable à votre travail risque d’entraîner des problèmes lors de la suite de votre grossesse. Si le chef d’établissement refuse un arrangement, contactez le médecin de prévention du rectorat pour obtenir que vos droits soient respectés. En cas de blocage, l’intervention du syndicat sera décisive.

 

Mon enfant est malade, mais on me demande de revenir travailler. Que faire ?

L’autorisation d’absence pour enfant malade de moins de 16 ans est un droit dans les limites suivantes :

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A noter : pour les enfants en situation de handicap, il n’y a pas de limite d’âge.

Le SNFOLC 35 vous conseille :

Ne cédez pas et restez auprès de votre enfant. Si vous disposez d’un certificat médical, il ne saurait être question de retenue de salaire. Si les pressions persistent, l’intervention du syndicat est indispensable.

 

On me reproche mes arrêts maladies fréquents. On m’interroge sur mon état de santé…

Sur présentation d’un certificat médical d’arrêt de travail, l’agent a droit au congé maladie ordinaire.

Le SNFOLC 35 vous conseille :

Une telle situation est délicate. Vous n’avez pas à justifier vos absences autrement que par des arrêts médicaux. Il est préférable d’en discuter avec le syndicat avant de faire toute démarche afin de ne pas remettre en cause le renouvellement du contrat.

 

Suite à l’absence d’un collègue, le CPE me demande de modifier ponctuellement mon temps de travail. Est-ce légal ?

C’est possible mais avec votre accord. Dans tous les cas, la journée ne doit pas dépasser 12 heures d’amplitude et 10 heures de travail effectif. Il faut veiller à ce que le nombre d’heures annuelles ne dépasse pas celui prévu par la durée du contrat.

Le SNFOLC 35 vous conseille :

Si cette nouvelle organisation vous convient, deux précautions s’imposent :

1- faire mettre par écrit ces horaires modifiés et faire préciser clairement à quel moment est prévue la récupération de ces heures supplémentaires. Il faut aussi veiller à faire respecter les durées maximales journalières. Conservez une copie de cet écrit.

2- faire valider cette modification par le chef d’établissement. Si le CPE est chargé de l’organisation du service des AED, c’est le chef d’établissement qui est votre supérieur hiérarchique.


Textes de référence relatifs aux AED :

■ Circulaire n° 2008-108 du 21 août 2008 (recrutement et missions des AED et des A.P.)

■ Loi n° 2003-400 du 30 avril 2003 relative aux assistants d’éducation

■ Décret n° 2003-484 du 6 juin 2003 relatif aux conditions de recrutement et d’emploi des assistants d’éducation

■ Décret n° 2008-316 du 4 avril 2008

■ Arrêté du 6 juin 2003 fixant la rémunération des assistants d’éducation

■ Circulaire n° 2003-092 du 11 juin 2003 relative aux assistants d’éducation

■ Décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents non titulaires de l’Etat