Mutations 2019-2020 : la fin du paritarisme
En application de la loi de Transformation de la Fonction Publique du 6 août 2019, les mutations 2019-2020 s’opéreront sans le contrôle des commissions administratives paritaires (CAP). Concrètement, cela signifie que les syndicats ne pourront plus vérifier la procédure utilisée par l’administration et sa régularité au regard des textes. C’est donc la porte ouverte à l’arbitraire : chaque enseignant se retrouvant seul face à l’administration. L’objectif est à peine voilé : effacer et réduire l’influence des syndicats, lesquels étaient les garants du respect des règles du barème.
Un véritable basculement
Dès cette année, les mutations s’effectueront sans aucun contrôle des syndicats.
Les syndicats ne pourront plus intervenir pour étudier et négocier les barèmes à l’avantage de tous. Dans chaque académie, les recteurs pourront édicter leurs propres lignes de gestion en fonction des « particularités de chaque territoire ». C’est la poursuite et l’aggravation du processus de régionalisation en cours depuis la déconcentration du mouvement en 1999. Le statut de fonctionnaire d’Etat est battu en brèche.
Jusque-là, les organisations syndicales avaient accès aux barèmes en amont. Cela permettait de vérifier que le barème des collègues étaient bons, d’intervenir pour rectification. Parfois, l’administration se trompe sur les barèmes (comment les en blâmer, au vu du peu de personnels, et cela ne va pas s’arranger, d’où une inquiétude grandissante). Sans contrôle, les collègues étant parfois dans l’incapacité de calculer leurs propres barèmes, par méconnaissance de leurs droits, ne pourront pas se défendre. Les erreurs persisteront et se multiplieront.
N’oublions pas non plus qu’en 1946, lors du premier Statut général des fonctionnaires, ces CAP ont été créées et basées sur un format consultatif. Cela permettait un juste équilibre entre les garanties des fonctionnaires en termes d’égalité de traitement et l’obligation de l’Etat-employeur en matière de prérogative de puissance publique. Celui-ci devant assurer une efficience du service public sur l’ensemble du territoire.
Ainsi, la défense des CAP et de leurs compétences, ce n’est pas maintenir le pré carré des syndicats mais, bien au contraire, s’assurer de l’égalité de traitement des fonctionnaires.
Dès 2020, un véritable basculement va s’opérer : les organisations syndicales ne disposeront plus des tableaux préparatoires aux opérations de mutations ni des résultats. Elles n’auront plus connaissance de l’ensemble des décisions individuelles. Comment garantir la transparence et le respect de l’égalité de traitement ? Le syndicat ne pourra vérifier les barèmes, ou défendre les situations, que des collègues qui le mandatent. L’administration aura donc toute latitude pour faire ce qu’elle veut dans le classement : c’est le fait du prince.
Vous irez là où l’administration vous dira d’aller

La multiplication des postes à profil : vive le clientélisme !
Le texte prévoit la multiplication des postes à profil. En contournant les syndicats, le gouvernement entend réduire à néant leur capacité de faire respecter l’égalité de traitement et l’indépendance des fonctionnaires. Les recrutements à la tête du client vont se multiplier.
Afin de postuler à ces postes, il faudra, à la manière du management dans le privé, envoyer CV et lettre de motivation. Ainsi, le simple statut de fonctionnaire d’Etat titulaire d’un concours de catégorie A ne suffit plus : dorénavant, il faudra se vendre, se faire apprécier de sa hiérarchie, tisser son réseau relationnel, et pourquoi pas dénigrer ses éventuels concurrents ?
Force Ouvrière dénonce la multiplication de ces postes à profil dont l’administration serait seule juge. Ceci ouvre la voie au clientélisme le plus obscur.
Le SNFOLC 35 exige la suppression immédiate de la funeste loi de Transformation de la Fonction Publique.
Le SNFOLC 35 revendique le maintien des CAP, instances permettant aux syndicats – dans un fonctionnement démocratique – de veiller au respect des règles du barème pour les mutations.
Mutations et promotions à la tête du client
L’importance des CAP
Le fait du prince
l’égalité de traitement ? Le syndicat ne pourra vérifier les barèmes, ou défendre les situations, que des collègues qui le mandatent. L’administration aura donc toute latitude pour faire ce qu’elle veut dans le classement : c’est le fait du prince. La possibilité de maintenir des barèmes est seulement envisagée mais on ne sait pas pour qui et pour combien de temps. « On peut objectiver des situations autrement et ça marche », dit la DGRH.Comment défendre les collègues individuellement ?
Préparer l’action unie qui fera reculer le gouvernement
Mutation juin 2019 : une remise en cause inacceptable du droit à la mutation
Déclaration liminaire FNEC-FP FO Académie de Rennes à la FPMA du 13 juin 2019
Monsieur le recteur,
2019 restera dans les annales comme une année noire pour les mutations intra académique des professeurs certifiés et agrégés dans notre académie. Les barres sont à un niveau incroyablement élevé du fait des nombreuses suppressions de postes (42 dans les seules Côtes-d’Armor). Un seul poste dans les Côtes-d’Armor en Histoire Géographie, un barème de 976 points pour n’obtenir qu’une ZR après 13 vœux dans le Finistère. En SVT, aucun poste au mouvement dans deux départements, hors postes spécifiques, et un seul en Ille et Vilaine attribué à une collègue en mesure de carte, c’est du jamais vu !
Cette situation amène les collègues à être mutés en dehors de tous leurs vœux, 7% des affectations se font en extension ! 67% des collègues ayant formulé des vœux, n’obtiennent pas satisfaction.
C’est le droit à mutation qui est remis en cause, c’est inacceptable.
Le projet de loi de l’école de la confiance est présenté́ aujourd’hui à la CMP. C’est un projet de loi qui bouleverse l’organisation de l’enseignement dans notre pays. Il y a urgence à écouter les revendications des personnels, dont les conditions de travail et de rémunération se sont considérablement dégradées. Il y a urgence à revenir sur toutes les réformes, des rythmes scolaires à Parcoursup, qui, les faits le montrent, fragilisent l’école de la République. Pour la FNEC‐FP FO, avec la confédération FO, les services publics et l’éducation nationale au premier chef, sont en effet garants de l’égalité républicaine et de la République, une et indivisible.
Le projet de loi intitulé « Pour une école de la confiance » répond‐il à l’exigence d’un service public garantissant les mêmes droits sur tout le territoire et fondé sur les garanties statutaires des personnels ? Répond‐il à leurs revendications urgentes ? C’est en fait tout l’inverse. Ce projet vise en effet à pousser à son terme l’application à l’éducation nationale de la réforme territoriale mise en œuvre par le gouvernement précédent.
L’article 17 autorise le gouvernement à «prendre par ordonnance les mesures (…) rendues nécessaires par le nouveau découpage du territoire national pour l’organisation des services académiques».
Pourquoi légiférer par ordonnances si ce n’est pour imposer aux personnels une réforme dont ils ne veulent pas, comme cela a déjà été le cas pour la réforme du code du travail ?
La constitution de 13 académies, avec la fusion des 28 existantes est bel et bien un pas décisif vers une régionalisation de l’Éducation nationale et la remise en cause des règles nationales. La volonté de donner une place déterminante à la région dans les décisions et orientations prises, la mise en place de projets régionaux et de directions pédagogiques régionales -comme c’est déjà le cas à Rouen et Caen – en sont des illustrations.
Cette réforme fait système avec CAP 22 et le recul planifié des services publics, il fait système avec les 120 000 suppressions de postes prévues sur le quinquennat.
On essaie de nous rassurer en nous disant que les périmètres de gestion resteront inchangés jusqu’en 2022… Cela ne signifie pas que les garanties statutaires seront maintenues. Personne n’est dupe : cette réforme ne peut que bouleverser les droits des personnels en ce qui concerne les progressions de carrière, les promotions, la politique indemnitaire, les mutations et les affectations.
Les autres dispositions essentielles de ce projet de loi sont en totale cohérence avec la logique de pulvérisation des garanties nationales de la réforme territoriale et du projet de transformation de la fonction publique. Il s’agit dans les faits de liquider le statut général et les statuts particuliers qui y sont liés afin de passer à une contractualisation massive et à la privatisation de pans entiers du service public.
FO n’accepte pas ces reculs historiques et combat, aux côtés des collègues , pour la défense du statut général de la FP, pour la défense du Code des pensions civiles et militaires, contre la réforme des retraites , contre la régionalisation différenciation des droits, contre la réforme du collège, du lycée et du bac, de la voie professionnelle, contre Parcoursup et le PPCR…
Mouvements intra 2019 : toutes les informations
Le mouvement intra-académique débute par la phase de saisie des vœux entre le 18 mars et le 1er avril. Pour maximiser vos chances de réussite, trois étapes doivent être suivies :
- Téléchargez le journal du mouvement intra que nous avons réalisé avec l’aide de nos commissaires paritaires.
- Contactez-nous afin d’établir la « stratégie » la plus adéquate à votre situation.
- Complétez et retournez-nous votre fiche de vœux afin que nous vérifions et suivions votre demande.
