Retrait des réformes Blanquer : les personnels ne veulent pas lâcher !

Communiqué de la FNEC FP-FO du 3 juillet 2019

A la veille du vote définitif de la loi « sur l’école de la confiance », l’année scolaire s’achève dans un contexte de rejet massif des contre‐réformes du ministre Blanquer. Les personnels cherchent à résister, ils ne veulent pas lâcher sur leurs revendications. Partout les personnels du 1er comme du 2nd degré, disent : « les conditions dans lesquelles se prépare la rentrée sont inacceptables. La loi Blanquer, les réformes du baccalauréat et du lycée, sont inacceptables ! Le mépris du ministre est intolérable ! » Dans le 2nd degré, des AG se sont tenues et se tiennent encore. Plusieurs AG décident la grève, des piquets de grève sont organisés devant les centres de correction.

Dans l’académie de Grenoble, plus de 60 professeurs de philosophie réunis en AG ont décidé la grève les 2, 3 et 4 juillet. L’AG des professeurs de collège d’Isère appelle à la grève des corrections.

Le 2 juillet, plus de 300 correcteurs du bac, représentant 186 établissements d’Île de France se sont réunis à la Bourse du travail de Paris et ont décidé à la quasi‐unanimité la grève les 3 et 4 juillet. FO était présente pour soutenir les revendications et la grève des enseignants.

Le même jour à Toulouse, 200 personnels, dont une majorité de correcteurs, se réunissent en AG et votent la grève reconductible avec AG le lendemain.

A Dijon, les professeurs de maths se sont réunis en AG avant la commission d’entente du baccalauréat, pour adopter une motion réaffirmant leur opposition à la loi sur l’école de la confiance, et à la réforme du lycée et du baccalauréat. Actuellement, dans l’académie de Lyon, 27% des candidats pour le bac général n’ont pas toutes leurs notes.

Les syndicats de la FNEC FP‐FO sont partie prenante des AG qui se réunissent pour discuter et décider des moyens de faire reculer le ministre.

Ils soutiennent les revendications, les initiatives décidées par les AG, en particulier la grève.

 

La FNEC FP‐FO condamne les tentatives d’intimidation du ministre. Elle condamne la répression gouvernementale qui se poursuit, comme hier à Paris où les enseignants en manifestation ont été nassés par la police sur le boulevard Raspail.

La FNEC FP‐FO rencontre le ministre lundi 8 juillet et lui demande de cesser toute pression, appels aux forces de l’ordre, menaces de sanction, de retrait de salaire.

La FNEC FP‐FO qui a déposé un préavis de grève jusqu’au 12 juillet, le reconduit dès la pré‐rentrée. Elle appelle les personnels à préparer et à programmer, dès maintenant, les heures d’information syndicale et les assemblées générales à la rentrée.

Rétention de notes : aucun collègue ne doit être inquiété !

Le SNFOLC35 a appelé à la grève reconductible du 13 juin au 4 juillet pour créer le rapport de forces susceptible de faire plier le ministre. C’est le seul vrai moyen de lutte collective, le seul qui puisse avoir raison de la réforme des lycées, le seul qui ne donne pas à notre hiérarchie la possibilité de nous imputer un service non fait ou une faute professionnelle.

Il n’empêche : le SNFOLC35 apporte son soutien à tous les collègues qui seraient inquiétés pour avoir volontairement retenu des notes et les défendra à leur demande, aucun collègue ne doit être inquiété !

 

Retour sur la CMP du 13 juin : la nouvelle forme du projet de loi « Pour une école de la confiance »

Le projet de loi « Pour une école de la confiance » a fait l’objet d’un accord en commission mixte paritaire (CMP) ce jeudi 13 juin 2019. 

Ce nouveau texte passera devant les deux assemblées pour une adoption définitive, très certainement en juillet.

Lors de cette CMP, un certain nombre d’articles ont été supprimés, et d’autres modifiés ou confortés.

Ont été supprimés  :

  • la création des EPSF 
  • le pouvoir hiérarchique accordé aux directeurs d’école sur les enseignants
  • le retrait des allocations familiales aux parents d’élèves absentéistes
  • l’interdiction du port de signes religieux ostentatoires pour les accompagnateurs des sorties scolaires
  • la possibilité de créer des contrats de mission pour des enseignants
  • l’association du chef d’établissements aux décisions d’affectation des enseignants
  • la possibilité qu’une personnalité extérieure soit présidente du conseil d’administration

Ces suppressions sont des avancées. Mais… les points qui s’inscrivaient initialement dans la première version du texte ont tout de même existé. Et pourraient tout à fait revenir sur le devant de la scène d’ici quelques temps. A titre d’exemple, les EPSF : ils ne disparaissent pas complètement. Ils peuvent revenir par le biais de l’article 8, qui déverrouille et facilite les expérimentations. Que sont les cités éducatives qui seront testées à la rentrée prochaine sinon un avant-goût de ces EPSF? EPSF qui feront d’ailleurs l’objet de nouvelles concertations dans les semaines à venir, d’après le Ministre lui-même…

Si les EPSF peuvent connaître une seconde vie dès la rentrée prochaine, qu’en sera-t-il des contrats de mission des enseignants ou du chef d’établissement participant au recrutement de ses propres enseignants ?

 

 

Ont été maintenus  :

  • l’article 1 liberticide sur « l’engagement de la communauté éducative », avec notamment les notions d’exemplarité et de d’autorité ( adieu #Pasdevague ?)
  • l’article 1 bis visant à lutter contre le prosélytisme aux abords des établissements (article réécrit ; il fait désormais référence aux « pressions sur les croyances des élèves et aux tentatives d’endoctrinement » – ou comment empêcher les distributions de tracts informatifs autour des établissements scolaires…)
  • l’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire à 3 ans (un grand service rendu au privé)
  • la création du Conseil de l’évaluation de l’école
  • la création des EPLEI (des établissements internationaux d’élite pour une élite française, établissements soutenus par des financements du privé!)
  • la réforme de la formation initiale et continue des enseignants (se former pendant les congés scolaires…!)
  • le remplacement des ESPE par les INSPE
  • l’élargissement des champs d’expérimentation (notamment les obligations réglementaires de service : vers l’annualisation du temps de travail et la disparition des 15h/18h/20h hebdo…) 

 

Sans oublier :

  • la précarisation des AED (assistants éducation)
  • la fausse reconnaissance des AESH par la création des PIAL
  • la précarisation des professeurs stagiaires par le biais de la pré-professionnalisation
  • le recours accru aux contractuels…

 

Le projet de loi « Pour une école de la confiance », bien que dégraissé (en surface), reste un texte dangereux, une attaque de taille, par la précarisation toujours plus grande des personnels d’éducation, les coupes budgétaires qui la guident, et la volonté de casser notre système public d’éducation. Pour toutes ces raisons, le SNFOLC 35 ne peut accepter une telle loi et se battra jusqu’au bout pour obtenir son abrogation. 

 

Le projet de loi « Pour une école de la confiance »en image ci-dessous :

Lorsque le Ministre annonce des taux de grévistes calculés de manière surprenante…

Les taux de grévistes annoncés par le Ministre ce lundi 17 juin, et relayés par la plupart des médias, ont de quoi surprendre.

Premier chiffre annoncé : 2,54% ! Calculé sur l’ensemble des personnels de l’éducation, et non sur le corps enseignant.

Puis : 0,53%. Taux estimé pour les enseignants du premier degré. Calcul intéressant pour une grève concernant spécifiquement le lycée !

Enfin, se rendant certainement compte du caractère non crédible des chiffres avancés  : 5,4%. Cette fois, il s’agit des enseignants du second degré, collège et lycée. Comme l’a si bien dit Marie Piquemal, « là encore, où est le sens, alors que le mouvement de grève vise la réforme du lycée ? »

Le Ministre aurait-il perdu toute sérénité pour jouer ainsi avec les chiffres ?

 

Au lendemain de la mobilisation du lundi 17 juin 2019 : Assemblées générales pour décider des suites!

Depuis plusieurs mois, les personnels du second degré, avec le premier degré, sont mobilisés pour l’abandon du projet de loi Blanquer et de l’ensemble des contre-réformes.

Le SNFOLC a été partie prenante des assemblées générales, des réunions d’information syndicale qui se sont tenues ces derniers mois, ces derniers jours, pour regrouper les personnels autour des revendications, et décider des moyens pour les faire aboutir. 

Fragilisé par la grève des personnels, y compris reconduite dans certains départements, contre l’ensemble des mesures régressives de son projet de loi, du premier au dernier article, le ministre a été contraint de retirer les EPLESF.

A nouveau le lundi 17 juin, des personnels de lycée, mais aussi de collège, ont décidé la grève. Ce que les personnels ont à nouveau exprimé – et qui dépasse le nombre de grévistes – c’est le profond rejet des contre-réformes Blanquer du lycée, du baccalauréat, de la loi « pour une école de la confiance ». (la suite : pdf)

 

 

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