Bac 2021 : généralisation du contrôle continu

Dans de nombreux lycées, les professeurs prennent position contre la réforme du lycée et du baccalauréat dans la continuité du refus massif des épreuves E3C. Ils adoptent des motions pour dire : rétablissement du BAC national avec ses épreuves terminales, anonymes et ponctuelles. Au prétexte du Covid, une nouvelle décision unilatérale du ministre envoyée le 21 janvier au soir sur les boîtes professionnelles des professeurs. Il se sert de l’ordonnance du 24 décembre 2020 qui l’autorise à changer quand il veut, comme il veut les épreuves des examens et concours. Il annonce le remplacement des épreuves de spécialités, en contrôle continu, comme il l’a déjà fait pour les E3C. Au moment où Parcoursup, outil de tri social, vient d’ouvrir, qui peut penser que les notes de contrôle continu vont valoir la même chose d’un établissement à l’autre ? On voudrait décourager les lycéens de s’inscrire dans l’enseignement post baccalauréat, avec ses universités fermées y compris pour le second semestre 2021 (déclaration d’Emmanuel Macron le 21 janvier à Saclay), qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Le contrôle continu : un vecteur d’inégalités

Que vaut le contrôle continu du lycée X en comparaison du lycée Y, comment vont faire les enseignants encore livrés aux pressions, à la concurrence entre établissements, entre disciplines ? Comment noter en contrôle continu alors que 70% des lycéens n’ont que la moitié de leur cours ?
 
Le ministre passe outre la revendication des personnels pour de vraies épreuves en juin, car ce serait pour le ministre, y compris dans le cadre de ses réformes, rétablir des épreuves du baccalauréat terminales, nationales et anonymes. Sa feuille de route, c’est la destruction de l’enseignement et des diplômes reconnus dans les conventions collectives. C’est l’atomisation de l’enseignement, établissement par établissement. Il préfère dénaturer de façon permanente le baccalauréat et conduire les professeurs et les élèves vers un baccalauréat local.

La fin de l’égalité devant l’examen

« Dans la mise en oeuvre du contrôle continu qui remplacera l’évaluation des épreuves terminales de spécialité, toute l’institution établira un cadre robuste » avec dit-il, « des jalons précis », une « exigence dans la constitution des moyennes » une « réflexion collégiale sur l’évaluation au sein des équipes pédagogiques et dans les différentes instances (conseil pédagogique, équipes de direction), procédures d’harmonisation ». Tout le monde fait ce qu’il peut quand il veut ! Ce n’est pas l’égalité devant l’examen terminal.

Nos revendications

Dans un récent communiqué, les organisations syndicales SNES-FSU, SNFOLC, CGT Educ’action, SUD Education et SNALC ont réaffirmé « leur attachement aux épreuves terminales, nationales, ponctuelles et anonymes, garantes de la valeur nationale du diplôme et de l’égalité des candidats face à l’examen. » (…) « Elles demandent leur rétablissement dès cette année et l’abandon du contrôle continu. »
 
Pour le SNFOLC 35, il y a des mesures immédiates que depuis des mois, le ministre Blanquer pouvaient prendre : le dédoublement des cours, le recrutement de centaines d’enseignants, en prenant toutes les listes complémentaires. Il devait dans cette période inédite, renoncer, dès la rentrée de septembre, aux spécialités de la réforme des lycées pour donner toutes les heures d’enseignement, rétablir l’ante, renoncer à ces nouvelles épreuves.
 
Le SNFOLC 35 et sa fédération, la FNEC FP-FO invite les personnels, à se réunir massivement pour dire NON. Le SNFOLC 35 appelle à l’amplification des assemblées générales, des réunions syndicales pour faire valoir les revendications.
 
Face à ces annonces du ministre, exigeons :
 
  • Rétablissement du cadre national du baccalauréat avec ses épreuves terminales, nationales, anonymes et ponctuelles. Le baccalauréat ne se négocie pas établissement par établissement !
  • Abrogation de la réforme du baccalauréat et du lycée, abandon de Parcoursup !
  • Recrutement massif de professeurs tout de suite, aucune suppression de postes à la rentrée
Nous sommes professeurs, notre place est d’instruire. Le droit à l’instruction, le droit aux études ne doivent pas être bradés !

Le baccalauréat doit être rétabli : retour aux épreuves nationales, terminales et anonymes !

La FNEC FP-FO s’est adressée aux fédérations de l’Éducation nationale et aux organisations lycéennes pour affirmer dans l’unité l’urgence de rétablir un bac national, contre le démantèlement du diplôme organisé par le ministre.

L’ordonnance du 24 décembre 2020 prévoit l’adaptation des épreuves qui pourront porter « sur leur nature, leur nombre, leur contenu, leur coefficient ou leurs conditions d’organisation, qui peut notamment s’effectuer de manière dématérialisée. » « Les adaptations apportées […] sont portées à la connaissance des candidats par tout moyen dans un délai qui ne peut être inférieur à deux semaines avant le début des épreuves. » Cela ramène la valeur du baccalauréat à celle d’une simple évaluation locale, totalement déréglementée.

 

Le ministre accélère sa politique de destruction de l’école

PRÉPARONS LA GRÈVE DU 26 JANVIER AVEC LA FNEC FP-FO, LA FSU, LA CGT ÉDUC’ ACTION, SUD, LE SNALC ET LE SNCL

 

Alors que des centaines de milliers de manifestants exigent le retrait total du projet de loi « sécurité globale », le gouvernement, au nom du Covid, a publié fin 2020, une série d’ordonnances sous couvert « d’état d’urgence sanitaire ». Ainsi, celle signée par le Président de la République le 24 décembre 2020, permet « d’adapter » le baccalauréat ainsi que les concours de la Fonction publique. Le ministre J-M Blanquer, continue à déréglementer à marche forcée l’École et tourne le dos aux demandes légitimes des personnels de créations de postes et de classes pour alléger les effectifs et faire cours à tous. Le gouvernement met en place des lois liberticides pour interdire toutes manifestations, toutes contestations de sa politique au nom du tous « unis » d’E. Macron, au coin du feu, lors de ses voeux.

RENTRÉE 2021 : + 43 518 ÉLÈVES EN PLUS, 1800 POSTES D’ENSEIGNANTS EN MOINS DANS LE SECOND DEGRÉ

 

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Bac 2021 : le chaos individualisé

Le baccalauréat doit rester un grade universitaire donnant à chaque bachelier l’accès à la filière de l’enseignement supérieur de son choix. Il doit rester un diplôme national reconnu dans les conventions collectives et ouvrant l’accès aux concours de la fonction publique. Quand va-t-on mettre fin à l’arbitraire et au chaos initiés par le ministre Blanquer ?

Non à un examen maison

Le baccalauréat Blanquer a suscité le rejet dès 2018. La majorité des organisations syndicales a voté contre. Les personnels et les lycéens se sont mobilisés massivement contre les E3C. Loin de revenir sur sa réforme, le ministre a remplacé les E3C dans un premier temps par des Epreuves Communes, des épreuves à la fois formatives (l’élève prend connaissance de sa note avant les résultats finaux du baccalauréat) et certificatives.
 
Puis au nom du comité de suivi du baccalauréat auquel le SNFOLC a refusé de participer pour ne pas adapter les épreuves du nouveau baccalauréat Blanquer, et du Covid, il instaure le contrôle continu qui va compter non plus pour 10% de la note finale mais bien pour 50% (les EC comptent pour 40% de la note). Le baccalauréat en contrôle continu devient pérenne.

Baccalauréat 2021 : les professeurs sous pression

Au nom de la situation sanitaire, le ministre supprime les Evaluations Communes et met en place, cette année encore, un baccalauréat presque intégralement en contrôle continu.
 
Dans le fond, ce qui ne change pas, c’est la pression à laquelle sont soumis les professeurs, les candidats et leurs familles : chaque note compte pour le baccalauréat. Dès lors, chaque note est soumise à toutes les suspicions d’impartialité, à toutes les remises en question, à toutes les discussions. L’Ecole, le lycée devient une source d’anxiété et de tensions.

Baccalauréat 2021 : remise en cause inacceptable de la liberté pédagogique

Dans la circulaire du 12 novembre 2020, le ministre demande aux chefs d’établissement de « veiller à la régularité et à l’harmonisation des pratiques d’évaluations, notamment pour les disciplines évaluées aux examens dans le cadre du contrôle continu ». C’est un comble ! Au nom du contrôle continu, les professeurs devraient renoncer à leur liberté pédagogique. Peu importe la progressivité des apprentissages, l’hétérogénéité de niveaux des classes, ce qui compte, c’est de faire du chiffre !
 
Tout acte pédagogique est susceptible d’être contrôlé et discuté par la hiérarchie locale. Les épreuves nationales et les programmes nationaux restent la meilleure garantie de l’exercice de la liberté pédagogique. 

Parcours individualisés, sélection à l’université, remise en cause des garanties collectives

Si l’objectif n’est manifestement pas pédagogique, il s’inscrit dans une logique, celle de détruire les garanties collectives, dans la continuité des ordonnances Macron sur le code du travail et de son pendant pour les fonctionnaires : la loi de transformation de la fonction publique. La dérèglementation et le chaos ne sont pas une fatalité. C’est le produit des suppressions de postes, des réductions des horaires disciplinaires. C’est l’absence de mesures prises au niveau national, en particulier de recrutement et de créations de postes qui impose aux personnels de se débrouiller, établissement par établissement.
 
Le SNFOLC, avec la FNEC FP-FO invite les personnels à se réunir pour dresser la liste de leurs revendications et chiffrer leurs besoins, poste par poste, heure par heure. Elle les invite à s’adresser, dans l’action commune au ministre, à l’IA-DASEN et au recteur.

Avenir lycéen, le ministre Blanquer doit s’expliquer !

Nous avons appris par voie de presse l’utilisation qui a été faite des subventions accordées à l’organisation Avenir Lycéen. De l’argent public a manifestement été détourné de son usage initial, c’est inadmissible et cela va à l’encontre des principes républicains que nous portons toutes et tous.

Quelques jours plus tard, Mediapart et Libération révèlent que le problème est en réalité plus grave. Le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer, des hauts fonctionnaires proches de lui au ministère comme dans les Rectorats, auraient été directement impliqués dans la création de ce syndicat mais auraient aussi utilisé l’appareil d’État pour favoriser des expressions positives et non contestataires des réformes menées, en particulier la réforme du lycée et du bac. Il ne s’agit pas seulement d’une question financière, mais d’une atteinte aux libertés démocratiques, en premier lieu nos libertés syndicales et associatives.

Des élèves mineurs, notamment dans les CAVL, ont été instrumentalisés. Cela est aux antipodes de la démocratie, notamment chez les lycéens, où le débat, l’échange, le droit de s’organiser en syndicat est essentiel pour permettre à chacun de faire l’apprentissage de la démocratie, et donc de l’émancipation.

Ces révélations touchent aux fondements même de la démocratie et des valeurs de la République. Toute la transparence doit être faite. Le ministre et le gouvernement ne peuvent, d’un côté, faire de grands discours sur la transparence et l’exemplarité, et dans les faits s’exonérer de ces impératifs.

Nous exigeons la mise en place d’une enquête indépendante, qui ne soit donc pas pilotée par le Ministère. Nous saisirons également Anticor pour que lumière soit faite sur une possible corruption. Si le rôle du Ministre dans la création et l’instrumentalisation d’Avenir Lycéen, mais aussi l’appareil d’État, venait à être confirmé dans les semaines à venir, toutes les conséquences devront en être tirées.

 

Communiqué national intersyndical du 28 novembre 2020