Le baccalauréat doit être rétabli : retour aux épreuves nationales, terminales et anonymes !

La FNEC FP-FO s’est adressée aux fédérations de l’Éducation nationale et aux organisations lycéennes pour affirmer dans l’unité l’urgence de rétablir un bac national, contre le démantèlement du diplôme organisé par le ministre.

L’ordonnance du 24 décembre 2020 prévoit l’adaptation des épreuves qui pourront porter « sur leur nature, leur nombre, leur contenu, leur coefficient ou leurs conditions d’organisation, qui peut notamment s’effectuer de manière dématérialisée. » « Les adaptations apportées […] sont portées à la connaissance des candidats par tout moyen dans un délai qui ne peut être inférieur à deux semaines avant le début des épreuves. » Cela ramène la valeur du baccalauréat à celle d’une simple évaluation locale, totalement déréglementée.

 

Le ministre accélère sa politique de destruction de l’école

PRÉPARONS LA GRÈVE DU 26 JANVIER AVEC LA FNEC FP-FO, LA FSU, LA CGT ÉDUC’ ACTION, SUD, LE SNALC ET LE SNCL

 

Alors que des centaines de milliers de manifestants exigent le retrait total du projet de loi « sécurité globale », le gouvernement, au nom du Covid, a publié fin 2020, une série d’ordonnances sous couvert « d’état d’urgence sanitaire ». Ainsi, celle signée par le Président de la République le 24 décembre 2020, permet « d’adapter » le baccalauréat ainsi que les concours de la Fonction publique. Le ministre J-M Blanquer, continue à déréglementer à marche forcée l’École et tourne le dos aux demandes légitimes des personnels de créations de postes et de classes pour alléger les effectifs et faire cours à tous. Le gouvernement met en place des lois liberticides pour interdire toutes manifestations, toutes contestations de sa politique au nom du tous « unis » d’E. Macron, au coin du feu, lors de ses voeux.

RENTRÉE 2021 : + 43 518 ÉLÈVES EN PLUS, 1800 POSTES D’ENSEIGNANTS EN MOINS DANS LE SECOND DEGRÉ

 

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Bac 2021 : le chaos individualisé

Le baccalauréat doit rester un grade universitaire donnant à chaque bachelier l’accès à la filière de l’enseignement supérieur de son choix. Il doit rester un diplôme national reconnu dans les conventions collectives et ouvrant l’accès aux concours de la fonction publique. Quand va-t-on mettre fin à l’arbitraire et au chaos initiés par le ministre Blanquer ?

Non à un examen maison

Le baccalauréat Blanquer a suscité le rejet dès 2018. La majorité des organisations syndicales a voté contre. Les personnels et les lycéens se sont mobilisés massivement contre les E3C. Loin de revenir sur sa réforme, le ministre a remplacé les E3C dans un premier temps par des Epreuves Communes, des épreuves à la fois formatives (l’élève prend connaissance de sa note avant les résultats finaux du baccalauréat) et certificatives.
 
Puis au nom du comité de suivi du baccalauréat auquel le SNFOLC a refusé de participer pour ne pas adapter les épreuves du nouveau baccalauréat Blanquer, et du Covid, il instaure le contrôle continu qui va compter non plus pour 10% de la note finale mais bien pour 50% (les EC comptent pour 40% de la note). Le baccalauréat en contrôle continu devient pérenne.

Baccalauréat 2021 : les professeurs sous pression

Au nom de la situation sanitaire, le ministre supprime les Evaluations Communes et met en place, cette année encore, un baccalauréat presque intégralement en contrôle continu.
 
Dans le fond, ce qui ne change pas, c’est la pression à laquelle sont soumis les professeurs, les candidats et leurs familles : chaque note compte pour le baccalauréat. Dès lors, chaque note est soumise à toutes les suspicions d’impartialité, à toutes les remises en question, à toutes les discussions. L’Ecole, le lycée devient une source d’anxiété et de tensions.

Baccalauréat 2021 : remise en cause inacceptable de la liberté pédagogique

Dans la circulaire du 12 novembre 2020, le ministre demande aux chefs d’établissement de « veiller à la régularité et à l’harmonisation des pratiques d’évaluations, notamment pour les disciplines évaluées aux examens dans le cadre du contrôle continu ». C’est un comble ! Au nom du contrôle continu, les professeurs devraient renoncer à leur liberté pédagogique. Peu importe la progressivité des apprentissages, l’hétérogénéité de niveaux des classes, ce qui compte, c’est de faire du chiffre !
 
Tout acte pédagogique est susceptible d’être contrôlé et discuté par la hiérarchie locale. Les épreuves nationales et les programmes nationaux restent la meilleure garantie de l’exercice de la liberté pédagogique. 

Parcours individualisés, sélection à l’université, remise en cause des garanties collectives

Si l’objectif n’est manifestement pas pédagogique, il s’inscrit dans une logique, celle de détruire les garanties collectives, dans la continuité des ordonnances Macron sur le code du travail et de son pendant pour les fonctionnaires : la loi de transformation de la fonction publique. La dérèglementation et le chaos ne sont pas une fatalité. C’est le produit des suppressions de postes, des réductions des horaires disciplinaires. C’est l’absence de mesures prises au niveau national, en particulier de recrutement et de créations de postes qui impose aux personnels de se débrouiller, établissement par établissement.
 
Le SNFOLC, avec la FNEC FP-FO invite les personnels à se réunir pour dresser la liste de leurs revendications et chiffrer leurs besoins, poste par poste, heure par heure. Elle les invite à s’adresser, dans l’action commune au ministre, à l’IA-DASEN et au recteur.

Avenir lycéen, le ministre Blanquer doit s’expliquer !

Nous avons appris par voie de presse l’utilisation qui a été faite des subventions accordées à l’organisation Avenir Lycéen. De l’argent public a manifestement été détourné de son usage initial, c’est inadmissible et cela va à l’encontre des principes républicains que nous portons toutes et tous.

Quelques jours plus tard, Mediapart et Libération révèlent que le problème est en réalité plus grave. Le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer, des hauts fonctionnaires proches de lui au ministère comme dans les Rectorats, auraient été directement impliqués dans la création de ce syndicat mais auraient aussi utilisé l’appareil d’État pour favoriser des expressions positives et non contestataires des réformes menées, en particulier la réforme du lycée et du bac. Il ne s’agit pas seulement d’une question financière, mais d’une atteinte aux libertés démocratiques, en premier lieu nos libertés syndicales et associatives.

Des élèves mineurs, notamment dans les CAVL, ont été instrumentalisés. Cela est aux antipodes de la démocratie, notamment chez les lycéens, où le débat, l’échange, le droit de s’organiser en syndicat est essentiel pour permettre à chacun de faire l’apprentissage de la démocratie, et donc de l’émancipation.

Ces révélations touchent aux fondements même de la démocratie et des valeurs de la République. Toute la transparence doit être faite. Le ministre et le gouvernement ne peuvent, d’un côté, faire de grands discours sur la transparence et l’exemplarité, et dans les faits s’exonérer de ces impératifs.

Nous exigeons la mise en place d’une enquête indépendante, qui ne soit donc pas pilotée par le Ministère. Nous saisirons également Anticor pour que lumière soit faite sur une possible corruption. Si le rôle du Ministre dans la création et l’instrumentalisation d’Avenir Lycéen, mais aussi l’appareil d’État, venait à être confirmé dans les semaines à venir, toutes les conséquences devront en être tirées.

 

Communiqué national intersyndical du 28 novembre 2020

Épreuve orale de français : l’indignation des professeurs et des lycéens face au mépris du ministre

Le 27 mai 2020, la DGESCO a consulté les organisations syndicales sur l’oral au baccalauréat de français à l’avant-veille des annonces du ministre Blanquer.

Unanimement, elles ont réitéré leur demande d’annulation de l’épreuve (SNFOLC, SNES-FSU, CGT-Educ’ation, SE-UNSA, SGEN-CFDT, SNALC, FCPE, UNL, Lycéens Au centre, en date du 20 avril).

L’absence de mesures sanitaires adéquates, de cadrage national, de préparation réelle des conditions de réalisation de l’épreuve à la fin du mois de mai ne peuvent conduire qu’à un déroulement chaotique et inégalitaire de l’examen. La pétition initiée par plusieurs professeurs de Lettres a recueilli plus de 93 000 signatures. Elle exprime l’incompréhension et la colère des enseignants. Le ministre est resté sourd à cette revendication légitime.

Un déroulement hypothétique dans des conditions extrêmement dégradées

540 000 lycéens doivent passer l’oral, les professeurs les ont suivis toute l’année dans des conditions de travail très difficiles. A quelques semaines de l’examen, personne ne connait le déroulement des épreuves ! Dans la presse le ministre évoque aussi la visio-conférence, système tout aussi inégalitaire, 25% des élèves de lycée disposant d’un ordinateur personnel. Système qui mettrait tout le monde en tension puisque pour des raisons de santé nombre de professeurs ne pourront participer aux jurys, tension aussi pour respecter 11 élèves par jour (vœu CHSM, novembre 2016). Ajoutons les risques de fraude, le matériel insuffisant dans les lycées, etc.

Le bac oral de français sous le signe du chaos, une propédeutique au grand oral ?

Le ministère justifie le maintien de l’oral de français envers et contre tout par la nécessité de préparer le grand oral Blanquer.

Pour FO, c’est la confirmation que le baccalauréat Blanquer, ce n’est plus le baccalauréat, mais un diplôme dégradé maison version système D.

Le lycée et le baccalauréat Blanquer : c’est l’inégalité, le contraire de l’instruction et le ministre décide de poursuivre !

Rien n’a été épargné ni aux professeurs, ni aux élèves de Premières : nouveaux programmes, enseignements de spécialité, E3C, oral de français préparé dans des conditions très difficiles. Il faut abroger d’urgence sur la réforme Blanquer du baccalauréat et du lycée.

Ce n’est pas la réduction du nombre de textes à 15 dans une communication à la presse le 4 avril qui change la nature des déclarations du ministre sur le baccalauréat et cette année sur l’oral de français. Ce sont ses réformes.

La FNEC FP-FO et le SNFOLC appellent les professeurs et personnels de lycées à se réunir : le Covid-19 pour accélérer la destruction du baccalauréat et de l’enseignement, personne ne l’accepte. Le droit à l’instruction ne se négocie pas au prétexte de la pandémie.

Une rentrée 2020 sans école ?

Parallèlement, le ministère, qui ne perd pas le fil de la politique du gouvernement, annonce en plus un calendrier de réunions pour préparer la rentrée 2020.

S’agit-il d’une rentrée sous le signe du « nouveau système » par le biais de l’enseignement hybride en distanciel et en présentiel ? Des activités 2S2C en lieu et place de l’enseignement disciplinaire ? De nouvelles séries d’E3C dont ni les élèves ni leurs professeurs ne veulent ?

Pour FO, le cœur de l’école républicaine, publique et laïque, c’est l’instruction, les savoirs disciplinaires, les horaires et les programmes nationaux.

Le SNFOLC avec la FNEC FP-FO invite les personnels à se réunir, par tous les moyens à leur disposition, pour dresser la liste de leurs revendications :

  • annulation de l’épreuve orale du baccalauréat,
  • abrogation de la réforme Blanquer du lycée et du baccalauréat, ce baccalauréat 2020 qui se tient dans des conditions très particulières, ne doit pas entériner les réformes de destruction des diplômes, le contrôle continu et les E3C,
  • les professeurs défendent les lycéens afin qu’ils puissent avoir un accès égal à l’instruction partout,
  • les jurys d’examen, les commissions d’harmonisation ne peuvent pas être sous toutes les pressions possibles comme lors de la session du baccalauréat 2019 suite à la grève contre le bac-Blanquer,
  • rétablissement du baccalauréat comme premier grade universitaire,
  • droit de s’inscrire dans la filière de son choix, ce ne sont pas les algorithmes de Parcoursup qui doivent décider de l’avenir des lycéens.