Suite du saccage : baisse importante des postes proposés aux concours

À peine la censure du gouvernement Barnier était elle votée le 4 décembre, et alors que 200 000 fonctionnaires étaient en grève et manifestaient dans tout le pays le 5 décembre, le ministère de l’Education nationale publiait le jour même les arrêtés de recrutement d’enseignants titulaires prévoyant une baisse importante des postes proposés aux concours d’accès à l’enseignement pour la rentrée 2025.

Au Capes externe seront donc ouverts 4 890 postes au lieu de 5 122 pour la rentrée 2024, soit 232 postes en moins (et une baisse de 2.425 postes par rapport à 2017). Les disciplines les plus touchées sont l’Allemand (- 64 postes), la Physique-Chimie (- 53 postes), les Mathématiques (- 50 postes), les Lettres Classiques (- 30 postes), les Lettres Modernes (- 29 postes) ou encore l’Education Musicale (- 27 postes).

La baisse – modeste – des effectifs d’élèves annoncée dans le second degré pour 2025 (-0,17%) ne justifie en rien l’ampleur de cette saignée.

 

Si le Capes interne gagne 24 postes (975 en 2025 contre 949 en 2024), le « troisième concours » du Capes, accessible aux candidats ayant exercé une profession dans le privé, en perd 104 (320 en 2025 contre 424 en 2024).

Les concours d’accès à l’enseignement technologique n’échappent pas à ces réductions, puisque ne sont ouverts au Capet externe que 495 postes au lieu de 549 en 2024, soit 54 en moins, tandis qu’au Capet interne sont proposés 139 postes au lieu de 142 en 2024, soit 3 postes en moins, et qu’au « troisième concours » sont ouverts 70 postes au lieu de 75 en 2024, soit 5 postes en moins.

Si le nombre de postes à l’agrégation reste stable avec 1 710 places au concours externe contre 1712 en 2024, 1076 places au concours interne contre 1049 en 2024, et 54 places au concours externe spécial contre 55 en 2024, et si le nombre de postes aux concours des CPE progresse, avec 15 postes supplémentaires au concours externe, 25 au concours interne et 5 au troisième concours, le bilan général reste négatif.

 

Pour le SNFOLC, non seulement la baisse des postes ouverts aux Capes de Mathématiques et de Lettres Modernes confirme, pour ceux qui en doutaient encore, que le « Choc des savoirs » et ses groupes des niveaux n’a rien à voir avec une quelconque volonté d’améliorer les conditions d’exercice des professeurs et d’accès à l’enseignement des élèves, mais surtout, cette baisse du nombre des postes aux concours dans son ensemble confirme que la censure du gouvernement Barnier, si elle a momentanément suspendu l’adoption du projet de loi de finances (PLF) 2025, n’a pas suffi à elle seule à mettre un terme à la logique d’austérité budgétaire.

Bien au contraire, au moment même où ces mesures étaient annoncées dans la presse, on apprenait que dans plusieurs académies (Aix-Marseille, Lyon, Nantes, Reims…), les emplois de professeurs contractuels s’achevant en décembre ne seraient pas renouvelés faute de disposer des fonds nécessaires.

Or, tandis que le journal Le Parisien du 13 décembre indique que le cabinet de la ministre démissionnaire Genetet a contacté les rectorats concernés pour qu’ils réembauchent les enseignants qui n’avaient pas été reconduits, dans certains rectorats comme celui de Lyon l’attribution de rallonges budgétaires sur l’exercice 2024 ne suffit pas, à ce stade, à garantir que la totalité des contractuels concernés soit bien réemployée.

Ainsi, alors que l’argent manque pour embaucher des professeurs contractuels dont les établissements ont besoin pour assurer les remplacements, alors que plus une rentrée ne se passe sans que les personnels ne soient confrontés à des conditions de plus en plus dégradées (pénurie de professeurs, de CPE, d’AED, d’AESH, de Psy-EN, d’infirmières, d’assistantes sociales, d’administratifs etc…, classes surchargées, locaux et équipements en mauvais état ou insuffisants…), le ministère ne trouve rien de mieux que de réduire le nombre des postes aux concours…

Et aujourd’hui, avec la nomination d’un premier ministre, François Bayrou, non moins minoritaire et illégitime que son prédécesseur, il y a tout lieu de craindre que reviennent à l’ordre du jour les 60 milliards d’austérité du budget Barnier et avec eux la suppression de 4 000 postes à l’Education nationale, dont 180 postes dans les collèges et lycées.

De Barnier à Bayrou, en effet, le président Macron persiste dans son coup de force antidémocratique, dans sa volonté de mener coûte que coûte son programme de liquidation des conquêtes sociales, et à ce titre, de continuer jusqu’au bout le saccage de l’Ecole publique…

 

Dans ces conditions, les personnels qui, dans tout le pays, se sont engagés dans la grève les 10, 11 et 12 décembre, qui se sont joints aux agents territoriaux, aux personnels hospitaliers, aux personnels de la Sécu, aux cheminots, aux salariés du privé, sur les piquets de grève, dans les rassemblements, les manifestations, etc., ont eu mille fois raison de considérer que l’heure n’a pas sonné de marquer une pause dans la mobilisation et qu’au contraire, face au président Macron, plus fragilisé que jamais, le moment est venu de mettre toutes leurs forces dans la balance pour gagner sur les revendications.

Ils ont raison de considérer que les journées d’action isolées, aussi réussies soient elles, ne suffiront pas à bloquer Macron et ses gouvernements successifs, tous plus minoritaires et illégitimes les uns que les autres, et
que, pour y parvenir, l’heure est à organiser, dans l’unité la plus large, la grève pour gagner, la grève jusqu’à satisfaction des revendications.

Pour le SNFOLC, avec Bayrou comme avec Barnier, toutes les revendications demeurent, toutes sont légitimes.

 

Avec la FNEC FP-FO, le SNFOLC appelle les personnels à continuer de se réunir pour discuter et décider des moyens efficaces pour les faire aboutir :
– Annulation de toutes les suppressions de postes ;
– Maintien de tous les postes aux concours d’accès à l’enseignement et création de tous les postes nécessaires ;
– Retrait de toutes les mesures qui détruisent l’Ecole publique, ses enseignements disciplinaires, ses diplômes nationaux et remettent en cause les statuts et missions des personnels ;
– Fonds publics à l’école publique, fonds privés à l’école privée ;
– Abrogation de la loi dite de Transformation de la Fonction publique et abandon définitif de toutes les mesures Kasbarian (abrogation du jour de carence existant, pas un jour supplémentaire, maintien de l’indemnisation à 100 % des arrêts maladie…) ;
– Augmentation immédiate des salaires et du point d’indice ;
– Abrogation de la réforme des retraites Macron – Borne !

SNFOLC 35 : une résolution de combat

L’Assemblée générale du SNFOLC 35 du 12 décembre 2024 s’est réunie dans une situation politique confuse : renversement du gouvernement Barnier le soir du 4 décembre ; dès le lendemain, puissantes grèves et manifestations partout dans le pays pour dénoncer le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale comportant de nouvelles attaques contre la Sécurité sociale, notamment les 3 jours de carence au lieu d’un pour les fonctionnaires, et la baisse de l’indemnisation des arrêts maladie ordinaires de 100 à 90 %.

Le 5 décembre : grève historique dans l’Éducation nationale, avec 65 % dans le premier degré, 54 % dans le second degré. Plus de 5 000 manifestantes et manifestants dans les rues de Rennes, plusieurs centaines à Fougères. Dans ces cortèges, des agents titulaires et contractuels de la Fonction publique, mais aussi des camarades du secteur privé, et des usagères et usagers des services publics qui défendent leurs droits à bénéficier de ces services.

 

Au soir du 5, le président Macron s’est exprimé. Pas un mot des revendications portées par des milliers de personnels dans les rues, pas un mot des dernières réformes qui ont soulevé le pays (les retraites, l’assurance chômage…), mais un cap maintenu, celui de l’autoritarisme, des coupes budgétaires et du soi-disant « intérêt général ».

Durant la semaine du 9 décembre, en Ille-et-Vilaine, la mobilisation a continué de se construire : grève les 10, 11 et 12 décembre, blocage de l’ARS, manifestation intersyndicale le 12 décembre en jonction avec le secteur privé contre les plans de licenciement…

 

Mobilisation qui se poursuit malgré le rétropédalage de l’UIAFP dans son communiqué du 6 décembre, rétropédalage scandaleux et irrespectueux des syndicats départementaux, et malgré le honteux communiqué de presse intersyndical confédéral du 5 décembre :

Non, le SNFOLC 35, avec son UD, n’entend pas « suspendre son mouvement de grève des 10, 11 et 12 décembre dans l’attente des orientations du nouveau Gouvernement » ; non, pour le SNFOLC 35, « notre place et notre rôle » ne relèvent pas de la « négociation collective ».

 

Nous sommes un syndicat de combat : nous portons les revendications des personnels jusqu’au bout, jusqu’à leur satisfaction, par la grève générale et le blocage du pays s’il le faut. C’est cela, Force ouvrière.

 

[…]

L’AG du SNFOLC 35 appelle tous les personnels de l’Éducation Nationale à construire la mobilisation à partir de ce point d’appui. AG, HIS ou simples discussions informelles, toutes les solutions doivent permettre de construire la grève interprofessionnelle, jusqu’au blocage du pays s’il le faut.

La censure du gouvernement Barnier ne peut pas sonner l’heure de faire une pause dans la mobilisation. Au contraire, le moment est venu d’aller plus loin dans le rapport de force pour obtenir le retrait de toutes les contre-réformes scélérates et gagner sur les revendications.

 

Résolution adoptée à l’unanimité

lors de l’AG des syndiqués du SNFOLC35

du 12 décembre 2024.

Pour lire la suite :

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Blocage de l’ARS mardi 10 décembre par FO

Mardi 10 décembre dès 7h30, une bonne trentaine de militantes et militants FO ont bloqué la porte de l’Agence Régionale de Santé à Rennes pour exiger des moyens pour les Hôpitaux, les EHPAD , les structures médico-éducatives … 
 
Car dissolution ou pas du gouvernement, la ligne reste la même pour le pouvoir  : suppressions de lits d’hôpitaux, suppressions de postes, suppressions de moyens et une catastrophe programmée pour les personnels et les usagers !  
 
 
A l’UD FO 35 , on ne lâche rien !  Ce que nous défendions le 5 décembre dernier en manifestation, nous continuerons inlassablement à le faire dans l’unité public-privé car les services publics sont la seule richesse de celles et ceux qui ne sont ni actionnaires ni rentiers. 
 
 

Après le 5 et le 10 décembre : grève et manif le 12 décembre !

Après la grève massive du 5 décembre, notamment dans l’Éducation nationale (65 % dans le premier degré, 54 % dans le second degré,  plus de 5000 manifestantes et manifestants dans les rues de Rennes, plusieurs centaines à Fougères)…

Après le blocage de l’ARS mardi 10 décembre dès 7h30 le matin…

A l’UD FO 35, on ne lâche rien !

Ce que nous défendions le 5 décembre dernier en manifestation et le 10 décembre en blocage, nous continuerons inlassablement à le faire dans l’unité public-privé car les services publics sont la seule richesse de celles et ceux qui ne sont ni actionnaires ni rentiers.

Ainsi , ce jeudi 12 décembre à 14H esplanade de Gaulle à Rennes, manifestation intersyndicale contre les plans de licenciements, pour la défense des services publics !

 

Ceci est un appel intersyndical. Cf communiqué ci-dessous :

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Après le 5 décembre, on continue !

Des actions de blocage sont organisées dans le département ces 10, 11 et 12 décembre. Contactez-nous pour y participer.

 

Manifestation interprofessionnelle et intersyndicale ce jeudi 12 décembre : RDV à 14H Esplanade de Gaulle, contre la casse de l’outil industriel et des plans de licenciements dans le département en faisant la jonction avec la question des salaires et des services publics.

 

La censure vient de faire tomber le gouvernement Barnier, suite au 49-3 pour passer en force son PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale), ses trois jours de carence pour les fonctionnaires…

C’est le résultat du refus de reconnaître le rejet majoritaire des politiques antisociales du président Macron exprimé dans la rue depuis plusieurs années déjà.

Raison de plus pour transformer l’essai en exigeant la satisfaction immédiate de toutes les revendications !

C’est ce que disent aujourd’hui les personnels de l’Education nationale qui étaient massivement en grève le 5 décembre.

 

Les étudiants et les lycéens sont également fortement mobilisés.

Ils savent que si nous n’avons plus de gouvernement aujourd’hui, nous n’avons aucune garantie que le prochain n’aura pas la même feuille de route. Aucune garantie qu’un budget d’austérité ne reviendra pas, par la porte ou la fenêtre, pour supprimer des postes, geler les salaires, délabrer encore l’Ecole publique et remettre en cause le droit à l’instruction.

 

Convaincus que la journée du 5 décembre ne suffira, les personnels se posent légitimement la question de reconduire la grève, dès le 10 décembre, avec d’autres secteurs, dont les cheminots qui maintiennent leur appel à la grève à partir du 11.

Grève les 10, 11, 12… pour bloquer et gagner ! FO propose d’organiser l’action commune.

Le SNFOLC 35, avec son UD,  appelle les personnels à se réunir dans les écoles, établissements, services, y compris avec les parents d’élèves, les agents territoriaux, et à décider des moyens les plus efficaces pour obtenir satisfaction :
– Abrogation de la réforme des retraites Macron-Borne !
– Augmentation des salaires et du point d’indice : 10 % tout de suite !
– Contre tout jour de carence et tout impact sur l’indemnisation en cas d’arrêt maladie !
– Retrait de toutes les mesures qui détruisent l’Ecole publique, du « choc des savoirs » à la réforme Grandjean des lycées professionnels en passant par l’acte 2 de l’Ecole inclusive, l’acte 2 de l’autonomie et la mise en déficit des universités !
– Annulation de toutes les suppressions de postes et créations de tous les postes nécessaires !

Des actions de blocage sont organisées dans le département ces 10, 11 et 12 décembre. Contactez-nous pour y participer.

 

Manifestation interprofessionnelle et intersyndicale ce jeudi 12 décembre : RDV à 14H Esplanade de Gaulle, contre la casse de l’outil industriel et des plans de licenciements dans le département en faisant la jonction avec la question des salaires et des services publics.