Arrêts de travail en 2025 : Toujours et encore des économies sur le dos des malades !

De nombreux médias mettent en avant l’abandon du projet des 3 jours de carence du gouvernement Barnier.

Mais ce qu’ils oublient de dire, c’est qu’avec le budget Bayrou a été maintenue la baisse de la rémunération des CMO : les 100% de maintien de salaire seront réduits à 90% à partir de 2025 !

Vous trouverez ci-dessous des exemples concrets et un simulateur.

Pour télécharger et diffuser ce document : c’est ici.

Déclaration liminaire FNEC FP-FO du CSA Men du 21 janvier 2025

Nous réitérons notre demande de satisfaction des revendications des personnels de Mayotte : hausse du taux d’indexation des salaires pour compenser le coût de la vie, aide de 2000 € pour tous quel que soit l’indice, instauration de l’ASA dans l’ensemble du département, extension de la reconnaissance REP+ à toutes les écoles et tous les établissements du département, mais également que la rentrée scolaire ne soit pas décrétée tant que les conditions de sécurité ne seront pas réunies.

Dans son discours de politique générale le 14 janvier, le Premier ministre François Bayrou n’a annoncé ni l’abrogation de la réforme des retraites, ni sa suspension. Bien au contraire, il ne vise qu’à poursuivre les politiques d’austérité menées par les précédents gouvernements, et il annonce d’ores et déjà plus de 50 milliards d’économies sur nos salaires, nos services publics, notre Sécu et nos retraites. Et pour gagner du temps, dans un contexte d’extrême fragilité, il propose aux syndicats patronaux et de salariés l’organisation d’un « conclave » pour trouver « un accord d’équilibre » sur le financement des retraites à partir d’un état des lieux produit prochainement par la Cour des comptes.

Le conclave Bayrou-Macron est un piège tendu aux organisations syndicales, dans le but de les associer soit au maintien de la réforme actuelle, soit à l’instauration d’une réforme systémique, réforme universelle par points ou par capitalisation, que nous avons déjà rejetée et combattue en 2019. Ce n’est pas la place des syndicats de salariés, et en tout cas pas celle de Force Ouvrière, de participer à l’élaboration d’une réforme dont les contours ont d’ores et déjà été fixés par le Premier ministre et le Medef. Ce conclave est un enfumage.

Comme le ministre Attal avait sorti de son chapeau l’annulation de 2440 suppressions de postes d’enseignant sans que le PLF ne soit modifié, la ministre Borne voudrait que l’on applaudisse à l’annulation des 4 000 suppressions de postes d’enseignants. Comme l’an dernier, ces annonces viennent après la publication du nombre de postes aux concours qui ne seront pas augmentés. Comme l’an dernier, ce sont encore des postes supprimés dans le premier degré et, dans le second degré, encore des postes spoliés pour la réforme du « choc des savoirs » au détriment des disciplines. Comme l’an dernier, cela annonce encore une rentrée dégradée.

Comment se réjouir de la suppression de 470 postes dans le premier degré, alors que la situation dans les écoles explose ! Il faut des postes pour les remplaçants en nombre insuffisant (seuls 80 % des absences sont remplacées). Il faut des postes pour baisser les effectifs dans les classes dont plus d’un quart sont à plus de 25 élèves. Il faut des postes spécialisés pour prendre en charge les élèves à besoin particulier ; et au lieu de cela, la ministre poursuit l’acte 2 de l’Ecole inclusive, le démantèlement des établissements sociaux et médico-sociaux. Ce sont des centaines de fermetures de classes qui se profilent. Inacceptable !

Comment se réjouir de la création de seulement 324 postes dans le 2nd degré et 170 postes de CPE, quand 542 postes sont déjà fléchés pour poursuivre en 4ème et 3ème le « Choc des savoirs », réforme massivement rejetée par les personnels et les parents. Cela se mettrait en place collège par collège, dans un cadre totalement territorialisé… Impossible donc de réduire le nombre d’élèves par classe avec des classes à plus de 30 voire plus de 35 en lycée !
Et toujours aucune création de postes pour les personnels administratifs, infirmiers, médicaux, sociaux, et d’encadrement qui sont en nombre notoirement insuffisant !

La ministre Borne a aussi annoncé la création de 2 000 postes d’AESH, qui était déjà prévues par le gouvernement Barnier. Chacun sait qu’un poste d’AESH créé n’équivaut pas à un personnel recruté, faute de candidats tant les salaires sont bas et les conditions de travail dégradées. La récupération par l’Etat du temps méridien, annoncée comme la solution à tous les maux, a principalement réduit le temps d’accompagnement ou la pause repas des AESH sans toujours augmenter les salaires. Plus que jamais, la FNEC FP-FO revendique un statut de fonctionnaire de catégorie B avec un temps complet pour 24h d’accompagnement et l’abandon des PIAL et des PAS.

Comment se réjouir, alors que la ministre Élisabeth Borne a présenté, depuis vendredi, un amendement au sénat de 52 M€ d’économies d’économie budgétaire qui s’ajoutent aux 170 M€ votés avant la censure du gouvernement Barnier et aux 683 M€ ponctionnés sur le budget de l’EN en 2024, mais n’a pas présenté d’amendement pour le rétablissement des 4000 postes.

Devons-nous nous attendre à de nouvelles suppressions heures supplémentaires ponctuelles, l’amputation des frais de déplacement, la non-reconduction d’enseignants non titulaires ?

Nous demandons donc également des informations sur le BOP 214. Quel budget de fonctionnement pour l’année prochaine ? Dans le projet de budget, des économies substantielles étaient prévues sur le bâtiment. Qu’en est-il ? Les frais de déplacements seront-ils pris en charge, pour toutes les missions, jusqu’à la fin de l’année ? Qu’en est-il du budget du CNED, de CANOPE, de l’ONISEP ? Il est également question d’une deuxième journée de solidarité ou de la réduction des vacances d’été en 2026. Nous vous demandons à nouveau, qu’en est-il ?

Malgré la mobilisation au printemps dernier, et les retours alarmants des personnels, un projet de décret a été envoyé aux élus de la CSL pour les groupes de besoins en 6ème et 5ème sur l’ensemble du volume horaire. La FNEC FP-FO continue à s’y opposer et demande l’abrogation de l’ensemble de la réforme du « choc des savoirs ».

Madame la ministre a confirmé l’abandon des 2 jours de carence supplémentaires pour les fonctionnaires. Le sénat a voté 2 jours plus tard la baisse de l’indemnisation des congés maladie à 90%. Nous ne l’acceptons pas.

 

Concernant les autres contre-réformes, la ministre s’inscrit dans la continuité. Tout est maintenu : Parcoursup, « choc des savoirs », SNU, réforme de la voie professionnelle, acte 2 de l’Ecole inclusive avec déploiement des Pôle d’Appuis à la Scolarité qui aggravent la logique des PIAL (100 postes seraient prévus à cet effet) et externalisation des établissements sociaux et médico-sociaux (pour lesquels aucun poste n’est évidemment prévu alors qu’au moins 24 000 élèves sont en attente de place).

La FNEC FP-FO maintient toutes ses revendications : créations de tous les postes nécessaires ! Augmentation du point d’indice : 10% tout de suite ! Abandon des contre-réformes ! Non au « conclave » ! Abrogation de la réforme des retraites Macron-Borne ! Non au budget Bayrou qui prévoit 53 milliards d’économies !

Budget 2025 : nouvelle saignée pour les agents publics

Le Premier ministre François Bayrou ferait un « geste » en faveur des fonctionnaires et agents publics en renonçant à imposer 3 jours de carence dans la Fonction publique, contrairement aux choix précédents de BARNIER- KASBARIAN.

Cette décision du Premier ministre, décision logique tant la motivation pour la justifier par l’ancien ministre KASBARIAN était indigente, injuste et stigmatisante, ne peut en aucun cas être considérée comme une avancée. En réalité, on a simplement évité un recul des droits.

Les fonctionnaires continuent d’avoir un jour sec de carence, non compensé, contrairement à ce qui se pratique dans une grande partie du secteur privé.

 

Par ailleurs, la mesure qui impacte le plus les fonctionnaires, puisqu’elle est estimée à près d’1 milliard d’euros de coupe budgétaire, reste la réduction de 10 % de l’indemnisation des jours d’arrêt maladie. Or, celle-ci est maintenue par le Premier ministre. Ainsi, les difficultés financières vont s’ajouter à la maladie. C’est la double peine.

 

De plus, l’année blanche pour 2024 demeure une ligne rouge pour FO Fonction publique ; cette mesure a encore nettement accentué le décrochage de la valeur du point d’indice par rapport à l’inflation. Aujourd’hui, pour retrouver la même valeur qu’au 1er janvier 2000, il faudrait une augmentation de 31.5%. 

L’effondrement de la valeur du point d’indice tasse la grille et remet en cause les carrières et la reconnaissance des qualifications à travers les catégories A, B et C. C’est la smicardisation des agents publics !

 

Encore plus grave, le gel du point d’indice semble confirmé pour 2025, ce qui ferait une 2ème année blanche après 2024.

La GIPA reste remise en cause pour 2024 et nous ignorons toujours l’éventuelle nouvelle disposition qui pourrait la remplacer, sauf à craindre qu’elle ne réduise encore plus le nombre de bénéficiaires.

Bien que FO Fonction publique ait réaffirmé ses revendications prioritaires en matière de rémunération tant auprès du Premier ministre qu’auprès du ministre de la Fonction publique :
– revalorisation du point d’indice des fonctionnaires de 10 % ;
– ouverture des négociations pour améliorer la grille indiciaire ;

aucune de ces revendications n’a malheureusement été prise en compte.

 

Le PLF (Projet de Loi de Finances) 2025, c’est aussi l’austérité imposée aux collectivités qui conduit à programmer la suppression de 100 000 emplois dans la Fonction Publique Territoriale.

Enfin, l’ONDAM (Objectif National des Dépenses d’Assurance Maladie) hospitalier, contenu dans le PLFSS (Projet de Loi de financement de la Sécurité Sociale), va faire subir une nouvelle année de galère à notre système de soins. Les fermetures de lits et toutes les mesures de restrictions vont continuer à dégrader les conditions de travail des personnels hospitaliers.

En l’état, FO Fonction publique mettra tout en oeuvre pour faire aboutir ses revendications, par tous les moyens, y compris la grève.

Inclusion scolaire : où en sommes-nous 20 ans après la loi Montchamp ?

Seule la FNEC FP-FO a voté contre les décrets d’application de la Loi Montchamp de 2005 lors du Conseil Supérieur de l’Education (CSE) du 20 octobre 2025.

Nous allons « fêter » en février le 20ème anniversaire de la Loi Montchamp sur le Handicap de 2005.

 

Dans l’enseignement, cette loi a introduit un changement de paradigme : tous les enfants et adolescents handicapés sont désormais inscrits et inclus par défaut dans les écoles et les classes ordinaires, les droits aux soins et à un enseignement spécialisé adapté selon la nature et le degré du handicap n’étant plus la norme mais l’exception.

20 ans après la loi Montchamp de 2005
Où en sommes-nous ?

 

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Le sénat coupe les vivres au SNU… FO demande son abandon total !

Jeudi 16 janvier, le Sénat a porté un coup supplémentaire au service national universel (SNU), dispositif de militarisation de la jeunesse dès le lycée voulu par le président Macron depuis 2017 et entré en vigueur en 2019.

Il a décidé de rediriger 80 millions d’euros de financement sur les 100 millions prévus pour l’année 2025 vers le budget des Sports.

 

Ce n’est certes pas la crainte de voir la jeunesse embrigadée qui a motivé le vote de la Chambre Haute, mais le fait que « après cinq ans d’expérimentation, le SNU n’apporte pas une plus-value suffisante en comparaison des autres politiques d’engagement de la jeunesse pour justifier la poursuite de son déploiement » et que dans ces conditions, sa généralisation n’est « ni possible, ni souhaitable ».

Parmi les obstacles à cette généralisation a été pointée la difficulté pour trouver « suffisamment de centres pour accueillir l’ensemble des jeunes », et surtout le coût « faramineux » que cela occasionnerait, estimé par la Cour des Comptes entre 3,5 et 5 milliards d’euros, dans son rapport publié en septembre 2024.

Suite à ce rapport, les commissions des finances de l’Assemblée Nationale et du Sénat avaient adopté, en octobre, des amendements pour retirer le SNU du Projet de Loi de Finances (PLF) 2025.

 

Mais le gouvernement n’a pas dit son dernier mot.

En effet, la ministre des Sports et de la Jeunesse, Marie Barsacq, tentant de sauver coûte que coûte le projet présidentiel, s’est opposée au vote des sénateurs en déclarant qu’il n’était « pas opportun de sacrifier le SNU au profit du sport » et en annonçant qu’un « groupe de travail interministériel » serait chargé de proposer « des évolutions pour la rentrée scolaire ».

De son côté, le président Macron, lors de ses vœux aux armées, le 20 janvier à Cesson-Sévigné, a confirmé sa volonté de militariser coûte que coûte la jeunesse en déclarant :

« il faut donner le choix de servir. Non pas rétablir le service national obligatoire mais permettre à une jeunesse volontaire d’apprendre avec les armées et d’en renforcer les rangs ».

Des évolutions ? Mais qui veut encore du SNU ? Qui en a jamais voulu à part le président Macron ?

 

Certainement pas les lycéens qu’il est censé recruter puisque le taux de désistement est passé de 19 % en 2022 à 28 % en 2023. Avec 13 300 inscrits volontaires et 22 400 élèves des « classe engagées », enregistrés à l’automne 2024, on approche péniblement des 36 000 participants alors que le gouvernement en envisageait 66 000 dans le cadre du PLF 2025, soit déjà 14 000 de moins que pour l’objectif 2024.

Pour sa part, la FNEC FP-FO ne cessera de répéter que « la place des jeunes est à l’Ecole, pour accéder à l’instruction et à des qualifications et non dans des lieux d’embrigadement dans la logique de préparation à la guerre ».

 

De l’argent, il en faut pour les postes statutaires nécessaires dans les écoles, collèges, lycées et universités, pour les classes, pour les heures de cours disciplinaires, mais pas un sou pour le SNU !

C’est pourquoi la FNEC FP-FO continue à exiger l’abrogation pure et simple du SNU et l’abandon des « classes défense » et des « classes engagées ».