Blocage du Rectorat mercredi 15 janvier 2020

Mercredi 15 janvier 2020, tôt le matin et pendant plusieurs heures, le rectorat de Rennes a été bloqué par des salariés de différents secteurs, non syndiqués et syndiqués : enseignants, cheminots, postiers, finances, territoriaux des Champs libres… 200 personnes réunies pour dire non à la réforme des retraites et inviter les personnels du Rectorat à les rejoindre dans la grève.

Ci-dessous le communiqué rédigé collectivement lors de ce blocage.

« Nous, personnels de l’éducation, cheminots et salariés d’autres secteurs mobilisés contre le projet de réforme des retraites, bloquons aujourd’hui mercredi 15 janvier 2020 le Rectorat de Rennes.
Cette action s’inscrit dans la continuité de la mobilisation suivie partout en France depuis le 5 décembre contre le projet de réforme des retraites et le projet de société qui nous est imposé par Emmanuel Macron et son monde. Aujourd’hui, les cheminots en sont à leur 42ème jour de grève.
Nous refusons le projet Delevoye-Macron qui n’a jamais été synonyme d’équité ni de justice sociale.
Nous invitons les DASEN et les Recteurs à reverser aux caisses de grève des cheminots et des enseignants l’intégralité de leur indemnité tenant compte des fonctions des sujétions de l’expertise et de l’engagement professionnel de la Fonction Publique d’État, récemment revalorisée à hauteur de 51 710 euros.
Et nous exigeons le retrait immédiat du projet de réforme des retraites. »

 

Article dans Ouest-France : lien ici.

Suite au blocage, les salariés mobilisés ont rejoint l’action appelée par l’interpro devant le MEDEF.

Tous ensemble dans la lutte contre le projet de réforme des retraites !

Augmentation de salaire ? Le ministre nous prend pour des pigeons

« Dans le cadre de la réforme des retraites » le ministre Blanquer invite les syndicats à une parodie de négociations, dans laquelle il propose 500 millions d’euros pour 2021 en échange d’un « calendrier précis sur les missions des enseignants et leur évolution ».
 
500 millions annuels, sur l’ensemble des personnels de l’Education nationale, c’est 40 euros bruts mensuels.
 
La réforme des retraites Macron-Philippe-Berger, c’est plusieurs centaines d’euros de pension en moins par mois.
 
  • 400 euros par mois en moins de pouvoir d’achat : c’est l’effet conjugué du gel du point d’indice et de l’inflation depuis 2000, pour un personnel de catégorie A.

     

  • 300 euros par mois pour un personnel de catégorie B

     

  • 200 euros mensuels pour un personnel de catégorie C

    L’article 1 du projet de loi ne trompe personne : « garantir un même niveau de retraite pour les enseignants et chercheurs que pour des corps équivalents de même catégorie de la fonction publique », c’est garantir la baisse du niveau des pensions pour tout le monde !

Depuis le 5 décembre, dans de nombreux établissements et services, des AG quotidiennes se tiennent pour décider la grève. Les personnels de l’Education nationale sont aux côtés des cheminots, des salariés de la RATP, de l’EDF et manifestent contre « la détermination du gouvernement » à imposer un système qui fait perdre de 30 à 40% de pension. Ils manifestent contre la remise en cause de leurs droits, de leur statut, dont le Code des Pensions civiles fait partie intégrante.
 
Pas question d’accepter ce jeu de dupes !
 
Pour le ministre Blanquer, il faudrait cesser la grève, la défense des revendications, se vendre pour un plat de lentilles, et accompagner la modification de nos carrières, du temps de travail, de nos missions. La FNEC FP-FO a refusé de se ranger derrière cette mascarade. Avec sa fédération de fonctionnaires la FGFFO, la FNEC FP-FO s’est adressée au gouvernement pour exiger l’ouverture de vraies négociations portant sur l’augmentation des salaires.
 
La FNEC FP-FO le dit clairement au ministre : depuis 42 jours les salariés du public et du privé sont en grève, ils sont déterminés. Ils ne sont pas dupes des manœuvres gouvernementales, que ce soit le coup monté entre le Edouard Philippe, la CFDT et l’UNSA sur « l’âge pipeau », ou la pseudo-revalorisation annoncée à l’Education nationale.
 
AG partout pour amplifier la grève,
Retrait de la réforme universelle par points !
Les faire céder sur les retraites, c’est ouvrir la voie à la satisfaction de toutes les revendications. La FNEC FP-FO appelle les personnels à préparer et poursuivre la grève, et à participer massivement aux manifestations interprofessionnelles du 16 janvier 2020.

Retraites et âge pivot : réaction de FO

Vous trouverez, ci-dessous, le communiqué de presse de FO qui réagit aux annonces du 1er Ministre d’aujourd’hui et qui appelle « à poursuivre et renforcer la grève. »

Ce samedi 11 janvier, des dizaines de milliers de manifestants ont réaffirmé avec force leur détermination : le gouvernement doit céder. Des cortèges denses et dynamiques ont à nouveau repris sur l’air des gilets jaunes les mots d’ordre de retrait de la réforme des retraites. La détermination est là. La répression gouvernementale aussi, comme à Paris ou à Nantes, où les grenades lacrymo et les coups de matraques se sont abattus sur des manifestants pacifiques. Des militants syndicalistes ont été interpellés par la police. Un camarade du SNFOLC de la Somme va passer la nuit en garde à vue au commissariat : c’est inadmissible !

Pour le gouvernement, il y aurait d’un côté les « partenaires sociaux » qui acceptent de coopérer, et de l’autre ceux qui – en revendiquant en toute indépendance – « minent l’unité nationale« …

L’immense majorité des salariés rejette la réforme Macron-Philippe-Berger. Ils refusent ce basculement vers la fin de tous les droits collectifs et de tous les statuts.

Le SNFOLC 35 appelle à tenir partout des AG pour rassembler les personnels sur l’exigence du retrait de la réforme des retraites et organiser, étendre la grève jusqu’à satisfaction. C’est notre responsabilité, c’est la place du syndicat.

En grève : bloquons les E3C

Le gouvernement ne craint pas les journées saute-moutons qui aboutissent à l’épuisement des grévistes, il craint la reconduction de la grève contre la retraite par points et le blocage des épreuves du baccalauréat. Il sait que les professeurs en sont capables, ils en ont fait la démonstration en juillet dernier. C’est de sa responsabilité de retirer ses contre-réformes.

Ni retraites par points, ni E3C

 
Depuis des semaines les professeurs, aux côtés des salariés de tous les secteurs se battent contre l’individualisation des carrières et des salaires qu’imposerait la réforme Macron-Philippe de la retraite par points. Depuis des semaines les professeurs sont confrontés au casse-tête des E3C qui individualisent les épreuves du baccalauréat et dénaturent cet examen.
 
Les réformes que nous combattons font système. Refuser la retraite par points c’est refuser le chacun pour soi, c’est refuser d’être la génération qui aura sacrifié les suivantes. Le baccalauréat perd sa valeur nationale à cause de la réforme Blanquer qui impose des épreuves le contrôle continu toute l’année. Nos élèves, qui entreront sur le marché du travail à leurs 18 ans en 2022, se verraient appliquer la réforme par points plein pot ! Une fois sur le marché du travail, nos élèves perdraient les garanties qu’apporte le système actuel ? Nous refusons ce système révoltant qui relègue la jeunesse dans une future sous-catégorie de salariés avec moins de droits. Nous n’acceptons ni la destruction du diplôme du baccalauréat, ni la destruction de notre système de retraite.
 

Dans tous les lycées, le même constat

Les conditions d’organisation des E3C aboutissent à anéantir la valeur du diplôme et exposer les professeurs au burn out : délais trop courts, explosion de la charge de travail, redéfinition du bac par lycée et par élèves, épuisement et stress des élèves, pression permanente sur les équipes pédagogiques pour préparer les élèves à ces épreuves alors que les conditions pour y parvenir ne sont pas réunies. Les collègues se sont adressés à leurs IPR, au recteur, au ministre.
 
Ils les ont alertés sur le fait qu’ils sont placés dans l’incapacité de passer les épreuves. La seule réponse : les injonctions paradoxales et les tentatives pour diviser les équipes pédagogiques. C’est insupportable ! Dans tous les lycées, le constat est le même : les professeurs sont placés dans l’incapacité de faire passer des épreuves dignes de porter le nom de baccalauréat. Ils constatent que leur santé est directement menacée.
 

Ce que demandent certains syndicats

La réforme Blanquer du baccalauréat général et technologique prévoit une première session de 3 ou 4 épreuves communes de contrôle continu (E3C) en janvier-février 2020 : histoire-géographie, langues vivantes A et B + mathématiques pour les séries technologiques.

Certains syndicats demandent la suppression de ces épreuves et leur transformation en épreuves terminales nationales en fin d’année. Pour les élèves de première, ce sera non plus 2 ou 3 épreuves anticipées qui auront lieu en juin comme dans l’ancien bac (français écrit, oral et sciences pour les anciennes séries L et ES), mais 6 ou 7 épreuves qu’ils devront passer en fin d’année de première (français écrit, oral, histoire-géographie, langues vivantes A et B, enseignement scientifique et la spécialité abandonnée en fin de première (ou mathématiques pour les séries technologiques) : cette demande est inacceptable !

Ce que demande Force Ouvrière

FO ne demande pas le report, mais l’annulation pure et simple des E3C. C’est un moyen d’action pour montrer notre opposition jusqu’au retrait du projet de réforme des retraites.

En grève depuis le 5 décembre,  saisissons-nous du blocage des E3C comme moyen pour faire flancher le gouvernement afin qu’il retire sa réforme des retraites ! 

Nos revendications sont claires :

  • annulation des E3C
  • abrogation des réformes des lycées, du baccalauréat et de Parcoursup
  • abrogation de la loi pour l’école de la confiance
  • abrogation de la loi de transformation de la fonction publique
  • retrait du projet de réforme des retraite
 
En grève depuis le 5 décembre, en AG le 6 et les jours suivants, le SNFOLC 35 considère qu’il est possible de bloquer les E3C pour montrer notre opposition jusqu’au retrait du projet de réforme des retraites.
 
Le SNFOLC 35 rappelle que la fédération FO de l’enseignement, la FNEC FP-FO, a déposé un préavis de grève, que le droit de grève est constitutionnel. Il pose un cadre légal qui dégage les grévistes de leurs obligations de service. Toute pression ou menace de sanction est alors dénuée de fondement.
 
Le SNFOLC 35 apportera tout son soutien aux collègues engagés dans ce combat décisif pour résister, pour reconquérir nos droits et pour garantir les droits des générations futures.

Le SNFOLC 35 appelle à poursuivre la grève !

Alors que l’année commence en pleine grève historique pour le retrait de la contre-réforme des retraites, nous avons entendu les vœux du Président de la République : au-delà des slogans et des formules creuses ressassées depuis des mois, il a décidé d’ignorer ce qui s’exprime depuis le 5 décembre.

Macron et son gouvernement nous méprisent

  • Mépris à l’égard de l’immense majorité des salariés qui refuse la destruction des droits collectifs, et ne veut pas léguer aux générations futures un système basé sur la capitalisation, géré par les fonds de pensions.

     

  • Mépris à l’égard des organisations syndicales accusées de « mensonges et de manipulations », et sommées d’accompagner la contre-réforme dans le cadre d’un pseudo compromis.

Au même moment le gouvernement poursuit la casse des statuts et des services publics

En quelques jours, le gouvernement vient de publier plusieurs décrets de régression sociale, malgré l’opposition de la majorité des organisations syndicales, dont FO :
 
  • Trois décrets d’application de la loi de transformation de la Fonction publique permettant d’une part l’ouverture de la Fonction publique à des non fonctionnaires et d’autre part l’expérimentation de ruptures conventionnelles, comme c’est déjà le cas dans le privé ; un décret sur le transfert définitif de parties des services des Dronisep aux régions ; un décret d’application de la loi anti-laïque pour « une école de la confiance » sur le financement des écoles maternelles privées par les communes ; deux décrets donnant encore plus de pouvoirs aux recteurs de région académique.

     

  • Publication de la loi de financement de la sécurité sociale, avec notamment un nouveau plan d’économies de plusieurs milliards dans la santé et la poursuite de la sous-indexation des pensions de retraite et de la plupart des prestations familiales (+ 0,3 % à comparer à une inflation de 1,2 %) c’est à dire une baisse du pouvoir d’achat.

Il faut les arrêter ! Nous pouvons les arrêter !

Le gouvernement espérait une trêve, pour casser la mobilisation qui dresse des millions de salariés contre son projet. Il a perdu son pari. La grève pour le retrait de la réforme des retraites se poursuit à la SNCF, à la RATP, dans des raffineries… Pendant les congés, de nombreux personnels de l’Education nationale ont participé aux actions de soutien à la grève, aux rassemblements, aux blocages, aux collectes pour les caisses de grève…
 
Le SNFOLC 35 appelle les personnels à se réunir en AG dès le jour de la rentrée, pour décider la poursuite de la grève.
 
Le gouvernement ne nous laisse pas d’autre choix que la grève unie jusqu’au retrait du projet gouvernemental.