Annulation de l’épreuve de géographie du CAPES d’histoire-géographie : la fragilisation du CAPES avant sa suppression ?

L’épreuve de géographie du CAPES d’histoire-géographie qui a eu lieu le 24 mars vient d’être annulée, à la suite d’un grave défaut dans la préparation des sujets, ce qui entraînait à une rupture d’égalité des chances entre les candidates et les candidats dans le déroulement de l’épreuve.

La FNEC FP-FO apporte son entier soutien à la motion émanant de préparateurs aux épreuves du Capes externe en histoire-géographie…

 

Télétravail: où en sommes-nous?

Les ministères de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ont ouvert des discussions pour la mise en œuvre du télétravail au sein de ces deux ministères.

Le préalable à un accord cadre a été un accord de méthode.

Pour le ministère, l’accord sur le télétravail est le prétexte à une réorganisation des relations de travail. D’un droit individuel, le ministère entend en faire un mode d’organisation collectif du travail, laissant la porte ouverte à plus de pression hiérarchique sur les agents au nom de la « Qualité de Vie au Travail».

 

Pour toutes ces raisons, la FNEC FP-FO n’a pas signé l’accord de méthode (toutes les autres OS l’ont signé).

 

Dans le projet d’accord-cadre proposé par le ministère, on peut y lire le retour sur site à la discrétion du chef de service, l’imposition d’un jour en télétravail, un droit à la déconnexion souple, la réduction des surfaces avec la mise en place des bureaux partagés…

Ce projet fait aussi référence à l’obligation du télétravail en fonction de « circonstances exceptionnelles ». De la même manière, dans ce projet, le rôle de la médecine de prévention et des CHS-CT est occulté. Enfin, cet accord n’exclut pas explicitement de son champ les enseignants de l’enseignement supérieur.

Nous avons décidé de participer aux réunions relatives à l’accord-cadre sur la base de nos mandats. A plusieurs reprises, lors des réunions organisées en multilatérales, nous sommes intervenus pour que les statuts et droits des personnels soient respectés, même avec cette forme particulière de travail.

Vraisemblablement, certains de nos amendements devraient être pris en compte par le Ministère.

Pour autant, le fond de cet accord sur le télétravail est en deçà des dispositions du décret n° 2016-151 du 11 février 2016 et donc, en l’état, est inacceptable.

Ce projet est le prétexte pour les ministères de mener un peu plus loin leur politique de destruction de l’Education Nationale et de l’Enseignement supérieur et de de la Recherche et de remise en cause des statuts des personnels.

 

La FNEC FP-FO va continuer à porter les revendications sur la question du télétravail dans le cadre des bilatérales qui vont être organisées par le Ministère suite à ces premières discussions :

– respect du volontariat
– pas de télé-enseignement
– respect des obligations réglementaires de service
– respect des statuts, notamment en ce qui concerne les congés de maladie
– aucune remise en cause du droit de grève qui ne doit pas être considéré comme circonstance exceptionnelle
– prise en charge par l’employeur du coût du télétravail
– augmentation de l’allocation forfaitaire de télétravail sans limitation annuelle
– respect des conditions de travail (lieux et matériel)
– application de la réglementation en ce qui concerne les accidents de service et maladie professionnelle
– consultation des CHS-CT

Les professeurs de chaires supérieures toujours victimes d’une inversion de carrière

La réforme PPCR mise en œuvre dans l’Education nationale à partir de 2017 a conduit à une inversion de carrière pour les professeurs de chaires supérieures, moins bien traités dans leur corps d’accueil que dans leur corps d’origine.

Cette inversion de carrière était initialement assumée par le gouvernement de l’époque : pour accéder à une rémunération à la hors échelle B, les professeurs de chaires supérieures devaient réintégrer le corps des professeurs agrégés…

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Réintroduction des maths dans le tronc commun de 1ère ?

J-M Blanquer maintient la réforme du lycée.

LE MINISTRE PENSE QU’EN BRICOLANT À LA VA VITE SA RÉFORME, IL PEUT FAIRE FACE À LA BRONCA

Certes, Il est bien obligé de reconnaître que l’enseignement des mathématiques au lycée est sinistré, mais il voudrait tenter un bricolage de dernière minute visant à camoufler le bilan calamiteux de sa réforme du lycée et du baccalauréat. Les professeurs ne sont pas dupes !

Dans le rapport qui a été remis le lundi 21 mars à sa demande par le Comité de suivi de la réforme du lycée, le constat est sans appel : une chute de plus de 30 % du nombre d’élèves qui bénéficient d’au moins trois heures hebdomadaires de mathématiques en terminale, combinée à une désaffection marquée des filles. Globalement, c’est 18 % d’heures d’enseignement de mathématiques en moins. Autant d’heures-postes économisées… En ces temps où recruter des professeurs devient une gageure.

Mais avec toute la complaisance attendue, les auteurs du rapport dédouanent le ministre. Constatant le décrochage du niveau des élèves français dans les comparaisons internationales, ils insistent opportunément sur le passif, accumulé au fil de décennies et qui, d’après eux, expliquerait la situation actuelle. La ficelle est un peu grosse… Car s’il est avéré que le niveau en maths des élèves baisse depuis des années, sous l’effet de réformes allant toujours dans le même sens – baisse des horaires dédiés, pédagogisme, interdisciplinarité – il est tout aussi vrai que J-M Blanquer avec sa réforme du lycée y apporte une contribution majeure ! Il oublie aussi que de 2009 à 2012, il était lui-même à la tête de la mise ne place des réformes comme directeur de la Direction générale de l’enseignement scolaire.

LA PANIQUE DE J-M BLANQUER…

Quant aux mesures proposées, elles sont marquées du sceau de la panique, et sont à l’évidence inapplicables : dans quelles conditions seraient ainsi, en quelques mois, élaboré un programme, rédigés des manuels ? Avec quelle évaluation en fin de 1ère ? Et par quelle magie fera-ton apparaître les 450 équivalents temps plein qui seraient nécessaires d’ici la rentrée 2022 ? Ne s’agit-il pas au fond de parler et de faire parler avant les élections ?

… MAIS LES REVENDICATIONS DES PROFESSEURS SONT TOUJOURS LÀ !

Si on veut que les élèves apprennent et pratiquent sérieusement les mathématiques, il faudrait d’abord et d’évidence dispenser des cours de mathématiques, écouter enfin les enseignants dont l’avis est méprisé depuis trop longtemps ! Ce que veulent les professeurs, ce sont des programmes clairs, dotés d’une progressivité permettant des acquisitions solides, et raisonnablement exigeants.

Concept trop simple pour nos experts, qui cherchent à circonscrire les mathématiques dans le « gloubi-boulga » d’un « enseignement scientifique » dont le rapport se résigne à reconnaître que les maths sont quasiment absentes et dont les résultats ne sont guère concluants.

Ainsi, les mathématiques tendent à devenir accessoires et supplétives.

Pour le SNFOLC il est nécessaire :
– De restaurer leur enseignement – qui fut longtemps une source de fierté française (12 médailles Fields) – qui mérite mieux que ces affligeantes gesticulations ;
– De commencer par augmenter les salaires pour attirer les étudiants de mathématiques vers les concours ;
– D’abroger la mastérisation et l’entrée dans le métier à temps plein ;
– De restituer les heures d’enseignement au lycée mais aussi au collège et d’annuler toutes les suppressions de postes.
– D’abroger les réformes du lycée, du baccalauréat, de Parcoursup ;
– De rétablir dès 2022 le baccalauréat avec toutes ses épreuves nationales, ponctuelles et anonymes.
– Respecter la liberté pédagogique des professeurs.

Dérèglementation et expérimentation : vers une autonomie généralisée

« Changer de méthode », indiquait E. Macron le 17 mars.

Au regard des « expérimentations » en cours, le changement de méthode est déjà en marche et ne demanderait qu’à se généraliser au nom d’une autonomie totale ! Etat des lieux :

DES DROITS STATUTAIRES REMIS EN CAUSE

Après la brigade numérique de remplacement expérimentée par le recteur de Nancy-Metz, ancien directeur de la direction générale de l’enseignement scolaire, voici venu le temps des « échanges de services » dans l’académie de Grenoble ! Il s’agit ni plus ni moins d’aller enseigner dans un autre établissement, d’un autre type, près de son poste, sans perdre son poste, pour « découvrir de nouveaux types d’établissements pour se renouveler professionnellement ». « Un enseignant en collège peut demander à aller en LP, en lycée général, en lycée technologique, en REP ou en REP+,… ». C’est la fusion des statuts de certifiés, agrégés, PLP et PE, l’occasion de supprimer des BMP existants. Et bien sûr, il faut candidater. Appliquer ce qu’E. Macron propose : « Ce sera plus de liberté pour les établissements, dans la droite ligne de ce que j’ai lancé à Marseille », c’est-à-dire un recrutement sur profil à l’initiative des établissements. C’est l’expérimentation marseillaise dans le premier degré étendue à tous les niveaux d’enseignement et partout en France.

FO rejette toute expérimentation contre les statuts et les droits des personnels au nom d’ « une continuité éducative différente » (E. Macron, 17 mars).

MAIS LAST BUT NOT LEAST : PLACE À LA START-UP NATION

Manque de professeurs, qu’importe pour le ministre qui a supprimé dans le second degré plus de 2 320 postes sur deux ans (1 880 + 440), place au job dating ! Le rectorat de Toulouse innove aussi suite aux déclarations du recteur au CTA du 21 mars où il a indiqué qu’il était prêt à tout pour recruter des professeurs. Le même jour, la presse annonce que le rectorat de Toulouse organise le 24 mars un « job dating » pour pourvoir 100 postes par des contractuels dans le second degré, à partir de bac+2 en lieu et place de titulaires manquants.

Place donc à des contractuels sous-payés et corvéables à merci avec « l’ambition de constituer un vivier de personnels, mobilisables rapidement, dans le cadre de la préparation de la prochaine
rentrée scolaire », dixit le recteur. Des titulaires, non, des précaires, oui.

C’est intolérable sachant, par exemple, que seuls 50 professeurs d’anglais sont entrés dans l’académie de Toulouse sur les 1 281 qui l’avaient demandée, que les barres d’entrées sont parmi les plus hautes de France avec par exemple 629,2 points nécessaires en arts plastiques, 1 214,2 en technologie et 709,2 en espagnol. C’est le droit à mutation aussi qui est remis en cause.

IL Y A D’UN CÔTÉ L’AMBITION DU MINISTRE ET DES RECTEURS À TOUT DÉRÉGLEMENTER, MAIS DE L’AUTRE L’AMBITION DES PERSONNELS À REFUSER ET RÉSISTER AVEC FO.

Le problème du recrutement n’est pas un problème budgétaire, mais bien une décision politique pour un ministre qui a rendu plus de 575 millions et dont le gouvernement a donné des milliards
au nom du quoi qu’il en coûte. Sa décision, en accord avec la loi de la Transformation de la fonction publique validée par le gouvernement est bien de remplacer les titulaires par des emplois précaires.