Évaluation des élèves ou fichage des enseignants ?

Les évaluations nationales ont commencé et surprise pour tous, un questionnaire complémentaire à remplir par les élèves de sixième et seconde se retrouve à la fin de l’épreuve de français. Ce questionnaire n’est en rien une évaluation disciplinaire, si tant est que ces évaluations en sont, mais une vraie enquête sur le travail accompli par les professeurs pendant le confinement.
 
Après une introduction basée sur le ressenti et le vécu, les questions suivantes portent sur l’organisation de la continuité pédagogique, en réalité sur le travail effectué par les professeurs durant cette période. Seul l’élève répond aux questions comme « lorsque vous envoyiez du travail à votre professeur, comment vous faisait-il un retour ?», « Globalement vous diriez que la quantité de travail était : trop légère, adaptée, trop lourde ? »… « En mathématiques, avez-vous eu l’impression de travailler : plus que d’habitude, autant, moins ?» « Comment votre professeur vous donnait-il du travail à faire ? ENT, mail, téléphone, documents papier, plateforme de cours en ligne, réseaux sociaux, tchat ? ».
 
Les personnels qui font passer les évaluations n’ont pas la main, seuls les élèves ont un code d’accès à usage unique. Le ministère et ses services peuvent ainsi se constituer un fichier traçable des professeurs qui n’auraient pas donné suffisamment de travail, puisqu’il est aisé de repérer la provenance des élèves et les enseignants qu’ils ont eu antérieurement. Les professeurs sont légitimement indignés d’un tel procédé qui s’oppose à la liberté pédagogique individuelle, institue un « flicage » généralisé. Il permet à la hiérarchie de préparer l’entretien de carrière lié à PPCR, de faire pression sur tous, de pérenniser le télétravail et l’hybridation.
Le SNFOLC 35 demande le retrait total de ce dispositif et la destruction de toutes les données concernant l’activité professionnelle des enseignants qui auraient été collectées par ces évaluations de sixième et seconde. Il s’adresse en ce sens au ministre de « l’école de la confiance ».
 

Communiqué contre la répression syndicale

Le syndicat Force Ouvrière des lycées et collèges d’Ille-et-Vilaine a appris la suspension de l’interdiction de manifester adoptée par le juge des référés du Conseil d’État en date du 12 juin 2020. Ceci est une première victoire pour le droit syndical.
 
Il n’en demeure pas moins que la période du confinement a donné lieu à de graves dérives en matière de libertés démocratiques et d’exercice du droit syndical. Des adhérents du SNFOLC35 ont ainsi pu faire l’objet de pressions concernant la tenue de réunions syndicales : autorisation de mener une heure d’information syndicale contestée par la direction, lieux totalement inappropriés pour mener ces réunions…
 
Le SNFOLC 35, avec l’ensemble de leurs adhérents, exige que toutes les libertés syndicales soient garanties par le ministère et ses représentants académiques. De même, plusieurs enseignants des Deux-Sèvres sont actuellement poursuivis en justice pour leur action syndicale menée dans la lutte contre les E3C (Épreuves Communes de Contrôle Continu). Ils seront jugés le 24 juin prochain.
 
Cette situation est emblématique d’une dérive autoritaire qui ne doit pas perdurer. Parmi ces collègues, notre camarade Alain Rey, secrétaire départemental du SNFOLC du Lot, fait l’objet d’une procédure pénale pour avoir pris la parole devant des collègues dans l’enceinte du Lycée Clément Marot de Cahors, le 21 janvier dernier contre les E3C. Or, aux termes du décret 82-447 relatif à l’exercice du droit syndical dans la fonction publique, il y était parfaitement habilité.
 
Le SNFOLC 35 exige l’arrêt de toutes les poursuites concernant Alain Rey et ses camarades. Nous assurons Alain Rey et son syndicat de notre soutien indéfectible. Nous invitons à signer la pétition en ligne de soutien à Alain Rey : « Pour l’arrêt des poursuites à l’encontre d’un syndicaliste enseignant ».