Mardi 16/06 : manifestation interpro

Pour sauver notre système de santé, pour continuer à s’opposer à la réforme des retraites, pour revendiquer de meilleures conditions de travail pour tous, rdv esplanade de Gaulle (Rennes) à 11h.

Un préavis de grève a été déposé par notre fédération (FNEC-FP-FO) jusqu’aux prochaines vacances scolaires afin de permettre aux collègues qui le souhaitent de se mettre en grève. 

Le BAC doit rester national ; libre accès à la filière de son choix !

Avec les réformes Blanquer du lycée et du Baccalauréat, rien n’a été épargné ni aux professeurs, ni aux élèves de lycées : nouveaux programmes, enseignements de spécialité, E3C imposés à marche forcée.

Après avoir confiné et privé de cours les lycéens et les étudiants pendant des mois, plutôt que de prendre des mesures sanitaires et matérielles pour qu’ils puissent étudier dans de bonnes conditions, les ministres Blanquer et Vidal maintiennent et aggravent leurs orientations à la faveur de la crise sanitaire…

Nous réclamons l’abandon du Service National Universel

Lors du dernier Comité technique ministériel, un projet de décret qui doit servir de base à la mise en place généralisée du service national universel (SNU) a été soumis au vote.

Alors qu’il coupe les vivres aux associations en supprimant les emplois aidés (plus de 16 000 emplois supprimés dans les associations en deux ans), le gouvernement veut, par le biais du SNU, faire travailler les jeunes gratuitement dans celles-ci et leur demande de les encadrer.

Alors qu’il détruit les services dédiés à la jeunesse et aux sports, casse les statuts des personnels, projette de privatiser une partie des missions, réduit le budget dédié à ces champs, poursuit la réduction des emplois « jeunesse et sports » et prépare une énième réforme pour réduire à néant les missions d’Etat dans les domaines de la jeunesse, de l’éducation populaire, de la vie associative et des politiques sportives en créant les « DRAJES », le gouvernement instaure le SNU et demande à ces personnels de le mettre en place.

 

Pour FO, c’est non.

Comme l’ensemble des organisations syndicales qui siègent au CTMEN,

FO a voté contre ce projet de décret.

FO refusera d’être un instrument au service de la mise en place de cette politique d’exploitation de la jeunesse et de destruction de la vie associative et des missions de ses personnels. C’est pourquoi FO n’a pas soutenu le vœu défendu par certaines organisations syndicales pour l’accélération de l’intégration des personnels Jeunesse et Sports dans les services de l’Education nationale. En toute logique, les représentants FO ne siègeront pas au CTMEN de repli induit par le vote unanime contre le projet de décret et convoqué ce mardi 2 juin.

FO n’abandonne pas sa revendication pour le retour à un ministère Jeunesse et Sport de plein exercice et n’accepte pas la dissolution des personnels de la Jeunesse, des Sports, de la vie associative et de l’éducation populaire par le biais de la création des DRAJES.

Modifier le Code de l’action sociale et des familles pour créer ces nouveaux accueils collectifs de mineurs, dont l’Etat serait désormais à la fois le déclarant, l’organisateur et le contrôleur est contraire au droit. L’Etat ne peut garantir la sécurité physique et affective des mineurs s’il est par le même temps contraint d’organiser ces séjours sous des formes qu’il n’aurait, en d’autres temps, pas acceptées. Il ne peut plus assurer ses missions premières.

Demander aux personnels jeunesse et sports, conseillers d’éducation populaire et de jeunesse, professeurs de sports, inspecteurs jeunesse et sports, conseillers techniques et pédagogiques supérieurs, de mettre en place et d’organiser ces séjours ce qui peut s’apparenter à de l’embrigadement de la jeunesse est contraire à leur déontologie professionnelle.

Ces personnels ont des statuts assimilés à ceux des enseignants de l’Education nationale. Ils ont des missions éducatives, tournées vers le développement de l’esprit critique, l’émancipation et l’éducation à la citoyenneté. Le gouvernement ne peut pas leur ordonner de mettre en place un séjour « militaire », en inventant le concept d’« engagement obligatoire » alors que dans le même temps, il réduit le budget dédié à leurs missions premières, supprime des postes et ne leur permet plus de faire leur travail.

FO réitère ses revendications pour :

  • l’abandon du SNU,
  • l’attribution des crédits suffisants pour mettre en place les politiques éducatives déjà existantes en matière de jeunesse, de vie associative et d’éducation populaire, FO refuse que le SNU vampirise ces politiques,
  • la création de postes statutaires de conseillers d’éducation populaire et de jeunesse, professeurs de sports, conseillers techniques et pédagogiques supérieurs pour combler les pertes de ces dernières années, et ainsi permettre aux personnels d’assurer pleinement leurs missions.

Épreuve orale de français : l’indignation des professeurs et des lycéens face au mépris du ministre

Le 27 mai 2020, la DGESCO a consulté les organisations syndicales sur l’oral au baccalauréat de français à l’avant-veille des annonces du ministre Blanquer.

Unanimement, elles ont réitéré leur demande d’annulation de l’épreuve (SNFOLC, SNES-FSU, CGT-Educ’ation, SE-UNSA, SGEN-CFDT, SNALC, FCPE, UNL, Lycéens Au centre, en date du 20 avril).

L’absence de mesures sanitaires adéquates, de cadrage national, de préparation réelle des conditions de réalisation de l’épreuve à la fin du mois de mai ne peuvent conduire qu’à un déroulement chaotique et inégalitaire de l’examen. La pétition initiée par plusieurs professeurs de Lettres a recueilli plus de 93 000 signatures. Elle exprime l’incompréhension et la colère des enseignants. Le ministre est resté sourd à cette revendication légitime.

Un déroulement hypothétique dans des conditions extrêmement dégradées

540 000 lycéens doivent passer l’oral, les professeurs les ont suivis toute l’année dans des conditions de travail très difficiles. A quelques semaines de l’examen, personne ne connait le déroulement des épreuves ! Dans la presse le ministre évoque aussi la visio-conférence, système tout aussi inégalitaire, 25% des élèves de lycée disposant d’un ordinateur personnel. Système qui mettrait tout le monde en tension puisque pour des raisons de santé nombre de professeurs ne pourront participer aux jurys, tension aussi pour respecter 11 élèves par jour (vœu CHSM, novembre 2016). Ajoutons les risques de fraude, le matériel insuffisant dans les lycées, etc.

Le bac oral de français sous le signe du chaos, une propédeutique au grand oral ?

Le ministère justifie le maintien de l’oral de français envers et contre tout par la nécessité de préparer le grand oral Blanquer.

Pour FO, c’est la confirmation que le baccalauréat Blanquer, ce n’est plus le baccalauréat, mais un diplôme dégradé maison version système D.

Le lycée et le baccalauréat Blanquer : c’est l’inégalité, le contraire de l’instruction et le ministre décide de poursuivre !

Rien n’a été épargné ni aux professeurs, ni aux élèves de Premières : nouveaux programmes, enseignements de spécialité, E3C, oral de français préparé dans des conditions très difficiles. Il faut abroger d’urgence sur la réforme Blanquer du baccalauréat et du lycée.

Ce n’est pas la réduction du nombre de textes à 15 dans une communication à la presse le 4 avril qui change la nature des déclarations du ministre sur le baccalauréat et cette année sur l’oral de français. Ce sont ses réformes.

La FNEC FP-FO et le SNFOLC appellent les professeurs et personnels de lycées à se réunir : le Covid-19 pour accélérer la destruction du baccalauréat et de l’enseignement, personne ne l’accepte. Le droit à l’instruction ne se négocie pas au prétexte de la pandémie.

Une rentrée 2020 sans école ?

Parallèlement, le ministère, qui ne perd pas le fil de la politique du gouvernement, annonce en plus un calendrier de réunions pour préparer la rentrée 2020.

S’agit-il d’une rentrée sous le signe du « nouveau système » par le biais de l’enseignement hybride en distanciel et en présentiel ? Des activités 2S2C en lieu et place de l’enseignement disciplinaire ? De nouvelles séries d’E3C dont ni les élèves ni leurs professeurs ne veulent ?

Pour FO, le cœur de l’école républicaine, publique et laïque, c’est l’instruction, les savoirs disciplinaires, les horaires et les programmes nationaux.

Le SNFOLC avec la FNEC FP-FO invite les personnels à se réunir, par tous les moyens à leur disposition, pour dresser la liste de leurs revendications :

  • annulation de l’épreuve orale du baccalauréat,
  • abrogation de la réforme Blanquer du lycée et du baccalauréat, ce baccalauréat 2020 qui se tient dans des conditions très particulières, ne doit pas entériner les réformes de destruction des diplômes, le contrôle continu et les E3C,
  • les professeurs défendent les lycéens afin qu’ils puissent avoir un accès égal à l’instruction partout,
  • les jurys d’examen, les commissions d’harmonisation ne peuvent pas être sous toutes les pressions possibles comme lors de la session du baccalauréat 2019 suite à la grève contre le bac-Blanquer,
  • rétablissement du baccalauréat comme premier grade universitaire,
  • droit de s’inscrire dans la filière de son choix, ce ne sont pas les algorithmes de Parcoursup qui doivent décider de l’avenir des lycéens.

Défense des diplômes et des programmes nationaux contre le diplôme Blanquer à la tête du client

Les textes relatifs au DNB et au baccalauréat ont été examinés au Conseil Supérieur de l’Education du 11 mai. Pour le baccalauréat comme dans beaucoup d’autres domaines, au compte de la crise sanitaire, le gouvernement semble vouloir aller toujours plus loin dans les réformes. Les mesures qui sont proposées à titre exceptionnel vont dans le sens du renforcement du contrôle continu qui était au cœur de la réforme Blanquer. Si les textes proposés sont publiés, la session 2020, pourrait constituer un précédent fâcheux, pour ne pas dire un laboratoire pour aller au bout du démantèlement du diplôme.

Toujours sans nouvelles de l’épreuve orale de français du baccalauréat

En dépit de la lettre commune des organisations syndicales et de jeunesse, le ministre répond au Sénat que les épreuves auront lieu. La direction des affaires scolaires se contente d’indiquer que le ministre a connaissance du positionnement syndical et qu’il réfléchit !

Bac et brevet sous le signe des ordonnances

Les textes ne seront pas soumis au vote. L’article 13 de l’ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation de la période d’urgence sanitaire prévoit que : « (…) les projets de texte réglementaire ayant directement pour objet de prévenir les conséquences de la propagation du covid-19 ou de répondre à des situations résultant de l’état d’urgence sanitaire sont dispensés de toute consultation préalable obligatoire prévue par une disposition législative ou réglementaire (…). »

Les organisations syndicales ont été consultées mais à condition de valider le principe du contrôle continu.

Dans sa lettre au Directeur général de l’enseignement scolaire en date du 16 avril, le SNFOLC, avec la FNEC FP-FO, a fait savoir son refus de s’inscrire dans ce cadre.

 

Des mesures qui aggravent la nature inégalitaire du contrôle continu

La mise en oeuvre du contrôle continu pose de nombreux problèmes. Tout d’abord, il s’agit de la destruction du caractère national du baccalauréat. C’est pourquoi FO y est viscéralement opposée.
Les mesures prises aggravent cela et démontrent, s’il le fallait, que contrôle continu et égalité républicaine sont incompatibles.

Le relevé de note du baccalauréat sera constitué à partir de la moyenne des moyennes du premier et du second trimestre, dans chaque discipline.

Le ministère prévoit que le jury académique prenne en charge l’harmonisation des notes, non pas au niveau d’une discipline comme cela se fait en temps normal, mais au niveau de l’établissement. Si la moyenne des résultats des élèves au baccalauréat, session 2019, en Histoire-géographie dans la série ES en Terminale était 14/20 et que la moyenne du contrôle continu session 2020 pour la même discipline et la même série est de 12/20, une « revalorisation » sera opérée.

Sur quels critères ? Le ministère répond avoir confiance en « l’harmonisation intelligente » au sens de l’intelligence humaine. FO comprend qu’il s’agit, encore une fois, de faire porter la responsabilité aux personnels et à leur arbitrage local.

Par ailleurs, les enseignants sont en droit de se demander ce qu’il restera de leur évaluation à l’arrivée. La confusion entre évaluation formative et certificative est préjudiciable pour tous, élèves et professeurs.

Le jury délibérera ensuite sur la base du livret, pour délivrer le baccalauréat et les mentions. Le calendrier de ces échéances reste inchangé mais il est prévu que le jury puisse se réunir par téléconférence à condition que les participants puissent être identifiés.

Sur proposition du jury et à titre exceptionnel, les élèves ayant échoué suite aux épreuves du second groupe pourraient participer à la session de remplacement de septembre.

Ainsi, il y a donc un souci majeur d’égalité de traitement. Il faut noter que ces candidats, dont on ignore sur quels critères ils seront sélectionnés et les candidats libres, auront droit à des épreuves écrites.

Enfin, le jury, pour attribuer le diplôme, pourra valoriser « l’engagement, les progrès et l’assiduité ». Cette disposition est manifestement contraire à l’égalité républicaine garantie par les statuts de la fonction publique. Le fonctionnaire s’expose à être accusé de ne pas respecter l’article 25 de la loi du 13 juillet 1983 : « Le fonctionnaire traite de façon égale toutes les personnes et respecte leur liberté de conscience et leur dignité. »

En l’état, il s’agirait donc d’un baccalauréat 2020 maison à la tête du client.

Force Ouvrière n’était pas demandeuse de ces modalités. La mise en oeuvre de la session exceptionnelle ne fait que renforcer les revendications des personnels sur le bac et le lycée Blanquer. Le ministre serait bien inspiré de renoncer à son projet et d’abandonner les E3C.

 

Le DNB : démonstration par l’absurde de l’inanité de la réforme du collège

La note finale résultera de la moyenne des moyennes trimestrielles ou semestrielles et des résultats du socle commun. C’est l’usine à gaz XXL avec un collège réforme 2014 aggravé.

Lorsque l’évaluation par compétences a été faite par couleurs, il va falloir convertir la couleur en points. Sur quelle base ? Il faut éviter « l’automaticité et faire confiance aux équipes. » répond le ministère.

Quelle discipline sera retenue pour l’EIST ?

De nombreuses questions sans réponses et tout à la charge des personnels au niveau local.

 

Ce qui se profile, c’est une charge de travail décuplée avec, en 3ème, un conseil de classe dit d’orientation début juin qui se couplerait au suivi des élèves par le professeur principal et le PSYEN par « ENT, mail, messagerie instantanée » et un conseil de fin d’année qui remontera les notes du brevet et qui tiendra compte « selon le contexte local de reprise, de l’assiduité des élèves de 3ème ».

Le SNFOLC 35 invite les personnels à se réunir dès maintenant (en visioconférence si nécessaire) pour exiger :

  • les garanties sanitaires indispensables pour une reprise des cours dans le cadre des programmes nationaux : dépistage systématique, masques FFP2, gants, gel…
  • l’abrogation de la réforme Blanquer du lycée et du baccalauréat, abandon des E3C
  • le rétablissement des épreuves nationales, anonymes, terminales du baccalauréat
  • le rétablissement du baccalauréat comme diplôme national et premier grade universitaire.