Courrier de FO au cabinet du Ministre : contre la répression des jeunes à Rennes

Madame,

Par courrier en date du 17 octobre, la FNEC FP-FO alertait Monsieur le ministre sur la mise en danger des élèves et des personnels en raison du choix du gouvernement de privilégier la répression comme réponse aux mobilisations des lycéens.

Nous y demandions notamment de « faire respecter le fait que les
établissements scolaires demeurent des enceintes protégées dans lesquelles les élèves et les
personnels doivent pouvoir se sentir en sécurité, ce qui exclut toute intervention intempestive des
forces de l’ordre en vue d’intimider et de réprimer des manifestants participants à un rassemblement
revendicatif. »

Plus globalement, nous demandions que les dispositions soient prises pour que la répression s’arrête.

Nous avons renouvelé cette demande dans le cadre d’un courrier intersyndical, puis lors des réunions multilatérales avec le ministère notamment les 26 et 27 octobre.

Or, depuis le 2 novembre, nous sommes saisis par nos syndicats de plusieurs alertes concernant les dispositifs et mesures de maintien de l’ordre mis en place pour empêcher la mobilisation des lycéens ou la réprimer lorsqu’elle a lieu : déploiement de forces de l’ordre devant les établissements, interventions manu militari pour lever les blocages et rassemblements, interpellations d’élèves, de personnels (d’enseignement, de santé…) etc.

Nous avons notamment été informés dernièrement de la situation particulièrement tendue dans l’académie de Rennes : une dizaine de lycéennes et lycéens ont été arrêtés mardi 3 novembre devant des lycées rennais (lycée Bréquigny, lycée Joliot et lycée Jaurès), un professeur syndiqué a également été interpellé et placé en garde à vue. La police est intervenue dans des établissements. Les lycéennes et lycéens font l’objet régulièrement depuis quelques temps de contrôles, fouilles et amendes…
Hier encore, lors de la manifestation lycéenne, le secrétaire de l’Union départementale FO a été brutalement pris à partie par les forces de l’ordre. Ce matin, un rassemblement a été violemment dispersé par l’intervention de la police devant le lycée Bréquigny à Rennes. Des élèves, des personnels, des militants syndicalistes ont été matraqués.

Cette situation d’entrave aux libertés de se rassembler et de manifester par la répression systématique et violente n’est pas acceptable. Elle doit cesser.

C’est pourquoi nous vous sollicitons afin de prendre les dispositions de toute urgence pour y mettre un terme et permettre que les élèves et les personnels puissent exercer leur droit à revendiquer et manifester, à Rennes, comme partout en France, dans des conditions apaisées.

Demeurant à votre disposition pour toute précision que vous jugerez nécessaire, nous vous prions d’agréer, Madame la Conseillère en charge du dialogue social, l’expression de nos salutations respectueuses.

Clément Poullet, Secrétaire général de la FNEC FP-FO

François Pozzo di Borgo, Secrétaire général du SNFOLC
Justine Marti, Secrétaire Départementale du SNFOLC35