Vers un statut de fonctionnaires pour les AESH ?

Ce 29 octobre 2026, les députés ont adopté une proposition de loi « créant un corps de fonctionnaires de catégorie B pour les accompagnants d’élèves en situation de handicap ».

Ce vote constitue une étape dans la reconnaissance des AESH et dans la lutte contre la précarité qui leur est imposée depuis trop longtemps.

 

lire ici le communiqué de la FNEC FP-FO

 

Mais la bataille est loin d’être terminée.

En effet, les AESH sont bien placé-es pour le savoir. Ce n’est pas parce qu’un texte est adopté à l’Assemblée nationale qu’il s’applique à elles et à eux. Il n’y a pas si longtemps, le 11 mai dernier, les députés ont supprimé un amendement qui prévoyait de remplacer dès la rentrée 2027 les PIAL par des PAS. Cette suppression aurait alors mis fin à la généralisation des PAS. Pourtant chacun a constaté à la rentrée que rien n’a changé et que la généralisation des PAS continue selon le plan de annoncé par les DASEN et les recteurs.

A ce stade, il manque encore des garanties importantes.

Pas d’entourloupe sur les missions supplémentaires, ni un service à 39 heures hebdomadaires !

N’oublions pas que le projet que le ministre Geffray avait présenté le 20 mai 2026 aux organisations syndicales prévoyait un statut d’AESH avec 24 heures d’accompagnement complétées par d’autres missions dans le cadre des 1607 heures.

Ces annonces s’appuyaient sur le rapport de l’inspection générale qui affirmait : « sans polyvalence ou extension du temps de service (sur le périscolaire ou l’extra-scolaire), l’AESH dans sa fonction d’accompagnant ne peut exercer à temps complet. »

Il prévoyait « la création d’un corps d’ « assistant d’accessibilité », fonctionnaires de catégorie B à temps plein (1607h/an), avec un temps d’accompagnement des élèves (non pas de manière individuelle mais dans un service à la classe) et d’autres missions en complément (mise en œuvre de l’ensemble des techniques et méthodes concourant à la réalisation des missions d’accessibilité, par exemple responsables du bon fonctionnement du matériel adapté, de l’encadrement des AESH et de leur formation, et de l’assistance aux professeurs dans les travaux d’accessibilité.) »

 

Pour la FNEC FP FO, un temps plein doit être à 24H pour les AESH. Les 24 heures doivent correspondre à un temps plein rémunéré, prenant en compte la réalité du travail accompli et non l’ajout d’autres missions en complément aboutissant à un service à 39 heures hebdomadaires.

 

La FNEC FP FO a d’ailleurs porté cet amendement auprès du ministre. Amendement qui n’a été soutenu par aucune organisation syndicale !

 

Aujourd’hui, le gouvernement Macron-Lecornu déroule un budget d’austérité incompatible avec les revendications des AESH : un statut avec un vrai salaire !

Quant au ministre de l’Education Nationale, il annonce vouloir poursuivre les négociations avec les organisations syndicales pour parvenir à un pseudo-statut en janvier. La FNEC FP-FO refuse que cette échéance serve à différer une nouvelle fois les réponses attendues.

 

Les mobilisations massives en cours et à venir concernent les AESH : salaires, statut, conditions de travail. Les AESH sont et seront dans l’action le 5 novembre !

Ce gouvernement est aujourd’hui fragilisé par les puissantes manifestations de jeunes et de salariés. C’est le moment de le faire céder sur toutes les revendications, en rejoignant la grève dès le 5 novembre appelée par toutes les confédérations.

NOS REVENDICATIONS :

✓ 24h = un temps plein, et pas d’entourloupe sur les missions supplémentaires !

Les 24 heures doivent correspondre à un temps plein rémunéré, prenant en compte la réalité du travail accompli.

La FNEC FP-FO revendique un décret tout de suite pour que cette disposition soit garantie, contrairement au projet de « statut » du ministre Geffray qui ajouterait aux 24 heures d’accompagnement d’autres missions en complément.

 

✓ Un véritable statut pour toutes les AESH qui le souhaitent !

La proposition de loi permet aux AESH en activité au 1er septembre 2026 d’être nommées fonctionnaire stagiaire.

C’est une avancée : l’expérience acquise par ces personnels doit être reconnue. Aucune AESH ne doit être écartée de la titularisation au motif qu’elle ne possède pas le diplôme exigé ou qu’elle n’a pas passé de concours.

✓ PAS et PIAL : non à la mutualisation et à l’inclusion systématique !

La FNEC FP FO refuse que les AESH soient déplacées au gré des besoins, que leur travail soit soumis à une logique de mutualisation et que les élèves soient privés de l’accompagnement et des soins auxquels ils ont droit.

Le 5 novembre, toutes et tous en grève pour un véritable statut et la satisfaction de toutes les revendications.

Le 5 novembre était initialement prévu comme une journée de mobilisation avec montée nationale à Paris autour des problématiques liées à l’inclusion.

Mais, depuis plusieurs semaines, la Confédération FO appelle à une journée de grève nationale interprofessionnelle unitaire, qui portera sur des revendications plus larges et ne sera donc pas exclusivement consacrée à l’inclusion.

Nous prendrons doncpart à cette mobilisation, en grève et en manifestation avec les camarades de l’interpro, dans notre département. Car il n’y a que toutes et tous ensemble que nous pourrons défendre nos salaires, nos conditions de travail, nos retraites…

 

Mais…

Nous prolongerons la journée jusqu’à rejoindre la DSDEN, où nous serons reçus en audience à 17h30 pour porter les revendications liées à l’inclusion systématique et forcée, ainsi que le droit des AESH et des AED à un vrai salaire et un statut de la Fonction Publique.

 

 Les moyens insuffisants, le manque d’accompagnement et les conditions de travail des personnels sont des sujets essentiels qui doivent continuer à être entendus. L’objectif est donc de faire entendre nos revendications spécifiques sur l’inclusion tout en participant à une dynamique collective plus large.

Réunissons-nous en assemblées générales dès le lundi 2 novembre.

Dès maintenant, organisons la grève massive à compter du 5 novembre

Pour gagner, mettons l’Education nationale à l’arrêt !