En cette rentrée 2024, malgré le rejet des contre réformes exprimées par les mobilisations et par les urnes, la réforme largement rejetée du « choc des savoirs » se met en place dans les collèges. Dans les lycées, la réforme Blanquer du baccalauréat, tout aussi largement combattue, se poursuit.
Dans de nombreux établissements, la question première est souvent celle des emplois du temps.
Et pour cause : les deux réformes ont en commun de créer des alignements de cours qui multiplient les contraintes sur les EDT, et le moindre grain de sable est bloquant.

Dans les collèges, ce sont les heures de mathématiques et de français, sur les 6èmes et les 5èmes qu’il faut aligner (4 heures de français, 4 de mathématiques sur chacun des niveaux), dans les lycées, ce sont les heures de spécialité (4 heures en première, 6 heures en terminale).
En collège, la réforme du choc des savoirs a éclaté le groupe classe en mathématiques et français accentuant la pénurie d’enseignants. Dans cette situation de très nombreux professeurs des écoles sont poussés pour intervenir dans les établissements secondaires pour prendre en charge des groupes au mépris de tous les statuts.
La mise en œuvre de groupes en français et en mathématiques en application du choc des savoirs se fait au détriment des autres disciplines, les sciences notamment, mais pas seulement : la suppression des dédoublements peut aussi impacter les langues, l’histoire géo, voir via les mécanismes de répartition, les disciplines artistiques. Pour l’ensemble de ces collègues, ce sont des heures en moins, des compléments de service, des classes dont les effectifs explosent.
Dans les lycées, si les conséquences de la réforme sont maintenant bien connues, elles n’en restent pas moins négatives.
Ainsi Parcoursup, qui a installé le tri pour les études post-bac : vœux payants pour certaines formations (sciences po par exemple), vœux non hiérarchisés conduisant les bacheliers dans des voies qu’ils ne souhaitaient pas suivre, voire blocages des études : cette année, ce sont encore 85 000 bacheliers qui se sont trouvés sans propositions début juillet, un chiffre qui augmente chaque année.
Le tri de Parcoursup est appuyé sur les notes du contrôle continu. Depuis la réforme Blanquer du baccalauréat, les relations profs/élèves se sont trouvées dégradées : chaque note, au lieu d’avoir une valeur pédagogique, exerce une pression sur les élèves. Le climat scolaire s’est dégradé : l’anxiété des lycéens est croissante, et leur isolement par la disparition des classes au profit des groupes de spécialité est un facteur qui augmente ce stress.
Comme la réforme du collège qui envoie les collègues en compléments de service, celle du lycée se traduit chaque année par une diminution des spécialités proposées, qui a le même effet.
Les personnels ont largement combattu ces deux réformes. Ils se sont également battus aux côtés de millions de salariés, contre la réforme des retraites qui impose à tous deux années de plus, alors que les conditions de travail se sont dégradées et que notre pouvoir d’achat baisse.
Pour le SNFOLC, pas question de laisser passer ces réformes comme si de rien n’était. Toutes et tous en grève avec l’interpro le 1 er octobre 2024 !

