Réforme du concours : état des lieux à la rentrée 2022

Une réforme du concours a eu lieu ces dernières années sous l’égide du ministre Blanquer. Où en est-on en cette rentrée 2022 ?

 

Sommaire

Étudiants contractuels alternants MEEF : une exploitation inacceptable des étudiants

La mise en œuvre de la réforme des concours enseignants avec l’utilisation d’étudiants contractuels « alternants » relève de l’usine à gaz.

En effet, ils auront à effectuer un tiers-temps de service en responsabilité. Mais ce tiers-temps est annualisé, il peut donc être décliné sous une forme hebdomadaire ou sous une forme « massée », avec des services hebdomadaires de 50 %, 75 %, voire100 %…

Concrètement, les étudiants vont servir de moyens de remplacements bouche-trous.

Comment leurs emplois du temps seront-ils organisés pour faire en sorte qu’ils puissent tous suivre les cours ou formations prévus en université ou à l’INSPÉ ? Cela risque de placer les étudiants dans des situations impossibles ! Et tout ceci pour 664 € net par mois !

Réforme du concours : économiser des postes, généraliser et pérenniser la contractualisation

Le fait que le concours passe en fin de 2ème année de master retarde encore l’entrée dans la carrière. Ceci sans aucune augmentation !

En revanche, de nombreux fonctionnaires stagiaires (ceux qui auront validé un master MEEF notamment) n’auront plus de réduction de leur service hebdomadaire : ils seront à 100 % en classe ! Si l’on ajoute l’apport que représentent les contractuels alternants, l’objectif apparaît clairement…

Ce sont des milliers de postes qui disparaissent !

Effondrement du nombre d’admissibles aux concours : une catastrophe annoncée inacceptable !

On constate un effondrement du nombre de candidats aux concours et donc un effondrement du nombre de lauréat !

Le nombre de lauréats n’est pas suffisamment important pour que les postes soient pourvus.

Ainsi, alors que des milliers de classes ont été fermées lors des comités techniques, alors que les personnels manquent cruellement dans les écoles, les établissements, les services, des milliers de postes aux concours ne seront pas pourvus !

La situation, déjà intenable, s’annonce donc catastrophique dans les écoles à la rentrée 2022.

Pour la FNEC FP-FO, il n’y a aucune fatalité à cet effondrement des candidats aux concours. Il y a des mesures précises et connues de tous qui ont provoqué cette situation :
– la masterisation des concours à laquelle la FNEC FP-FO s’était opposée ;
– la réforme Blanquer des concours, avec un recrutement post BAC+5, qui assèche encore plus le vivier des candidats ;
– le blocage quasi ininterrompu de la valeur du point d’indice depuis 2010 générant un effondrement du pouvoir d’achat des fonctionnaires et donc des enseignants ;
– la multitude des réformes qui ont dégradé les conditions de travail des personnels et saccagé l’École publique.

 

La FNEC FP-FO revendique l’abrogation de la masterisation et de la réforme Blanquer des concours et le retour à un recrutement à Bac+3, ainsi que l’augmentation de 25 % de la valeur du point d’indice.