Incurie dans la gestion des établissements scolaires

Le président a annoncé la fermeture des établissements scolaires du 6 avril au 3 mai pour le second degré, jusqu’au 26 avril pour le premier degré. Notre Ministre a fait quelques annonces par la suite. Une fermeture efficace… ou inutile car trop tardive ? Toujours est-il que la situation actuelle, la dégradation de nos conditions de travail, la hausse des effectifs, l’hybridation de l’enseignement, l’absence de remplacement des personnels, la perte de nos droits, tous ces écueils étaient prévisibles, annoncés et dénoncés par Force ouvrière depuis longtemps !

 

Hôpitaux, écoles, des lits et des postes : rien n’a été fait !

Rien n’a été fait pour éviter la fermeture des établissements scolaires. Le président Macron et son gouvernement ont décidé d’imposer à la population un nouveau confinement. Il y a un an, parce qu’ils n’étaient pas en mesure de fournir les masques, le gel et les tests nécessaires, ils ont décidé de confiner les écoles. Entre temps, 440 postes d’enseignants ont été supprimés à la rentrée 2020 et pas une mesure n’a été prise pour remédier au retard pris dans les enseignements des élèves. Pire, 1800 ETP à la rentrée 2021 sont supprimés!

Autrement dit, le gouvernement nous demande de poursuivre le confinement parce que ni les postes, ni les lits dans les hôpitaux n’ont été créés.

Mêmes causes, mêmes effets

On nous dit que le confinement a pour but de protéger la population mais pour cela la première chose à faire, c’était de régler l’unique cause du confinement : la pénurie organisée des services de soins dans l’hôpital public.

Au lieu de créer des lits de réanimation, de recruter des personnels soignants, d’équiper les hôpitaux, le gouvernement a continué à supprimer des postes et des lits. Il prévoit même de fermer les hôpitaux Bichat et Beaujon à Paris ! Il est maintenant obligé de reconfiner la population car l’hôpital ne dispose toujours pas de lits de réanimation en nombre suffisant pour accueillir les malades. Le pays est à l’arrêt parce que les gouvernements successifs ont soumis l’hôpital public au diktat des coupes budgétaires au nom de la réduction des dépenses publiques.

Des milliers de salariés sont jetés dans la précarité parce que le gouvernement refuse depuis un an de fournir les mesures de protection efficaces réclamées par les personnels et les familles.

 

Dans les collèges et les lycées

Dans les collèges et les lycées, la situation actuelle est la conséquence directe du refus constant de créer les postes nécessaires par le biais de la liste complémentaire du concours, alors que le ministre de l’Education nationale a rendu des centaines de millions d’euros au budget pour l’année 2020 et 2021.

Ainsi la carte scolaire 2021 se solde par des milliers de suppressions de postes alors que le nombre d’élèves à scolariser augmente (plus de 43 000 élèves, +0,9%). Le ministre Blanquer continue d’augmenter les effectifs par classe et de réduire le nombre d’enseignants. Sourd aux revendications et à la souffrance des personnels et des élèves, il a imposé des conditions d’enseignement dégradées à la rentrée 2020 et il continue et aggrave la situation pour 2021 !

Tout le monde a souffert du confinement en 2020 : les élèves, comme les leurs parents et tout autant que les personnels de l’Education nationale. Les personnels ne sont pas responsables de la situation que les gouvernements successifs ont créée en supprimant des dizaines de milliers de postes dans la Fonction publique.

 

Ils ne sont pas responsables de la situation qu’on leur impose une nouvelle fois : moins de 48h pour organiser la continuité pédagogique demandée par le ministre ; des directives qui arrivent au dernier moment ou trop tard ; des personnels une nouvelle fois soumis à des décisions locales, différentes d’un établissement à l’autre. Chacun doit donc faire au mieux… sans les moyens. Une nouvelle fois le matériel personnel des enseignants est réquisitionné pour faire fonctionner l’Education nationale.

Une nouvelle fois, les personnels sont exposés aux mêmes difficultés engendrées par le télétravail : des journées à rallonge et la confusion entre les sphères privée et professionnelle qui entrainent épuisement et burn out. Sous prétexte de compenser la perte des heures de cours qu’ils ont eux-mêmes organisée, le ministre et les recteurs annoncent que les enseignants pourront assurer la continuité pédagogique… pendant les vacances. Le président modifie le calendrier des vacances et le ministre met les enseignants à disposition des familles pendant leurs vacances.

Décidément, le confinement autorise tous les excès et toutes les dérives

Le SNFOLC le rappelle : la continuité pédagogique ne repose sur aucun texte réglementaire contrairement au télétravail qui, lui, est réglementé et ne saurait reposer sur le matériel personnel des enseignants. Par ailleurs, les autorisations spéciales pour garde d’enfant s’appliquent toujours.

Nous avons des droits. Contactez-nous s’ils ne sont pas respectés.