Ironie de l’Histoire et synonyme revendicative

N’est-il pas cocasse qu’en quelques jours, l’opinion publique apprenne effarée que les masques de fabrication française, donc irréprochables par définition, que le ministère fourni aux enseignants sont très vraisemblablement toxiques, et qu’elle se voie signifier que le tiers de la population du pays va vivre désormais sous le régime bien martial du couvre-feu. Décidément, comme le dit le camarade Fabrice Lerestif : « Rien ne nous sera épargné ! ». Incapable d’assurer la santé des travailleurs, le gouvernement les prive à nouveau de leur liberté ! S’il n’était pas cynique et sinistre, un tel acharnement à nuire forcerait l’admiration…

Car il s’agit bien d’ acharnement à nuire. Comment nommer autrement les vagues de licenciements en cours ou en préparation dans le privé ? Comment ne pas en voir dans les 1800 suppressions de postes prévues pour la rentrée 2021 dans le second degré(soit quatre fois plus qu’en 2020) une volonté de casser le service public de l’enseignement ? Comment ne pas redouter que la montée en puissance des modalités de travail en distanciel, qu’il y ait confinement ou non, soit un gisement inépuisable de diminution du nombre d’agents dans le ministère, toutes catégories confondues ? Comment ne pas comprendre que l’inclusion à tout crin d’élèves présentant une infinité de handicaps et de pathologies différentes est motivée par la seule volonté de leur infliger une scolarité beaucoup moins coûteuse que celle à laquelle ils avaient droit naguère ? Comment ne pas exploser en vol dans de telles conditions ?

C’est la question qui se pose dans toutes les salles des professeurs, c’est celle que le SNFOLC 35 répercute au quotidien en direction des chefs d’établissement, de l’Inspection académique, du Rectorat, avec une ténacité que rien ne vient prendre en défaut.

C’est la raison pour laquelle, confinement ou non, couvre-feu ou non, la seule réponse à apporter est la construction du rapport de forces, il en va de la survie de ce qui reste de social dans notre république.

Encore faut-il s’en donner les moyens…

De ce point de vue, la résolution adoptée le 24 septembre dernier par le Comité Confédéral National de la Confédération ( en d’autres mots : le Comité administratif de Force ouvrière) est d’une pusillanimité inquiétante : « Le CCN mandate le bureau confédéral pour soumettre aux autres confédérations un projet de mise en garde adressé au gouvernement et au patronat : « Ni les salariés ni leurs organisations syndicales ne peuvent accepter davantage que les emplois, les salaires et les garanties collectives soient systématiquement sacrifiés au motif de la crise sanitaire pendant que des milliards d’euros dont déversés, à guichets ouverts, dans la trésorerie des grandes entreprises sans aucune contrepartie ou obligation. De même, les salariés et leurs organisations syndicales ne peuvent accepter davantage que les réformes des retraites et de l’assurance chômage restent à l’ordre du jour ».

En d’autres mots, on en reste au stade de l’avertissement sans frais… Et en la matière, les adresses au gouvernement peuvent se décliner à l’infini. On peut ainsi sermonner, admonester, morigéner, réprimander, tympaniser d’importance( expression chère à Stendhal!), adresser des remontrances, reprendre, rouspéter, enguirlander, la liste n’est pas exhaustive ! On peut aussi menacer de tout révéler sur l’extinction de la civilisation de l’île de Pâques…

Pour le SNFOLC35, jamais la grève interprofessionnelle jusqu’à satisfaction des revendications n’a autant été d’actualité, c’est ce dont nous aurons à discuter lors de notre assemblée générale statutaire du lundi 9 novembre.

Résister, revendiquer, reconquérir !