Assignés à résistance !

S’il est une activité que le pouvoir et le patronat voient revenir à la normale d’un très mauvais œil, c’est bien celle d’un syndicalisme de revendication.

Quand les autres organisations s’efforcent de donner des gages de docilité, déconfinent à un train de sénateur et détournent pudiquement leur regard des véritables problèmes des salariés, le SNFOLC35, avec son Union départementale, n’a jamais déserté l’action syndicale. Qui, si ce n’est Force ouvrière, a fait en sorte que L’Internationale retentisse dans les rues de Rennes le 1er mai au moyen d’une voiture sonorisée ? Qui, si ce n’est Force ouvrière, était dès le lundi 11 mai au matin en rassemblement à l’Inspection académique pour rappeler les revendications des personnels ? Qui, si ce n’est Force ouvrière, mène dans tout le département une campagne d’affichage  revendicatif? Qui, si ce n’est Force ouvrière, appelait le vendredi 12 juin place de Bretagne à agir contre les plans de licenciement qui menacent l’ensemble des salariés de ce pays. Non, décidément non, personne ne fera taire Force ouvrière.

C’est précisément parce que nous ne lâchons sur rien que des coups nous sont portés. A preuve, le courrier en date du 5 juin que la direction de La Poste envoie à nos camarades de FO Com (syndicat des postiers) : ils doivent avoir évacué leur local syndical le 30 juin au plus tard. A l’heure où ces lignes sont écrites, la mobilisation a porté ses fruits et la direction a fait une proposition qui convient à nos camarades. Nous leur exprimons notre soutien et nous serions à leurs côtés si, d’aventure, il venait à la direction l’idée saugrenue de ne pas tenir ses engagements… De même que nous apportons tout notre soutien au camarade Alain Rey, secrétaire départemental du SNFOLC du Lot, qui fait l’objet de poursuites pour avoir mené des discussions contre les E3C dans l’enceinte du Lycée Clément Marot de Cahors, comme le droit syndical l’y autorise.

Car, à bien y réfléchir, si le patronat se sent  fondé à entraver l’exercice du droit syndical, c’est que la période de confinement lui a montré que, pour assurer leur sécurité sanitaire, les salariés ont abdiqué des libertés individuelles et collectives essentielles : liberté d’obtenir du pouvoir autre chose que des mensonges d’Etat, de circuler, de se rassembler librement, de voir respecté le secret médical, de choisir ses modalités de travail, ses dates de congé… Et, au bout du compte, si nous avons accepté de limiter nos libertés, avons-nous pour autant eu toutes les garanties de sécurité ?

Poser la question, c’est y répondre. Nous ne payons  pas seulement un lourd tribut à la maladie, nous voyons se profiler la transcription en droit ordinaire de mesures extraordinaires et transitoires. « Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l’une ni l’autre. » disait Thomas Jefferson. Qu’un puissant stigmatise ceux à qui il est capable de faire subir ce genre de préjudice, c’est un état de fait auquel les femmes et les hommes libres qui forment Force ouvrière ne se résoudront jamais, c’est ce qui les pousse à revendiquer, encore et toujours, à offrir des perspectives d’action. Dans ce cadre, notre Union départementale appelle à rejoindre les salarié(e)s des hôpitaux et du médico social mardi prochain 30 juin esplanade Charles de Gaulle à Rennes  sur l’heure de midi et elle met en discussion la perspective d’une manifestation interprofessionnelle le 14 juillet : Le défilé des « assignés à résistance » dont nous avons été tant privés le 1er mai…