La classe exceptionnelle, c’est quoi?

La classe exceptionnelle des professeurs certifiés a été créée en 2017 avec la réforme PPCR. Présentée comme une mesure de revalorisation, elle a suscité bien des incompréhensions et des déceptions. La campagne 2017 n’a pu être réalisée qu’en 2018 (note de service du n° 2017-176 du 24 novembre 2017) et 52% des candidatures ont été jugées irrecevables. Pour essayer de clarifier la procédure, le ministère a modifié les règles en cours de route lors de la campagne 2018 (note de service n° 2018-061 du 30 mars 2018), sans que ces ajustements fassent taire les critiques. La campagne 2019 a connu elle aussi des ratés. La note de service n°2018-048 du 30 mars 2018 cadrant les opérations, initialement prévue pour le BOEN du 24 janvier 2019, n’a finalement pu être publiée qu’au BOEN n°17 du 25 avril 2019. Elle contient un nombre non négligeable de changements. Ceux-ci prennent-ils en compte les attentes des professeurs ?
 
La classe exceptionnelle est le troisième grade du corps des professeurs certifiés comportant 4 échelons plus un échelon spécial dont l’accès est contingenté. Elle permet d’accéder à une échelle de rémunération plus élevée que celle de la hors classe.
 
Il s’agit pour l’essentiel d’un grade à accès fonctionnel (GRAF). Contre le statut général de la fonction publique qui dispose que « le grade est le titre qui confère à son titulaire vocation à occuper l’un des emplois qui lui correspondent » (article 12 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983), l’accès à la classe exceptionnelle est conditionné à l’exercice de missions spécifiques, excluant de la sorte la grande majorité des professeurs certifiés, comme si le fait d’instruire les élèves n’était pas en soi suffisant pour obtenir cet avancement. Ce n’est plus le grade qui donne vocation à occuper un emploi mais l’emploi qui donne vocation à occuper un grade. Or comme c’est l’administration qui décide ou non de confier ces missions, la promotion récompense moins le « mérite » des intéressés, leur « valeur professionnelle » que leur degré de proximité avec leurs supérieurs. De ce fait, elle ouvre la voie à toutes les dérives : favoritisme, clientélisme, autoritarisme
 
La classe exceptionnelle a été conçue comme une première réponse aux préconisations de la Cour des Comptes qui, déplorant « l’insuffisance de l’encadrement intermédiaire » exige « [d’] identifier des fonctions de coordination (coordination disciplinaire, coordination de niveau) et d’appui (tutorat, personnes ressources), assurées par un membre de l’équipe partiellement déchargé de cours à cet effet ; [d’] inscrire ces fonctions dans le parcours professionnel des enseignants » (Cour des Comptes, Gérer les enseignants autrement, rapport public thématique, mai 2013 p.56 et 143). Pour les initiateurs de la réforme, la classe exceptionnelle doit aider à mettre en place une hiérarchie intermédiaire.
 
Force Ouvrière combat toute tentative de caporaliser les professeurs. C’est pourquoi elle n’était pas favorable à la création de la classe exceptionnelle. Loin de se  satisfaire d’une revalorisation salariale réservée à une infime minorité, Force Ouvrière revendique l’augmentation de la valeur du point d’indice entrant dans le calcul de la rémunération de tous les fonctionnaires et le droit effectif à une carrière complète pour tous. Chaque professeur certifié doit pouvoir atteindre le troisième chevron de la hors échelle A avant de partir à la retraite.