Parce que les lycéens et les étudiants ont raison de se mobiliser

Un mouvement de contestation organisé…

 Dès l’annonce du « Plan étudiant » et de la réforme du Bac et du Lycée en octobre 2017, des mouvements de contestation lycéens et étudiants ont vu le jour sur l’ensemble du territoire français : Paris, Nantes, Montpellier, Toulouse, Tours, Limoges, Nancy, Pau… et bien sûr Rennes. Organisation d’assemblées générales, comités de mobilisation, blocage d’universités et de lycées, manifestations (bien souvent interprofessionnelles)…

En Ille-et-Vilaine, de nombreux établissements universitaires et lycées ont été bloqués et se sont organisés contre la sélection, avec notamment le blocage des C.F.V.U. (Commission Formation et Vie Universitaire : instance qui a en charge l’élaboration des critères de sélection).

A Rennes 2, les Assemblées Générales ont pu atteindre jusqu’à 5.000 personnes réunies sur le parvis de Villejean devant le Hall B : des étudiants, des lycéens, des personnels des universités (enseignants et non enseignants), des professeurs du second degré, mais aussi des postiers, des cheminots, des salariés en lutte. Car tous ont compris la nécessité de coordonner les mouvements de résistance.

De novembre 2017 à juin 2018 à Rennes, les blocages se sont multipliés. Des diffusions de tracts ont permis d’interpeller les lycéens, les étudiants et les enseignants non mobilisés. Car il est essentiel d’informer pour élargir le mouvement, qui ne s’arrêtera pas en juin 2018.


Un mouvement systématiquement réprimé

Dans toute la France, ce mouvement de contestation a été systématiquement réprimé par des forces  de l’ordre en nombre et bien équipées :

  • Dans la nuit du 8 au 9 mai 2018, quelques 200 CRS et policiers de terrain ont évacué les 60 à 80 étudiants qui occupaient l’université Jean Jaurès (ex-Mirail). « Plusieurs camions de CRS ont débarqué vers 4 heures du matin aux abords de l’université, survolée par un hélicoptère pendant l’évacuation. L’entrée principale donnant accès au bâtiment de l’Arche, l’autre bâtiment occupé, a été très vite bloqué par un cordon de CRS, casqués et équipés de boucliers. Les étudiants sortaient par groupes. « (source : Le Parisien)
  • Vendredi 20 avril, sur le site universitaire de Tolbiac, 150 CRS sont intervenus au petit matin pour évacuer la cinquantaine de personnes qui occupaient les lieux pour protester contre la sélection. En moins de quarante-cinq minutes, l’opération policière a mis fin à trois semaines de mobilisation sur un site où se tenaient chaque jour ateliers, projections, conférences et soirées.
  • L’évacuation particulièrement violente de l’université de Montpellier dans la nuit du 23 au 24 mars a marqué les esprits : des hommes cagoulés armés de tasers et de bâtons sont entrés dans l’amphithéâtre où se réunissaient les étudiants et lycéens mobilisés. Plusieurs personnes ont été blessées, dont trois hospitalisées. Sous la pression une enquête a été ouverte. Le doyen porte la responsabilité de cette violence inouïe envers des étudiants réunis en assemblée générale. Celui-ci a été mis en examen et contraint à la démission.

A Rennes, les lycéens et étudiants mobilisés pendant plusieurs mois ont fait face à une répression à la fois policière et administrative :

  • Journées d’exclusion, exclusions de stage, heures de retenue abusives prononcées contre les lycéens engagés dans le mouvement…
  • Horaires des partiels décalés au dernier moment pour les étudiants, surcharge de dossiers à rendre, des étudiants à qui l’on a fait comprendre qu’il serait inutile de se présenter dans certaines filières en raison de leur activité militante…
  • Aux portes des lycées lors des blocages, des interventions policières souvent musclées… A titre d’exemple, le jeudi 19 avril 2018, nous étions plusieurs délégués syndicaux (Force ouvrière, Sud Éducation, CNT, AG Interpro) présents devant le lycée Joliot Curie pour aider les lycéens et les étudiants à bloquer l’établissement. Nous avons alors pu constater que non seulement les policiers étaient autorisés à pénétrer dans les établissements scolaires, véhicules inclus, mais qu’ils n’hésitaient pas non plus à enfoncer avec leur voiture un des barrages mis en place par les manifestants, malgré la présence de personnes devant ce barrage.
  • L’évacuation de Rennes 2 par les forces de l’ordre le lundi 14 mai 2018.
  • Un cortège étudiant et lycéen régulièrement gazé et nassé… Lors de la manifestation du 1er mai à Rennes, les forces de l’ordre se sont montrées particulièrement agressives. Avant même le début de la manifestation, les étudiants et les lycéens (autour de 300 personnes), partis de Rennes 2 pour rejoindre le cortège intersyndical rassemblé Place de la Mairie, se sont fait charger par la police sur le pont entre le Mail et les quais de la Vilaine. Les vidéos qui ont été prises lors de cette intervention (disponibles sur Internet) témoignent de la violence de cette charge, avec des manifestants bousculés et jetés au sol sous les coups de matraque des forces de l’ordre. Un étudiant a été interpellé et placé en garde à vue, plusieurs autres ont été blessés, la banderole a été saisie. Un peu plus tard, à la hauteur du boulevard de la Liberté, alors que l’ensemble du cortège intersyndical et étudiant défilait, les CRS ont isolé le cortège de tête et malmené un groupe de manifestants (essentiellement composé d’étudiants et de lycéens, qui défilaient dans le calme) à coups de matraques et de gaz lacrymogènes, faisant ainsi plusieurs dizaines de blessés.

PARCE QUE FORCE OUVRIÈRE CONDAMNE LES VIOLENCES DONT A ÉTÉ VICTIME LE MOUVEMENT LYCÉEN ET ÉTUDIANT,

PARCE QUE FORCE OUVRIÈRE SOUTIENT LES LYCÉENS / ÉTUDIANTS ENGAGÉS DANS CETTE LUTTE,

PARCE QUE FORCE OUVRIÈRE REFUSE LE PLAN ÉTUDIANT, PARCOURSUP ET LA RÉFORME DU LYCÉE,

PARCE QU’À FORCE OUVRIÈRE, NOUS SOMMES CONVAINCUS QUE LA SOLIDARITÉ ENTRE LYCÉENS / ÉTUDIANTS ET SALARIÉS EST ESSENTIELLE POUR GAGNER LE COMBAT,

Nous continuerons de prêter main forte aux lycéens et étudiants comme nous l’avons fait cette année : participation aux assemblées générales de Rennes 2, diffusion des revendications des différents comités de mobilisation auprès des personnels de l’éducation, participation aux blocages de lycée, intervention auprès du Préfet et des forces de l’ordre durant les manifestations pour demander la levée des nasses…

CAR LA LUTTE CONTINUE.

Tous ensemble