40% de retraite en moins en échange d’un plat de lentilles et l’augmentation du temps de travail en prime

C’est en présence de la conseillère sociale de Jean-Michel Blanquer et du Directeur des Ressources Humaines que les organisations syndicales ont été réunies le 7 février. Il s’agissait de présenter les différentes « pistes » de revalorisation censées compenser la suppression du Code des pensions civiles et militaires et la fin du calcul de la pension sur les 6 derniers mois, pour les enseignants. En effet, il faut rappeler que les personnels non-enseignants sont exclus de la prétendue « revalorisation », mais ils verront, comme tous les fonctionnaires, leur pension baisser.

Que proposent le gouvernement et son ministre de l’Education nationale ?

Une première « marche » de 500 millions d’euros. Une partie de cette somme servirait à verser une indemnité dégressive sur toute la classe normale pour les débuts et milieux de carrière allant, selon les différents scénarios, de 156 € à 15 € nets par mois. La FNEC FP-FO a opposé au régime indemnitaire l’augmentation du point d’indice (18%) pour compenser la perte du pouvoir d’achat.

Le Ministère va même plus loin pour décliner son indemnité qui serait différente entre les professeurs des écoles, les certifiés et les agrégés. Il s’agirait d’opposer les personnels entre eux, les jeunes contre les moins jeunes. La FNEC FP-FO refuse de cautionner cette mise en concurrence des personnels.

▪ Exemple 1 : 14 % des enseignants « revalorisés » : ils toucheraient, quel que soit le corps, une prime allant de 156 euros nets mensuels (échelon 2) à 64 euros (au 5ème échelon) et rien pour les autres.

▪ Exemple 2 : 44 % des enseignants « revalorisés ». Le PE toucherait une prime de 114 euros nets mensuels (échelon 2) à 14 euros (échelon 8). Un certifié toucherait une prime allant de 106 euros nets mensuels (échelon 2) à 7 euros (8ème échelon). L’agrégé toucherait une prime allant de 99 euros nets mensuels (échelon 2) à zéro euros (échelon 8).

Il ne s’agit donc pas d’une augmentation de salaire. Et c’est loin, très loin, de limiter la baisse drastique du montant des pensions, dans le cadre de la réforme Macron.

Le marché de dupes ne s’arrête pas là…

Une autre partie des 500 millions servirait à rémunérer la formation des personnels… sur le temps de vacances, et des heures supplémentaires à effectuer pour remplacer les professeurs absents dans le 2nd degré !

Et ce n’est pas l’augmentation annoncée de 2 points (15% à 17%) du nombre de promus à la Hors-Classe pour les professeurs des écoles qui va permettre de faire passer la pilule de la réforme des retraites !

Pour Blanquer, il faudra travailler plus pour gagner un tout petit peu plus et surtout en finir avec le Code des Pensions.

Les scénarios proposés seraient valables un an, les autres « marches » seraient négociées chaque année comme dans le privé. Le ministre propose aux personnels une indemnité en contrepartie d’une baisse du montant des pensions à hauteur de plusieurs centaines d’euros par mois (jusqu’à moins 40 %) : une honte !

Le ministre est bien un menteur quand il dit que le montant des pensions ne baissera pas

La FNEC FP-FO exige toujours avec les millions de salariés le retrait de la réforme de retraite par points et s’oppose au détricotage du statut de le Fonction Publique d’Etat auquel le Ministre veut associer les organisations syndicales. Le dispositif prévu par le Ministre confirme les craintes des personnels et le rejet de la réforme Macron.

C’est pourquoi, la FNEC FP-FO appelle l’ensemble des personnels à poursuivre la tenue des réunions et des Assemblées Générales et à prendre toutes les initiatives pour faire échouer la réforme Macron-Philippe.

 

Ci-dessous : une annexe qui récapitule les 4 propositions du Gouvernement.

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E3C et retraite par points : le rejet est total

Le déni du ministre sur les E3C

Le ministre Blanquer peut toujours dire qu’il ne se passe rien dans les lycées sur les E3C alors que deux tiers des académies sont en vacances scolaires et que les établissements sont fermés… Mais, dès que la rentrée des congés a lieu, le mécontentement resurgit. Le ministre responsable de cette situation n’a pas répondu aux milliers d’enseignants et de personnels sur le refus des E3C. C’est toujours la politique de la répression, outil généralisé par le gouvernement pour faire taire les revendications.

Sur Paris, dans plus de 40 lycées les E3C ont été reprogrammées à partir du 24 février.  Aujourd’hui, la réalité est celle-ci : lycée Colbert, bloqué, présence des forces de l’ordre et les élèves obligés de composer sous la pression au lycée Balzac, les lycéens ont déchiré leur copie. Impossibilité de faire passer les E3C dans les lycées Bergson, J. Decour, V. Hugo, par exemple.

Le ministre peut affirmer que ce mouvement de refus est localisé dans certaines académies, il n’y aurait pas tant d’inquiétude de sa part si le mouvement était totalement minoritaire : nouveau report à Joliot Curie, à Nanterre, grève des E3C au lycée J-J. Rousseau à Sarcelles, au lycée de Beauvoir à Garges, les personnels et lycéens se sont aussi mobilisés, au lycée Feyder d’Epinay-sur-Seine, etc. Au lycée Mozart, en Seine-Saint-Denis, les enseignants ont fait massivement grève le 24 février contre les E3C. Les trois quarts des élèves n’ont pas composé. Au lycée J. Brel à La Courneuve, les forces de l’ordre n’ont pas permis le blocage, mais pour autant, aucun élève n’a composé ! Et le ministre de dire qu’il ne se passe rien !

Le mensonge du ministre sur les retraites

Le ministre passe son temps à asséner aux professeurs que les montants des retraites ne baisseront pas, que les nouveaux professeurs gagneront en 2021, 100 € de plus par mois… mais dans le cadre de la réforme des retraites par points, dans le cadre d’une augmentation de la charge de travail. N’en déplaise à monsieur le ministre, les professeurs ne sont pas dupes, car depuis plus de deux mois, nous avons fait grève, nous sommes toujours pour le retrait, tout le monde a bien compris de quoi il s’agissait. Le principal souci du gouvernement est d’imposer avec le 49-3 la réforme rejetée majoritairement.
La FNEC FP-FO et le SNFOLC restent déterminés à maintenir la mobilisation engagée par la grève depuis le 5 décembre aux côtés des autres salariés.

Il est possible de gagner : réunissons-nous en AG partout pour décider

Tout le monde en a fait l’expérience : les temps forts à répétition, les journées saute-mouton risquent d’épuiser les salariés, personne n’en veut. Alors continuons ce que nous avons commencé. Les congés se terminent dans plusieurs académies. La FNEC FP-FO et le SNFOLC appellent à la tenue d’assemblées de secteurs, de services et d’établissements pour discuter et décider des initiatives à prendre pour dresser des dizaines et des centaines de milliers de salariés en même temps dans tout le pays pour que le gouvernement abandonne sa réforme.

La réforme Macron-Philippe ne tient qu’à un fil, la panique du ministre falsifiant la réalité en sont les preuves

Pour les faire plier et obtenir satisfaction sur les autres revendications, partout réunissons-nous pour décider la grève tous ensemble, dans l’unité !

 

Communiqué du 23 février (télécharger ici)

50 millions d’euros de cadeaux aux écoles maternelles privées sous contrat !

Un décret publié le 31 décembre 2019 au Journal officiel détaille les modalités d’attribution des ressources dues aux communes au titre de l’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire. Le versement du forfait communal pour les classes préélémentaires privées sous contrat scolarisant des enfants à partir de trois ans ne sera plus conditionné à l’accord donné par la commune au contrat d’association. L’État doit attribuer des ressources aux communes qui justifieront, du fait de l’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire à 3 ans, d’une augmentation de leurs dépenses.
 
Dans une réponse aux sénateurs publiée au JO Sénat du 10 décembre 2019, le ministre de l’Éducation nationale indique : 
 
L’article 17 de la loi du 26 juillet 2019 pour une école de la confiance prévoit que l’État attribuera des ressources aux communes qui enregistreraient, durant l’année scolaire 2019-2020 (…) une augmentation de leurs dépenses obligatoires par rapport à celles qu’elles ont engagées au titre de l’année scolaire 2018-2019. Les dépenses qui résultent de l’extension de l’instruction obligatoire seront de nature à ouvrir un droit à accompagnement financier.Une enveloppe de crédits, estimée à hauteur de 40 à 50 M€ pour les écoles privées sous contrat d’association, sera inscrite au budget de l’État en PLF 2021 en vue d’accompagner les communes dans la durée. Seules les communes qui ne versaient pas de forfait communal pour une école maternelle privée sous contrat d’association au motif qu’elles n’avaient pas donné leur accord à la mise sous contrat seront éligibles à cet accompagnement financier. Pour celles qui avaient déjà donné leur accord, les modalités de financement restent inchangées, puisqu’elles avaient déjà choisi, dans le cadre de leur libre administration, de faire de cette dépense une dépense obligatoire.
 
C’est donc un cadeau de près de 50 millions d’euros fait chaque année à l’enseignement privé confessionnel, sans compter les communes des maires qui avaient déjà eux-mêmes décidé de les financer. À noter d’ailleurs qu’en cas de changement de maire, le financement perdure, sans compensation de l’État, puisqu’il existait déjà en 2018-2019.
 
« Grande avancée » que cette obligation de scolarisation puisqu’avant la loi 98,9 % « seulement » des enfants de 3 ans étaient scolarisés ! De qui se moque-t-on ? La loi Blanquer dite « pour une école de la confiance » montre ainsi son vrai visage : renforcer les lois anti-laïques de financement des écoles privées sous contrat en l’étendant aux écoles maternelles qui leur échappaient jusqu’à présent !
 
Ces mesures sont à mettre en relation avec la reconnaissance, inscrite dans la loi et ses décrets, du droit aux structures privées payantes hors éducation nationale dite « jardins d’enfants » d’assurer la scolarité obligatoire sans enseignant, hors de prix et sans mixité ! Ce sont autant de dispositions qui visent à attaquer et asphyxier l’école maternelle publique, gratuite, laïque et son enseignement délivré par des professeurs des écoles dans le cadre de programmes nationaux.
 
Le SNFOLC 35 rappelle la revendication constante des partisans de la laïcité et du serment de Vincennes de 1960 : les fonds publics doivent être réservés à la seule école publique. En ce sens, le SNFOLC 35 exige l’abrogation de la loi Debré – Guermeur et toutes les lois anti-laïques et réaffirme son attachement inaliénable à l’existence de la loi de 1905 et à son application effective.
 
Le SNFOLC 35 défend l’école maternelle et revendique l’abrogation de la loi dite « pour une école de la confiance ».
 
Le SNFOLC 35 est pleinement engagée dans la grève pour l’abandon du projet de retraite par points et appelle les personnels à se réunir en assemblées générales pour décider la grève jusqu’à son retrait. Faire reculer le gouvernement sur sa réforme des retraites, c’est créer les conditions pour obtenir satisfaction sur toutes nos revendications, en particulier celles concernant la défense de l’école maternelle.

Pour un appel national unitaire à la grève générale

Estimant qu’il est capital de passer à un stade supérieur dans la mobilisation contre le projet de réforme des retraites, le SNFOLC 35 s’adresse à la confédération FO pour que les syndicats engagés dans la lutte envoient un signal clair aux salariés, aux jeunes et aux retraités de ce pays : nous demandons un appel national unitaire à la grève générale.

Discours d’Edouard Philippe : entre fausses promesses et cynisme

Edouard PHILIPPE a annoncé le 11 décembre 2019, devant le conseil Economique, Social et Environnemental ce qui est présenté comme des concessions gouvernementales pour mettre fin à la levée en masse de la classe ouvrière contre le projet de contre-réforme des retraites.

Aucune véritable garantie sur la valeur du point 

  • La valeur du point serait indexée sur les salaires et la loi interdirait qu’elle baisse : les retraites étaient en principe indexées sur l’inflation, ce n’a pas empêché le gouvernement de ne les augmenter que de 0,3% au 1er janvier 2019 malgré une inflation 2018 de 1,6% et la ré-indexation pour 2020 ne devrait concerner que les retraites inférieures à 2000 €. Ne pas baisser la valeur du point, ce peut être la geler comme la valeur du point d’indice des fonctionnaires.

  • Les « partenaires sociaux » seraient associés à la détermination de la valeur du point via une instance qui ne peut, en aucun cas, être paritaire (les salariés ne seraient pas seuls concernés). La valeur du point serait fixée annuellement par la loi ; rien n’obligerait donc à tenir compte de l’avis de cette instance, ni même de respecter l’engagement de ne pas baisser la valeur du point inscrit dans la loi initiale.

L’âge de départ 

  • L’âge légal serait conservé mais c’est une illusion puisqu’une décote serait appliquée  pour un départ avant 64 ans et une surcote ensuite. Il faudra attendre pour tenter d’obtenir une retraite décente. Pourquoi l’âge bonus-malus serait-il meilleur que l’âge pivot.

Haro sur la jeunesse 

Le gouvernement admet implicitement que le régime universel constitue une perte de droits puisqu’il retarde sa mise en place pour les salariés actuellement en poste :

  • Application du régime par points aux jeunes entrant sur le marché du travail en 2022 (pour rendre la réforme inéluctable, le gouvernement a donc peur des mobilisations actuelles mais aussi des futures) ;

  • Pour les autres, hors régimes spéciaux, application du nouveau régime aux salariés nés à compter de 1975 ;

  • Pour les régimes spéciaux le nouveau régime concernerait les salariés nés après 1980 ou 1985 selon l’âge auquel ils ouvrent droit à pension actuellement.

Le pari c’est donc que les salariés actifs, moins directement concernés par la réforme, ne se préoccupent pas de leurs enfants et petits-enfants, le gouvernement parie ainsi sur le cynisme.

1000 € minimum mais pas pour tous 

Le minimum de pension à 1000 € serait mis en place dès 2022  mais ce minimum ne s’applique qu’aux retraites à taux plein et aux personnes ayant touché au minimum le SMIC durant leur carrière. Beaucoup d’agriculteurs – présentés comme gagnants avec ce nouveau système – ne pourront pas prétendre à ces 1000€ puisque (et le scandale est là) ils ne touchent souvent même pas l’équivalent d’un SMIC.

Rien de bon pour les femmes

Droits liés aux enfants 

Le premier ministre confirme une majoration de la retraite de 5% par enfant dès le 1er,  17% pour 3 enfants et 5% par enfant supplémentaire, mais cette majoration se substituerait à :

  • 8 trimestres supplémentaires par enfant dans le régime général (4 pour les fonctionnaires) et le seul octroi actuel de 8 trimestres supplémentaires pour les enfants (dès le 1er) aboutit souvent à augmenter les retraites de plus de 5%.

  • une majoration de 10% pour 3 enfants et 5% par enfant supplémentaire.

Pour toutes, la perte des trimestres supplémentaires n’est pas rattrapée.

Pensions de réversion 

Un cumul retraite personnelle pension de réversion (qui concerne le plus souvent les femmes) à hauteur de 70% du montant des retraites des deux conjoints, mais :

  • jusque-là le droit à la réversion d’une retraite de base du régime général est soumis à condition de ressource (20862,40 € en 2019 pour une personne seule) ;

  • la réversion d’une retraite complémentaire d’un salarié de droit privé est cumulable intégralement avec tous les droits personnels ;

  • le cumul de la réversion d’une pension d’un fonctionnaire avec des droits personnels est également intégral.

On pourrait donc penser que les veuves de salariés du régime général seraient gagnantes quant à la réversion d’une retraite de base du régime général mais le droit à pension de réversion est repoussé de 55 à 62 ans (quid des veuves à 55 ans, sans emploi et qui n’en trouveront pas ?)

Pour les enseignants

Jean-Michel BLANQUER a indiqué sur France-Inter que la loi prévoirait que les rémunérations (salaires, primes ? Il ne sait pas) des enseignants seraient adaptées pour que les enseignants aient un niveau de retraite comparable aux autre fonctionnaires de catégorie A. Il ne s’agit pas d’un engagement de maintenir le niveau de pensions des enseignants (qui selon Daniel COHEN nécessiterait une augmentation de leurs salaires d’au moins 25%). A quels autres fonctionnaires de catégorie A plus ou moins mal lotis seraient comparés les enseignants ?

Une fausse équité

Pourquoi faudrait-il un régime universel ? L’universalité en droit du travail, ce serait la disparition des conventions collectives et des statuts. Ce qui est insupportable pour les gouvernants et le patronat c’est que des salariés d’un secteur, par le rapport de force obtiennent des droits qui deviennent ensuite un objectif pour les autres. L’équité pour le gouvernement et le patronat c’est la destruction des droits et le nivellement par le bas.

Le système universel par point, ce n’est pas l’égalité ou l’équité, par la prise en compte de toute la carrière et non des 25 meilleures années ou des 6 derniers mois c’est, nécessairement,  la baisse des retraites et des pensions. La seule égalité c’est celle du taux de remplacement, soit le pourcentage des salaires auquel correspond la retraite.

Favoriser la capitalisation

Le régime universel par points réduit les droits et encourage donc le recours à la capitalisation encore facilitée par la loi PACTE du 22 mai 2019.

Les principes d’un régime universel par points sont inacceptables, aucune rustine ne peut les corriger.

Ni amendable, ni négociable, le projet de contre-réforme MACRON-DELEVOYE-BERGER doit être retiré.  Généralisons la grève.