L’ « accompagnement renforcé » du ministre Geffray : 800 collèges repris en mains et mis sous tutelle

Pas de révision de la carte de l’éducation prioritaire

Le ministre Geffray déclare qu’il n’y aura pas de mise à jour de la carte de l’éducation prioritaire cette année en raison des élections municipales, ni l’année prochaine compte tenu des élections présidentielles !

Par contre, il a décidé de mettre en place des plans d’action locaux dans 15% des collèges, soit 800 collèges qui concentrent une part importante d’élèves dont les résultats sont inférieurs à 8 sur 20 en français et en mathématiques aux épreuves ponctuelles du DNB.

70 % de ces établissements sont en Education Prioritaire, 30 % hors Education Prioritaire.

 

Le ministre a publié une « instruction » au BO du 18 décembre 2025 :  « Instruction du 17-12-2025, Agir collectivement pour la réussite de tous les élèves : accompagner les collèges les plus exposés à la difficulté scolaire ».

Accompagnement ou mise sous tutelle?

Si la liste des établissements retenus n’est pas publiée, l’Instruction du 17 décembre donne le contenu de cet accompagnement renforcé.

En vue de la rentrée 2026, les chefs d’établissement des collèges concernés, avec les équipes pédagogiques, et sous le contrôle des rectorats et d’une « équipe ressource académique » (inspecteurs, formateurs…), sont chargés d’élaborer des plans pluriannuels sur la base d’une feuille de route qui précise les objectifs fixés à trois ans.

 

A partir d’un « diagnostic objectivé par des indicateurs », il faudrait trouver des « leviers pédagogiques », identifier les « besoins spécifiques de l’établissement » pour la formation et l’’accompagnement disciplinaire des enseignants, améliorer les pratiques.

On retrouve ici la logique des évaluations d’établissements rejetées par les personnels, de l’accompagnement renforcé issu de l’évaluation-PPCR que FO a toujours combattue.

La liste des « leviers pédagogiques » en matière d’organisation pédagogique reprend pour sa part les recettes du choc des savoirs (par exemple un « plan de renforcement sur un nombre limité de séances autour d’une compétence ciblée avec un nombre restreint d’élèves » etc.)

En matière de climat scolaire et de santé, il ne s’agit bien évidemment pas de renforcer les vies scolaires, services sociaux et de santé. Si les fonds sociaux pourront éventuellement être renforcés, pour le reste il s’agira d’un « appui éducatif » par des « personnels académiques qualifiés ».

Les chefs d’établissement sont également enjoints à se rapprocher des collectivités territoriales pour « la bonne articulation des différents temps des jeunes, scolaires, périscolaires et extrascolaires ».

Tout cela bien entendu pour « permettre l’élévation générale du niveau de tous les élèves », et bien entendu sans moyens supplémentaires, alors que les classes sont surchargées, que les élèves à besoin particuliers ne sont pas pris en charge, que les personnels manquent partout !

Vous êtes suivis !

Au lieu de répondre aux revendications telles que la création des postes nécessaires, la baisse des effectifs, la défense de l’enseignement spécialisé, l’abrogation des contre-réformes, l’augmentation des salaires… le ministre institue une logique de mise au pas où des personnels, déjà confrontés à des difficultés d’exercice, seront « coachés » voire jugés. C’est une provocation !

Le suivi des actions engagées sera assuré par le chef d’établissement, en lien avec l’inspecteur référent ou un membre de l’équipe ressource, le conseil pédagogiques, le recteur, le conseil académique des savoirs fondamentaux, les IA-Dasen, et jusqu’à la DGESCO et une mission d’inspection générale !

 

Reprendre en main les personnels qui dysfonctionneraient puisque les résultats de leurs élèves ne sont pas assez bons, sans aucun moyen supplémentaire, voilà en quoi consiste l’instruction du nouveau ministre.

Que le ministre ne compte pas sur FO pour participer à son « alliance pédagogique » pour mettre au pas les personnels !

 

Le SNFOLC dénonce ce nouveau management ministériel et se tiendra au côté des personnels qui refusent d’être pointés du doigt comme responsables des difficultés scolaires de leurs élèves.

Le SNFOLC exige d’abandonner cette logique de mise au pas, de laisser les personnels travailler et de répondre à leurs revendications :

– Annulation du budget d’austérité, des suppressions de postes et créations de postes nécessaires dans les écoles, collèges, lycées, établissements sociaux et médico-sociaux et services

– Un statut de fonctionnaire avec un temps plein de 24h pour les AESH, abandon des PIAL et des PAS

– Augmentation des salaires de 10 % tout de suite et rattrapage du pourvoir d’achat perdu depuis 2000 (32,7%)

– Abrogation de la réforme Macron-Borne des retraites 

– Abrogation des contre-réformes qui remettent en cause les statuts et missions des personnels, et le droit égal d’accès à l’instruction des élèves : réforme Blanquer du lycée et du baccalauréat, Parcoursup, acte 2 de l’école inclusive, « choc des savoirs » …

Groupes de besoin Maths et Français : Attention !

 

Leur caractère facultatif ne règle pas tous les problèmes !

Aucune suppression de poste !
Restitution des moyens volés par la réforme Attal.
Abrogation du « choc des savoirs » !

 

Les DGH arrivent avec leur lot de suppressions de postes !

Le 15 janvier 2026, le Conseil Supérieur de l’Education a étudié un décret prévoyant que les groupes de besoin deviennent facultatifs.

Cela ne fait qu’entériner une situation qui existe déjà dans les établissements en Ille-et-Vilaine où certains collèges ont abandonné les groupes de besoin, certains n’en ont plus que sur un niveau… Même si cela va dans le bon sens, cela ne règlera pas tous les problèmes. Le décret a été rejeté par la majorité des membres du CSE (17 voix pour, 25 voix contre dont celle de la FNEC-FP-FO).

Pressions sur les personnels

Le décret prévoit :

« En classes de sixième et de cinquième, en vue notamment de prévenir la difficulté scolaire, un accompagnement pédagogique renforcé est mis en œuvre pour les enseignements de français et de mathématiques, adapté aux besoins des élèves. Il peut donner lieu à des organisations pédagogiques diversifiées, notamment, pour tout ou partie de l’horaire, à des groupes à effectifs réduits et/ou constitués en fonction des besoins des élèves identifiés par les professeurs. ».

Des pressions ont existé – ou existent encore – pour inciter les collègues à maintenir ces groupes. L’administration ou les inspecteurs peuvent organiser des réunions pour vanter les bienfaits des groupes et maintenir la pression sur les collègues. Mais devenus facultatifs, ces groupes ne peuvent plus être imposés.

 

 

L’arnaque continue !

Or, dans son budget, le 1er ministre Lecornu n’a pas annoncé l’annulation de la suppression des 4 000 postes dans le premier et le second degré. Les rectorats et DSDEN ont donc consigne de raboter cette année encore les DGH au nom du budget d’austérité.

Lors des CSA 35 de l’année passée, nous avions constaté que l’heure retirée à la technologie en 6e avait été injectée dans la « marge » et redistribuée à certains collèges mettant en place ces groupes de besoin. Qu’en sera-t-il cette année ? A l’heure de l’austérité, tout laisse à penser que les DSDEN vont récupérer cette heure. Il est clair que ce n’est pas en déclarant facultatifs les groupes de besoin en 6e et en 5e que le décret du ministre Geffray garantira l’octroi de moyens supplémentaires.

Bien au contraire ! Devenant facultatifs, les groupes de besoin n’ont plus de moyens dédiés.

 

Pour maintenir des groupes en sixième et en cinquième, il faudra décider quelles disciplines on dépouille de ses groupes, quelles options ou quelle discipline on supprime…

 

Au nom de l’autonomie, le ministre va semer la discorde et la division entre les équipes et les collègues. Diviser pour mieux régner !

C’est exactement le contraire de ce que va faire le syndicat : unir les personnels pour conserver les moyens et exiger la création des postes et des classes nécessaires qui manquent partout !

 

Territorialisation, contractualisation et pression

Concernant les moyens pour la rentrée 2026, le décret prévoit :

« des établissements peuvent se voir attribuer des moyens supplémentaires délégués par le recteur d’académie afin de pouvoir mettre en place des mesures spécifiques d’accompagnement des élèves ».

Va-t-on contractualiser les moyens selon la même logique que le plan d’accompagnement des 800 collèges en difficulté scolaire ? Une feuille de route ou un projet d’établissement permettraient-ils d’avoir des moyens en plus ?

 

C’est la mise en place d’une école à deux vitesses et d’encore plus de territorialisation et de pression sur les personnels qui devraient en faire beaucoup plus pour avoir éventuellement un peu plus ! C’est une attaque de plus contre notre statut !

Les personnels ne réclament pas de travailler plus avec moins de moyens ! Leurs revendications sont claires : ils veulent des améliorations de leurs conditions de travail, c’est-à-dire la baisse des effectifs par classe dans toutes les matières afin d’instruire les élèves dans de meilleures conditions, le respect de leur liberté pédagogique et des préconisations de la médecine de prévention, de plus en plus bafouées au nom de l’organisation du service.

 

Avec FO, revendiquons des moyens pour enseigner et une augmentation générale des salaires !

Les personnels de l’Education Nationale, comme tous les agents de la fonction publique, contribuent au fonctionnement des services publics. Pourtant, depuis plus de deux décennies, l’État maltraite ses agents et fait des économies sur leur dos.

Pour FO, il est urgent de faire d’autres choix !

Nous voulons la hausse des salaires par l’augmentation du point d’indice, la suppression du jour de carence et le maintien de 100 % de la rémunération en cas d’arrêt maladie.

Pour le SNFOLC 35, il faut défendre le statut des agents, donner des moyens humains au service public de l’Education et abroger toutes les réformes qui ont dégradé les conditions de travail et d’étude : réforme du lycée, du bac, Parcoursup, chocs des savoirs…

A l’heure où les DGH vont être distribuées et où les répartitions des moyens vont débuter, le SNFOLC appelle tous les collègues à :

● se réunir pour lister les besoins nécessaires, (enseignants, AESH, AED, PsyEN, CPE, AS, infirmiers …) dans les établissements pour enseigner dans de bonnes conditions, pour la réussite de tous les élèves, et discuter des moyens d’action pour les obtenir.

● rétablir tous les enseignements, groupes et option(s) qui ont disparu en collège, en commençant par l’enseignement de la technologie en sixième

● refuser la mise en place des groupes de besoins, exiger le rétablissement des heures qui ont été supprimées pour les mettre en place, exiger d’abonder les DHG pour permettre de réduire le nombre d’élèves par classe et dans toutes les disciplines.

● transmettre au SNFOLC 35 tous les problèmes pour que nous puissions agir auprès des chefs d’établissements, et de la hiérarchie, dans les instances où cela se décide.

 

Ne restez pas isolé-e. Adhérez !

Pour télécharger ce communiqué et le diffuser, c’est ici.

Lecornu impose par 49-3 son budget d’austérité

Le premier ministre Lecornu a décidé d’imposer par le 49-3 son budget d’austérité au terme de tractations politiciennes. C’est dans ce cadre qu’il a effectué ses dernières annonces présentées comme des concessions.

La prime d’activité, complément de ressources octroyé à ceux qui se trouvent en bas de l’échelle des revenus alors qu’ils occupent un poste, devrait augmenter de 50€ mais la baisse du budget du ministère du travail est maintenue, tout comme est maintenue la nouvelle année de blocage des salaires dans le privé comme dans le public avec le gel de la valeur du point d’indice.

Le maintien des bourses étudiantes et la généralisation du repas universitaire à 1 € sont présentés comme des avancées sociales. En réalité, cette mesure est une fausse concession elle coûte 100 millions d’euros, alors que le budget de la vie étudiante baisse de 200 millions d’euros. 

Une véritable politique sociale étudiante exige des moyens pérennes, des créations de postes et un financement à la hauteur des besoins.

 

Education nationale

Les 2 000 postes créés sont bien des postes d’AESH, personnels maintenus sous le seuil de pauvreté. Rappelons que les 2 000 postes prétendument créés par l’ex-premier ministre Bayrou s’étaient avérés être une mystification !

Jamais le manque d’AESH n’a été aussi important dans les écoles et les établissements, partout ça craque !

 

Les 4 000 suppressions de postes d’enseignants sont, elles bel et bien maintenues ! 

Quant au ministre Geffray, il continue son chantage en expliquant que faute de budget, les concours d’enseignement 2026 auxquels 88 000 étudiants sont inscrits, ne pourraient avoir lieu

Les dispositions inacceptables du budget Lecornu sont donc maintenues. Ce dernier s’est d’ailleurs empressé de rassurer les chefs d’entreprise dans un courrier qu’il leur a adressé.

 

Il est un ministère qui échappe à l’austérité, aux coupes budgétaires, c’est celui des armées. Le président Macron, qui lors de ses voeux aux armées appelle à un « sursaut militaire », rappelle que : « La loi de programmation militaire (…) prévoit pour la période 2026-2030 un effort supplémentaire de 36 milliards d’euros pour accélérer notre réarmement dont 3,5 milliards

« Concessions » ? « Avancées sociales » ?

Non ! Lecornu impose par 49-3 son budget d’austérité et de guerre d’euros dès 2026. » Tout cela, toujours selon le président Macron « pour être prêt pour un engagement majeur d’ici 3 ou 4 ans ».

La FNEC FP-FO n’est pas dupe des dernières annonces du premier ministre Lecornu : son budget, c’est toujours plus d’argent pour l’armée, des cadeaux fiscaux aux grandes entreprises et une offensive inédite contre la Sécu, contre l’Ecole publique, contre l’hôpital public, contre les droits et les garanties collectives des salariés.

 

La FNEC FP-FO ne l’accepte pas. Elle oppose toutes ses revendications au budget Lecornu. Elle invite les personnels à se réunir dans les écoles et les établissements pour discuter de cette situation et décider d’initiatives pour faire valoir leurs exigences en termes de postes, de salaires, de garanties collectives, de conditions de travail…

L’argent pour l’Ecole publique et ses personnels, pas pour préparer la guerre !

Avancement à la hors-classe : Campagne 2026

Dans ce dossier sur la hors-classe, vous trouverez des informations sur les conditions de promouvabilité, la procédure, les autorités compétente, le barème, le contingent, le reclassement, la carrière à la hors-classe, la rémunération.

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Le SNFOLC revendique :
– le respect du droit à carrière pour les fonctionnaires,
– l’abrogation de la loi dite de transformation de la fonction publique afin notamment de restituer aux commissions administratives paritaires leurs compétences en matière de promotions et de mutations,
– l’augmentation immédiate de 10% de la valeur du point d’indice et à terme de 32,7 % pour compenser les pertes de pouvoir d’achat accumulées depuis 2000,
– l’accès pour tous les agents à l’indice sommital de rémunération de leur corps avant leur départ à la retraite : hors échelle B3 pour les professeurs de chaires supérieures et agrégés, hors échelle A3 pour les professeurs certifiés, PEPS, PLP.

 

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