Acte 2 du « choc des savoirs » : Abrogation !

La mobilisation contre le « choc des savoirs » de l’ex-ministre de l’Education Attal a pris des formes et des dimensions inédites l’année dernière.

 

Les enseignants, en lien avec les parents d’élèves, ont multiplié toute l’année les motions, les réunions, les AG, les grèves. Des dizaines de milliers de familles n’ont pas envoyé leurs enfants à l’école dans des opérations d’une
ampleur jamais vue de « collèges déserts ».

Ces mobilisations ont contribué à entraver l’application de la réforme.

Lorsqu’ils se sont mis en place, les groupes « de besoin » ont été organisés de manière très diverse d’un collège à l’autre. Partout on constate, ici des dégradations d’emploi du temps, là des problèmes de salles, des suppressions d’options, de dédoublement, toujours plus de réunions, la remise en cause de la liberté pédagogique, des tensions avec les parents, dans les équipes, des pressions pour être professeur principal, des sorties remises en cause…

Le « choc des savoirs », c’est aussi moins de garanties sur l’enseignement des lettres classiques avec la possibilité de réduire de 2 heures le volume  disciplinaire sur le collège, c’est la confirmation de la suppression de l’heure
de technologie et une heure d’enseignement en moins par semaine en 6ème.

Alors que le budget 2025 annonce 4000 suppressions de postes d’enseignants à la rentrée prochaine, et que le ministre Kasbarian prévoit d’allonger de 1 à 3 jours le délai de carence pour les fonctionnaires et de réduire de 100 à 90% le traitement indiciaire perçu à partir du 4ème
jour des arrêts de maladie ordinaire, la ministre Genetet continue les provocations avec ses annonces sur l’acte II du « choc des savoirs ».

 

Les annonces de Genetet vont encore plus loin que les décrets et arrêtés du 17 mars organisant le « choc des savoirs »…

 

Pour télécharger le document : c’est ici.

AESH en école : ne signez pas l’agrément piscine-vélo

Les AESH travaillant dans les écoles sont invités à passer un agrément pour encadrer les élèves en situation de handicap lors d’activités particulières telles la piscine ou le vélo.

 

Dans ce document, il est indiqué que l’AESH fait partie de l’équipe encadrement sans pour autant être comptabilisé dans le taux d’encadrement.

De plus, cet agrément place les AESH dans les mêmes conditions qu’un enseignant c’est-à-dire qu’il engage sa responsabilité sur le plan pénal.

Dans le document, il est également conseillé aux AESH de souscrire à une assurance professionnelle. Nous considérons ce conseil scandaleux de la part d’un employeur qui rémunère l’immense majorité des personnels sous le seuil de pauvreté !

 

FO a alerté le Rectorat à ce sujet lors de la CCP du 18 octobre dernier, instance qui traite des conditions d’exercice des personnels AESH et AED. La responsable du SAADEI ne semblait pas informée de cette disposition. FO lui a donc fourni le document, elle a indiqué s’adresser au service juridique à ce sujet.

Dans l’attente de la réponse du service juridique, le SNFOLC 35 et le SNUDI FO 35 appellent les AESH à refuser de signer un tel document : d’une part, c’est l’enseignant qui est responsable de sa classe ; d’autre part, les maîtres nageurs sont responsables de la sécurité de tous les baigneurs.

 

Pour rappel : l’enseignant est responsable de la totalité de sa classe pendant les activités hors de l’école.

Acte 2 du « choc des savoirs » : une provocation supplémentaire

La ministre Genetet a annoncé ses mesures

de « l’acte II du choc des savoirs ».

Ces décisions font suite à la réunion du 21 octobre que la FNEC FP FO avait ainsi résumée :
– Aucune réponse aux revendications sur les postes et les salaires ;
– Maintien de la contre-réforme du « choc des savoirs » et de tous les dispositifs que nous combattons (évaluations, nouveaux programmes…) et aggravation de la territorialisation.

 

La FNEC FP-FO avait rappelé que la seule adaptation possible du « choc des savoirs » est son abrogation dans son entièreté : que ce soient les mesures de groupes de niveaux, de besoin, la labellisation des manuels, la classe prépa seconde qui fragilise le lycée professionnel, les nouvelles conditions de redoublement, le DNB obligatoire, aucun aspect de la réforme n’est acceptable.

En plus de l’abrogation du texte, il faut rétablir les moyens pour tous les dédoublements et options qui ont été sacrifiés, réintroduire l’heure de technologie en 6ème.

 

La ministre reste sourde aux revendications et au rejet exprimé toute l’année dernière par la mobilisation (grève, manifestations, rassemblements, AG, réunions publiques, opérations « collèges morts ou vides »…) et par le vote contre quasi unanime au CSE (0 pour, 68 contre et 1 abstention).

Les annonces vont même encore plus loin dans la déréglementation, la territorialisation, la surcharge de travail pour les personnels et donc la destruction de l’Ecole publique :

– Maintiens des groupes en français et en mathématiques en 6ème et en 5ème

La ministre a précisé que la mise en place des groupes de besoin en 6ème et 5ème serait obligatoire à la rentrée prochaine sans donner les moyens pour mettre en place des groupes à effectifs réduits.

– Groupes de besoins étendus en 4ème et en 3ème et augmentation de « devoirs faits » et des « stages de réussite »

Une heure de groupe par semaine en alternance entre les mathématiques et le français sera dédiée à la mise en place de groupes de besoin.

Ce sont donc deux heures de plus qu’il faudrait mettre en barrette dans les emplois du temps. Des difficultés en plus pour les chefs d’établissements, des emplois du temps encore plus détériorés pour les enseignants.

La ministre chiffre à 1000 le nombre de postes supplémentaires que cela représenterait. Alors que le budget prévoit 500 suppressions de postes à la rentrée 2025, la ministre évoque des « redéploiements ».

 

La ministre souhaite aussi permettre à deux fois plus d’élèves de suivre des heures de « devoirs faits ». Les heures ne sont déjà pas toutes assurées cette année : les enseignants refusant toujours plus d’heures, des rémunérations en Pacte…

Et pendant les vacances, plus de « stages de réussites », eux aussi financés par des Pactes.

– Brevet obligatoire à la session 2027

La ministre Genetet estimant que les élèves entrés en 6ème en 2023 auront tous pu « bénéficier » du « choc des savoirs » ou de l’heure supplémentaire en mathématiques ou en français (retirée dès l’année suivante sans retour de l’heure de technologie), il serait légitime de rendre le brevet des collèges obligatoire en 2027.

Les élèves qui n’obtiendraient pas le brevet seraient affecté en CAP ou dans une classe « prépa seconde ».

 

La part de contrôle continu sera réduite à 40% pour la session 2026.

– Labellisation des manuels

Malgré l’opposition de tous, là encore, la ministre Genetet confirme la procédure de labellisation des manuels.

La FNEC FP-FO a toujours dénoncé l’attaque contre la liberté pédagogique. Le financement par l’état des manuels labellisés imposés en CP/CE1 en éducation prioritaire et en zone rurale est insupportable.

 

– Recrutement de 150 CPE et 600 AED en janvier 2025

Pour améliorer le « climat scolaire », le recrutement de 150 CPE et 600 AED est prévu.

Ce sont les 10 000 suppressions de postes statutaires en 10 ans qu’il faut rétablir. Alors qu’il manque partout PsyEN, médecins et infirmières scolaires, assistantes sociales, 150 CPE pour toute la France pourraient améliorer le climat scolaire ? C’est de la provocation.

 

– Et les autres mesures

La ministre a de plus annoncé:

– une épreuve anticipée de mathématiques pour tous les élèves de 1ère ;

– des nouveaux programmes en français et mathématiques pour les cycles 1 ; 2 et 3 à la rentrée 2025 ;

– la poursuite de la réforme du lycée professionnel.

La FNEC FP-FO n’accepte pas ce passage en force, tout comme elle n’accepte pas les attaques contre les fonctionnaires du ministre Kasbarian.

L’heure est au rassemblement des personnels, afin d‘engager dès maintenant la préparation de la grève pour l’annulation des 4000 suppressions de postes, la grève pour aucune fermeture de classe, aucune fermeture de poste, pour l’abrogation de la réforme du « choc des savoirs » dans son intégralité et pour la satisfaction de toutes les revendications des personnels.

 

L’heure est à la préparation de la grève avec tous les agents de la Fonction publique contre les mesures Kasbarian de mise en place des 3 jours de carence, de l’indemnisation des jours d’arrêt maladie à 90% et des attaques à venir contre le Statut !

 

La FNEC FP-FO propose l’action commune aux autres fédérations de l’Education nationale : l’action pour gagner, pas les journées d’action, la vraie grève jusqu’à satisfaction !

Elle invite les personnels à se réunir partout sur leurs lieux de travail, dans les réunions syndicales pour débattre de ces questions, de la manière la plus efficace de faire reculer le gouvernement.