Mouvement inter, infos stagiaires

ère affectation pour septembre 2019, je prends contact avec le SNFOLC 35

Si vous êtes stagiaire, vous devez obligatoirement participer au mouvement « inter » en formulant des vœux entre le 15 novembre et le 4 décembre. L’enjeu : votre future affectation à partir du 1er septembre 2019. La note de service ministérielle qui précise les règles des mutations est parue le 8 novembre. Pour les stagiaires, les règles changent considérablement par rapport à l’année dernière. Ainsi les 50 points dont vous auriez pu bénéficier sur votre 1er vœu sont réduits à 10 points ! Seule Force Ouvrière s’est opposée à la nouvelle note de service ministérielle (second degré) lors du Comité technique ministériel du 6 novembre 2018, qui réunissait le ministre et les organisations syndicales représentatives.

Calendrier des différentes étapes

Saisie des vœux :

Du 15 novembre, 12 heures, au 4 décembre 2018, 18 heures. Je demande conseil auprès du SNFOLC 35. Je reçois le formulaire de confirmation dans mon établissement après la clôture de la période de saisie des
vœux. Je vérifie l’exactitude des données et rends le dossier au secrétariat de mon établissement avec les pièces justificatives. Si des éléments sont inexacts ou absents, je les mentionne en ROUGE sur le formulaire de confirmation. J’envoie en même temps la fiche syndicale au SNFOLC 35

Vérification des barèmes et des voeux :

Entre le 7 et le 25 janvier 2019, ou selon circulaire rectorale. Je reçois la fiche de vérification du SNFOLC 35.

Résultats des mutations inter-académiques :

Entre le 27 février et le 8 mars 2019. A l’issue de la commission qui a examiné ma discipline, je suis prévenu(e) de mon académie d’affectation définitive par le SNFOLC (avant de recevoir la confirmation écrite). Je demande à la section SNFOLC de l’académie dans laquelle je suis affecté(e) un rendez-vous pour le mouvement intra-académique.

Mouvement intra-académique :

Saisie des voeux possible à partir du 11 mars 2019 (selon les rectorats). Je demande le spécial mutations intra-académiques 2019 du SNFOLC.
 

Combien puis-je faire de voeux ?

En tout, 31 vœux sont possibles, les 25 académies métropolitaines auxquelles s’ajoutent la Corse, la Réunion, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et Mayotte – prenez conseil auprès du SNFOLC pour l’ordre de classement de votre liste.
 
 

Comment procéder ?

Deux types de stagiaires, deux types de bonification !

Certains stagiaires bénéficient d’une bonification spéciale, liée à des services antérieurs dans l’Éducation nationale. Ce sont les ex-enseignants contractuels du 2nd degré, ex-CPE contractuels, ex-COP contractuels, ex-MA garantis d’emploi, ainsi que les ex-AESH, les ex-AED et les ex-contractuels en CFA, justifiant de services dont la durée en équivalent temps plein (ETP) est égale à une année scolaire au cours des deux années scolaires précédant leur stage. Sont également concernés les ex-EAP justifiant de deux années de service en cette qualité.
 
Ces stagiaires ont droit à une bonification forfaitaire sur tous leurs vœux, selon leur échelon de reclassement : jusqu’au 3ème échelon : 150 points, 4ème échelon : 165 points, 5ème échelon et plus : 180 points.
 
Tous les autres fonctionnaires stagiaires, ainsi que les stagiaires en prolongation de stage, ont la possibilité d’utiliser, une seule fois, au cours d’une période de trois ans une bonification de 10 points, uniquement sur le premier voeu. Le stage doit être effectué dans un établissement du second degré de l’Education nationale. Tous les stagiaires peuvent prétendre à la prise en compte d’une année de séparation au titre de leur année de stage. En outre, les ex-titulaires d’un corps géré par la DGRH peuvent aussi prétendre à la prise en compte des années de séparation antérieures.
 
Bonification spécifique stagiaire : 0,1 point si je demande l’académie dans laquelle j’effectue mon stage et/ou l’académie d’inscription au concours de recrutement.
 
Stagiaires 2017/2018 du 2nd degré finalement titularisés à effet rétroactif en cours d’année. Ils peuvent bénéficier de 20 pts d’ancienneté de poste (correspondant à l’année scolaire 2018/2019) mais à contrario ne peuvent se prévaloir de la bonification de 0,1 point mentionnée ci-après.
 
Stagiaire débutant ou reclassé au 1er ou 2ème échelon : 14 points. En cas de reclassement au-delà du 2ème : 7 points par échelon supplémentaire. Ancienneté dans le poste : l’année de stage (donc 2018-2019) ne compte pas : 0 point. Exception : les stagiaires ex-titulaires d’un corps géré par la DGRH : 20 points par an.
 
J’ai donc 14,1 points si je demande mon académie de stage et/ou mon académie d’inscription au concours de recrutement ; 14 points sur les autres vœux, le barème minimum.
 

Je me connecte

 
J’ai besoin de mon identifiant et du mot de passe qui m’ont été communiqués. Un identifiant est constitué de (ou des) initiale(s) du prénom suivie(s) du nom. Le mot de passe, si je ne l’ai pas modifié, est celui de ma boîte aux lettres de courrier électronique sur le site académique, c’est-à- dire mon NUMEN.
 
Une fois connecté, sélectionnez I-Prof puis « les services » puis « SIAM » puis « mouvement interacadémique ».

« Consultez votre dossier et calculez votre barème »

Une fois connecté, vous devez vérifier toutes les informations personnelles vous concernant et les corriger le cas échéant. Contactez le SNFOLC 35 lors de la saisie de vos voeux pour ne rien oublier.
 
Attention : si je veux me rapprocher de mon conjoint (mariage, PACS ou enfant(s) reconnu(s) par les deux parents), il faut saisir le département vers lequel le rapprochement doit s’effectuer. Il ne pourra plus être changé. De même, il convient de mentionner le nombre d’années de séparation et le nombre d’enfants.

« Saisir la demande »

Je peux entrer la liste des académies que je demande. 31 vœux maximum sont possibles. Vérifiez que tous les éléments de votre situation sont pris en compte. Demandez le calcul par SIAM et comparez-le avec le vôtre, réalisé d’après les indications de la fiche syndicale. SIAM calcule mon barème en fonction des éléments que j’ai
donnés. Si je ne mets pas que je suis pacsé, SIAM ne le prend pas en compte, par exemple. Imprimez la page affichée (vœux et barème), transmettez une copie au syndicat accompagnée de votre fiche de suivi.
 

Je calcule mes points : mon barème

Je suis célibataire, je n’ai pas d’enfant

Quel type de demande puis-je faire ?
Je peux, en théorie, avec mes 14,1 points (ou 14 points) demander l’académie de mon choix. En fait, faute d’un barème suffisant, sur les académies demandées, je risque l’extension à partir du premier vœu. En clair, vous risquez d’aller où vous ne vouliez pas aller du tout. Si aucun des vœux ne permet d’entrer dans les académies choisies, le ministère traite votre affectation en procédant à l’extension.
L’extension 
Le ministère prend vos 14 points (c’est un barème dit dépouillé de toutes les bonifications, dans le cas donné, on vous retire les 0,1 que vous aviez) et examine toutes les académies à partir de celle que vous avez mis en premier en fonction d’un ordre défini nationalement : le tableau d’extension, BO du 8 novembre 2018, annexe I.
Que faire ?
Faire sa demande avec le SNFOLC. Etablir une stratégie : qu’est-ce que je peux obtenir avec mes 14 points ? Consulter le site du SNFOLC national (www.fo-snfolc.fr) pour regarder les barres, c’est-à-dire les points du dernier entrant l’an dernier dans telle ou telle académie, dans votre discipline. Ces barres sont indicatives. Chaque année, elles changent, y compris parfois radicalement, mais cela permet de se faire une idée. Une stratégie est donc obligatoire.
Comment éviter l’extension ?
Pour l’éviter, il est conseillé de procéder au classement du maximum d’académies dans vos vœux, surtout si vous avez un petit barème. Ainsi l’ordre d’examen des vœux sera celui que vous avez décidé et non celui de la table d’extension.
 

Je suis marié, pacsé sans enfant

Le rapprochement de conjoints
 
Bonification spécifique stagiaire : 0,1 point si vous demandez l’académie de stage et/ou l’académie d’inscription au concours de recrutement, quel que soit le rang du vœu.
 
Stagiaire débutant ou reclassé au 1er ou 2ème échelon : 14 points. En cas de reclassement au-delà du 2ème : 7 points supplémentaires par échelon.
 
Ancienneté dans le poste : 0 point. L’année 2018-2019 ne compte pas. Exception : les stagiaires ex-titulaire d’un corps géré par la DGRH.
 
Bonification pour rapprochement de conjoints (résidence professionnelle, ou privée à condition qu’elles soient compatibles) : 150,2 points.
 
Année de séparation : tous les stagiaires peuvent prétendre à la prise en compte d’une année de séparation au titre de leur année de stage, s’ils demandent un rapprochement de conjoints. Par séparation, on entend le fait d’exercer dans un département distinct du département du conjoint (des exceptions existent en région parisienne, consulter le syndicat).
 
190 points supplémentaires à condition que la séparation effective soit au moins de 6 mois.
 
100 points peuvent s’ajouter aux points liés à la séparation pour toute demande de rapprochement de conjoint sur une académie non-limitrophe (bonification valable sur l’académie où se situe le conjoint, formulée en voeu 1, et sur les académies limitrophes). si, et seulement si, des points de séparation sont attribués. 50 points sont ajoutés pour toute demande de rapprochement de conjoints (si les conjoints sont séparés, encore une fois) sur un département non limitrophe situé dans une académie limitrophe.
 
En cas de renouvellement ou de prolongation de stage, les années de stage sont comptabilisées pour une seule année.
 
S’ajoutent selon le « type » de stagiaire (voir ci-dessus) :
 
– Selon leur échelon de reclassement : 150 points jusqu’au 3ème échelon, 165 points au 4ème échelon, 180 points pour 5ème échelon et plus pour tous les vœux pour les stagiaires bénéficiant de la bonification spéciale
 
– 10 points sur le premier vœu pour les autres stagiaires (s’ils décident d’utiliser cette bonification cette année)
Comment utiliser au mieux ses bonifications ?
Vous devez obligatoirement, pour obtenir les points correspondants, demander en premier vœu l’académie de résidence professionnelle de votre conjoint, ou la résidence privée à condition qu’elles soient compatibles.
La compatibilité est appréciée par l’administration et discutée éventuellement en groupe de travail de vérification des barèmes et vœux en janvier. Les 150,2 points sont attribués uniquement sur l’académie de rapprochement, formulée en rang 1, puis sur les académies limitrophes.
 
Si vous souhaitez intercaler des académies non limitrophes, prenez connaissance des règles de l’extension et conseil auprès du SNFOLC.
 
Demandez au syndicat la liste des académies limitrophes.
 

J’ai des enfants

Compter ses points comme dans l’exemple précédent et ajouter une bonification enfant(s) de moins de 18 ans au 31/08/2019 : 100 points par enfant.
 
Dans le cas d’un enfant à naître, le certificat de grossesse doit être établi avant le 31 décembre 2018. S’il s’agit de conjoints non mariés, la reconnaissance de l’enfant à naître doit être intervenue avant le 31 décembre 2018. Les points ne sont attribués que si le dossier à caractère familial est validé.
 

J’exerce l’autorité parentale conjointe

Bonification de 250.2 points. L’enfant doit être âgé de moins de 18 ans au 31/08/2019. Il est possible de bénéficier de 100 points par enfant supplémentaire, ainsi que de points au titre de la séparation. La bonification ne sera prise en compte que pour les vœux visant à faciliter le regroupement de la cellule familiale autour de l’enfant. La bonification est accordée sur présentation des pièces justificatives : attestation de la rupture, de la situation professionnelle de l’ex-conjoint, modalités de garde.
 

J’élève seul un ou des enfants

Bonification forfaitaire : 150 points sous réserve que les vœux formulés aient pour objet d’améliorer les conditions de vie de l’enfant (moins de 18 ans au 31/08/2019). La bonification est apportée sur la présentation des pièces justificatives

AESH : pour le maintien de la version dématérialisée des bulletins de salaire !

Courrier envoyé le 08 novembre 2018, à Madame le Recteur de l’Académie de Rennes :
 
Force ouvrière demande que nos collègues AESH continuent de recevoir une version dématérialisée de leur bulletin de salaire dès la fin du mois.
 
 Les AESH, précaires de l’Éducation nationale (qui ne perçoivent pour la plupart que 700 € par mois environ), utilisent la copie numérique du bulletin de salaire comme justificatif auprès de Pôle Emploi afin d’obtenir le versement d’indemnités.
 
La réponse du Rectorat leur demandant d’attendre la réception du bulletin de salaire papier est inacceptable car cela signifie attendre deux ou trois mois avant de pouvoir faire les démarches entraînant un complément de salaire vital pour nos collègues vivant sous le seuil de pauvreté !
 
De plus, comment comprendre l’arrêt de la version dématérialisée du bulletin de paie alors que le gouvernement a décidé en 2017 que cette dématérialisation devenait la règle et le format papier l’exception ?
 
Pour ces raisons, Force ouvrière réclame l’envoi immédiat de la copie numérique du bulletin de salaire à tous les AESH de l’académie !

Frais de déplacement pour les personnels contractuels enseignants

Le  24 octobre 2018, le Secrétaire Académique du SNFOLC adressait le courrier suivant à Madame le Recteur de l’Académie de Rennes :

Objet : ouverture de droits aux frais de déplacement pour les personnels contractuels enseignants

Madame le Recteur,

Je souhaite par ce courrier attirer votre attention sur l’ouverture de droits aux frais de remplacement temporaire pour les personnels enseignants qui exercent en service partagé nommés dans au moins deux établissements d’enseignement secondaire implantés dans des communes non limitrophes.
Il s’avère que des collègues en CDD et en CDI se sont vu refuser par vos services le bénéfice des frais de déplacement. Or, dans les textes en vigueur sur le sujet ( décret n° 2006-781 du 3 juillet 2006, circulaire n° 2015-228 du 13-1-2016) rien ne permet d’en écarter les non titulaires. C’est la raison pour laquelle je vous serais très reconnaissant de bien vouloir donner les instructions en ce sens.

Veuillez croire, Madame le Recteur, à l’expression de mon profond respect,

Mostafa BOULIL, secrétaire académique du SNFOLC

 

Réforme de la voie professionnelle : un « chef d’œuvre »…de destruction !

Le Ministre de l’Éducation Nationale a présenté le 28 mai 2018 des orientations pour « transformer le lycée professionnel ».

Après la réforme du BAC et la loi ORE, cette réforme de la voie professionnelle, impulsée par l’UIMM (Union des Industries et Métiers de la Métallurgie – l’une des plus puissantes branches professionnelles et membre du MEDEF), s’inscrit dans une logique d’austérité du gouvernement.

Cette réforme vise à :

  • supprimer des milliers de postes de PLP ;
  • détruire la voie professionnelle sous statut scolaire ;
  • détruire le statut des PLP.

 

Des campus qui renforcent la présence du privé dans l’enseignement professionnel

La réforme de la voie professionnelle prend appui sur le développement des « Campus des métiers ».

Ces derniers regrouperont : des infrastructures culturelles et sportives, un internat, des établissements d’enseignement secondaire et supérieur (publics et privés) accueillant des jeunes du CAP à la licence professionnelle (et même jusqu’au doctorat), des centres techniques et de recherche, des organismes de formation (centre de formation d’apprentis, organismes de formation continue, Greta…), des entreprises partenaires, des FabLabs, des incubateurs et pépinières d’entreprises, un réseau d’établissements associés (publics et privés) proposant des formations à proximité du campus…

De ce fait, par la création de ces campus, le secteur privé prend un poids inédit dans l’enseignement professionnel.

A titre d’exemple : le 20 avril 2018, les collègues de Construction mécanique et de Chaudronnerie-Métallerie (Formations initiale et continue confondues) de l’académie ont été convoqués par leur inspecteur à une journée d’information sur les nouveaux programmes. Réunion en présence des DDFPT et de quelques chefs d’entreprises bretonnes durant laquelle les participants ont eu droit à une heure de visio-conférence avec la représentante du SNTC (Syndicat de la Chaudronnerie, de la Tuyauterie et de la Maintenance Industrielle), syndicat qui regroupe 147 entreprises importantes (Engie filiale d’Areva pour ne citer qu’elle). Enjouée et sans langue de bois, la représentante a annoncé que son syndicat, avec le soutien du Ministère de l’Education Nationale, avait concocté ces nouveaux programmes pour servir au mieux les intérêts de ces entreprises… Cerise sur le gâteau, ce syndicat patronal touche de la TA (Taxe d’Apprentissage) au nom de leur « mission de promotion des métiers » : en clair il reprend une partie de ce qu’il a dû verser !

Une seconde indifférenciée qui réduit le Bac-Pro à 2 ans

La réforme s’appuie également sur une Seconde de détermination. Sous couvert d’une orientation plus progressive, J.M. Blanquer crée une classe de seconde pro de détermination, organisée autour de « familles de métiers » présentant des compétences professionnelles dites « communes » à différentes spécialités du Bac-Pro.

Une quinzaine de familles sera proposée (métiers de l’aéronautique, métiers de la réalisation de produits mécaniques, métiers du numérique et de la transition énergétique, métiers du bois, etc…).

Cette seconde de détermination pose plusieurs problèmes :

  • Elle va réduire à 2 ans la formation à un métier. Rappelons que cette réforme fait déjà suite à la désastreuse réforme du Bac-Pro 3 ans (au lieu de 4 ans : 2 ans BEP + 2 ans Bac pro). Ce Bac-Pro 3 ans avait été responsable de la suppression d’1/4 des postes en LP.
  • Elle force les établissements qui ne disposeront pas de familles complètes à travailler en réseaux, avec toutes les complications logistiques que cela impliquera. Cette mise en réseau pourra d’ailleurs s’appliquer entre deux lycées, l’un public et l’autre privé.
  • Elle conduit à la disparition de Bacs Pros plus rares, qui ne s’inscrivent pas dans les familles créées.
  • Elle repose sur la fusion de certains Bacs Pros, et conduit ainsi la disparition de certaines spécialités.

A titre d’exemple : le ministère envisage un plan de reconversion forcée des PLP Eco-Gestion en Professeurs de Technologie, en Professeurs des Ecoles ou encore dans des fonctions administratives.

Une attaque portée contre le statut des PLP et la transformation des LP

Cette réforme s’inscrit dans le projet de loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel », qui a pour objectif de transformer les LP en centres d’apprentissages, en y créant des unités de formation par apprentissage.

Il s’agit aussi, à moyen terme, de détruire le statut des PLP et de placer la voie professionnelle sous la coupe du patronat qui pourra décider des Référentiels d’Activités Professionnels, et créer de simples blocs de compétences locaux en lieu et place de diplômes nationaux. 

Mixité des publics et mixité des parcours

La mixité des publics (induite dans la mixité des parcours envisagée par la réforme) conduira à avoir dans une même structure classe des élèves relevant de la formation initiale et de la formation continue.

Cette nouvelle gouverne implique aussi qu’un élève en formation continue ou initiale puisse changer de statut scolaire en cours d’année scolaire ou de cycle.

Concrètement, pour les élèves, cela signifie se retrouver dans une classe sans continuité pédagogique puisque l’effectif sera fluctuant ; mais aussi se retrouver pour des élèves de 15 ans avec des « élèves » rémunérés pouvant avoir jusqu’à 30 ans puisque la loi permettrait l’apprentissage jusqu’à cet âge !

Pour les enseignants, il leur faudra gérer un public différencié qui n’aura ni les mêmes objectifs professionnels, ni les mêmes contraintes, ni les mêmes horaires, et qui intégreront ou quitteront la classe au gré des décisions des employeurs qui pourront dorénavant se débarrasser plus facilement de leurs apprentis !

Cela sera tout simplement anti-pédagogique pour les apprenants et ingérable pour les enseignants ! Il est évident que cette réforme aura des conséquences catastrophiques sur les conditions d’exercice de l’enseignant.

Car il faut rappeler que depuis le décret du 20 août 2014, en cas de complément de service, il faut l’accord du professeur de LP pour qu’il accepte d’enseigner dans une formation qui ne soit pas initiale. Or, l’apprentissage fait partie de la formation initiale, et, dans ce cas, l’accord des personnels n’est donc pas nécessaire. Un enseignant en sous-service ne pourrait donc pas refuser d’intervenir dans des CFA ou pour le GRETA pour compléter son service et tout cela à titre gratuit …

Réduction des heures et suppression de postes

Malgré l’avis défavorable du CSE (Conseil Supérieur de l’Education) le 10 octobre dernier, le ministère prévoit la mise en place d’une seule grille horaire pour les niveaux IV (Bac Pro) et V (CAP /BEP/ CFPA), ce qui annonce une perte considérable d’heures  et de postes dans les LP.

Sur un cycle de 3 ans, en heures profs :

  • perte de 60 heures en enseignement professionnel (co-intervention) ;
  • perte de 276 heures en enseignements généraux ;
  • perte de 152 heures en enseignements généraux liés à la spécialité.

Cette baisse des horaires est inacceptable. Elle ne vise qu’à supprimer des postes, et faire ainsi des coupes drastiques dans le budget de l’Éducation nationale, comme cela a été fait dans toutes les- dernières contre-réformes qui ont touché le secondaire (actuelle réforme du lycée général et technologique et réforme du collège de 2016).

Ces baisses des horaires et les suppressions de postes qui en découleront s’accompagneront d’une charge de travail accrue pour les enseignants (ceux qui resteront !), avec notamment la mise en place de la co-intervention, de l’AP ou du « chef d’œuvre ». Autant d’heures d’enseignement perdues pour un diplôme dévalorisé.

Pour toutes ces raisons…

Le SNFOLC de l’Académie de Rennes refuse…

  •  le mixage des parcours et le mixage des publics (formation initiale / formation continue) au sein d’une même classe ;
  •  la baisse des horaires disciplinaires ;
  •  le principe de « co-intervention » en enseignement professionnel, en Lettres et en Maths/Sciences, ainsi que les heures fléchées pour la consolidation de l’AP et de préparation à l’orientation. Ces deux dispositifs sont synonymes de destruction de l’enseignement  disciplinaire et de nouvelles pertes horaires ;
  • la mise en place de 2ndes « à famille de métiers » qui visent à faire des classes de 2nde Bac-Pro des classes préparatoires à l’apprentissage et donc à transformer l’actuel Bac-Pro en Bac-Pro 2 ans. L’examen s’en trouverait une nouvelle fois fortement dévalorisé ;
  • le mixage des temps de formation en CAP qui regrouperait des élèves de CAP en 1, 2 ou 3 ans dans une même classe, mixage dont l’objectif est de supprimer des heures disciplinaires donc des postes de professeurs ;
  • toute forme d’annualisation des services des PLP.

Le SNFOLC de l’Académie de Rennes revendique…

  • Le retour au Bac Pro 4 ans et aux grilles horaires qui y correspondaient (grilles antérieures à celle du Bac-Pro 3 ans généralisé en 2009) ;
  • Le retour à des dédoublements systématiques à compter du 25ème élève en bac pro ;
  • Le maintien du statut des PLP ;
  • L’abrogation de la réforme de la voie professionnelle.

Le SNFOLC de l’Académie de Rennes apporte tout son soutien aux personnels des établissements qui luttent contre la mise en place de l’expérimentation d’intégration d’apprentis dans les classes d’élèves sous statut scolaire.

Il appelle les Professeurs de Lycée et de Lycée Professionnel à se réunir au plus vite en heures d’information syndicale dans tous les établissements du département pour s’organiser et empêcher la mise en place de la réforme de la voie professionnelle.

Car plus que tout, il est temps de résister, revendiquer et reconquérir.

Réforme du BAC

La contre réforme Blanquer

Le 17 juillet dernier, le ministre a publié au Journal Officiel les textes de la réforme du Baccalauréat. C’est un passage en force, puisque celle-ci avait fait l’objet d’un large rejet des organisations syndicales. Si le Bac Blanquer a vocation à s’appliquer à la session 2021 (2020 pour les épreuves anticipées), les incidences se feront sentir dès cette année.

Les grandes lignes

Épreuves terminales obligatoires

  • épreuve anticipée de français (oral) coeff 5
  • épreuve anticipée de français (écrit) coeff 5
  • philosophie coeff 8 (coeff 4 pour le bac technologique)
  • épreuve de spécialité (2 au choix du candidat) coeff 16
  • épreuve orale terminale coeff 10 (coeff 14 pour le bac technologique)

L’épreuve orale terminale sera d’une durée de 20 minutes et préparée pendant le cycle terminal. Elle porte sur un projet adossé à un ou deux enseignements de spécialité choisis par le candidat.


Contrôle continu

  • moyenne de l’évaluation de l’élève par ses professeurs dans toutes les matières, y compris un (deux en bac technologique) enseignement optionnel (1ère et terminale) Coeff 10
  • épreuves communes : histoire-géographie, LVA, LVB, enseigne-ment scientifique (mathématiques en bac techno), EPS et épreuve de spécialité non suivie en terminale (2 épreuves communes en classe de 1ère et 1 en classe de terminale (sauf pour la spécialité suivie unique-ment en 1ère et pour l’enseignement scientifique) issues d’une banque nationale d’épreuves. Coeff 30

La fin des séries pour le bac général

  • Des enseignements communs (16h en 1ère et 15h30 en terminale) : Français (en 1ère) ou philosophie (en terminale) /  histoire-géographie / LVA et LVB / Éducation physique et sportive / Enseignement scientifique / Enseignement moral et civique (horaire annualisé).
  • Des enseignements de spécialité (12 heures) : (3 en classe de 1ère et 2 en classe de terminale choisis parmi ceux de la classe de 1ère) à ch o is ir parmi : humanités, littérature et philosophie /langues, littératures et cultures étrangères /  histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques /sciences économiques et sociales / mathématiques /  physique-chimie /sciences de la vie et de la Terre /arts / littérature et LCA / numérique et sciences informatiques / sciences de l’ingénieur / biologie-écologie (uniquement en lycée agricole).
  • Enseignement optionnel (3h) : 1 en classe de 1ère et possibilité de 2 en classe de terminale.

 

Remarque : toutes les spécialités ne seront pas proposées dans tous les établissements. Des partenariats pourront s’établir entre établissements d’un même réseau. Dans le cas d’un établissement isolé, les élèves peuvent suivre l’enseignement de spécialité au CNED.

Quels seront les changements ?

  • Disparition des enseignements d’exploration en classe de 2nde : bacs technologiques en danger !

  • Disparition des TPE en classe de 1ère.

  • Financés par la part variable (enveloppe horaire de 12h /semaine et /division en seconde (10,5h auparavant mais 2h d’AP non comprises dans ces 10,5h) – 8h en cycle terminal (auparavant : 7h en 1L et 1ES et 9h en 1S – 6h en terminale)) : les dédoublements, les options et contrairement à avant et uniquement selon les besoins des élèves : Accompagnement Personnalisé , Accompagnement au choix à l’orientation : dédoublements en danger et certains établissements devront choisir entre dédoublements et options proposés aux élèves.

  • Langues vivantes A et B : horaire mutualisé : laisse la porte ouverte à un découpage local différent d’un établissement à l’autre.

  • Un nouvel enseignement en classe de 2nde : Sciences numériques et technologie.

  • Deux tests de positionnement en mathématiques et en français (début de classe de 2nde) dès 2018.

  • Nouveaux programmes et horaires à la rentrée 2019 pour les classes de 1ère et 2nde ; à la rentrée 2020 pour la classe de terminale.

  • Choix de 3 spécialités au 2ème trimestre de la classe de 2nde. Conséquences :
  • les enseignants vont – en quelques sorte – devoir “se vendre” pour que leur enseignement fasse partie des enseignements de spécialité proposés par leur établissement en 2019 ! Une situation inédite avec des conséquences évidentes quant au maintien des postes… dans la continuité de la réforme Chatel du Lycée (2010) et de la réforme du Collège (2015).

  • Le choix d’orientation des lycéens en Seconde est soumis à une pression accrue. D’une part, les enseignements de spécialité représentent un poids non négligeable pour l’obtention du baccalauréat : 42% de la note globale pour le baccalauréat général (en comptant les épreuves de spécialité et l’épreuve orale adossée à ces enseignements) et 46% pour le baccalauréat technologique. D’autre part, la mise en place à marche forcée de la sélection à l’entrée de l’université et des attendus post-bac ne peut que susciter de fortes inquiétudes dès la classe de Seconde, dès lors que la seule obtention du baccalauréat n’est plus une condition suffisante pour obtenir la filière universitaire de son choix.

 

Lycée en danger

  • La baisse des horaires d’enseignement (26h au lieu de 28h30 en seconde, 28h contre 30h en moyenne actuellement en 1ère) qui engendreront la suppression de milliers de postes.

  • La hausse des effectifs : le remplissage des classes par le regroupement des élèves dans les cours du tronc commun  (puisqu’il n’y a plus de série).

  • Des emplois du temps décousus par la mise en « barette » des spécialités en plus des langues et des options.

  • De nouveaux enseignements qui ne correspondent à aucune discipline des concours enseignants : les moyens seront-ils mis pour former correctement les collègues qui se porteront volontaires ou qui se verront imposer ces enseignements ?

 

  • La mise en concurrence des lycées par leur offre d’enseignements de spécialité puisque la carte des enseignements est désormais décidée par le recteur dans le cadre de réseaux de lycées public/privé et dans le cadre de la fusion des académies pour les caler sur les grandes régions. Elle n’est plus garantie par des grilles horaires nationales pour chaque série. Les spécialités jugées « non rentables » exposent  particulièrement les lycées ruraux ou isolés.

  • Une organisation du baccalauréat plus complexe : 18 épreuves en contrôle continu débuteront dès le second trimestre de 1ère.

  • Un bachotage permanent tout au long du cycle terminal puisque les élèves seront en évaluation constante (3 sessions d’épreuves communes, épreuves terminales et leurs habituelles épreuves blanches pour les préparer).

  • La pression des familles pour que les notes obtenues à ces épreuves locales ne pénalisent pas leur enfant au niveau de Parcoursup.

  • La fin du baccalauréat national puisqu’il dépend désormais des contingences locales. Quand les enseignants organisent les épreuves, choisissent les sujets et corrigent leurs propres élèves (anonymement ou pas), le ministre ne peut pas prétendre que le baccalauréat reste national et encore moins anonyme. La conséquence directe est la suppression de milliers de postes et l’alourdissement de la charge de travail de chacun.

  • Une baisse drastique des moyens qui s’explique par la fin des dédoublements (on parle maintenant de groupes à effectifs réduits) et par une part variable de misère qui ne permettra pas de financer toutes le options, groupes à effectifs réduits et accompagnement : des choix s’imposeront !

     

 

Nos revendications 

  • L’abrogation des textes sur le réforme du Baccalauréat, du lycée et de Parcousup. Il y a urgence à combattre ces plans de régression sociale : pour le maintien du Baccalauréat comme diplôme national et premier grade universitaire permettant l’accès à tout lauréat à la filière universitaire et à l’université des son choix, pour les maintien de tous les postes, pour la défense des disciplines.

  • L’abrogation du décret Hamon et le retour aux décrets de 1950 qui ont fondé le corps enseignant.

  • L’abandon du PPCR et le rétablissement de la notation chiffrée encadrée par des grilles nationales, une inspection pédagogique régulière par des IA-IPR de la discipline, inspection loyale et sincère respectant la liberté pédagogique et la qualification disciplinaire des enseignants.