Perte de pouvoir d’achat : la réalité des chiffres

Sur les 20 dernières années, l’inflation en France est de 33,3 %. Aujourd’hui, pour retrouver la valeur réelle du point d’indice de janvier 2000 (en euros constants), il faudrait augmenter la valeur du point à hauteur de 20,79 %. Compte tenu du gel du point d’indice, pour un certifié ou un CPE à l’échelon 11, la perte est de 655 euros par mois, soient 7.860 euros par an depuis janvier 2000.
 
Ajoutons à cela l’augmentation de la retenue pour pension civile passée de 7,85 % à 11,10 % entre 2011 et 2020, soit une augmentation totale de + 30 % en 9 ans, ce qui diminue d’autant le traitement brut des fonctionnaires. Et dans le même temps, l’INSEE le dit : les prix du logement ont augmenté de 1,9 % par an de 1988 à 2018, soit + 45 % en 20 ans. De 2000 à 2020, le prix des produits alimentaires a bondi de + 30 %, celui de l’énergie de + 52 %, celui des services de + 31 % …

 
A quelques jours de la publication des conclusions définitives du Grenelle par le ministre, les personnels peuvent faire leurs comptes. Les enseignants en tout début de carrière se verraient attribuer une « prime d’attractivité » de 100 euros (dégressive ensuite jusqu’à 35 euros pendant 15 ans) par mois, une goutte d’eau au regard de l’économie budgétaire réalisée par l’exercice à temps plein dès la rentrée 2022-2023 pour l’ensemble des stagiaires, après 5 ans d’études. La « prime d’équipement informatique » (qui n’a toujours pas été versée contrairement à l’engagement ministériel) de 150 euros par an (seulement 12,50 euros par mois et pas pour les CPE, professeurs documentalistes, AESH, AED) est dérisoire comparativement aux frais qu’impose le télétravail rendu de fait obligatoire, COVID ou non : le 9 février, c’est sous couvert d’un épisode neigeux que le préfet des Yvelines a twitté que les cours seront assurés à distance dans tout le département…
 
Pour les CPE, l’indemnité forfaitaire passe de 1.199 à 1.450 euros par an, soit 10 euros par mois si on retranche l’équivalent de la prime informatique. Même chose pour les professeurs documentalistes qui verraient leur indemnité de sujétion spéciale (ISP) passer de 767 à 1.000 euros bruts annuels, loin des 1 213 euros annuels de l’ISOE qu’ils devraient percevoir comme tous les certifiés. Ces augmentations ne peuvent constituer un solde de tout compte pour les personnels qui revendiquent 20 % d’augmentation indiciaire et 183 € nets mensuel pour tous sans contrepartie et tout de suite !
 
Personne n’est dupe des intentions du ministre avec son Grenelle puisqu’il s’agit, dans le cadre d’un point d’indice gelé dans toute la fonction publique, d’augmenter considérablement la charge de travail en échange de maigres primes ou indemnités qui ne participent d’ailleurs pas au calcul de la retraite. Les quelques millions accordés ne sont rien vis-à-vis de l’économie budgétaire permise par la suppression de 1.800 postes dans les collèges et les lycées à la rentrée prochaine et surtout des 600 milliards d’euros donnés aux entreprises et des licenciements au motif du plan d’urgence sanitaire.
 
Qui peut comprendre que le ministre Blanquer n’ait pas voulu dépenser en 2020, 212 millions d’euros alors qu’ils auraient pu permettre la création de postes, de classes pour alléger les effectifs, mettre en place les remplacements. Statut, postes, salaires, conditions de travail : tout est lié. Suite aux grèves du 26 janvier et du 4 février, aux nombreux rassemblements devant les rectorats, les IA, le SNFOLC 35 appelle les personnels à poursuivre les assemblées générales, les HIS. Il soutient toutes les actions en cours. FO s’est adressée à la FSU, CGT Educ’action, Sud Education, SNALC, SNCL-FAEN afin de discuter des suites de la mobilisation.

2S2C : une véritable machine de guerre contre les disciplines

Profitant de l’état d’urgence sanitaire, le ministre Blanquer a mis en place les 2S2C (Sport-Santé-Culture-Civisme) à partir de mai. il a ensuite mis en place le dispositif « vacances apprenantes ». Ce sont des concentrés de mauvais coups rejetés par les personnels depuis des années. Pour les 2S2C, les enseignants les organisent avec les collectivités. Dans le prolongement des rythmes scolaires, ils instituent la confusion entre scolaire et périscolaire. Le ministère indique que : « Ces activités peuvent être assurées en priorité par des professeurs, en complément de service, avec des échanges de service ou en inter-degrés A (école /collège), et en heures supplémentaires. »
 
C’est donc le retour des Établissements Publics Locaux d’Enseignement des Savoirs Fondamentaux, du conseil école-collège et de la tentative de fusion des corps des professeurs des premier et second degrés. Tout cela avait été balayé par les manifestations massives des personnels au printemps 2019. Pour les mettre en place, les collègues découvrent à cette rentrée que les emplois du temps prévoient des cours le matin pour les disciplines principales et sports, arts et musique l’après-midi, pour les disciplines qui ne sont dès lors pas jugées principales. Quel avenir pour les enseignements optionnels pour lesquels les élèves proviennent de différentes classes ?
 
Lors des « vacances apprenantes », on a pu constater que les activités pédagogiques n’étaient pas toutes assurées par des professeurs mais par des animateurs pédagogiques. Ces activités avaient lieu le matin, et les après-midi étaient réservées aux activités sportives et culturelles. Cela ressemble beaucoup au dispositif 2S2C. Les 2S2C et les « vacances apprenantes » dissolvent l’enseignement et les connaissances dans des activités, à l’initiative des élus locaux en fonction des moyens.
 
C’est la remise en cause des missions des enseignants et de la transmission des savoirs disciplinaires. Cela permet aux associations et aux collectivités territoriales de remplacer progressivement les enseignants, fonctionnaires d’Etat qualifiés. C’est une attaque contre les disciplines et les statuts qui place l’école sous la coupe des collectivités territoriales et désengage l’État dans ses missions.
 
Le SNFOLC 35 exige pour la rentrée :
 
  • Le retrait du protocole 2S2C ;
  • Le respect des statuts et de la discipline de recrutement ;
  • Le maintien du forfait UNSS de 3h intégré au service des professeurs d’EPS, des moyens suffisants pour les installations sportives et les moyens matériels pour les professeurs d’EPS ;
  • Le maintien de toutes les heures d’enseignement en arts plastiques et éducation musicale.

Pondérations : ce qu’il faut savoir

Au début du mois d’octobre, généralement, vous serez amené à signer votre EVS (état de ventilation du service). Dans ce document, il est notamment important de vérifier la présence de vos éventuelles pondérations ; lesquelles concernent les CPGE, les STS, les 1ères et Terminales et les REP+.

Les CPGE

Pour les professeurs affectés sur une chaire banale (et non sur un poste CPGE à l’issue du mouvement spécifique national) donnant une partie de leur service en CPGE par attribution, chaque heure d’enseignement en classe préparatoire aux grandes écoles est comptée pour une heure et demie sous réserve que :

– le service d’enseignement hebdomadaire du professeur ne soit pas inférieur de ce fait à celui d’un enseignant donnant tout son enseignement en CPGE ;

– les heures consacrées aux mêmes enseignements dans deux divisions ou sections d’une même classe (programme, horaire et coefficient identiques) ne soient comptées qu’une fois (art. 6 des décrets n° 50-581 et n° 50-582 du 25 mai 1950).

STS

« Pour tenir compte des spécificités en matière de préparation et de recherches personnelles nécessaires à la réalisation des heures d’enseignement et en matière d’évaluation des élèves, chaque heure d’enseignement réalisée dans une section de technicien supérieur ou dans une formation technique supérieure assimilée, pour le décompte des maxima de service prévus au 1 de l’article 2 du présent décret, est affectée d’un coefficient de pondération de 1,25 » (art.7 du décret n° 2014-940 du 20 août 20 14).

Ce dispositif est étendu aux heures d’enseignement dispensées dans le cadre des formations destinant au diplôme des métiers d’arts (DMA), au diplôme supérieur d’arts appliqués (DSAA), au diplôme de technicien supérieur (DTS), au diplôme d’État de conseiller en économie sociale familiale (DCESF) et dans les classes de mise à niveau (CMN) précédant l’entrée dans certains brevets de techniciens supérieurs (BTS).

En revanche, cette pondération ne s’applique pas aux heures réalisées en plus des maxima de service hebdomadaires d’enseignement. Un agrégé qui exerce 16 heures en STS ne verra la pondération appliquée qu’à 15 heures (circulaire n° 2015-057 du 29 avril 2015). Par ailleurs, la pondération de 1,1 qui remplace l’heure de 1ère chaire ne s’applique pas aux heures de STS.

1ère et Terminale

« Pour tenir compte des spécificités en matière de préparation et de recherches personnelles nécessaires à la réalisation des heures d’enseignement et en matière d’évaluation des élèves, chaque heure d’enseignement réalisée par les enseignants […], dans le cycle terminal de la voie générale et technologique, pour le décompte des maxima de service […], est affectée d’un coefficient de pondération de 1,1. Le service d’enseignement ne peut pas, du fait de cette pondération, être réduit de plus d’une heure par rapport aux maxima de service […] » (art.7 du décret n° 2014-940).

REP+

L’article 8 du décret Peillon-Hamon n° 2014-940 du 20 août 2014 prévoit que dans les établissements REP+ « chaque heure d’enseignement est décomptée pour la valeur de 1,1 heure. » Pour FO, il ne s’agit pas d’un allègement car l’article 8 prévoit que cette « pondération » crée des tâches et une présence obligatoires au sein de l’établissement et de surcroît annualisées (voir la circulaire n° 2014-077 du 4 juin 2014).

Par ailleurs, FO demande que les heures d’AS et celles de documentation ouvrent droit à cette pondération. L’action collective, avec l’aide du syndicat, a permis localement de faire cesser la comptabilité pointilleuse de ces heures et l’émargement des collègues pour ces heures liées aux pondérations. Demandez l’aide du SNFOLC 35.