On expulse et on rafle à Rennes !

Ce mercredi 9 octobre 2019, des parents, des enseignants, des enfants, des collectifs de soutien se sont réunis tôt le matin pour former une chaîne humaine devant l’école St Aubin à Rennes. Puis un rassemblement s’est formé devant la préfecture pour dénoncer les pratiques qui ont cours dans nos rues.

Quelques jours plus tôt, vendredi 4 octobre, 33 Géorgiens ont été expulsés de la ville de Rennes par vol charter. Depuis, dans plusieurs établissements du département, des élèves manquent à l’appel le matin, certains emmenés de force par les airs, d’autres se cachant de peur d’être arrêtés à leur tour.

Peu d’informations ont été données au sujet de cette expulsion. Une chose est sûre : parmi les 33 personnes sommées de monter dans le charter, il y avait des enfants de maternelle, de collège, et de lycée. Lors du rassemblement devant la préfecture le 9 octobre, une enseignante témoigne : « Je suis très choquée de savoir que notre élève a vu ses parents bâillonnés avec du scotch, ligotés pieds et mains ».

 

Cette situation est indigne de notre République.

 

Rappelons que la Déclaration des Droits de l’Enfant du 20 novembre 1959, dont la France est signataire, a fait du droit à l’éducation un de ses principes fondamentaux. Tous les enfants vivant sur le territoire, de nationalité française ou autre, a le droit de se rendre à l’école, de bénéficier d’une scolarisation et « d’une protection spéciale » pour « être en mesure de se développer d’une façon saine et normale, sur le plan physique, intellectuel, moral, spirituel et social, dans des conditions de LIBERTE ET DE DIGNITE ». « L’intérêt supérieur de l’enfant doit être la considération déterminante ».

Mais peut-on encore parler de Dignité ? Et encore plus de Liberté ? Des parents ligotés et bâillonnés ! Des enfants à jamais marqués par de telles images ! Des familles rapatriées de force dans un pays qu’elles ont fui pour des raisons qui bien souvent touchent à la sécurité des personnes. Nous pourrions alors citer l’article Premier de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen…

Le SNFOLC 35 s’insurge contre une telle situation. Nous ne pouvons fermer les yeux sur le traitement qui est fait aux enfants et aux familles dites « sans papiers ». Notre syndicat apporte un soutien inconditionnel aux victimes de ces expulsions, ainsi qu’à toutes les personnes, enseignants, non enseignants, qui entreprendraient des actions pour soutenir les disparus et empêcher les prochaines expulsions à venir.

Car nous croyons en l’être humain, à ses droits et à son respect.

 

Article paru le 23 octobre 2019 sur Alter1fo.com au sujet de la mobilisation des enseignants.

Sortir de la confusion !

Les média bruissent depuis quelques jours des menaces qui pèseraient selon eux sur le baccalauréat. Qu’on se rassure : le ministre de l’Education nationale dort sur ses deux oreilles depuis de longues semaines. Depuis le mois de décembre précisément.

C’est le moment où la mobilisation enseignante pouvait prendre le relais de celle des lycéens et se lancer dans la grève jusqu’à satisfaction des revendications ; les collègues en lutte à l’époque réclamaient l’abandon des réformes des lycées professionnel et général, de l’enseignement au lycée, des modalités de passation du baccalauréat, d’accès à l’enseignement supérieur ( Parcours’sup), ils avaient raison. C’aurait été  un coup d’arrêt donné à la loi dite « Ecole de la confiance ». Le corps enseignant avait alors une opportunité stratégique,  une chance réelle-l’unique- de gagner avant que le calendrier des vacances par zone ne vienne leur compliquer la tâche. Las, le coche a été loupé. A l’époque, la grève était exclue pour la quasi-totalité des organisations syndicales, le SNFOLC35 s’était inscrit en faux contre cette attitude, force est de constater que les faits ne nous ont pas donné tort…

Et voici qu’une intersyndicale appelle à une énième journée d’action le 17 juin, début symbolique des épreuves du baccalauréat. Dans l’esprit de ses promoteurs, cette action porte uniquement sur la surveillance des épreuves de ce seul jour, et ne sera ni précédée ni suivie d’une grève reconductible jusqu’à la victoire. Le SNFOLC35 ne saurait donner la tête la première dans un panneau aussi grossier…

Le ministre-qui dort toujours aussi bien, merci- dispose de tous les leviers nécessaires pour contrecarrer les velléités d’action des signataires de l’appel : il peut compter sur le renfort de collègues que la perspective d’un rendez-vous de carrière rend plus réceptifs à la demande d’un chef d’établissement, il peut puiser dans les personnels d’éducation, de gestion, il peut compter sur le zèle des préfets, qui ont le pouvoir de réquisitionner des personnels, comme ils l’avaient fait en 2003. La dernière perturbation du bac digne de ce nom remonte à 1968, le rapport de force à l’époque reposait sur une puissante grève interprofessionnelle, aux antipodes de la situation de 2019.

Nous n’avons rien, au SNFOLC35, contre la constitution d’un tel rapport de forces, mais les signataires de l’appel du 17 juin, en refusant la reconduction de la grève, lui ont planté un poignard dans le dos.

Pis, ils ont donné au ministre le fouet pour faire battre les enseignants (rassurez-vous, ce ne sont jamais les appareils syndicaux qui trinquent…). Car, à bien y regarder, que reproche Monsieur Blanquer au baccalauréat national, terminal, ponctuel et anonyme : d’être lourd à organiser ? Sa nouvelle mouture le sera davantage. D’amputer le temps d’enseignement de précieuses heures en fin d’année ? Le contrôle continu, les grands oraux perturberont infiniment plus l’organisation des cours. Non, Monsieur Blanquer, comme ses homologues avant lui, ne supporte pas qu’un enseignant ait son mot à dire dans l’attribution du baccalauréat à un élève.

D’ores et déjà, et selon un scénario bien huilé, Monsieur Blanquer va se répandre dans les média ces prochains jours : il va stigmatiser la «  prise en otage orchestrée par une infime minorité qui se discrédite elle-même », il peut compter pour cela sur les éditorialistes de la pensée unique, sur les organisations de parents d’élèves et sur deux « syndicats » enseignants qui disent amen à tout. Nous nous trouvons donc pris dans la logique du chien accusé d’avoir la rage et qui n’en a plus pour longtemps ; c’est pourquoi, nous, enseignants, et nous seuls, avons le pouvoir d’enrayer la machine Blanquer. Et, avec elle, celles de la loi de « modernisation de la Fonction publique » et de la casse des retraites par répartition qui vont lui emboiter le pas.

C’est la raison pour laquelle le SNFOLC35, avec les camarades du SNUDI-FO 35 (premier degré), appelle à la tenue d’assemblées générales de grévistes pour lancer la grève dans les écoles, les lycées, les collèges dès le 13 juin  jusqu’à satisfaction des revendications, que le bac soit ou non perturbé le 17 passe désormais au second plan.

Etre dans l’action le 17 juin, sans l’être avant ni après revient à s’arrêter au milieu du gué, ce n’est pas ainsi que nous concevons le travail syndical à Force ouvrière.

Didier Gaillard, secrétaire départemental.

 

Réunion publique : non aux contre réformes Blanquer!

Personnels enseignants et non enseignants

Parents d’élèves, élus…

 

pour défendre

nos écoles, nos collèges et nos lycées !

 

 

RÉUNION PUBLIQUE

le MARDI 4 JUIN 2019 à 18h

à l’école Henri Guérin

à Bain de Bretagne

 

 

en discussion :

 

LES REFORMES BLANQUER

 

– École de la « confiance »,

– Réformes du lycée et du bac,

(enseignement général, technologique et professionnel),

– Parcoursup

Déclaration de FO lors du CDEN du 13 novembre 2018

Cette déclaration liminaire a été lue par Force ouvrière (syndicat FNEC-FP-FO) lors du CDEN du mardi 13 novembre 2018 pour rappeler les coupes budgétaires qui ont accompagné la rentrée 2018-2019  :

  • la nouvelle carte scolaire qui touche de nombreux collèges rennais et les aberrations qu’elle implique
  • le projet de fermeture du site Malifeu (collège Rosa Parks)
  • l’abandon qui est fait du centre médical Rey-Leroux
  • le non-remplacement des agents travaillant dans les collèges
  • les différentes réformes qui touchent les lycées généraux, technologiques et professionnels, sans oublier Parcoursup…

Suite à cette lecture, FO a affirmé son refus de siéger à ce CDEN, estimant que les conditions n’étaient pas réunies pour entamer un véritable dialogue avec les instances.

Précisons qu’une proposition de boycott du CDEN avait été lancée par FO auprès des autres organisations syndicales siégant en CDEN. Aucune réponse n’a, à ce jour encore, été exprimée par aucun syndicat sollicité.

 

 

 

Monsieur le Secrétaire Général de la Préfecture,
Monsieur le Directeur Académique,
Monsieur le Vice-président du Conseil Général,
Mesdames et Messieurs les membre du CDEN,

 

Nous sommes réunis aujourd’hui mardi 13 novembre pour participer au premier Comité Départemental de l’Éducation Nationale 2018-2019 qui abordera notamment le bilan de la rentrée 2018 pour les 1er et 2nd degrés.

Les services de l’Éducation Nationale nous feront alors remarquer combien cette rentrée scolaire 2018-2019 s’avère techniquement réussie. Mais ce serait oublié le contexte de pénurie générale qui frappe notre service public d’éducation : car des coupes budgétaires et des cures d’amincissement, nous en voyons tous les jours à l’œuvre ou en chantier de construction.

Nous avions alerté sur les dangers que constituait la nouvelle carte scolaire qui touche un certain nombre de collèges de la ville de Rennes depuis le mois de septembre. Rappelons que cette nouvelle sectorisation a été mise en place à marche forcée, sans concertation, malgré les contestations des enseignants, des parents d’élèves, des associations de citoyens, de la FCPE et de certaines organisations syndicales.
 Car cette sectorisation pose de nombreux problèmes, que l’on ne peut nier : temps de trajet des élèves, changements brutaux d’effectifs dans certains collèges, surcharge à venir dans d’autres, fermeture du site scolaire Malifeu à Rosa Parks. Cette fermeture (qui revient purement et simplement à fermer un nouveau collège dans le département) conduira à entasser 550 élèves sur un seul site alors que nous connaissons les difficultés d’enseignement qui existent déjà dans cet établissement classé REP. Si la violence est déjà présente dans les locaux de Montbarrot et Malifeu, qu’en sera-t-il l’année prochaine ? Déconvenue supplémentaire pour ces enseignants. Alors qu’on leur avait promis une carte scolaire structurée et organisée, ils se retrouvent face à des incohérences manifestes : jusqu’à onze écoles d’origine dans une même classe de sixième, des élèves envoyés dans des établissements n’appartenant pas au fameux secteur multi-collèges… Peut-on encore parler de carte scolaire lorsque l’exception devient la règle ?
Qu’il s’agisse du remplissage des établissements (dût-on en passer par la dislocation de la carte scolaire), de la rentabilisation des cantines scolaires, de la location d’un site, ou de la fermeture du collège Montbarrot, il ne s’agit-là, sous couvert de mixité sociale, que d’économies et de coupes budgétaires.

Autre procédé efficace en matière d’austérité : le centre médical Rey-Leroux. Lors du CTSD de juin dernier les représentants des personnels ont été informés de la dénonciation de la convention qui liait jusqu’à présent les services départementaux de l’Education nationale à ceux de l’Agence Régionale de la Santé en matière d’organisation de l’enseignement destiné aux élèves hospitalisés au Centre Rey-Leroux à la Bouexière.
Force ouvrière avait fait part de son opposition à cette décision.
Les informations qui nous sont parvenues de Rey-Leroux font état de grandes difficultés pour les collègues : les informations sur les supports pédagogiques (Monsieur l’IEN de la circonscription a évoqué verbalement, mais ne l’a jamais fait par écrit, la possibilité d’un recours au matériel du CNED) ont été démenties au bout d’un mois. Les professeurs ont eu à faire face à la problématique de la classe à niveau multiple et l’ont découverte au mieux le jour de la prérentrée ; ce n’est que le 1er octobre que Monsieur l’IEN a proposé des pistes d’aide (contact de conseillers pédagogiques ASH) qui ne s’avèrent pas véritablement adaptées.
En outre, les affectations effectuées par la DPE l’ont été sur la base de compléments de service dont plusieurs font intervenir les collègues ailleurs qu’au collège Martin Luther King de Liffré, certains sur trois établissements. Même si l’organisation retenue était destinée à assurer une période de transition, les personnels enseignants ont le sentiment d’être abandonnés en rase campagne.
Les personnels de la structure hospitalière s’organisent pour que cet établissement, qui pourrait effectuer un travail de qualité, soit pérennisé, il serait, du point de vue de la FNEC-FP-FO, de bonne méthode de ne pas hâter la fermeture de Rey-Leroux.

Mais n’oublions pas qu’une rentrée scolaire se fait correctement si tous les personnels des établissements marchent ensemble et œuvrent au mieux, chacun dans leurs services. Que dire quand une cantine fonctionne au ralenti ? Que dire quand les salles de classe ne sont pas nettoyées comme elles l’auraient dû ? Que dire quand les grilles du collège ne s’ouvrent pas en temps et en heure car l’agent d’accueil n’est pas remplacé depuis plus de quatre semaines ? Car c’est la situation vécue dans plusieurs collèges du département. Dans nombre d’entre eux, un agent, parfois deux, voire trois, sont absents pour des raisons médicales sérieuses depuis plusieurs semaines, et ne sont pas remplacés ! La charge de travail qui incombe alors aux collègues en place est exténuante et conduit bien souvent à de nouveaux arrêts de travail. Cette situation est inacceptable, comme l’ont prouvé les différentes grèves menées par les agents dans le département. Il devient urgent que le Conseil départemental prenne au sérieux les revendications de ses personnels, en cessant de privilégier les restrictions budgétaires sur le bien-être des salariés et sur les conditions de rentrée des élèves du département.

Enfin, nous ne pouvons parler d’austérité et de coupes budgétaires sans évoquer les différentes réformes qui se discutent aujourd’hui dans les couloirs de l’Éducation Nationale : dans les lycées généraux et technologiques, la réforme de notre Ministre M. Blanquer implique la baisse des horaires d’enseignement, la hausse des effectifs, une mise en concurrence des lycées, et une organisation du baccalauréat plus complexe, baccalauréat qui ne sera plus national. Dans les lycées professionnels, la réforme, qui constitue une attaque sans précédent contre le statut des PLP, conduit à une présence accrue du privé dans l’enseignement professionnel, à une réduction du Bac-Pro à deux ans, à une mixité des parcours et des publics qui permet le remplissage des classes, à une réduction importante des heures et à des suppressions de postes.
Comment dire que la rentrée 2018-2019 s’avère réussie et positive quand le baccalauréat ne constitue plus le premier grade universitaire, que les élèves sont sélectionnés après l’obtention de leur diplôme, et que Parcoursup a écarté du système scolaire plusieurs milliers d’élèves tandis que d’autres se trouvent inscrits dans des filières qui ne les intéressent pas qu’ils ont cochées, contraints et forcés, pour ne pas rester sur le carreau en septembre 2018 ?

Pour Force Ouvrière, il est hors de question de laisser faire.

Ce CDEN se tient donc dans un contexte budgétaire et d’attaques contre les statuts et les personnels qui rend vaines les discussions avec les représentants d’un gouvernement sourd à toutes les revendications.

Pour toutes ces raisons, la FNEC-FP-FO refuse de siéger et quitte ce CDEN.