Le baccalauréat et le DNB, nouvelles victimes de la crise sanitaire

Profitant de la crise sanitaire, le gouvernement va toujours plus loin dans les réformes, la destruction des diplômes, des statuts.

C’est vrai pour le baccalauréat, comme dans beaucoup d’autres domaines et la potion que le ministre Blanquer entend infliger à ces deux diplômes risque de leur être fatale.

En effet, les textes relatifs au DNB et au Baccalauréat ont été examinés au Conseil Supérieur de l’Education du 11 mai… Les mesures qui sont proposées à titre exceptionnel vont dans le sens du renforcement du contrôle continu qui était au coeur de la réforme Blanquer. La session 2020 pourrait constituer un laboratoire inédit pour aller très loin dans le démantèlement des diplômes et de l’instruction.

COVID-19/vacances apprenantes : le travail et la déréglementation sans fin !

Toujours en pleine improvisation, le Ministre Blanquer, après avoir défendu sur TF1, le 27 mars, le principe de « vraies vacances », a cette fois-ci vanté le 31 mars sur Cnews, « l’opération vacances apprenantes » ! Ce serait sur la base du volontariat des enseignants, nous dit-on !

Télétravail : c’est déjà l’inventaire à la Prévert !

Sur l’intranet d’une académie, on trouve pêle-mêle : une « infographie académique », le « vademecum continuité pédagogique » ministériel (28 pages), un « guide académique » (6 pages), une « fiche enseignant : classe sans examen », une « fiche enseignant : classe avec examen », un « guide pratique » (57 pages), un « guide professeur – ma classe à la maison » et un guide « créer ma classe virtuelle ». Sur la même page, l’enseignant est envoyé sur le site de la DANE et sur celui du CARDIE, autant d’acronymes menant ensuite à de nombreux autres documents et liens …

Du télétravail sans cadrage national, sans matériel, avec des outils parfois défaillants … et surtout, du télétravail sans limite !

Hors de tout cadrage national, toutes les dérives son possibles ! Ainsi, il est demandé d’utiliser son propre matériel, ordinateur, téléphone, mais aussi son abonnement internet et téléphonique. Très souvent, il est demandé d’utiliser sa propre ligne téléphonique pour appeler les familles et les élèves, au moins une fois par semaine, peut-on lire dans certaines communications ! Mais partout, les personnels font remonter les problèmes liés aux ENT, à l’absence ou à l’inadaptation des outils mis à disposition (Pronote). Ils font aussi remonter les injonctions à des réunions « à distance » avec leurs collègues, pour chaque classe… les innombrables messages de leur hiérarchie, de leurs propres collègues, et donc aussi des familles et de leurs élèves !

On peut y passer plus de 12 heures par jour ! Et certains, comme Madame S. Ndiaye, osent déclarer que les enseignants ne travaillent pas ?

 

« Devoirs à la maison » sous-traitée par la société DOCAPOST : faire déplacer des salariés plutôt que les parents ou les personnels, en cette période de confinement, il fallait oser !

Se rendant compte, au bout de 3 semaines, que la remise ou le dépôt de documents papier dans l’établissement, obligeaient parents et personnels à braver l’interdiction de déplacement, le Ministre a imaginé un nouveau dispositif : le dépôt de documents papier par la société DOCAPOST. En effet, selon le communiqué commun du Ministère et de la Poste, cette opération permettrait « aux élèves en situation de déconnexion numérique de recevoir des devoirs par courrier postal grâce au dispositif « Devoirs à la maison « . » (selon une périodicité hebdomadaire et dans la limite de 6 pages). Ce seraient donc les salariés de la Poste qui se déplaceraient ! Et cerise sur le gâteau : l’enveloppe T fournie pour le retour des travaux mentionnera… l’adresse des établissements ! Comment les enseignants pourraient-ils récupérer les travaux des élèves sans braver, à leur tour, le confinement ?

 

L’ «opération vacances apprenantes » : dans la droite ligne de l’état d’urgence, un coin enfoncé contre les congés scolaires des personnels !

Reconnaissant lui-même que certaines fédérations de parents se plaignaient de la surcharge de travail pour les élèves depuis le confinement, le Ministre, pourtant, en rajoute : les élèves devront aussi travailler pendant leurs vacances (dans 10 jours pour la première zone) !

Mais qui croit-il rassurer en précisant que ce serait sur la base du volontariat ? D’après les textes en vigueur, le télétravail aussi devrait se faire sur la base du volontariat ! Et avec le matériel de l’employeur ! Mais plus grave, cette remise en cause des congés scolaires pour les personnels s’inscrit dans l’état d’urgence et ses 25 ordonnances qui s’attaquent aux congés payés des salariés.

Le SNFOLC, comme la Commission Exécutive de la confédération FO, demande « l’abandon des ordonnances prises, au titre de l’urgence sanitaire, en matière de dérogations au temps de travail, temps de repos et travail dominical, jours de repos. ». Pour le SNFOLC, le Ministre doit donc retirer son « opération vacances apprenantes ».

 

Texte à imprimer ici.

On expulse et on rafle à Rennes !

Ce mercredi 9 octobre 2019, des parents, des enseignants, des enfants, des collectifs de soutien se sont réunis tôt le matin pour former une chaîne humaine devant l’école St Aubin à Rennes. Puis un rassemblement s’est formé devant la préfecture pour dénoncer les pratiques qui ont cours dans nos rues.

Quelques jours plus tôt, vendredi 4 octobre, 33 Géorgiens ont été expulsés de la ville de Rennes par vol charter. Depuis, dans plusieurs établissements du département, des élèves manquent à l’appel le matin, certains emmenés de force par les airs, d’autres se cachant de peur d’être arrêtés à leur tour.

Peu d’informations ont été données au sujet de cette expulsion. Une chose est sûre : parmi les 33 personnes sommées de monter dans le charter, il y avait des enfants de maternelle, de collège, et de lycée. Lors du rassemblement devant la préfecture le 9 octobre, une enseignante témoigne : « Je suis très choquée de savoir que notre élève a vu ses parents bâillonnés avec du scotch, ligotés pieds et mains ».

 

Cette situation est indigne de notre République.

 

Rappelons que la Déclaration des Droits de l’Enfant du 20 novembre 1959, dont la France est signataire, a fait du droit à l’éducation un de ses principes fondamentaux. Tous les enfants vivant sur le territoire, de nationalité française ou autre, a le droit de se rendre à l’école, de bénéficier d’une scolarisation et « d’une protection spéciale » pour « être en mesure de se développer d’une façon saine et normale, sur le plan physique, intellectuel, moral, spirituel et social, dans des conditions de LIBERTE ET DE DIGNITE ». « L’intérêt supérieur de l’enfant doit être la considération déterminante ».

Mais peut-on encore parler de Dignité ? Et encore plus de Liberté ? Des parents ligotés et bâillonnés ! Des enfants à jamais marqués par de telles images ! Des familles rapatriées de force dans un pays qu’elles ont fui pour des raisons qui bien souvent touchent à la sécurité des personnes. Nous pourrions alors citer l’article Premier de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen…

Le SNFOLC 35 s’insurge contre une telle situation. Nous ne pouvons fermer les yeux sur le traitement qui est fait aux enfants et aux familles dites « sans papiers ». Notre syndicat apporte un soutien inconditionnel aux victimes de ces expulsions, ainsi qu’à toutes les personnes, enseignants, non enseignants, qui entreprendraient des actions pour soutenir les disparus et empêcher les prochaines expulsions à venir.

Car nous croyons en l’être humain, à ses droits et à son respect.

 

Article paru le 23 octobre 2019 sur Alter1fo.com au sujet de la mobilisation des enseignants.

Sortir de la confusion !

Les média bruissent depuis quelques jours des menaces qui pèseraient selon eux sur le baccalauréat. Qu’on se rassure : le ministre de l’Education nationale dort sur ses deux oreilles depuis de longues semaines. Depuis le mois de décembre précisément.

C’est le moment où la mobilisation enseignante pouvait prendre le relais de celle des lycéens et se lancer dans la grève jusqu’à satisfaction des revendications ; les collègues en lutte à l’époque réclamaient l’abandon des réformes des lycées professionnel et général, de l’enseignement au lycée, des modalités de passation du baccalauréat, d’accès à l’enseignement supérieur ( Parcours’sup), ils avaient raison. C’aurait été  un coup d’arrêt donné à la loi dite « Ecole de la confiance ». Le corps enseignant avait alors une opportunité stratégique,  une chance réelle-l’unique- de gagner avant que le calendrier des vacances par zone ne vienne leur compliquer la tâche. Las, le coche a été loupé. A l’époque, la grève était exclue pour la quasi-totalité des organisations syndicales, le SNFOLC35 s’était inscrit en faux contre cette attitude, force est de constater que les faits ne nous ont pas donné tort…

Et voici qu’une intersyndicale appelle à une énième journée d’action le 17 juin, début symbolique des épreuves du baccalauréat. Dans l’esprit de ses promoteurs, cette action porte uniquement sur la surveillance des épreuves de ce seul jour, et ne sera ni précédée ni suivie d’une grève reconductible jusqu’à la victoire. Le SNFOLC35 ne saurait donner la tête la première dans un panneau aussi grossier…

Le ministre-qui dort toujours aussi bien, merci- dispose de tous les leviers nécessaires pour contrecarrer les velléités d’action des signataires de l’appel : il peut compter sur le renfort de collègues que la perspective d’un rendez-vous de carrière rend plus réceptifs à la demande d’un chef d’établissement, il peut puiser dans les personnels d’éducation, de gestion, il peut compter sur le zèle des préfets, qui ont le pouvoir de réquisitionner des personnels, comme ils l’avaient fait en 2003. La dernière perturbation du bac digne de ce nom remonte à 1968, le rapport de force à l’époque reposait sur une puissante grève interprofessionnelle, aux antipodes de la situation de 2019.

Nous n’avons rien, au SNFOLC35, contre la constitution d’un tel rapport de forces, mais les signataires de l’appel du 17 juin, en refusant la reconduction de la grève, lui ont planté un poignard dans le dos.

Pis, ils ont donné au ministre le fouet pour faire battre les enseignants (rassurez-vous, ce ne sont jamais les appareils syndicaux qui trinquent…). Car, à bien y regarder, que reproche Monsieur Blanquer au baccalauréat national, terminal, ponctuel et anonyme : d’être lourd à organiser ? Sa nouvelle mouture le sera davantage. D’amputer le temps d’enseignement de précieuses heures en fin d’année ? Le contrôle continu, les grands oraux perturberont infiniment plus l’organisation des cours. Non, Monsieur Blanquer, comme ses homologues avant lui, ne supporte pas qu’un enseignant ait son mot à dire dans l’attribution du baccalauréat à un élève.

D’ores et déjà, et selon un scénario bien huilé, Monsieur Blanquer va se répandre dans les média ces prochains jours : il va stigmatiser la «  prise en otage orchestrée par une infime minorité qui se discrédite elle-même », il peut compter pour cela sur les éditorialistes de la pensée unique, sur les organisations de parents d’élèves et sur deux « syndicats » enseignants qui disent amen à tout. Nous nous trouvons donc pris dans la logique du chien accusé d’avoir la rage et qui n’en a plus pour longtemps ; c’est pourquoi, nous, enseignants, et nous seuls, avons le pouvoir d’enrayer la machine Blanquer. Et, avec elle, celles de la loi de « modernisation de la Fonction publique » et de la casse des retraites par répartition qui vont lui emboiter le pas.

C’est la raison pour laquelle le SNFOLC35, avec les camarades du SNUDI-FO 35 (premier degré), appelle à la tenue d’assemblées générales de grévistes pour lancer la grève dans les écoles, les lycées, les collèges dès le 13 juin  jusqu’à satisfaction des revendications, que le bac soit ou non perturbé le 17 passe désormais au second plan.

Etre dans l’action le 17 juin, sans l’être avant ni après revient à s’arrêter au milieu du gué, ce n’est pas ainsi que nous concevons le travail syndical à Force ouvrière.

Didier Gaillard, secrétaire départemental.

 

Réunion publique : non aux contre réformes Blanquer!

Personnels enseignants et non enseignants

Parents d’élèves, élus…

 

pour défendre

nos écoles, nos collèges et nos lycées !

 

 

RÉUNION PUBLIQUE

le MARDI 4 JUIN 2019 à 18h

à l’école Henri Guérin

à Bain de Bretagne

 

 

en discussion :

 

LES REFORMES BLANQUER

 

– École de la « confiance »,

– Réformes du lycée et du bac,

(enseignement général, technologique et professionnel),

– Parcoursup