Droit à mutation : et maintenant le tirage au sort !

Le ministère de l’Education nationale a instauré cette année, pour les mutations du second degré, le tirage au sort comme critère de départage. Selon quelles modalités, avec quels contrôles, lui seul le sait.

 

Depuis la disparition des commissions paritaires en charge de vérifier les décisions de l’administration pour les questions de mutation, les lignes directrices de gestion régissent les règles de mutations. Elles indiquent malgré tout clairement que les critères doivent être communiqués aux participants. Et pourtant, le ministère ne respectant même pas ses propres textes, a changé la pratique existante sans en informer ni les participants au mouvement, ni les organisations syndicales.

LA LOTERIE POUR DÉTERMINER LES AFFECTATIONS

Chaque candidat se serait vu attribuer un numéro utilisé lorsque trop de participants avaient le même barème pour un nombre de postes limités. Par exemple, il fallait 24,1 points pour obtenir Nancy-Metz en lettres modernes cette année. Deux participants ont obtenu cette académie avec ce barème alors que 15 candidats avaient également 24,1 points. Les deux entrants ont donc été déterminés aléatoirement, sans aucune forme de contrôle, les autres se voyant souvent affectés dans une académie éloignée, pas toujours dans leurs vœux.

Le ministère justifie cette décision qui plonge encore un peu plus les mutations dans l’opacité, par une décision du Conseil d’Etat. C’était déjà la raison invoquée pour priver les parents isolés de toute bonification lors de ce mouvement 2022. Le Conseil d’Etat a estimé que le départage à l’âge était trop discriminant. C’était pourtant un critère objectif, vérifiable pour se prémunir de l’arbitraire.

Le tirage au sort serait donc plus juste ? Le SNFOLC a condamné ce processus et exigé de connaître en détail son fonctionnement.

Le SNFOLC intervient à tous les niveaux pour s’opposer à l’application de ces « non-règles » de départage dans le cadre du mouvement intra.

 

Cette politique de décrédibilisation des mutations au barème est calculée. Le ministère détruit petit à petit le droit à mutation. En ne publiant pas les tableaux de mutation, en multipliant les postes à profil, en privilégiant l’emploi de contractuels aux titulaires et en supprimant les postes pour faire exploser les barres, mais aussi en évoquant la possibilité d’extraire du mouvement général les néotitulaires.

LE RESPECT DU DROIT À MUTATION

Le SNFOLC exige des garanties pour le respect du droit à mutation. Il s’adresse au futur ministre pour rappeler que les personnels n’accepteront pas de se voir privés de ce droit. Il organise la résistance pour le maintien des concours nationaux, des statuts, des barèmes.

Le SNFOLC est avec les personnels qui se mobilisent contre les baisses de DHG, contre les suppressions de postes, cause principale de la hausse des barres au mouvement inter académique. Il exige le rétablissement des commissions paritaires en charge des mutations et des carrières seules garantes du respect des droits de chacun.

 

STOP à la smicardisation des personnels de l’Éducation nationale !

Le Code du travail oblige le gouvernement à relever automatiquement le montant du SMIC suite à l’explosion des chiffres de l’inflation. Le montant du SMIC sera donc augmenté de 2,65% le 1ermai 2022 pour le porter à1645,58 € brut, ce qui correspond à l’indice majoré 352.

Dans le même temps, les agents publics comme l’ensemble des salariés voient leur pouvoir d’achat fortement impacté par l’explosion des prix. Le gouvernement reste sourd aux revendications des personnels. La FNECFP-FO est aux côtés de l’ensemble des agents publics qui réclament des revalorisations salariales à la hauteur des pertes subies depuis 20 ans.

 

Le gel prolongé de la valeur du point d’indice paupérise l’ensemble des personnels, quel que soit leur corps et quel que soit leur statut ils tous sont impactés, titulaires et contractuels…

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Avancement à l’échelon spécial 2022 : la classe exceptionnelle

L’échelon spécial de la classe exceptionnelle des corps à gestion déconcentrée et l’échelon spécial des professeurs de chaires supérieures ont été créés par la réforme PPCR.

Réservés à une infime minorité en raison d’un accès très sévèrement contingenté, ils permettent de bénéficier d’une échelle de rémunération plus favorable : pour les premiers la hors-échelle A pour les seconds la hors-échelle B.

Considérant que tous les agents doivent atteindre le sommet de la grille de leur corps avant leur départ à la retraite, le SNFOLC n’était pas favorable à la création de ces échelons spéciaux. Mais dès lors qu’ils existent, le syndicat informe, conseille et soutient ses adhérents et sympathisants pour leur donner les meilleures chances d’être promus.

 

Le ministère cache les chiffres des candidats aux concours

Le ministère refuse de donner les chiffres des candidats aux concours… Que cherche-t-il à cacher ?

Lors de l’audience FO du 18 mars au ministère, la FNEC FP-FO demandait au ministre l’arrêt des fermetures de classes et l’ouverture de tous les postes nécessaires avec le recrutement de personnels statutaires sur liste complémentaire, ce qui a été obtenu partiellement dans le premier degré suite à la grève massive du 13 janvier.

La FNEC FP-FO a demandé que les listes complémentaires des concours soient beaucoup plus importantes. Encore faut-il pour cela des concours suffisamment attractifs et des candidats en nombre !

La réforme des concours du ministre poursuit le saccage engagé par la réforme de « masterisation » de 2009 (*) qui a vidé de ses candidats de nombreux concours.

La suite : 

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Résultats mutation inter : le droit à mutation de plus en plus remis en cause

Les résultats des mutations inter-académiques ont été transmis ce mercredi 9 mars, avec une semaine de retard. Conséquence directe, dans l’académie d’Amiens, les dates pour le mouvement intra académique ne sont toujours pas fixées !

Depuis 3 ans que les commissions paritaire ne se réunissent plus, les dysfonctionnements se succèdent et l’opacité devient la règle. Le ministère ne cache même plus sa volonté de dégrader à tous les niveaux le fonctionnement des mutations pour les remettre en cause.

 

 

POUR MUTER, IL FAUT DE PLUS EN PLUS DE POINTS

La hausse des barres inter-académiques constatée l’an dernier se confirme. Nécessairement, au lieu de créer les postes demandés, Blanquer confirme les 440 suppressions de poste à la rentrée après les 1 800 de l’an dernier et la soustraction de nombreux postes pour des supports contractuels.

Conséquences, les barres qui avaient particulièrement augmenté l’an dernier, comme en mathématiques, sont toujours aussi hautes cette année, et dans d’autres disciplines et académies, un nombre de points faramineux est nécessaire.

En EPS, par exemple, il faut 1 349,2 points pour atteindre la Bretagne, soit nécessairement plusieurs années de séparation. En espagnol, la barre 2022 de Bordeaux est de 1 072,2 points. Les barres de lettres modernes ont aussi encore augmenté.

ET DE NOMBREUX POSTES SONT SOUSTRAITS AU MOUVEMENT

Aux suppressions de postes sont venus s’ajouter cette année les postes retirés du mouvement, les postes « à profil », dits POP.

Ces postes POP devaient n’être que des postes vacants. Pourtant, 3 parmi les 124 de cette année étaient en EPS à Bordeaux où la barre est passée de 309 points à 985. Les 3 premiers non entrants doivent apprécier…

FO S’OPPOSE À LA CRÉATION DE CES POP QUI SOUSTRAIENT DES POSTES AU MOUVEMENT, AU BARÈME ET VOUDRAIENT FAIRE DE LA DÉRÉGLEMENTATION LA NORME.

Pour preuve, les postes spécifiques académiques, mis en place depuis plusieurs années déjà, donnent lieu à de nombreuses « expérimentations » inacceptables.

Dans l’académie de Toulouse, à la rentrée prochaine deux nouveaux collèges vont ouvrir. L’administration en profite pour y créer de nombreux postes spécifiques : 3 pour Saint Simon « Collège des Arts Vivants » et 8 à Guilhermy « Collège de l’image ». C’est la territorialisation de l’école, le recrutement à la tête du client.

A Nancy-Metz, le recteur va créer une « zone numérique de remplacement », pour pallier « aux difficultés à trouver des remplaçants dans certains établissements de l’académie et dans certaines matières ». 16 postes seront ainsi proposés au mouvement Intra. Ce sont des postes spécifiques. Les collègues choisis ne feront que des remplacements courts quand il n’y aura pas de TZR ou de contractuels disponibles, le temps de trouver quelqu’un… Ces professeurs feront cours à distance à des élèves qui seront dans leur établissement sous la surveillance d’un AED ! Cette « innovation » est une déréglementation, un dévoiement inacceptable du statut des professeurs et du droit à l’instruction ! C’est la porte ouverte à tout et n’importe quoi comme lce qui se passe à Marseille avec un recrutement direct !

Ce qui se passe à l’inter se généralise à l’intra : le droit à mutation est remis en cause par ces dispositifs. Preuve en est aussi, la soustraction de postes pour les stagiaires à temps plein l’année prochaine, la mise en place des alternants-contractuels… autant de possibilités de muter retirées, tout en ne donnant pas aux futurs stagiaires le droit de devenir titulaires.

NON À LA RÉDUCTION DES DROITS DES PERSONNELS

Toutes ces mesures qui réduisent encore les droits des personnels sont une preuve supplémentaire, après le report des résultats des mutations inter académiques, du fiasco, de l’opacité et du chaos souhaités pour les opérations de mutation depuis la suppression des commissions paritaires relatives aux mutations.

Le SNFOLC demande l’abrogation de la loi de la Transformation de la Fonction publique qui supprime l’intervention des organisations syndicales en amont et en aval de toutes les opérations concernant la carrière des personnels, dont le mouvement. Il demande l’arrêt des dispositifs qui généralisent la mise en place de postes spécifiques au nom de l’autonomie prônée par J-M Blanquer et E. Macron à Marseille.